HAUT DEBIT NUMERIQUE
La LOI n° 2011-267 du 14 mars 2011 d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure.
Décision n° 2011-625 DC du 10 mars 2011 du Conseil Constitutionnel
Article R 111-14 du Code de la Construction et de l'Habitation en sa rédaction du Décret n° 2011-1874 du 14 décembre 2011
Les bâtiments groupant plusieurs logements doivent être pourvus des lignes téléphoniques nécessaires à la desserte de chacun des logements.
Ces mêmes bâtiments doivent également être munis des dispositifs collectifs nécessaires à la distribution des services de radiodiffusion sonore et de télévision dans les logements et des gaines ou passages pour l'installation des câbles correspondants. Ces dispositifs collectifs doivent permettre la fourniture des services diffusés par voie hertzienne terrestre reçus normalement sur le site, être raccordables à un réseau câblé et conformes aux spécifications techniques d'ensemble fixées en application de l'article 34 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 modifiée relative à la liberté de communication.
Ces mêmes bâtiments doivent être équipés de lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique desservant chacun des logements. Ces lignes relient chaque logement, avec au moins une fibre par logement, à un point de raccordement dans le bâtiment, accessible et permettant l'accès à plusieurs réseaux de communications électroniques. Dans les zones à forte densité et dans les conditions définies par arrêté conjoint du ministre chargé de la construction et du ministre chargé des communications électroniques, l'obligation peut être portée jusqu'à quatre fibres par logement. Le bâtiment doit disposer d'une adduction d'une taille suffisante pour permettre le passage des câbles de plusieurs opérateurs depuis la voie publique jusqu'au point de raccordement. Chacun des logements est équipé d'une installation intérieure de nature à permettre la desserte de chacune des pièces principales.
Lorsque le bâtiment est à usage mixte, il doit également être équipé de lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique desservant, dans les mêmes conditions, chacun des locaux à usage professionnel.
Les lignes mentionnées aux alinéas précédents doivent être placées dans des gaines ou passages réservés aux réseaux de communications électroniques.
Un arrêté conjoint des ministres chargés de la construction et de l'habitation, des postes et télécommunications et de l'information précise les modalités d'application des règles fixées aux alinéas précédents et, en tant que de besoin, les conditions dans lesquelles il peut y être dérogé pour certaines catégories de bâtiments, eu égard à leur nature, à leur affectation ou à leur situation.
La Circulaire du 16 août 2011 relative à la mise en œuvre du programme national très haut débit et de la politique d'aménagement numérique du territoire, est reproduite ci dessous:
Le Premier ministre à Mesdames et Messieurs les préfets
de région (pour attribution), Mesdames et Messieurs les préfets de département
(pour information)
Le déploiement d'infrastructures numériques à très haut débit représente un
enjeu majeur pour notre pays, en termes de compétitivité des entreprises,
d'attractivité des territoires, de développement de nouveaux services et
usages pour les citoyens et de potentiel de croissance durable.
En février 2010, le Président de la République a fixé l'objectif que la
totalité des ménages français disposent d'un accès internet à très haut débit
en 2025, et 70 % d'entre eux dès 2020. Pour parvenir à relever ce défi et
tirer pleinement parti du potentiel de l'économie numérique, le Gouvernement a
lancé en juin 2010 le programme national « très haut débit », qui s'appuie sur
une enveloppe de deux milliards d'euros du volet numérique des investissements
d'avenir.
S'inscrivant dans le cadre législatif et réglementaire issu de la
loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie et de la
loi n° 2009-1572 du 17 décembre 2009 relative à la lutte contre la
fracture numérique, ainsi que des lignes directrices communautaires sur les
aides d'Etat au déploiement des réseaux à haut et très haut débit, ce
programme poursuit un double objectif : stimuler l'investissement privé afin
qu'il s'étende hors des zones les plus denses du territoire, en favorisant le
co-investissement entre les acteurs ; soutenir simultanément, par un
cofinancement de l'Etat, les projets d'aménagement numérique portés par les
collectivités territoriales et s'inscrivant en complémentarité avec ceux des
opérateurs.
