ANTARCTIQUE
Adopté par les 12 Etats qui ont participé à la Conférence de
Washington, le Traité sur l'Antarctique est entré en vigueur le 23 juin 1961.Le
Traité sur l'Antarctique permet aux Etats parties de coopérer en vue d'atteindre
les
objectifs du traité, malgré leurs divergences de position à propos des
revendications de souveraineté territoriale. Pour éviter les conflits
territoriaux et permettre aux Etats de poursuivre leurs activités scientifiques
sans contrainte politique, les Etats ont établi un régime ambivalent consacré à
l'article 4 du Traité sur l'Antarctique.
Le traité a " gelé " les prétentions territoriales. Les Etats revendiquants
voient l'existence de leurs prétentions reconnue. Rien, ni dans le traité ni
durant la durée du traité, ne pourra être interprété comme une renonciation ou
un abandon de leurs droits ou revendications. Les Etats n'émettant pas
d'affirmation de souveraineté peuvent ignorer celles formulées par sept autres
Etats parties tandis que rien dans le Traité ou durant la durée du Traité ne
pourra servir de base à une quelconque revendication.
Par ailleurs, ceux d'entre eux souhaitant conserver leurs
droits à faire valoir des bases de revendications verront leurs droits conservés
malgré l'écoulement du temps.
Plus simplement, chaque Etat obtient donc satisfaction puisqu'il peut
interpréter comme il l'entend l'article 4 du Traité sur l'Antarctique :
- Pour les Etats " non-possessionnés ", il fait de l'Antarctique une zone sur laquelle aucune souveraineté n'est reconnue.
- Pour les Etats " possessionnés ", cet article constitue une limitation librement consentie à l'exercice de leur souveraineté.
Avec l'Australie, l'Argentine, le Chili, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, la France forme le groupe des Etats dits " possessionnés ". Elle a émis des prétentions territoriales à l'égard de la Terre Adélie
Au Cap les experts se réunissent en mai/juin 2004,et adoptent une série de mesures datées du 4 juin 2004. Ces mesures puis les suivantes sont appliquées avec un certain délai et publiées au Journal Officiel
Passez votre souris sur la photo pour accéder à son profil :
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PLAN DE GESTION POUR LES ZONES PROTEGEES
LA M E S U R E 1 ( 2 0 0 4 ) est publié en France par le Décret n° 2009-1056 du 26 août 2009.
SYSTÈME DES ZONES PROTÉGÉES DE
L'ANTARCTIQUE PLANS DE GESTION POUR LES ZONES GÉRÉES SPÉCIALES DE L'ANTARCTIQUE
(ENSEMBLE DEUX ANNEXES)
Les représentants,
Rappelant les articles 4, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole du Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, qui contient des
dispositions relatives à la désignation des zones gérées spéciales de
l'Antarctique et à l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a recommandé que les
zones identifiées ci-dessous soient désignées en tant que zones gérées spéciales
de l'Antarctique et qu'il a approuvé les plans de gestion annexés à la présente
mesure ;
Reconnaissant que ces zones revêtent une valeur considérable dans le domaine de
la science, de la faune et la flore, de l'écologie, du patrimoine et de
l'esthétique, et qu'elles bénéficieraient d'une meilleure collaboration entre
les Parties actives sur place ;
Recommandent pour approbation à leur Gouvernement la mesure ci-après
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole du Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement : que
1. Les zones ci-après soient désignées en tant que zones gérées spéciales de
l'Antarctique :
― zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 2 ― McMurdo Dry Valleys, terre
Southern Victoria ; et
― zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 3 ― Cap Denison, baie du Commonwealth,
terre George V.
2. Les plans de gestion pour ces zones, qui figurent en annexe à la présente
mesure, soient adoptés.
A N N E X E I PLAN DE GESTION POUR LA ZONE GÉRÉE SPÉCIALE DE L'ANTARCTIQUE N° 2
McMurdo Dry Valleys, terre Southern Victoria
Table des matières
1. Description des valeurs à
protéger et des activités à gérer.
2. Buts et objectifs.
3. Activités de gestion.
4. Durée de la désignation.
5. Cartes et photographies.
6. Description de la zone :
i) coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel ;
ii) zones à accès limité et zones gérées à l'intérieur de la zone :
a) aires d'installations ;
b) aire de tourisme ;
c) aires à caractéristiques spéciales ;
iii) structures à l'intérieur de la zone et à proximité ;
iv) emplacement d'autres zones protégées dans la zone.
7. Code de conduite :
i) accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci ;
ii) activités pouvant être menées dans la zone ;
iii) installation, modification ou démantèlement de structures ;
iv) camps ;
v) prélèvement de végétaux et d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et
la flore ;
vi) collecte ou enlèvement de matériel trouvé dans la zone ;
vii) élimination des déchets ;
viii) rapports de visite.
8. Dispositions relatives à l'échange d'informations préalablement aux activités
proposées.
9. Bibliographie.
Annexe A
Code de conduite environnemental pour les McMurdo Dry Valleys.
Annexe B
Lignes directrices complémentaires pour la conduite de recherches scientifiques.
Annexe C
Lignes directrices pour les aires d'installations.
Annexe D
Lignes directrices pour l'aire de tourisme.
Annexe E
Lignes directrices applicables aux caractéristiques spéciales.
1. Description des valeurs à
protéger et des activités à gérer
Les McMurdo Dry Valleys se
distinguent comme étant la plus grande des régions relativement libres de glace
de l'Antarctique, 30 % environ de sa surface étant en grande partie libre de
neige et de glace. La région renferme un écosystème désertique dont le climat
est froid, extrêmement aride (dans la vallée Wright, la température annuelle
moyenne est de ― 19,8 °C et les précipitations sont inférieures à 100 mm
d'équivalent eau par an) et en outre venté. Le paysage de la zone comporte des
glaciers, des chaînes de montagne, des lacs couverts de glace, des torrents
d'eau de fonte, des sols striés arides, du pergélisol, des dunes de sable et des
systèmes de bassins versants interdépendants. Ces
bassins ont une influence
régionale sur l'écosystème marin de McMurdo Sound. Du fait de son emplacement
caractérisé par des variations saisonnières à grande échelle de la phase
aqueuse, cette zone revêt une grande importance pour l'étude du changement
climatique. En raison des variations temporelles de l'équilibre glace-eau qui
déterminent une contraction et une expansion des caractéristiques hydrologiques
et sont en outre enregistrées dans les accumulations de gaz à l'état de traces
dans la neige ancienne, le terrain des McMurdo Dry Valleys recèle également le
relevé des changements climatiques passés. Le climat extrême de la région
fournit un précieux analogue des conditions anciennes sur la Terre et des
conditions prévalant actuellement sur Mars où de tels climats ont sans doute
dominé l'évolution du paysage et du biote.
La zone est caractérisée par des écosystèmes uniques présentant une faible
diversité biologique et une moindre complexité du réseau trophique. En revanche,
comme elles constituent la plus vaste des régions libres de glace de
l'Antarctique, les McMurdo Dry Valleys abritent aussi des habitats assez
diversifiés comparés aux autres zones libres de glace. La zone comporte des
microhabitats et des communautés biologiques inhabituels (tels que des systèmes
endolithiques et cryoconites) ainsi que des caractéristiques géologiques et des
minéraux spéciaux (comme des dépôts salins et des pavages désertiques).
Certaines de ces caractéristiques géologiques particulières sont précieuses car
elles recèlent des enregistrements extrêmement longs des événements naturels.
Les séries de données d'observation environnementale à long terme collectées
dans cette région comptent parmi les plus longues dont on dispose pour
l'Antarctique. Les McMurdo Dry Valleys renferment des indicateurs des
changements climatiques régionaux, passés et présents, ainsi que des
caractéristiques qui contribuent à influencer le changement climatique local.
Ces valeurs scientifiques revêtent par ailleurs une importance autant mondiale
que régionale. La zone est une précieuse ressource pour la compréhension des
processus de formation des paysages et de la stabilité de la calotte de glace de
l'Antarctique. On trouve dans les McMurdo Dry Valleys des couches de surface
uniques, notamment des sédiments glaciairement déposés et modifiés, des dunes de
sable, des pavages désertiques, des sédiments glacio-lacustres et des sédiments
marins de fjord représentant de précieux enregistrements de l'évolution
planétaire. Le sol, les roches, l'eau, la glace et les biotes qui leur sont
associés ont une réelle valeur scientifique en tant qu'écosystèmes modèles
offrant une vision approfondie des processus naturels à l'œuvre dans la
biosphère tout entière. Enfin, les espèces vivant dans les McMurdo Dry Valleys
constituent une ressource biologique permettant de comprendre l'adaptation aux
milieux extrêmes et sont en outre d'authentiques termes extrêmes des continuums
écologiques.
