MOUVEMENTS DE PENSEE
Le platonisme
Doctrine d’un philosophe grec de l’Antiquité, PLATON, qui distingue d’un côté le monde des idées pures et éternelles connues par l’esprit et qui sont la seule réalité et d’un autre côté le monde terrestre, connu par les sens, qui n’est que l’ombre le reflet du premier.
Cette conception du monde est figurée par « le mythe de la caverne » dans une œuvre : La République
Elle a eu une grande influence sur la pensée chrétienne.
Elle prend un nouvel essor à la Renaissance, notamment à Florence.
Elle inspire les poètes qui voient, dans la femme aimée, la femme idéale : le platonisme ( d'où l'expression du langage courant : un amour platonique).
Le stoïcisme
Doctrine de Zénon, philosophe grec de l'Antiquité.
Le Romain Sénèque, puis Montaigne, à une certaine époque de leur vie, ont suivi cette doctrine.
L'idée fondamentale est que le bien est dans la vertu, c'est-à-dire dans la volonté de dominer ses passions, dans l'effort pour atteindre la liberté intérieure en écartant la crainte de la douleur, du malheur et de la mort : le stoïcisme.
L'épicurisme
Doctrine d'un philosophe grec de l'Antiquité, Épicure, qui met l'accent sur les sensations. Le souverain bien est le plaisir mais le plaisir contrôlé : il s'agit de jouir avec modération des plaisirs offerts par la nature.
Elle est reprise par les Romains, Lucrèce et Horace ( auteur de la formule "Carpe diem" : " Cueille le jour " ). Elle inspire Ronsard qui invite à jouir des plaisir délicats du temps présent.
" Cueillez, dès aujourd'hui les roses de la vie ": L'épicurisme.
L'idéal courtois
Morale qui apparaît dans les cours médiévales du Sud de la France à partir du XIe siècle, sous l'influence des femmes de la noblesse. Elle est chantée par les troubadours qui célèbrent le culte du seigneur pour sa dame, la soumission absolue à l'amour. Elle inspire les plus belles oeuvres du Moyen Âge notamment le cycle breton avec Tristan et Yseult et Lancelot du lac . Elle sera reprise par la préciosité au XVIIe siècle : L'idéal courtois.
L'humanisme
Mouvement culturel européen qui commence en Italie, dès le milieu du XIVe siècle, avec Pétrarque. Il s'y épanouit ( c'est le "Quattrocento ") puis s'étend dans tous les pays européens et notamment en France. Il se caractérise par un renouveau d'intérêt pour la culture antique et biblique, pour ses valeurs intellectuelles et humaines : sentiments et confiance dans les possibilités de l'intelligence humaine et dans la grandeur de l'homme qui, se libérant de certaines des contraintes du christianisme médiéval, recherche son épanouissement sur la terre.
Au-delà de ces limites historiques, c'est un mouvement permanent qui met l'accent sur l'homme, sur ses possibilités , sur sa valeur, sur ses droits et sa liberté : l'humanisme
Le baroque
Mouvement culturel et artistique qui apparaît à la fin du XVIe siècle, notamment dans l'art (architecture, peinture) et dans les littératures de tous les pays d'Europe occidentale puis à travers l'Espagne, en Amérique du Sud. Il s'épanouit au XVIIe siècle et se prolonge au XVIIIe siècle avec le style rococo.
En France ce mouvement connaît sa période la plus brillante de 1580 à 1660 environ. Il inspire notamment une poésie très intéressante par ses thèmes et nourrit la préciosité. Il se mêle à l'art classique dans la décoration de Versailles.
Il met l'accent sur la liberté contre les règles, sur le mouvement, l'instabilité des forme, le provisoire, l'outrance : le baroque
"J'écoute, à demi transporté
Le bruit des ailes du silence
Qui vole dans l'obscurité"
(Saint-Amant)
La préciosité
Mouvement sociale et culturel de la première moitié du XVIIe siècle crée par les femmes nobles en réaction aux moeurs grossières de l'époque. S'inspirant de la morale courtoise des romans pastoraux du début du siècle, elles élaborent un code amoureux, imposent le raffinement des manière et du langage. Elles réunissent, dans leurs salons, théoriciens du langage et de la littérature, poètes et intellectuels qui auront une grande influence sur la formation de la langue et de la littérature classiques. En même temps, une excessive recherche dans le style rapproche ce mouvement du mouvement baroque.