Alors que les conditions du soutien de l'Etat aux projets des collectivités
territoriales sont désormais définies, la présente circulaire a pour objet
d'actualiser les orientations fixées par ma circulaire du 31 juillet 2009
relative aux schémas directeurs et à la concertation régionale sur
l'aménagement numérique du territoire. Elle rappelle le cadre juridique et
précise le rôle que les services de l'Etat doivent tenir pour faciliter une
étroite coordination entre les réseaux d'initiative privée et les réseaux
d'initiative publique.
Assurer une cohérence d'ensemble du déploiement des réseaux d'initiative
publique et privée est en effet impératif, afin de mobiliser l'ensemble des
capacités d'investissement et d'éviter que certains territoires ne soient pas
couverts, tout en veillant à l'efficacité de l'action publique. C'est le rôle
principal que je vous assigne dans les territoires.
C'est à cette fin que des schémas directeurs territoriaux d'aménagement
numérique ont été élaborés ou sont en cours d'élaboration dans 80 % des
départements, en complément des stratégies de cohérence régionale mises en
œuvre dans chacune des régions. Il apparaît aujourd'hui indispensable
d'inciter les derniers territoires non couverts à engager dans les meilleurs
délais la démarche d'élaboration de ces schémas. En leur absence, aucun projet
ne pourra être éligible au soutien de l'Etat.
Les intentions d'investissement des opérateurs ont été rendues publiques le 27
avril dernier. Elles sont présentées de façon détaillée sur le site
www.territoires.gouv.fr. Elles pourraient légitimement conduire certains
territoires à actualiser leurs schémas directeurs en s'appuyant sur une
concertation locale avec les opérateurs.
Le succès de la mise en œuvre du programme repose à la fois :
― sur l'Etat, garant de la cohérence et de la bonne couverture de tous les
territoires ;
― sur les collectivités territoriales qui interviendront en maîtrise d'ouvrage
soutenues par l'Etat pour pallier l'absence d'investissement privé dans
certains territoires ;
― sur les opérateurs, qui ont manifesté l'intention d'investir dans les
principales agglomérations pour couvrir, au plus tard en 2020, 57 % des
ménages.
Afin de renforcer l'articulation des projets publics et privés, les instances
de concertation régionale, sur lesquelles vous vous êtes appuyés, associeront
les opérateurs de communications électroniques pour constituer des commissions
consultatives régionales pour l'aménagement numérique des territoires. Ces
commissions auront principalement pour objet, sous votre autorité, de
favoriser la qualité du dialogue entre les opérateurs privés et publics et de
suivre la bonne réalisation des engagements de chacun. Il s'agit ainsi de
permettre aux opérateurs de confirmer et de préciser leurs intentions de
déploiement afin d'en vérifier la cohérence et la crédibilité et d'assurer une
concertation entre opérateurs et collectivités afin de bien délimiter les
aires d'intervention de chacun. Les administrations et organismes concernés,
notamment la Caisse des dépôts et consignations, le commissaire général à
l'investissement et l'Autorité de régulation des communications électroniques
et des postes seront tenus informés et seront associés, en tant que de besoin,
à ces travaux.
Tout en veillant à ne pas être impliqués dans les choix de configuration
technique et économique des projets, vous informerez les collectivités
territoriales des conditions précises d'éligibilité aux aides du programme
national « très haut débit ». En outre, vous apporterez aux maîtres d'ouvrage
le soutien réglementaire et juridique nécessaire, en particulier concernant
les règles communautaires relatives aux aides d'Etat. Enfin, je vous demande
de formuler un avis circonstancié sur les demandes de financement des projets
de réseaux d'initiative publique présentés par les collectivités. Vous
apporterez, dans ces avis, une attention particulière à ce que les projets de
« montée en débit » correspondent soit à une véritable étape intermédiaire
vers le déploiement de réseaux de fibre optique jusqu'à l'abonné (FttH), soit
à des zones où le FttH n'arrivera pas à l'horizon de dix ans.
Vous me rendrez compte de l'avancement des projets et de leur impact sur
l'économie régionale, à la fin de chaque exercice civil.