Les McMurdo Dry Valleys sont également jugées précieuses pour la qualité de leur
milieu sauvage. Elles présentent un environnement quasiment vierge qui, pour
l'essentiel, n'a été ni perturbé, ni contaminé par les êtres humains. Leur
paysage spectaculaire formé de crêtes élevées et de vallées majestueuses et le
contraste entre les sols libres de glace et les glaciers offrent des
perspectives uniques d'une grande valeur esthétique.
Les activités conduites dans la zone comprennent divers travaux de recherche
scientifique, des opérations à l'appui de la science, des médias, des arts, de
l'éducation et d'autres visiteurs officiels de programmes nationaux, et le
tourisme. Un site de recherche écologique de longue durée a été établi dans la
vallée Taylor.
2. Buts et objectifs
La zone doit faire l'objet
d'une gestion spéciale pour garantir la protection de son milieu naturel et de
ses valeurs scientifiques, écologiques et esthétiques et préserver la grande
valeur des ensembles de don
nées recueillis au cours des cent dernières années.
En raison de l'augmentation des activités humaines et d'intérêts potentiellement
conflictuels, il est devenu nécessaire de gérer et de coordonner plus
efficacement les activités dans la région.
Le principal but de la zone gérée spéciale de l'Antarctique est de gérer et de
coordonner les activités humaines dans la zone de manière à protéger dans le
long terme les valeurs des McMurdo Dry Valleys. Les objectifs de gestion
spécifiques proposés dans la zone sont les suivants :
― faciliter la recherche scientifique tout en assurant la maîtrise de
l'environnement ;
― aider à planifier et coordonner toutes les activités dans les McMurdo Dry
Valleys pour gérer les conflits entre différentes valeurs (y compris celles de
différentes disciplines scientifiques), activités et opérateurs ;
― assurer la protection à long terme de l'intégrité des écosystèmes et des
caractéristiques spéciales en minimisant les impacts cumulés des activités
humaines sur l'environnement ;
― minimiser la possibilité d'introduction dans la zone de plantes et d'animaux
exotiques et de microbes ;
― promouvoir l'utilisation de modes de transport qui ont le moins d'impact sur
l'environnement ;
― minimiser l'utilisation de combustibles fossiles pour la conduite d'activités
dans la zone ;
― minimiser les traces des installations érigées dans la zone et des expériences
scientifiques qui y sont engagées, notamment la prolifération de camps.
3. Activités de gestion
Les activités de gestion
ci-après seront mises en œuvre pour réaliser les buts et objectifs du présent
plan :
― les programmes nationaux opérant dans la zone doivent constituer un groupe de
coordination de la gestion chargé de coordonner les activités menées dans la
ZSGA. Ce groupe a pour mission de favoriser la bonne communication entre les
parties opérant dans la zone, d'offrir une enceinte pour la résolution
d'éventuels conflits d'utilisation, de minimiser le dédoublement des activités
et d'évaluer l'efficacité des activités de gestion. Il se réunit chaque année
pour passer en revue les activités passées, présentes et futures et formuler des
recommandations sur la mise en œuvre de ce plan de gestion ;
― les programmes nationaux opérant dans la zone veillent à la diffusion de
l'information à toutes les parties opérant dans la zone afin de garantir la
bonne application du plan de gestion ;
― tous les opérateurs dans la zone veillent à ce que la totalité du personnel de
leurs programmes en visite dans la zone soient informés des dispositions du plan
de gestion, notamment le Code de conduite environnemental qui s'applique à la
zone ;
― des copies de ce plan de gestion, accompagnées des cartes et annexes, sont
conservées dans les stations et cabanes de recherche appropriées et mises à
disposition de toutes les personnes présentes dans la zone ;
― le tourisme et toutes autres activités non gouvernementales doivent être
coordonnés avec les programmes nationaux opérant dans la zone ;
― des visites sont faites selon que de besoin (une fois tous les cinq ans au
moins) pour évaluer l'efficacité du plan de gestion et s'assurer que les mesures
de gestion et d'entretien sont adéquates.
On notera que des lignes directrices pour la conduite d'activités spécifiques et
pour des régions spécifiques de la zone sont énoncées aux annexes B, C, D et E
(on se reportera également à la section 7 du présent plan de gestion).

4. Durée de la désignation
La zone est désignée pour une
durée indéterminée.
5. Cartes et photographies
Les cartes suivantes sont
comprises dans le plan :
Carte A : carte de la zone des McMurdo Dry Valleys ;
Carte B : carte des vallées Wright et Taylor ;
Carte C : zone des cabanes du lac Vanda ;
Carte D : zone du camp de Lower Wright ;
Carte E : zone des cabanes du col Bull ;
Carte F : zone du camp de cap Roberts ;
Carte G : zone du camp de New Harbor ;
Carte H : zone du camp F-6 ;
Carte I : zone du camp du lac Fryxell ;
Carte J : zone du camp du lac Hoare ;
Carte K : zone du camp du lac Bonney ;
Carte L : zone de la station de ravitaillement de pointe Marble ;
Carte M : zone des installations de mont Newall ;
Carte N : zone de tourisme du glacier Canada.
6. Description de la zone
Les McMurdo Dry Valleys se
trouvent dans terre Southern Victoria le long de la côte ouest de McMurdo Sound,
dans la mer australe de Ross, à environ 77° de latitude sud et 162° de longitude
est. Une superficie d'environ 15 000 km² est désignée en tant que zone gérée
spéciale de l'Antarctique (ci-après dénommée la zone ) afin de gérer les
activités humaines dans les vallées et d'assurer la protection de son milieu
naturel ainsi que de ses valeurs scientifiques, écologiques et esthétiques.
i) Coordonnées géographiques,
bornage
et caractéristiques du milieu naturel
Les lignes de démarcation de
la zone ont été principalement définies en fonction des bassins versants des
McMurdo Dry Valleys et renferment l'ensemble des sols libres de glace et des
zones
adjacentes situés dans ces bassins, tout Convoy Range ainsi que le bassin
versant de l'Alph. A partir du coin nord-ouest et en se déplaçant dans le sens
inverse des aiguilles d'une montre, la ligne de démarcation est définie par les
caractéristiques suivantes : la pointe nord-ouest du nunatak d'Allan (76,716 7°
de latitude sud, 159,666 7° de longitude est), le nunatak Carapace (76,883 3° de
latitude sud, 159,4° de longitude est), le mont DeWitt (77,2° de latitude sud,
159,833 3° de longitude est), le versant ouest de la chaîne du Fer à cheval
(77,566 7° de latitude sud, 159,95° de longitude est), le nunatak Depot (77,75°
de latitude sud, 160,066 7° de longitude est), le pic le plus méridional des
monts Lashly (77,960 6° de latitude sud, 159,560 3° de longitude est), le mont
Kempe (78,316 7° de latitude sud, 162,716 7° de longitude est), Pyramid (78,35°
de latitude sud, 163,5° de longitude est), le flanc est de l'île de Heald
(78,25° de latitude sud, 163,816 7° de longitude est), la pointe DeMaster (à
l'extrémité orientale de Marshall Valley, 78,079 2° de latitude sud, 164,413 1°
de longitude est), au nord en suivant la côte, au niveau moyen de la laisse de
basse mer, jusqu'au côté oriental de l'île Tripp (76,633 3° de latitude sud,
162,7° de longitude est), le versant sud du glacier Fry (76,633 3° de latitude
sud, 162,3° de longitude est) et de nouveau, la pointe nord-ouest du nunatak
d'Allan (76,716 7° S, 159,666 7° E). Du fait de l'ampleur de la zone et de
l'importance des caractéristiques physiques définissant les lignes de
démarcation, aucune borne n'a été installée.
Toutes les coordonnées géographiques sont données dans ce plan de gestion en
fractions décimales de degrés.
ii) Zones à accès limité
et zones gérées à l'intérieur de la zone
Ce plan de gestion définit
trois catégories d'aires gérées à l'intérieur de la zone : les aires
d'installations, l'aire de tourisme et les aires dotées de caractéristiques
spéciales.
