RÉSUMÉ DU ROMAN LE GRAND MEAULNES

 

  Tout change dans la calme existence de François Seurel, lorsque ses parents M. et Mme Seurel, instituteurs à l’école communale du bourg de Sainte-Agathe, en Sologne, une région d’étangs et de landes au sud d’Orléans, accueillent chez eux un pensionnaire, Augustin Meaulnes jeune garçon très espiègle. "le grand gars nouveau venu" va d’abord émerveiller François, jusque-là solitaire et craintif, puis les autres écoliers. Celui qu’on appelle bientôt "le grand Meaulnes" devient très vite la coqueluche de l’école, il va rompre la monotonie des jours et rassembler tous les élèves autour de sa mystérieuse personnalité.

Peu avant Noël, l’élève Moucheboeuf est chargé d’aller chercher à la gare de Vierzon les grands-parents de François. Meaulnes, désireux de les ramener lui-même, affecte de se taire dédaigneusement et médite silencieusement après l’école dans la boutique du maréchal-ferrant.

Le lendemain, après la récréation de midi, on s’aperçoit que Meaulnes a disparu. Il s’est évadé, empruntant au père Fromentin sa voiture et sa jument. Le soir, un homme ramène l’attelage qu’il a trouvé sans conducteur le long d’un chemin. Il revient au bout de trois jours, auréolé de mystère, muré dans le silence, "comme ébloui". Il établit un mystérieux petit plan pour retrouver le chemin qu’il a emprunté lors de sa fugue. Il se dispute avec Jasmin Delouche un élève hargneux qui voudrait bien prendre sa place, car sa mystérieuse escapade et son silence suscitent la jalousie des autres écoliers, qui rêvent de conquérir le suprême et impénétrable pouvoir de séduction détenu par leur camarade.

Durant les mois qui suivent, François, intrigué de voir son ami porter un "gilet de marquis" sous ses vêtements d'écolier et errer la nuit dans leur chambre comme s'il voulait repartir, obtient enfin que le grand Meaulnes lui fasse le récit de son aventure.

S'étant enfui pour aller lui-même chercher les grands-parents au train, le grand Meaulnes explique à François qu'il a perdu son chemin. Il s'est endormi sur sa voiture et, en se réveillant, s'est aperçu que le paysage avait changé. Des paysans dans une ferme isolée lui ont donné à manger. Vers le soir, sa jument s'étant échappée avec la voiture, il a marché jusqu'à une bergerie abandonnée où il s'est endormi.

Le lendemain, s'avançant dans une région inconnue, il découvre un domaine mystérieux où l'on prépare une surprenante fête, mêlant enfants, paysans et bohémiens. La conversation d'étranges comédiens surprend le garçon dans la chambre abandonnée où il s'est réfugié pour. Il trouve là des habits de fête, change ses vêtements d'écolier pour le costume "de jeunes gens d'il y a longtemps" et, sous ce déguisement, s'approche du château. Des enfants le conduisent dans une grande salle. Un repas de noce a été préparé pour les paysans des alentours et des réjouissances organisées par le fils du château, Frantz de Galais, qui va épouser une jeune fille de Bourges. Mais les fiancés ne sont toujours pas arrivés. Meaulnes suit un moment la farandole d'un grand Pierrot à travers les couloirs du Domaine. Puis il découvre une pièce silencieuse où une jeune femme joue du piano pour des enfants. Il se trouve là "plongé dans le bonheur le plus calme du monde".

Le lendemain matin a lieu la merveilleuse rencontre : près de l'étang, Meaulnes voit une jeune fille qu'il suit dans une promenade en bateau, puis à terre où il a avec elle une brève conversation. Elle lui dit son nom : "Mlle Yvonne de Galais", et lui demande de ne plus la suivre. Le soir, dans une chambre voisine de la sienne, Meaulnes découvre Frantz de Galais, désemparé, qui se confie à lui : la fête est finie ; sa fiancée ne viendra pas. Il disparaît, ayant laissé ces quelques mots : Ma fiancée a disparu, me faisant dire qu'elle ne pouvait pas être ma femme. "Je n'ai plus envie de vivre". Meaulnes, comme tous les invités, quitte la fête mystérieuse qui se termine dans le désarroi et la confusion. Dans la vieille berline qui l'emmène, il entend un coup de feu tiré dans les bois du Domaine : puis il aperçoit dans la nuit le Pierrot de la fête portant "dans ses bras un corps humain serré contre sa poitrine". Au petit matin, le conducteur dépose l'écolier à quelques kilomètres de Sainte-Agathe et poursuit son chemin.