Je vous demande de veiller à la forte implication des services de l'Etat,
qu'il s'agisse du secrétariat général aux affaires régionales, des DIRECCTE ou
des autres services concernés.
A N N E X E 1
ÉLÉMENTS DE CADRAGE LÉGISLATIFS ET RÉGLEMENTAIRES
La
loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans
l'économie numérique permet aux collectivités territoriales d'investir au
bénéfice de leurs territoires dans des réseaux de communications électroniques
(art. L. 1425-1 du code général des collectivités territoriales).
La
loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de
l'économie fixe les modalités d'équipement en fibre optique des immeubles de
plus de vingt-cinq logements ou locaux à usage professionnel et fixe au
travers de ses décrets et arrêtés d'application un cadre pour la mutualisation
des informations géomatiques relatives au déploiement des réseaux et des
services.
La
loi n° 2009-122 du 4 février 2009 de finances
rectificative, dans le cadre du plan de relance de l'économie, donne notamment
la possibilité aux opérateurs de mobiliser les infrastructures de réseaux
présentes sur le domaine public pour déployer leurs réseaux.
La circulaire n° 5412/SG du Premier ministre du 31 juillet 2009 organise la
mise en place d'instances de concertation chargées de définir dans chaque
région une stratégie d'aménagement numérique servant de cadre aux schémas
directeurs territoriaux d'aménagement numérique, élaborés au moins à l'échelle
des départements.
Les lignes directrices communautaires n° IP/09/1332 du 30 septembre 2009
définissent précisément les conditions dans lesquelles il est possible de
mobiliser des financements publics, nationaux ou européens, pour la
construction de réseaux à haut ou très haut débit. Ces lignes directrices
exigent des Etats membres qu'ils prennent en compte non seulement les
infrastructures existantes, mais aussi les plans d'investissement concrets
envisagés par les opérateurs de communications électroniques pour le
déploiement de ces réseaux dans un avenir proche. Elles prévoient un certain
nombre de garanties essentielles (telles qu'une cartographie détaillée, des
appels d'offres ouverts, l'obligation de libre accès ou de neutralité
technologique ainsi que des mécanismes de récupération) afin de favoriser la
concurrence et d'éviter l'effet d'éviction de l'investissement privé.
La
loi n° 2009-1572 du 17 décembre 2009 relative à la lutte
contre la fracture numérique témoigne de l'ambition de couvrir l'ensemble du
territoire national, donne un statut juridique à la notion de schéma directeur
territorial d'aménagement numérique, crée le Fonds d'aménagement numérique des
territoires, précise les modalités de mutualisation des réseaux à effectuer
lors des travaux d'enfouissement et propose un nouveau modèle de société
susceptible d'intervenir dans le déploiement de réseaux en associant capitaux
publics et privés.
En complément, l'Autorité de régulation des communications électroniques et
des postes a défini le cadre réglementaire par les décisions suivantes
encadrant le déploiement de la fibre optique en France :
― la décision n° 2009-1106 du 22 décembre 2009 qui prévoit des obligations
applicables à l'ensemble du territoire et définit les zones dites « très
denses » (148 communes et environ 6 millions de logements et locaux à usage
professionnel) ;
― la décision n° 2010-1312 du 14 décembre 2010 qui précise les modalités de
l'accès aux lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre
optique sur l'ensemble du territoire à l'exception des zones très denses ;
― la décision n° 2011-0668 du 14 juin 2011 portant sur la définition du marché
de gros pertinent des offres d'accès aux infrastructures physiques
constitutives de la boucle locale filaire, sur la désignation d'un opérateur
exerçant une influence significative sur ce marché et sur les obligations
imposées à cet opérateur sur ce marché.
Ces décisions ont été complétées par un document de présentation, guide et
recommandation relatif à la montée en débit via l'accès à la sous-boucle
locale de cuivre de France Télécom, en date du 14 juin 2011.
Enfin, trois textes d'application de l'article 109 la loi de modernisation de
l'économie (LME) ont été publiés le 15 janvier 2010.