L'objectif d'un concept de zonage est de gérer les utilisations multiples de la
zone et les activités qui y sont engagées tout en assurant la protection des
caractéristiques pour lesquelles la zone a tant de valeur. Les aires réservées
aux installations se rapportent aux endroits où des activités humaines primaires
peuvent être engagées, l'aire de tourisme définit les endroits où des activités
touristiques peuvent se dérouler, tandis que les caractéristiques spéciales sont
définies dans le but d'offrir un plus haut niveau de protection aux
particularités environnementales présentant une valeur spécifique. Dans les
sections ci-après, chacune de ces catégories de zones fait l'objet de lignes
directrices spécifiques qui y régissent la conduite d'activités et sont définies
aux annexes C, D et E.
ii) a) Aires d'installations
Les aires d'installations sont
établies pour cantonner les installations temporaires et semi-temporaires à des
zones prédéfinies et maîtriser ainsi leur répartition. Il peut s'agir de zones
où l'on prévoit une présence humaine partiellement permanente ou limitée à des
périodes définies au cours desquelles des activités importantes sont engagées.
Il peut aussi s'agir de zones où l'on escompte une présence humaine régulière
et/ou des activités répétitives. Il peut s'avérer ponctuellement nécessaire de
créer de nouvelles aires d'installations. Cette tâche devra être envisagée et
coordonnée par le groupe de coordination de la gestion et conçue de manière à
minimiser les traces des installations et des matériels associés.
Les activités de gestion suivantes doivent être entreprises dans les aires
d'installations :
― lors de la planification et de la poursuite d'activités dans les aires
d'installations, on s'attachera à promouvoir les énergies de remplacement et
l'optimisation du rendement énergétique ;
― lors de la planification et de la poursuite d'activités dans les aires
d'installations, on veillera à la bonne maîtrise des déchets ;
― les aires d'installations font l'objet d'évaluations périodiques pour
déterminer leur utilité, les améliorer ou les supprimer ;
― en cas de besoin, des plans d'intervention d'urgence sont élaborés pour tenir
compte des besoins particuliers d'aires d'installations spécifiques ;
― les aires d'installations ne doivent pas être implantées sur des
caractéristiques spéciales ou à proximité immédiate.
La liste des aires d'installations fait l'objet de l'annexe C où sont indiqués
leur emplacement, la description des lignes de démarcation et les lignes
directrices de conduite qui s'y appliquent. Les cartes A, B et C montrent
l'emplacement des aires d'installations, tandis que les cartes D à M signalent
les différentes aires d'installations.

ii) b) Aire de tourisme
L'aire de tourisme est située
dans une zone de grande valeur esthétique à proximité du glacier Canada, dans la
vallée Taylor, où l'on peut raisonnablement garantir des déplacements et un
accès aisés, en toute sécurité, avec un impact minime sur les activités
scientifiques ou le milieu naturel. L'aire a été établie à l'issue de
consultations avec les programmes nationaux opérant dans la zone et les
opérateurs de tourisme. Par le passé, des visites soigneusement gérées ont été
organisées sur le site par les sociétés de tourisme. Les activités de tourisme
seront confinées à cette aire.
Les lignes directrices régissant la conduite d'activités dans l'aire de tourisme
sont définies à l'annexe D où figurent également l'emplacement et la description
des lignes de démarcation de l'aire de tourisme. L'emplacement de cette aire est
indiqué à la carte N.
ii) c) Aires à
caractéristiques spéciales
Les aires à caractéristiques
spéciales sont des aires désignées telles en raison de leur forte valeur
scientifique et de leur grande vulnérabilité aux perturbations causées par les
êtres humains. C'est pourquoi elles justifient l'adoption de mesures
complémentaires visant à assurer leur protection.
Les caractéristiques spéciales sont énumérées à l'annexe E, accompagnées d'une
brève description de leur importance scientifique, de leur emplacement et des
lignes directrices de conduite qui s'y appliquent. La carte A illustre
l'emplacement des caractéristiques spéciales.
iii) Structures à l'intérieur
de la zone et à proximité
Les principales structures à
l'intérieur de la zone se situent dans les vallées Wright et Taylor, à pointe
Marble, à cap Roberts et au glacier d'Odell. Il y a trois camps semi-permanents
dans la vallée Wright et cinq autres dans la vallée Taylor. La carte A indique
l'emplacement de toutes les structures situées dans la zone.
Tableau 1 : Récapitulation des informations relatives aux sites de la zone sur
lesquels existent des structures, notamment le programme national chargé de leur
entretien, leurs coordonnées géographiques, l'emplacement et la description de
chacun des sites et la description ― dimensions incluses ― des structures
situées sur chacun des sites.
Passez votre souris sur la photo pour accéder à son profil :
Tableau 1 : structures situées dans la zone
|
NOM |
PARTIE RESPONSABLE |
EMPLACEMENT |
DESCRIPTION |
STRUCTURES |
|---|---|---|---|---|
|
Camp de col Bull (ou
station sismique du lac Vanda). |
Etats-Unis d'Amérique. |
77,516 9° S |
Le long du versant nord
de la vallée Wright, près de l'entrée du col Bull. |
Deux abris sont érigés
sur ce site, l'un pour le matériel, l'autre étant un abri environnemental
d'environ 28,7 m² logeant un système énergétique mixte. |
|
Camp de cap Roberts. |
Nouvelle-Zélande. |
77,033 3° S |
Le cap sud de Granite
Harbor, sur la côte. |
Deux cabanes sur la zone
libre de glace de cap Roberts pouvant abriter quatre personnes (environ 10
m²). Il y a aussi une cabane d'habitation de 19 m². Une structure de
stockage de fûts de carburant se trouve également sur ce site. |
|
Camp F-6. |
Etats-Unis d'Amérique. |
77,608 3° S |
A l'extrémité sud-est du
lac Fryxell, en face du glacier Commonwealth, dans la vallée Taylor. |
Un bâtiment principal de
42 m² avec toilettes adjacentes. |
|
Camp du lac Bonney. |
Etats-Unis d'Amérique. |
77,715° S |
Sur une pente abrupte de
la berge sud du lac Bonney, dans la vallée Taylor. |
Une cabane Jamesway de
55,7 m², des toilettes de 2,2 m², un local de 8,9 m² abritant un groupe
électrogène et trois laboratoires de 8,9 m². |
|
Camp du lac Fryxell. |
Etats-Unis d'Amérique. |
77,606 7° S |
A mi-chemin de la berge
nord du lac Fryxell dans la vallée Taylor. |
Une cabane Jamesway
(bâtiment principal) de 62,7 m², quatre laboratoires de 13,9 m² et un
local de 13,9 m² abritant un groupe électrogène. |
|
Camp Hoare. |
Etats-Unis d'Amérique. |
77,623 3° S |
Sur la berge nord du lac
Hoare, au pied du glacier Canada, dans la vallée Taylor. |
Un bâtiment principal de
55,7 m², trois laboratoires de 13,9 m², un local de 8,9 m² abritant un
groupe électrogène, une resserre à outils de 8,9 m²) et trois toilettes
extérieures, dont deux de 2,2 m² et l'autre de 1,7 m². En dessous du camp
actif se trouvent les anciens bâtiments du camp du lac Hoare qui sont
toujours utilisés. Ils comprennent une cabane Jamesway de 37 m²
principalement utilisée comme espace de rangement, un abri de groupe
électrogène de 6 m² et un ancien laboratoire de 7,5 m² désormais utilisé
comme salle de douche. |
|
Cabanes du lac Vanda. |
Nouvelle-Zélande. |
77,523 3° S |
A l'extrémité orientale
du lac Vanda dans la partie supérieure de la vallée Wright. |
Trois abris
communicants, pour une surface au sol totale de 30 m². |
|
Cabane de Lower Wright. |
Nouvelle-Zélande. |
77,433 3° S |
Au sud du lac Brownworth
dans la partie inférieure de la vallée Wright. |
Une petite cabane
pouvant loger deux personnes pour une surface au sol de 6 m². |
|
Station de
ravitaillement de pointe Marble. |
Etats-Unis d'Amérique. |
77,413° S |
5 km au nord du cap
Bernacchi sur la côte de terre Victoria et environ 60 km de l'autre côté
de McMurdo Sound à partir de cap Royds. |
Un bâtiment principal de
69,7 m², un pavillon de 41,8 m², un autre pavillon de 55,7 m², une remise
à carburant de 7,4 m², 6 réservoirs de stockage de combustibles (25 000
litres chacun), des toilettes de 2,2 m², un incinérateur de déchets
solides, une remise de rangement de 1,9 m², un abri de groupe électrogène
de 21 m², un bâtiment à usage d'atelier et d'entrepôt de 27 m² et une
station météo ASOS de 7 m². |
|
Relais radioélectriques
de mont Newall. |
Etats-Unis
d'Amérique/Nouvelle-Zélande. |
77,504 9° S |
Sur mont Newall, un pic
situé à l'extrémité nord-est du parcours Asgard (20 km à l'est du lac
Vanda). |
On trouve sur le site
deux relais radioélectriques, l'un américain, l'autre néo-zélandais. Il y
a trois cabanes sur mont Newall, dont un abri de survie de 8,9 m², une
remise de 22,3 m² abritant un système énergétique hybride (américain) et
une remise à matériel verte de 2,2 m² abritant le relais radioélectrique
néo-zélandais. Le relais américain est logé dans deux conteneurs en
plastique orange. Il y a aussi sur le site deux antennes (une
néo-zélandaise, l'autre américaine) et une éolienne (américaine). |
|
Camp de New Harbor. |
Etats-Unis d'Amérique. |
77,575° S |
A l'extrémité orientale
de la vallée Taylor, à proximité de la baie New Harbor. |
Le bâtiment principal se
compose de deux cabanes Jamesway reliées par une passerelle en bois, l'une
de 42 m² l'autre de 30 m². Une remise de rangement de 3 m² et des
toilettes de 1,5 m² sont attenantes au bâtiment principal. Le camp
comprend également une cabane Jamesway de 21 m² qui sert de laboratoire,
un abri de groupe électrogène de 8,9 m² et un casier de 1,5 m² où est
entreposé le matériel de plongée. |
|
Camp du glacier Odell. |
Etats-Unis d'Amérique. |
76,681 0° E |
A côté des collines
Allan sur le versant ouest du glacier Odell. |
Ce camp pour deux
personnes compte une cabane de 8,9 m², un groupe électrogène de 5 kW, une
éolienne, une batterie solaire et une tente Scott. |
|
(1) Partie responsable
de l'entretien du site. |
||||
On compte dans la zone plusieurs sites abritant des instruments scientifiques et
opérationnels, comme des stations météorologiques automatiques (AWS), des relais
radioélectriques et des dispositifs de mesure du bilan de masse glaciaire. Des
camps semi-permanents ont en outre été mis hors service ou démantelés sur
plusieurs sites des McMurdo Dry Valleys. Ils sont indiqués au tableau 2.