Dès lors Seurel et Meaulnes ne songent qu’à retrouver le domaine mystérieux. Leurs recherches sont épiées par leurs condisciples et par un étrange bohémien. À la fin du mois de février pourtant, un soir, intrigués par des cris et des coups de sifflets, François et Augustin sortent dans la rue. Ils tombent dans une embuscade tendue par un groupe d'élèves parmi lesquels Jasmin Delouche. Celui qui paraît être le meneur de jeu est un étrange jeune homme à la tête bandée, un des bohémiens qui viennent de s'installer sur la place du bourg. Il vole au grand Meaulnes le plan de la région sur lequel celui-ci travaille depuis son retour dans l'espoir de retrouver une trace de son étrange aventure. Le lendemain, ce même bohémien devient élève de l'école où il s'affirme bientôt comme nouveau chef de bande. Le soir, il rend au grand Meaulnes le plan volé et lui donne quelques renseignements sur le Domaine perdu ainsi que l'adresse à Paris de la jeune châtelaine, Yvonne de Galais. En échange, il demande à Meaulnes son amitié et lui fait jurer de répondre dès qu'il entendra son appel, une sorte de cri étrange.

Le bourg de Sainte-Agathe est agité par une série de chapardages dans les fermes, probablement commis par Ganache, le compagnon du jeune homme à la tête bandée. Arrive le jour de la représentation que les Bohémiens donnent sur la place du village. À la fin du spectacle, Meaulnes aperçoit dans les coulisses le jeune bohémien qui a retiré son bandeau : il reconnaît Frantz de Galais, le fiancé de la fête étrange rescapé d’une tentative de suicide. Augustin lui jure soutient et fidélité. Mais, le lendemain, les Bohémiens ont quitté le village du fait d’un vol qu’ils avaient commis pour vivre, en les laissant dans le même embarras. Meaulnes perd tout lien avec le Domaine mystérieux.

François et Meaulnes essaient de retrouver le chemin du Domaine, mais sans succès. Aussi Meaulnes décide-t-il de partir pour Paris où il sait que la jeune fille passe ses vacances. Resté seul à Sainte-Agathe, François se laisse aller à raconter l'aventure du grand Meaulnes aux autres écoliers. Pendant l'année suivante, il recevra trois lettres de son ami : à Paris, à l'adresse indiquée par Frantz de Galais, personne ne s'est jamais montré ; devant la maison, une jeune femme, écrit Meaulnes, est là comme lui ; elle semble attendre, elle aussi ; elle lui apprend que la jeune châtelaine est mariée. Il est désespéré et souhaite tout oublier. Devant cet échec, il demande à François de l’oublier également.

Un an et demi après le départ de Meaulnes, François, par hasard entend parler par Jasmin Delouche du Domaine tant cherché : il s'agit des Sablonnières qui se trouvent à proximité du village du Vieux - Nançay. De l'ancien domaine, il ne reste plus que quelques bâtiments, et les habitants, un vieil homme et sa fille. François se fait inviter au Vieux - Nançay par son oncle Florentin qui y tient un magasin. Il y rencontre Yvonne de Galais, venue à la boutique avec son père, dans une vieille voiture tirée par le vieux cheval Bélisaire, le seul qui leur reste. François, en parlant avec la jeune fille, comprend qu'elle n'a pas oublié le grand Meaulnes. Une fête est prévue où les jeunes gens pourront se retrouver. Plein de joie, François part à La Ferté - d'Angillon prévenir son ami rentré alors de Paris. En chemin, il s'arrête chez sa tante Moinel qui lui raconte une étrange histoire : revenant d'une fête en hiver. elle avait secouru une jeune fille déguisée. C'était la fiancée de Frantz de Galais qui s'était enfuie le jour où devaient être célébrées ses noces. La tante Moinel l'a gardée chez elle, puis l'a laissée partir pour Paris. Mais François prête peu d'attention à ce récit. Il n'a qu'un but : réunir Meaulnes et Yvonne de Galais. Lorsqu'il retrouve son ami, celui-ci se prépare pour un long voyage, et il paraît troublé, hanté par un remords secret. Il accepte cependant de suivre François.