En ce qui concerne la connaissance des services, après le
décret n° 2009-166 du 12 février 2009 relatif à la
publication des informations sur la couverture du territoire par les services
de communications électroniques, un arrêté instaure pour les opérateurs de
communications électroniques les plus importants une obligation nouvelle
d'information du public sur la couverture du territoire par leurs services de
communications électroniques.
En ce qui concerne la connaissance des réseaux, après le
décret n° 2009-167 du 12 février 2009 relatif à la
publication des informations sur les réseaux et infrastructures, est complété
le même jour par :
― le
décret n° 2010-57 relatif à la sécurité de communication
des informations ;
― un arrêté relatif aux modalités de communication.
Le
décret n° 2009-167 a fait l'objet d'un recours
contentieux. Par une décision du 10 novembre 2010, le Conseil d'Etat a
considéré que la disposition imposant un format de transmission des
informations allait au-delà des obligations posées par le législateur. L'article 20 de la loi n° 2011-302 du 22 mars 2011 a remédié
à ce défaut de base légale en modifiant l'article L. 33-7 du code des postes
et des communications électroniques (CPCE) qui renvoie désormais à un décret
le soin de préciser les modalités de communication de ces informations à des
tiers concourant à l'aménagement du territoire avec lesquels les collectivités
et leurs groupements sont en relation contractuelle, ainsi que le format et la
structure de données selon lesquelles ces informations doivent être
transmises. Ce décret est en cours d'élaboration.
A N N E X E 2
CONTENU DES SCHÉMAS DIRECTEURS TERRITORIAUX D'AMÉNAGEMENT NUMÉRIQUE
L'Etat cofinance la réalisation des schémas directeurs territoriaux
d'aménagement numérique. Il est donc important de veiller à ce que, tant au
cours de l'élaboration des cahiers des charges qu'au cours de l'animation des
réunions de travail, figurent dans les travaux les points suivants :
― une première évaluation globale du coût de la fibre jusqu'à l'habitant,
ainsi que des objectifs quantifiés chiffrés à différents horizons temporels ;
― une consultation des opérateurs, visant à :
― permettre aux opérateurs de confirmer leurs intentions à la collectivité
concernée ;
― permettre à la collectivité de s'assurer de la cohérence et de la
crédibilité des engagements des opérateurs privés ;
― définir une délimitation claire des zones d'intervention privée et publique
;
― établir, sur les zones où est envisagé à un double déploiement privé et
public, un accord entre les parties, notamment sur le calendrier de
déploiement des opérateurs privés ;
― un volet relatif aux télécommunications mobiles, traitant du raccordement
des points hauts ;
― l'identification des attentes territoriales dans les domaines de la santé,
de l'activité économique, de l'accès à l'emploi, de l'éducation, du tourisme,
des activités culturelles, mais aussi de l'accès aux capacités de calcul
intensif et à l'hébergement de données ;
― le phasage des opérations en fonction des contraintes économiques et des
objectifs de développement poursuivis, notamment en ce qui concerne le
traitement de la montée en débit ;
― l'organisation du meilleur recours aux opérations de mutualisation des
travaux d'enfouissement des réseaux ;
― une modélisation des coûts de déploiement des réseaux FttH (par prise, par
territoire, par catégorie de travaux souterrains ou aériens, etc.) ;
― l'identification des financements mobilisables ;
― des options relatives à la mutualisation de bonnes pratiques, la mise en
place d'observatoires ;
― le cas échéant, une analyse des capacités de la filière numérique régionale
;
― une analyse des besoins de formation des personnels nécessaires ;
― un recensement de l'ensemble des ressources identifiées en termes de réseaux
publics et privés, quelles que soient les technologies utilisées (fibre,
cuivre, radio, utilisation du satellite en complément, etc.), et une
implication des concessionnaires et opérateurs d'autres réseaux
(essentiellement électricité et eau) ;
― un contact référent pour les maîtres d'ouvrage d'opérations de génie civil
sur le territoire du schéma directeur conformément à l'article L. 49 du CPCE ;
― l'examen de références concernant le montage juridique de structures
associant plusieurs niveaux de collectivités pour le portage de l'opération
sur les aspects techniques, économiques et surtout financiers.
Il convient de vérifier si les schémas directeurs existants doivent être
actualisés afin qu'ils prennent en compte ces éléments.