Tableau 2 : sites connus de camps semi-permanents mis hors service dans la zone
|
SITES MIS HORS SERVICE |
COORDONNÉES |
|---|---|
|
Cabane Asgard
(Nouvelle-Zélande) |
77,583 3° S, 161,6° E |
|
Cabane Brownworth
(Nouvelle-Zélande) |
77,45° S, 162,883 3° E |
|
Cabane du col Bull
(Nouvelle-Zélande) |
77,516 9° S, 161,851 3°
E |
|
Camp du glacier Meserve
(Etats-Unis d'Amérique) |
77,513 3° S, 162,283 3°
E |
|
Cabane de vallée Miers
(Nouvelle-Zélande) |
78,133 3° S, 163,833 3°
E |
|
Ancienne cabane du lac
Bonney (Etats-Unis d'Amérique) |
77,703 3 ° S, 162,51° E |
|
Cabane du lac Fryxell
(Nouvelle-Zélande) |
77,616 7° S, 163,05° E |
|
Station Vanda
(Nouvelle-Zélande) |
77,526 7° S, 161,668 3°
E |
|
Ancien camp du glacier
Commonwealth (Nouvelle-Zélande) |
77,582 4° S, 163,596 9°
E |
|
Ancien camp de New
Harbor (Etats-Unis d'Amérique) |
77,575° S, 163,498 3° E |
Entre 1971 et 1975, des forages ont été réalisés sur sept sites de la zone dans
le cadre du programme de forage des McMurdo Dry Valleys. Les sites de forage se
situent au lac Vanda (DVDP 4) (foré à 85,8 m sous la surface de glace), à
l'étang Don Juan (DVDP 5) (3,4 m), au lac Vida (DVDP 6) (305,8 m), au lac
Fryxell (DVDP 7) (11,1 m), à New Harbor (DVDP 8 et 9) (157,5 m et 38,3 m,
respectivement) et au glacier Commonwealth.
iv) Emplacement d'autres zones
protégées dans la zone
Il existe quatre ZSPA dans la
zone et, pour y pénétrer, un permis est nécessaire. Ce sont les suivantes :
ZSPA n° 123, vallées Barwick et Balham ;
ZSPA n° 131, glacier Canada ;
ZSPA n° 138, terrasse Linnaeus ;
ZSPA n° 154, baie Botany.
7. Code de conduite
Le Code de conduite visé dans
cette section est le principal instrument pour la gestion des activités menées
dans la zone. Il énonce les principes généraux de gestion et d'opération dans la
zone.
Des conseils complémentaires sont formulés dans le Code de conduite
environnemental pour les McMurdo Dry Valleys (annexe A) qui est fondé sur un
code de conduite antérieur élaboré à l'issue de nombreuses consultations entre
les Etats parties au Traité. Le Code de conduite environnemental a jusqu'ici été
appliqué par les programmes antarctiques nationaux tant de la Nouvelle-Zélande
que des Etats-Unis d'Amérique. Il est important que toute personne visitant les
McMurdo Dry Valleys soit informée des lignes directrices définies à l'annexe A
avant de pénétrer dans la zone.
i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci
La zone est vaste et offre de
nombreux points d'entrée. On y accède généralement par hélicoptère à partir de
l'île de Ross ou par la glace de mer, via New Harbor ou pointe Marble. Les aires
d'atterrissage désignées doivent être utilisées pour poser les hélicoptères.
Lorsqu'il n'en existe pas, on utilisera dans toute la mesure possible les aires
d'atterrissage connues. Quand il est prévu que des hélicoptères se posent de
manière répétée sur un site donné, il convient d'envisager de désigner un site
d'atterrissage. Ces suggestions sont adressées au groupe de coordination de la
gestion. Des interdictions de survol sont en
vigueur dans la ZSPA n° 123,
au-dessus des vallées Barwick et Balham, dans la ZSPA n° 131 au-dessus du
glacier Canada, et dans la ZSPA n° 154 à baie Botany. S'agissant du survol des
caractéristiques spéciales et des atterrissages à proximité, des dispositions
spéciales peuvent s'appliquer auxquels cas elles sont définies à l'annexe E,
Lignes directrices pour les caractéristiques spéciales.
Tous les itinéraires d'accès piéton et les déplacements dans la zone doivent
être établis de manière à minimiser les perturbations du sol et des surfaces de
végétation. Il existe plusieurs routes piétonnes dans la zone. Dans la vallée
Taylor, il y a des routes piétonnes entre le camp F-6 et le camp du lac Fryxell,
entre le camp F-6 et celui du lac Hoare, entre les camps des lacs Hoare et
Fryxell, et entre les camps des lacs Hoare et Bonney. Une autre route est tracée
de la berge du lac Fryxell au déversoir du ruisseau Canada. Il existe aussi
d'autres routes, plus éloignées des campements de F-6 et des lacs Fryxell,
Bonney et Hoare. Dans la vallée Wright, on trouve une route entre le déversoir
et les cabanes de Vanda. Il y a également une route au tracé mal défini qui
longe l'Onyx, entre les lacs Vanda et Brownworth. Par endroits, les traces des
véhicules terrestres qui ont emprunté cette route dans les années 70 sont encore
visibles.
Sauf autorisation spéciale, l'utilisation de véhicules dans la zone doit être
limitée à la glace lacustre ou aux pistes actuellement empruntées par des
véhicules à pointe Marble, New Harbor, et au cap Roberts.
ii) Activités pouvant être
menées dans la zone
Les activités qui peuvent être
menées dans la zone comprennent les travaux de recherche scientifique, les
opérations effectuées à l'appui de la science, des médias, des arts, de
l'éducation ou d'autres visiteurs officiels de programmes nationaux, des
activités de gestion dont l'entretien et l'enlèvement d'installations ainsi que
les visites touristiques dans l'aire de tourisme où de telles activités ne
portent pas atteinte aux valeurs de la zone.
Toutes les activités entreprises dans les McMurdo Dry Valleys doivent être
conduites de manière à minimiser leur impact environnemental. Il convient de
privilégier les énergies de remplacement (le solaire, l'énergie éolienne et les
piles à combustible par exemple) pour limiter autant que faire se peut le
recours aux combustibles fossiles. Des lignes directrices spécifiques sur la
conduite d'activités dans la zone figurent dans les annexes.