Dans le langage courant, l'adjectif a pris une nuance péjorative et désigne un comportement ou un langage affecté et maniéré : la préciosité
Le mouvement libertin
Courant de pensée particulièrement actif dans la première moitié du XVIIe siècle en France, avec Gassendi et les poètes baroques.
Ses adeptes sont sceptiques en religion, épris de liberté et notamment de la liberté des moeurs ; certains vont jusqu'à l'athéisme. Ils font scandale et sont poursuivis par les autorités religieuses.
On trouve l'écho de ces affrontements dans le Dom Juan de Molière : le mouvement libertin
( L'expression est restée dans le langage courant pour désigner un homme d'une grande liberté dans le domaine amoureux : un libertin )
Le classicisme
Idéal culturel et artistique qui se forme en France pendant la première moitié du XVIIe siècle. Il se caractérise par l'imitation des Anciens, le goût de l'ordre et donc le respect des règles, l'importance accordée à la nature humaine, à l'exercice de la raison. Il propose un idéal de mesure et de maîtrise de soi incarné par " l'honnête homme ", adapté à la vie en société.
Il atteint son sommet pendant la courte période qui va de 1660 à 1680 environ où il produira avec Molière et Racine notamment, quelques-unes des plus belles oeuvres de la littérature française et, dans le domaine de l'art, le château de Versailles. Plus largement, le terme désigne un idéal d'ordre et de mesure qui s'oppose au baroque et au romantisme : le classicisme.
L'esprit philosophique
Cet esprit apparaît dès la fin du XVIIe siècle ; il met en cause les dogmes chrétiens et les croyances religieuses. Il anime la réflexion et les luttes des écrivains d'une grande partie du XVIIIe siècle et prépare la Révolution française.
Il se caractérise par l'effort pour améliorer la condition de l'homme, qu'il s'agisse du régime politique, de la défense des droits fondamentaux ou de la mise en valeur de la terre, et par la foi dans les progrès des sciences et des techniques pour obtenir cette amélioration, qui est à l'origine de la grande entreprise de l'Encyclopédie : l'esprit philosophique.
Le romantisme
Mouvement de retour à la sensibilité qui se manifeste dès la seconde moitié du XVIIIe siècle dans les pays d'Europe occidentale. En France, au début du XIXe siècle, après les bouleversements de la Révolution puis vers 1820 après la chute de l'Empire, la jeunesse se reconnaîtra dans le héros de Chateaubriand, René, mélancolique et insatisfait, qui incarne le " mal du siècle ".
État d'esprit et mode, ce mouvement est très fécond dans la littérature et l'art. Contre les contraintes du classicisme, il revendique la liberté. Selon les personnalités des créateurs, l'accent est mis sur le lyrisme personnel, le sentiment de la nature, la spiritualité ou les occupations d'ordre social, voire révolutionnaires.
Le mouvement s'épuise vers 1850 cependant que Victor Hugo, qui en a illustré toutes les modalités, continue à produire jusque vers 1880.
Dans le langage courant, le terme désigne un état d'esprit où dominent la sensibilité et une certaine tendance à l'exaltation : le romantisme.
Le surréalisme
Mouvement qui apparaît vers 1920, dans le désarroi causé par la Première Guerre mondiale. Inspiré par les découvertes de Freud, héritier de Rimbaud, le groupe qui se forme autour d'André Breton explore les ressources de l'inconscient et du rêve pour la création littéraire et artistique et pour la vie elle-même. Révolutionnaires et marxistes du XXe siècle : peinture ( Dali, Ernst, Magritte...) et dans l'art cinématographique avec Buñuel : le surréalisme.