A N N E X E 3
MISE EN ŒUVRE DES MOYENS APPROPRIÉS
Annexe 3.1
Mobilisation de tous les services de l'Etat et création des commissions
consultatives régionales pour l'aménagement numérique des territoires
Une implication forte et concrète des services déconcentrés pour le
développement des infrastructures en très haut débit est facteur de visibilité
pour l'Etat et de cohérence des actions publiques locales.
Il est demandé de créer, au sein de l'instance de concertation régionale, une
commission consultative régionale pour l'aménagement numérique des
territoires, associant les collectivités, les services de l'Etat et les
opérateurs, qui aura pour objet :
― de permettre aux opérateurs de communications électroniques de confirmer et
de préciser aux collectivités les intentions de déploiement qu'ils ont
communiquées lors de l'appel à manifestation d'intention d'investissement (AMII)
début 2011, et aux collectivités de vérifier la cohérence et la crédibilité de
ces engagements ;
― de soutenir une concertation de qualité entre opérateurs et collectivités
afin de bien délimiter les aires d'intervention de chacun, et de rechercher
les complémentarités mutuelles.
Vous veillerez en particulier à :
― la cohérence des informations données par les opérateurs dans le cadre des
commissions avec les réponses fournies lors de l'AMII ;
― la prise en compte par les collectivités territoriales des projets de
déploiement privés dans la définition de leurs schémas directeurs et la
préparation de leurs projets.
Le secrétariat général pour les affaires régionales assurera, en s'appuyant
sur son chargé de mission TIC, l'animation des administrations déconcentrées
en vue de leur contribution à l'élaboration des schémas en présentant un
premier diagnostic des besoins et anticipations de chaque service et des
besoins qu'il identifie pour les populations et acteurs économiques relevant
de sa compétence, afin d'établir un socle qui sera présenté aux collectivités
territoriales.
Les DIRECCTE (1) seront concernées au premier plan et devront mobiliser leur
expertise concernant les besoins des pôles de compétitivité, des grappes
d'entreprises, et des zones d'activités économiques (suite à la création, par
l'Etat, du label Zone d'activité très haut débit) ainsi que des hôtels ou
pépinières d'entreprises. Elles mobiliseront aussi leur connaissance du tissu
économique en général, en accordant une attention particulière à la
structuration de la filière numérique régionale en vue du déploiement du très
haut débit. Elles prendront enfin en compte les attentes nées de l'évolution
du marché du travail et des qualifications résultant de la mutation des
pratiques professionnelles engendrées par le déploiement des outils
numériques.
Les exemples suivants illustrent la diversité des apports que l'on peut
attendre des différents services de l'Etat pour évaluer l'ensemble des besoins
en bande passante permettant d'élaborer une stratégie de cohérence régionale
de l'aménagement numérique du territoire :
― déploiement des environnements numériques de travail et besoins spécifiques
du réseau RENATER et de ses terminaisons régionales (rectorat) ;
― besoins de la sécurité civile, de la prévention des risques (préfets de
département) ;
― besoins particuliers des agriculteurs (DRAAF [2]) ;
― analyse des attentes des réseaux des Espaces publics numériques, au premier
rang desquels figurent les « Points Cyb » du réseau information jeunesse (DRJSCS
[3]) et les cyberbases créées par les collectivités territoriales avec le
soutien de la Caisse des dépôts et consignations ;
― aspects concernant la promotion du patrimoine et des activités artistiques
et culturelles, mais aussi l'impact sur les pratiques culturelles et la
consommation (DRAC [4]) ;
― connexions spécifiques aux activités de télémédecine (ARS [5]) ;
― pose de fourreaux lors des travaux routiers (DIR [6]) ;
― accessibilité des bases de données élaborées par les services du cadastre et
suivi des financements publics apportés au développement de l'économie
numérique (DRFiP [7]).
Pour chacun de ces services, qui participent au comité de l'administration
régionale, il est demandé la désignation, par le chef de service, d'un
correspondant au développement de l'économie numérique et de l'aménagement
numérique du territoire.