Les activités touristiques doivent être entreprises de manière à minimiser leur
incidence potentiellement néfaste sur l'écosystème des McMurdo Dry Valleys et
sur les activités scientifiques menées dans la zone. Les voyagistes doivent
remettre aux programmes nationaux opérant dans la zone le calendrier des visites
ultérieurement prévues, lequel doit être communiqué au groupe de coordination de
la gestion. Les passages de cours d'eau doivent être évités lors des
déplacements de tourisme dans la zone. Si des cours d'eau doivent être
traversés, il faudra utiliser des endroits désignés à cette fin, y compris des
rochers existants. Les activités de tourisme doivent se borner à l'aire désignée
à cet effet. On trouvera à l'annexe D des lignes directrices régissant la
conduite d'activités dans l'aire de tourisme.
iii) Installation,
modification ou démantèlement de structures
Un grand soin doit être
apporté à la localisation et à l'installation de structures afin de minimiser
leur impact sur l'environnement. Les sites d'installation doivent être
réutilisés dans toute la mesure du possible et leur emplacement doit être
enregistré. Les traces des installations seront limitées au minimum possible.
Aucune structure ne peut être érigée en dehors des aires d'installations. Il
incombe au groupe de coordination de la gestion de décider de la mise en place
de nouvelles structures et de la désignation de nouvelles aires d'installations.
iv) Camps
Dans les McMurdo Dry Valleys,
les camps se limitent à de petites installations (généralement une ou deux
tentes) érigées de manière temporaire pour effectuer des recherches au cours
d'une campagne. Les campements sont en général éloignés des aires
d'installations. Un grand soin doit être apporté à la localisation et à
l'installation des camps afin de minimiser leur impact sur l'environnement. Les
camps doivent être réutilisés dans toute la mesure du possible et leur
emplacement sera enregistré. Les traces des camps doivent être aussi limitées
que possible.
v) Prélèvement de végétaux et d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore
Ces activités sont interdites,
sauf autorisation expresse en vertu d'un permis délivré au titre de l'article 3
de l'annexe II. S'agissant de la capture d'animaux et des perturbations
nuisibles, le code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins
scientifiques dans l'Antarctique devrait être utilisé comme norme minima.
vi) Collecte ou enlèvement de matériel trouvé dans la zone
Les matériels qui ne sont pas
couverts par l'alinéa v) ci-dessus ne peuvent être collectés ou enlevés de la
zone qu'à des fins scientifiques et pédagogiques connexes ou pour des besoins de
la gestion essentiels ; seul le minimum nécessaire à ces fins pourra être
recueilli ou enlevé. Tous les météorites ramassés doivent être collectés et
conservés en conformité avec des normes scientifiques agréées et ils sont rendus
disponibles pour des fins scientifiques. Les matériels d'origine humaine
susceptibles de porter atteinte aux valeurs de la zone peuvent être enlevés à
moins que l'impact de leur enlèvement ne s'avère plus néfaste que leur présence
sur le terrain. Si tel est le cas, il convient d'en informer les autorités
compétentes.
vii) Elimination des déchets
Tous les matériels introduits
dans la zone doivent être ramassés et enlevés dans toute la mesure du possible.
L'eau utilisée par des êtres humains à de quelconques fins, y compris
scientifiques, doit être évacuée et/ou traitée dans un évaporateur d'eaux usées
(et les résidus doivent être évacués). Tous les déchets humains doivent être
évacués de la zone, y compris les résidus d'incinération.
En vertu de l'article 4 de l'annexe III du Protocole relatif à la protection de
l'environnement, les déchets ne sont pas éliminés dans les zones libres de
glace, dans les systèmes d'eau douce ou sur de la neige ou de la glace, qui se
terminent dans de telles zones ou dans des zones de forte ablation.

ix) Rapports de visite
Le groupe de coordination de
la gestion doit dans toute la mesure du possible établir des rapports de visite
et les communiquer à toutes les parties.
Conformément à l'article 10 de l'annexe V du Protocole relatif à la protection
de l'environnement, des dispositions sont prises pour la collecte et l'échange
de rapports de visites d'inspection et de tout changement et dommage survenu
dans la zone.
Les voyagistes doivent conserver des enregistrements des visites conduites dans
la zone, notamment du nombre de visiteurs, des dates des visites et des
incidents survenus dans la zone et communiquer ces renseignements au groupe de
coordination de la gestion. Les coordonnées géographiques de tous les camps
doivent être relevées. En ce qui concerne les caractéristiques spéciales, toutes
les visites et activités conduites sur ces caractéristiques, ainsi que les
échantillonnages qui y sont réalisés, y compris le type et la quantité, doivent
être enregistrés.
8. Dispositions relatives à l'échange d'informations préalablement aux activités proposées
Outre l'échange habituel
d'informations au moyen des rapports nationaux annuels aux parties signataires
du Traité sur l'Antarctique, au SCAR et au COMNAP, les parties opérant dans la
zone doivent échanger des informations par l'intermédiaire du groupe de
coordination de la gestion.
9. Bibliographie
Vincent, W.F., ed. (1996).
Environmental Management of a Cold Desert Ecosystem : The McMurdo Dry Valleys.
Report of a National Science Foundation Atelier tenu à Santa Fe
(Nouveau-Mexique), 14-17 mars 1995.
Wharton, R.A., ed. (1991). McMurdo Dry Valleys : A Cold Desert Ecosystem. Report
of a National Science Foundation Workshop Held at the Institute of Ecosystem
Studies, The New York Botanical Garden, Millbrook, New York, 5-7 octobre 1991.
Wharton, R.A. and Doran, P.T., eds. (1998). McMurdo Dry Valley Lakes : Impacts
of Research Activities. Rapport d'un atelier de la National Science Foundation
tenu à l'University of Illinois, Chicago, 15-17 juillet 1998.
Plans de gestion
Plan de gestion pour la zone
spécialement protégée de l'Antarctique n° 123, vallées Barwick et Balham, terre
South Victoria.
Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 131,
glacier Canada, vallée Taylor, terre Victoria.
Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 138,
terrasse Linnaeus, Asgaard Range, terre Victoria.
Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 154, baie
Botany, cap Géologie, terre Victoria.
A N N E X E A
CODE DE CONDUITE ENVIRONNEMENTAL
POUR LES McMURDO DRY VALLEYS
Pourquoi les McMurdo Dry
Valleys sont-elles jugées si importantes ? Leur écosystème renferme des
caractéristiques géologiques et biologiques remontant à des milliers, voire des
millions d'années. Nombre de ces caractéristiques anciennes pourraient aisément
être irrémédiablement dégradées par l'intervention humaine. Des communautés
inhabituelles de formes de vie microscopiques, une faible diversité biologique,
des réseaux alimentaires simples caractérisés par une faible concurrence
trophique, des stress intenses de température, l'aridité et la pénurie de
nutriments sont autant de caractéristiques qui font des McMurdo Dry Valleys un
milieu unique. Ce paysage désertique ancien et ses communautés biologiques n'ont
qu'une capacité naturelle très limitée pour se remettre d'éventuelles
perturbations. La recherche sur ces systèmes doit se donner pour but de
minimiser les impacts sur les terres, l'eau et la glace afin de les préserver au
profit des générations futures.
Matériels
Tout ce qui est introduit dans
la zone doit en être évacué et rapporté à la station du programme national
compétent pour y recevoir le traitement nécessaire.
Toute activité qui provoquerait la dispersion de matériaux étrangers doit être
évitée (comme marquer des rochers à la peinture) ou effectuée à l'intérieur
d'une cabane ou d'une tente (par exemple les découpes, le sciage et le
déballage).
Le matériel de voyage ne sera pas abandonné sur place (comme les broches à
visser et les pitons).
Incidents liés aux déchets et
déversements accidentels
L'eau utilisée par les êtres
humains à de quelconques fins doit être évacuée et/ou traitée dans un
évaporateur d'eaux usées (et les résidus enlevés).
Tous les déchets humains sont ramassés et évacués.
Les individus et les groupes doivent apporter avec eux des conteneurs adaptés au
transport et à l'évacuation des déchets d'origine humaine et des eaux usées.
Les incidents liés à des déversements accidentels doivent être signalés au
programme national compétent.
Le lieu de tout déversement doit être consigné dans le rapport de visite du
groupe.
Energie
On aura recours dans toute la mesure du possible aux énergies solaire et éolienne afin de minimiser l'utilisation d'hydrocarbures.

Déplacements
Sauf autorisation spéciale,
l'utilisation de véhicules de terrain dans la zone doit être limitée à la glace
lacustre ou aux secteurs de pointe Marble, du cap Roberts et de New Harbor.
Les aires désignées doivent être utilisées pour l'atterrissage des hélicoptères.
Lorsqu'il n'en existe pas, il convient d'utiliser si possible les aires
d'atterrissage connues.
Les dispositifs de bornage clairement visibles en vol doivent être utilisés pour
signaler les aires d'atterrissage d'hélicoptères.