Une "Partie de plaisir" a été organisée sur les bords du Cher. Augustin Meaulnes y retrouve Yvonne de Galais. Mais, malgré tout son bonheur, il s'entête à prouver que rien n'est plus comme autrefois. Sans s'en rendre compte, il fait souffrir la jeune fille en la pressant de questions sur le passé : l'ancien château a été abattu, les bateaux et les poneys de la Fête ont été vendus, la famille ayant été ruinée par les dettes de Frantz. A la fin de la journée, Meaulnes reproche avec colère à la famille de Galais de sortir encore le vieux cheval Bélisaire, épuisé. Il semble s'acharner à détruire son idéal d'autrefois. Mais, le soir venu, avec des sanglots, il demande la jeune fille en mariage.

Les fiançailles ont lieu et le mariage est célébré. Mais le soir même des noces, aux abords de la maison des Sablonnières où sont installés les mariés, un mystérieux appel se fait entendre : c'est Frantz de Galais qui vient rappeler à Meaulnes sa promesse. François éloigne Frantz mais Meaulnes, accouru, bouleversé, laisse entendre à François qu'il est lié à Frantz par une dette plus importante que leur serment d'enfants.

Quelques jours plus tard, François apprend que Meaulnes a quitté sa jeune femme le lendemain du mariage. Instituteur non loin de la maison des Sablonnières, Seurel rend souvent visite à Yvonne de Galais. Celle-ci lui confie les circonstances du départ de son mari : le voyant avec "toute sa fièvre, son inquiétude, son remords mystérieux" c’est elle, dit-elle qui lui a demandé de partir.

Au mois d’octobre, Yvonne de Galais met au monde une petite fille et meurt des suites de la naissance d’une embolie. François s’installe alors aux Sablonnières et cherche des indices qui pourraient expliquer la fuite de Meaulnes. Il découvre dans un vieux cahier de devoirs mensuels, le journal que Meaulnes avait tenu dès son arrivée à Paris près de deux ans auparavant.

Voici ce que le journal révèle à François : devant l’immeuble dont Frantz lui avait donné l’adresse et où il espérait voir apparaître Yvonne de Galais, Meaulnes a connu une jeune fille : Valentine Blondeau, couturière ou modiste, qui avait naguère abandonné son fiancé. Il a ébauché avec elle une aventure. Il a même fini par la faire passer pour sa femme : "Ma femme Valentine, ma femme…" "et chaque fois, en prononçant ce mot sourdement, il avait l’impression de commettre une faute vis-à-vis de l’amour idéal qu’il portait à Yvonne de Galais. Puis ayant appris de Valentine, que son ancien fiancé n’était autre que Frantz de Galais, il a éprouvé alors le sentiment d’avoir trahi son ami en lui prenant celle qu’il aimait. Plein de regret et de colère, il a accusé Valentine d’avoir poussé Frantz au désespoir et l’a chassé cruellement. Pris par le remords, il a cherché à la retrouver et s’apprêtait à partir pour un long voyage quand François est venu le remettre en présence d’Yvonne.

Pour répondre à l’appel de Frantz et pour réparer ce qu’il considérait comme sa faute, il est parti le lendemain de ses noces, laissant dans un journal ces derniers mots : "je ne reviendrai près d’Yvonne que si je puis ramener avec moi, Frantz et Valentine mariés.

Un an après la mort d’Yvonne de Galais, sa tâche accomplie, Meaulnes revient aux Sablonnières bouleversant la solitude dans laquelle s’est installée François, seul tuteur de la fillette, et qui conclut : "La seule joie que m’eût laissée le grand Meaulnes, je sentais qu’il était revenu pour me la prendre. Et déjà, je l’imaginais, la nuit enveloppant sa fille dans un manteau et partant avec elle pour de nouvelles aventures".

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