Il sera également fait appel aux DREAL (8) et aux DDT du fait de leur
connaissance du cadre réglementaire et de leur maîtrise des outils
d'information géographique.
(1) Direction régionale des entreprises, de la
concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi. (2) Direction
régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt. (3) Direction
régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale. (4) Direction
régionale des affaires culturelles. (5) Agence régionale de santé. (6)
Direction interdépartementale des routes. (7) Direction régionale des finances
publiques. (8) Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du
logement.
Annexe 3.2
Recommandations pour la mise en œuvre de systèmes d'information géographique avec l'appui de la DATAR et du CETE de l'Ouest
Afin d'actualiser les documents relatifs aux schémas directeurs territoriaux
et aux stratégies de cohérence régionales, et dans la perspective de
l'élaboration des avis qui vous seront demandés sur l'opportunité de soutenir
le déploiement de nouveaux projets de réseaux de communications électroniques
à très haut débit, vous devrez vous appuyer sur des données cartographiques
précises et régulièrement mises à jour. Ces données vous seront fournies par
deux systèmes d'information géographique nécessaires au pilotage de la
démarche d'ensemble.
Le premier, élaboré au niveau national dans le cadre d'un observatoire
national des services de communications électroniques en cours de mise en
place, vous donnera accès aux cartes de couverture du territoire en termes de
services offerts par les opérateurs, et permettra à la DATAR de tenir
l'inventaire actualisé des projets privés, afin de vérifier la crédibilité
d'ensemble des déclarations concernant chaque territoire.
Le second sera construit, suivant les recommandations à venir, à l'échelle
régionale sous votre autorité, le cas échéant en partenariat avec la
collectivité régionale et en conformité avec les règles établies autour de
l'utilisation d'une éventuelle plate-forme de partage de données (PRODIGE ou
équivalent). Il aura pour fonction de permettre, dans le respect de la
confidentialité attendue, une représentation des cartes de réseaux des
opérateurs. Vous contacterez les opérateurs suivant la procédure définie par
le décret d'application de la LME lorsqu'il sera publié afin de pouvoir
établir ces représentations cartographiques sous les meilleurs délais.
Ce double système de représentation constitue le support pertinent pour
l'élaboration d'une position de l'Etat à l'égard des choix des collectivités,
d'une part, et des opérateurs, d'autre part. Les données répertoriées par ces
outils vous serviront de base à l'analyse des architectures de réseaux
existants dans la perspective des déploiements futurs. Elles vous aideront à
émettre des avis sur l'opportunité de soutenir le déploiement de nouveaux
projets de réseaux de communication électronique à très haut débit.
Les fonctions support de ces systèmes d'information géographique seront
développées d'ici le quatrième trimestre 2011.
Annexe 3.3
Mobilisation des moyens de financement appropriés
Le déploiement de l'ingénierie nécessaire à la conduite de l'ensemble de ces
opérations a fait l'objet, en 2010 et 2011, de dotations au titre du Fonds
national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT), qui seront
reconduites en 2012 en fonction de vos besoins, afin de vous permettre de
poursuivre et finaliser, avec la Caisse des dépôts et consignations, les
collectivités territoriales et la Commission européenne, les études et travaux
préparatoires.
Le financement des projets de réseaux de nouvelle génération sera assuré au
niveau national par les opérateurs ou par les collectivités territoriales qui
pourront s'appuyer sur les ressources du Fonds pour la société numérique. En
complément, je vous demande de prévoir autant que possible l'inscription de
ces programmes de développement de l'économie numérique au sein des contrats
de projets Etat Régions et des programmes opérationnels européens, afin de
pouvoir financer :
― des projets de couverture des zones blanches du haut débit ;
― des portions de réseaux dédiés ou spécialisés qui ne seraient pas éligibles
au titre des investissements d'avenir ;
― des services, usages et contenus qui seront fondés sur l'utilisation de ces
réseaux ;
― enfin, les dépenses d'accompagnement des publics les plus en difficulté en
ce qui concerne la mobilisation des ressources de la société de l'information
au service du développement des petites entreprises, de l'emploi, de
l'insertion sociale ou de la vie citoyenne.
François Fillon