Les hélicoptères ne doivent pas utiliser de grenades fumigènes sauf pour des
raisons impérieuses de sécurité.
Les charges sous élingue doivent être arrimées avec soin. Les opérations d'élingage
sont encadrées par des agents dûment formés.
Les décharges de carburant sont interdites.
Lors des déplacements à pied, il convient de rester dans toute la mesure du
possible sur les pistes existantes.
Il faut éviter de marcher sur les zones de végétation.
Il est interdit d'ériger des cairns dans la zone.
Les caractéristiques spéciales et les lignes directrices qui leur sont
applicables doivent être connues de tous.
Sécurité
Les individus et les groupes
doivent apporter avec eux dans la zone suffisamment de matériel ― de survie ou
autre ― pour assurer leur sécurité.
Emplacement et installation
des camps
Les campements doivent être
situés le plus loin possible des berges des lacs, des cours d'eau, des
caractéristiques spéciales et des sites anciens d'expérimentation pour éviter
les risques de dégradation ou de contamination. Il est interdit de camper dans
le lit des cours d'eau, même s'ils sont à sec.
Quand des roches sont déplacées pour installer un camp ou pour toute autre
activité, elles doivent si possible être replacées dans leurs traces et, à tout
le moins, la face incrustée de sel orientée vers le sol.
Les campements doivent être réutilisés dans la mesure du possible.
L'emplacement des campements doit être consigné dans le rapport de visite du
groupe.
On veillera à ce que le matériel et les provisions soient en permanence
solidement arrimés pour éviter d'être emportés en cas de vents forts.
Carburant et produits chimiques
Des mesures doivent être
adoptées pour prévenir tout déversement accidentel de produits chimiques,
notamment les réactifs et les isotopes (stables ou radioactifs). Les produits
chimiques de toutes sortes doivent être utilisés sur des bacs collecteurs ou
d'autres récipients. Quand l'utilisation de radio-isotopes est autorisée, les
conseils de sécurité et de manutention doivent être strictement respectés.
En cas d'utilisation de produits chimiques ou de carburant, on veillera à
disposer d'équipements de lutte contre les déversements adaptés aux volumes
utilisés. Les personnes travaillant avec des produits chimiques et des
carburants doivent en connaître le maniement et les procédures d'action
applicables en cas de déversement.
Les récipients de produits chimiques et de carburant doivent être bien calés au
sol et bouchés, notamment sur la glace de lac.
Tous les fûts de carburant doivent disposer d'un deuxième confinement, d'un type
ou d'un autre.
On utilisera des bidons à becs verseurs pour remplir la cuve des groupes
électrogènes. Le ravitaillement des groupes électrogènes et des véhicules doit
s'effectuer sur des bacs collecteurs à matelas absorbants.
Les véhicules ne doivent être vidangés qu'au-dessus de bacs collecteurs.
Toutes les décharges accidentelles de carburant doivent être nettoyées dans
toute la mesure du possible et documentées, coordonnées y compris, dans les
rapports d'activité.
Lacs
Les explosifs sont interdits
sur les lacs.
Les véhicules ne peuvent circuler sur la glace de lac qu'en cas de nécessité
impérieuse ; ils doivent être garés sur la glace pérenne plutôt que sur la glace
marginale pendant la fonte d'été.
Dans la mesure du possible, on veillera à ne rien laisser geler dans la glace de
lac qui pourrait ultérieurement provoquer une ablation ou une contamination.
On évitera de nager ou de plonger dans les lacs, sauf avec l'autorisation d'un
programme national.
Cours d'eau
Il faut éviter de franchir des
cours d'eau ; quand cela s'avère nécessaire, on utilisera chaque fois que
possible les points de passage désignés.
Il faut systématiquement s'abstenir de marcher dans le lit des cours d'eau pour
éviter d'en perturber le biote.
On évitera de marcher près des rives des cours d'eau pour en éviter l'érosion.
Fonds et flancs de vallées
Il faut s'abstenir de
perturber les phoques et les manchots momifiés.
On s'écartera des éboulis et des dunes de sable pour éviter leur éboulement.
On évitera de traverser les zones anciennes d'expérimentation pédologique pour
ne pas les perturber.
On s'abstiendra de perturber les deltas soulevés qui marquent des littoraux
anciens.
Désert d'altitude
On s'attachera à ne pas endommager les formations rocheuses délicates.
A N N E X E B
LIGNES DIRECTRICES COMPLÉMENTAIRES
POUR LA CONDUITE DE RECHERCHES SCIENTIFIQUES
Les travaux de recherche
entrepris dans les McMurdo Dry Valleys portent sur le climat, les glaciers, les
cours d'eau, les lacs, les sols ainsi que la géologie et la géomorphologie
locales. Les lignes directrices ci-après visent
à prévenir et à atténuer
l'impact des activités de recherche engagées dans des environnements essentiels
de la zone. Elles sont fondées sur le rapport intitulé McMurdo Dry Valley Lakes
: Impacts of Research Activities (Wharton, R.A. and Doran, P.T., 1998), qui
résulte d'un atelier international regroupant des scientifiques effectuant des
travaux de recherche dans la zone.
Sites d'échantillonnage et
d'expérimentation
Le matériel d'échantillonnage
doit être nettoyé avant d'être introduit dans la zone.
L'emplacement des sites d'échantillonnage doit être consigné dans le rapport de
visite du groupe.
Il ne faut ni déplacer ni collecter de quelconques spécimens, notamment des
fossiles, sauf à des fins scientifiques et pédagogiques.
Dès lors qu'un trou d'échantillonnage a été foré dans la glace de lac ou qu'un
puits a été creusé dans le sol, il doit rester propre et tout le matériel
d'échantillonnage doit être sécurisé.
On évitera de laisser des bornes (des drapeaux par exemple) ou d'autres
matériels sur place pendant plus d'une campagne sans y consigner le numéro et la
durée du projet.
Installations scientifiques
S'agissant des installations
scientifiques, notamment les stations météorologiques, les monuments
géographiques, les relais de communication, les systèmes de surveillance des
lacs et les limnigraphes :
― les installations doivent être érigées avec prudence, être facilement
récupérables en cas de besoin, et toujours solidement arrimées pour éviter
d'être emportées par vent fort ;
― toutes les installations présentes dans la zone doivent être clairement
identifiées par pays, nom du chercheur principal et année d'installation ;
― un rendement énergétique optimal doit être recherché et il convient de
privilégier dans toute la mesure du possible les énergies renouvelables ;
― les installations doivent présenter un risque minimal d'émissions nocives pour
l'environnement (on utilisera par exemple des piles à électrolyte gélifiée ou
d'autres types de piles hermétiques) ;
― l'emplacement géographique des installations doit être enregistré ;
― les matériaux susceptibles de se briser à basse température, comme nombre de
plastiques à base de polyéthylène, doivent être évités. De même, les composants
en bois et en tissu des structures semi-permanentes doivent être évités car ils
s'usent sous l'effet de l'abrasion éolienne et sont une source de défaillance
occasionnelle.

Cours d'eau
On optera pour des canaux
plutôt que des déversoirs.
Pour la construction des canaux et des ouvrages de maîtrise, on utilisera du
sable local ou du sable en sac.
Une documentation sera constituée concernant l'emplacement géographique de tous
les ouvrages de maîtrise des cours d'eau, des transects biologiques et des
instruments.
On examinera périodiquement (tous les 3 à 5 ans) l'ensemble des ouvrages (comme
les canaux) pour détecter toute dégradation, évaluer leur utilité et déterminer
l'opportunité de leur démantèlement.
L'utilisation de traceurs et les manipulations seront limitées au minimum
nécessaire. Dans la mesure du possible, on aura recours à la modélisation pour
transposer les résultats d'expériences à d'autres cours d'eau et bassins
lacustres.
On se bornera à utiliser des traceurs naturels et on conservera des relevés de
leur utilisation.
Les expériences fondées sur l'utilisation de traceurs seront conçues de manière
à limiter leur mouvement dans les lacs. L'augmentation des flux imputable à
l'expérience doit rester mineure par rapport au total du flux moyen annuel
dissous dans les cours d'eau. On choisira des sites d'expérimentation présentant
des tronçons suffisamment longs pour que ces réactions soient achevées avant la
fin du tronçon.
Des sites spécifiques seront établis aux fins d'échantillonnage de la biomasse ;
leur emplacement géographique, l'ampleur de l'échantillonnage et sa fréquence
seront consignés.
Les échantillonnages de biomasse seront limités aux quantités requises pour les
analyses prévues et l'archivage.
Aux fins de quantification de l'évolution de la biomasse dans les cours d'eau,
on définira et on appliquera des méthodes (comme l'analyse spectrale) ne
reposant pas sur la collecte d'échantillons.
Lacs
On s'attachera à limiter
l'emprise et la durée des structures implantées sur la glace. Quand des
structures sont installées à proximité du littoral, elles doivent être érigées
sur la glace pérenne plutôt que sur la glace marginale qui est susceptible de
fondre très rapidement. L'emplacement géographique des structures installées sur
la glace doit être enregistré.
L'utilisation de matériel alimenté par des combustibles fossiles sera limitée
autant que faire se peut et on privilégiera les dispositifs solaires ou manuels.
Des moyens de confinement (comme des bacs collecteurs) seront installés entre le
matériel (moteurs, outils, etc.) et la glace pour minimiser les risques
d'infiltration d'hydrocarbures dans la glace et de fonte de la couche de
surface. Des équipements de lutte contre les déversements doivent toujours être
disponibles à proximité.
Des relevés de la zone doivent être effectués, notamment l'ampleur des déblais
de glace et les coordonnées géographiques. Les zones d'accès au lac et celles où
ont été effectués des échantillonnages doivent être réutilisées dans toute la
mesure du possible.
L'utilisation de véhicules à moteur sera réduite au minimum. Les véhicules
tout-terrain à moteur à quatre temps sont préférables aux motoneiges à moteur
deux temps (du fait de leur moindre rendement énergétique, les moteurs à deux
temps augmentent les émissions dues aux hydrocarbures et les émissions de
particules).
Les véhicules motorisés doivent être conduits très prudemment pour éviter de
capoter ou de traverser la couverture de glace.
On évacuera les matériaux qui remontent de la glace. Il ne faut ni déverser ni
déposer de l'eau ou des échantillons de sédiments sur la glace lacustre.
On réduira le nombre de survols en hélicoptère dès que la surface de glace
commence à fondre et les atterrissages sur les lacs seront aussi peu fréquents
que possible.
On évitera d'entreposer du matériel sur la glace de lac.
Dans la mesure du possible, on utilisera des instruments et du matériel
d'échantillonnage différents (par exemple les collecteurs d'eau et les filets à
plancton) pour chaque lac afin d'éviter les risques de contamination. Les
instruments et le matériel d'échantillonnage doivent être parfaitement nettoyés
et, si possible, stérilisés, avant d'être utilisés dans d'autres lacs.
Les déchets chimiques, le glycol et tous les autres déchets liquides (y compris
les eaux usées provenant des lacs eux-mêmes) doivent être soigneusement
manipulés pour prévenir les déversements accidentels.
Pour toute expérience utilisant des radio-isotopes, des isotopes stables ou
d'autres traceurs, on cherchera à privilégier les travaux de laboratoire plutôt
que les travaux in situ afin de préserver l'intégrité des propriétés biologiques
et chimiques des lacs. Des calculs préliminaires seront effectués pour
déterminer l'impact potentiel des expériences à base d'isotopes. Toute
introduction sur le site doit être décrite et consignée par écrit.
Les protocoles d'échantillonnage doivent prévoir l'utilisation de câbles sans
métal et de récipients d'échantillonnage comme les flacons go-flow afin d'éviter
toute contamination des lacs par les métaux.
Pour faire fondre les trous d'accès, on utilisera de préférence des substituts
du glycol sans danger pour l'environnement (comme les antigels biodégradables).
On réduira le volume d'eaux usées au minimum en ne collectant que les quantités
d'eau et de sédiments strictement nécessaires aux fins des travaux de recherche.
Les personnes travaillant sur la glace lacustre doivent recevoir une formation
sur les mesures à prendre pour réduire les pertes d'équipement dans les trous.
Une formation appropriée sera dispensée aux plongeurs et aux équipes de soutien
afin de minimiser les impacts de leurs activités sur l'environnement du lac.
Avant d'effectuer des plongées ou d'utiliser des engins télécommandés dans un
lac, on examinera l'historique des plongées effectuées sur le site de recherche
envisagé, la proximité d'autres zones d'intérêt et la vulnérabilité de la
colonne d'eau et du benthos aux perturbations. Ces mêmes considérations
s'appliquent aux autres activités d'échantillonnage et de mesure.
On décrira et on consignera toutes les informations relatives aux plongées et à
l'utilisation d'engins télécommandés, notamment leur date, leur intensité et
leur durée.
Il faut avoir recours aux technologies de pointe (comme les dispositifs à
circuit fermé et les systèmes push-pull ) permettant d'atténuer les impacts de
la plongée sur l'environnement.
Sols
A la fin des travaux, les
surfaces perturbées seront remises dans un état aussi proche que possible de
leur état d'origine. Dans le cas d'excavations de grande taille (de plus de 1
m²), il faut prendre des photos avant de déblayer le sol afin d'avoir une base
de référence pour la remise en état du site. On consignera l'emplacement du site
restauré.
Les déblais seront stockés sur des bâches ou des tapis pendant l'échantillonnage
des sols.
Tous les déblais seront remis en place pour ramener le terrain à son état
préalable et les pavages désertiques seront reconstitués dans la mesure du
possible. Avant de commencer à déblayer le sol, on peut ôter les pavages de la
surface et les conserver de côté pour les remettre en place ultérieurement.
L'emplacement géographique de tous les sites d'échantillonnage pédologique (même
lorsqu'ils ont été rebouchés) sera consigné.
Des évaluations environnementales exhaustives seront préalablement réalisées
pour toutes les expériences provoquant une modification exogène.
On utilisera aussi peu que possible de matériel mécanisé (comme les foreuses
Cobra et les tarières).
Glaciers
Il convient de minimiser
l'utilisation d'eau sous forme liquide (comme les perforatrices à injection
d'eau chaude).
On évitera d'utiliser des produits et des solutions chimiques sur la glace.
S'il faut installer des piquets ou d'autres dispositifs de bornage sur un
glacier, leur nombre sera réduit aux stricts besoins des travaux de recherche ;
dans la mesure du possible, on y enregistrera le numéro et la durée du projet.
Des équipements de lutte contre les déversements doivent être disponibles sur
tous les sites où sont utilisés des outils mécaniques. Des bacs collecteurs
doivent toujours être utilisés pendant le ravitaillement en carburant.
Les groupes électrogènes doivent être bien réglés pour réduire les émissions au
minimum ; ils ne sont utilisés qu'en cas de nécessité. Les groupes électrogènes
et les bidons de carburant sont toujours conservés sur des bacs collecteurs.
Dans la mesure du possible, on utilisera pour les opérations de sciage de grande
envergure des tronçonneuses électriques alimentées par des groupes électrogènes
à moteur à quatre temps (moins polluants que les moteurs à deux temps). On
évitera de lubrifier la chaîne des tronçonneuses quand on découpe de la glace
froide.
A la fin des projets de recherche, il faut évacuer tous les matériaux ― bois,
métal et capteurs ― pris dans la glace afin de minimiser les risques de
contamination.
On utilisera des piles à électrolyte gélifiée ou d'autres types de piles
hermétiques.
Désert d'altitude
On se bornera à prélever les
seuls échantillons de la communauté endolithique nécessaires aux fins des
analyses scientifiques.
A N N E X E C
LIGNES DIRECTRICES POUR LES AIRES D'INSTALLATIONS
Les aires d'installations sont
les zones désignées autour des installations suivantes qui sont administrées par
les programmes nationaux opérant dans la zone : cabanes du lac Vanda, camp de
Lower Wright, cabane du col Bull, camp du cap Roberts, camp de New Harbor, camp
F-6, camp du lac Fryxell, camp du lac Hoare, camp du lac Bonney, station de
ravitaillement de pointe Marble, camp du glacier Odell et site d'atterrissage d'Odell,
et relais radioélectriques de mont Newall.
Lignes directrices spéciales applicables aux activités conduites dans les aires
d'installations :
― les installations, les campements, les aires d'atterrissage pour hélicoptère
et les entrepôts de matériel doivent être situés dans les limites des aires
d'installations ;
― les sites de campement et d'entreposage situés dans les aires d'installations
doivent être réutilisés dans la mesure du possible ;
― les dispositions prises pour le stockage et la manutention du carburant à
l'intérieur des sites doivent tenir compte des critères arrêtés dans le plan de
gestion de la zone gérée spéciale de l'Antarctique des McMurdo Dry Valleys en
prévoyant un système de confinement secondaire, du matériel approprié pour les
opérations de remplissage, de décantation ou d'entretien, un stockage sûr et des
dispositifs adéquats d'intervention en cas de déversement ;
― tous les déchets doivent être gardés en lieu sûr jusqu'à leur enlèvement.
Les lignes de démarcation des aires d'installations sont définies au tableau 3.
Tableau 3 : lignes de démarcation des aires d'installations situées dans la zone.
|
AIRES D'INSTALLATIONS |
DESCRIPTION DES LIGNES DE
DÉMARCATION |
COORDONNÉES DES LIGNES |
|---|---|---|
|
Cabanes du col Bull. |
La ligne de démarcation
englobe le platier caillouteux sur lequel se trouvent les cabanes et les
tentes ; elle est bornée au nord par un gros rocher, à l'est et à l'ouest
par de petites crêtes rocheuses, et au sud par une ligne entre les
extrémités de la crête. Une SMA est implantée bien à l'ouest de la ligne
de démarcation de la zone. |
77,518 1° S, 161,853 9°
E |
|
Cabanes du cap Roberts. |
La ligne de démarcation
renferme toute la zone basse entre les plages nord et sud de cap Roberts,
y compris les deux cabanes et l'entrepôt à carburant. Le coin sud-est de
la zone se situe à l'entrepôt de carburant, puis la ligne de démarcation
se poursuit au nord le long d'une pente caillouteuse, puis à l'ouest en
suivant le bord d'un zone de rochers, et au sud derrière les cabanes, en
suivant le bord d'une autre pente pierreuse. La zone est bornée au sud par
le littoral d'une petite baie. |
77,034 6° S, 163,178 9°
E |
|
Camp F-6. |
La ligne de démarcation
commence en un point situé au sud-ouest dé l'aire d'atterrissage des
hélicoptères, se poursuit en direction nord-est jusqu'à un point situé
juste à l'est de la cache d'urgence (caisson de survie), puis au nord en
contournant la tente la plus au nord-est, à l'ouest jusqu'à un point au
nord-ouest des tentes (près du lac), au sud en contournant le déversoir,
et au sud-est jusqu'au point de départ près de l'aire d'atterrissage des
hélicoptères. |
77,608 8° S, 163,255 4°
E |
|
Camp du lac Bonney. |
La ligne de démarcation
commence en un point à l'ouest de la remise du groupe électrogène proche
du lac, se poursuit au sud-est jusqu'à un rocher situé derrière une tente,
puis au nord-est jusqu'à une colline surplombant une tente, au nord-est,
puis au nord jusqu'à un point situé au nord-est de la tente la plus à
l'est, à l'ouest jusqu'au littoral, au sud-ouest le long du littoral ;
elle passe au nord de l'aire d'atterrissage des hélicoptères, se poursuit
au sud-ouest le long de la berge du lac jusqu'à un point au nord-ouest de
la station météorologique, pour revenir ensuite au point de départ en
dessous de la remise du groupe électrogène. |
77,716 0° S, 162,456 2°
E |
|
Camp du lac Fryxell. |
Au coin sud-est, la
ligne de démarcation suit la berge du lac jusqu'à un point au sud-ouest de
l'aire d'atterrissage des hélicoptères, remonte jusqu'au petit plateau
situé sous la colline, passe derrière la tente la plus éloignée au coin
nord-ouest, puis à l'est du cours d'eau, au sud-est le long de la berge du
cours d'eau jusqu'à la tente la plus à l'est, puis au sud jusqu'au point
de départ près du lac. |
77,606 3° S, 163,126 7°
E |
|
Camp du lac Hoare. |
La ligne de démarcation
part d'un endroit pierreux au sud-est des aires d'atterrissage des
hélicoptères, se poursuit au nord en contournant la cache d'urgence, puis
au nord-est jusqu'à un rocher au nord-ouest de la tente la plus à l'ouest,
puis au nord-est jusqu'à un point au nord d'autres tentes, puis de nouveau
au nord-est jusqu'à la tente la plus au nord-est, au sud le long du cours
d'eau/glacier jusqu'à un point à l'est des anciennes installations du lac
Hoare (salle de bains et remise de matériel de plongée), au sud-ouest
jusqu'à la fin de la flèche, au nord-ouest jusqu'à la plage située sous le
bâtiment principal, et au nord-ouest jusqu'au point de départ, proche des
aires d'atterrissage des hélicoptères. |
77,623 3° S, 162,897 8°
E |
|
Cabanes du lac Vanda. |
La ligne de démarcation
suit le bord de la zone basse sur laquelle sont installés les cabanes, la
SMA, le site borné d'atterrissage des hélicoptères et les tentes. |
77,523 6° S, 161,685 9°
E |
|
Camp de Lower Wright. |
La ligne de démarcation
englobe la cabane, un site borné d'atterrissage pour hélicoptères et un
caisson d'urgence. Elle est bornée par les pentes qui s'élèvent sur les
versants ouest et est, une importante fissure dans le pavage à l'extrémité
sud et des zones pierreuses à l'extrémité nord. Une station météorologique
et un déversoir se trouvent hors de l'aire et sont accessibles à pied
depuis le site. |
77,442 6° S, 162,650 7°
E |
|
Station de
ravitaillement de pointe Marble. |
La ligne de démarcation
commence au point le plus à l'est (à l'est des puits creusés dans le sol),
se poursuit au nord-ouest en contournant la principale aire
d'installations, puis au nord-ouest en contournant la conduite et les
réservoirs de carburant, au nord-ouest le long de la route, au sud-ouest
en contournant l'extrémité de la route et la zone d'étape, au sud-est le
long de la route puis en contournant les aires d'atterrissage des
hélicoptères, au sud-est en contournant l'étang, et au nord-est jusqu'au
point à l'est des puits creusés dans le sol. |
77,414 3° S, 163,690 1°
E |
|
Relais radioélectrique
de mont Newall. |
La ligne de démarcation
commence au point situé le plus au nord-est, au nord-est de la remise à
matériel verte, puis se poursuit au sud-ouest le long du flanc sud-est de
la crête en contournant la remise à matériel verte, le relais
néo-zélandais, l'éolienne, la cabane AFTEC, l'antenne, la cabane de
survie, la cache de survie, puis elle contourne l'aire d'atterrissage des
hélicoptères, se poursuit au nord-est le long du flanc nord-ouest de la
crête en contournant la cabane du camp, l'antenne, la cabane AFTEC,
l'éolienne, le relais néo-zélandais et jusqu'au point de départ, la remise
à matériel verte. |
77,503 9° S, 162,626 7°
E |
|
Camp de New Harbor. |
La ligne de démarcation
commence en un point situé au nord-ouest de la remise du groupe
électrogène (sur la berge), se poursuit au sud-ouest au-delà de la zone d'élingage,
à l'est jusqu'à un point au sud de l'aire d'atterrissage des hélicoptères,
au nord-est jusqu'à un point à l'est des principales cabanes Jamesway, au
nord-ouest jusqu'à un point au nord du bâtiment abritant le laboratoire,
au sud-ouest jusqu'à un point situé juste au nord de l'ancien trou de
forage, et au sud-ouest le long de la berge jusqu'au point de départ près
de la remise du groupe électrogène. |
77,577 7° S, 163,517 5°
E |
|
Camp et site
d'atterrissage du glacier d'Odell. |
Cette aire
d'installations comporte deux groupes de structures distinctes : le camp
du glacier Odell et le site d'atterrissage d'Odell. La ligne de
démarcation du camp est définie comme étant un cercle de 35 mètres de
rayon à partir du centre du camp, englobant la cabane, le groupe
électrogène, l'éolienne, les batteries solaires, une tente Scott et le
site d'atterrissage des hélicoptères. Le camp est établi dans une cuvette
formée par les pentes glacées du glacier et une échancrure dans les
collines Allan (à une jonction de glace bleue et d'une pente neigeuse sur
le flanc des collines Allan). La ligne de démarcation du site
d'atterrissage d'Odell est définie comme étant le lobe nord du glacier
Odell. |
Camp du glacier d'Odell
: un cercle d'un rayon de 35 mètres à partir du centre du camp défini par
les coordonnées 76,681 0° E, 159,913 4° S. |
Le tableau 4 indique le nombre d'aires d'atterrissage d'hélicoptères dans
chacune des aires d'installations.
Tableau 4 : aires d'atterrissage d'hélicoptères dans chacune des aires d'installations de la zone
|
AIRES D'INSTALLATIONS |
NOMBRE DE SITES |
|---|---|
|
Cabane du col Bull. |
1 aire |
|
Camp de cap Roberts. |
0 aire |
|
Camp F-6. |
1 aire |
|
Camp du lac Bonney. |
1 aire |
|
Camp du lac Fryxell. |
2 aires avec zone d'élingage |
|
Camp du lac Hoare. |
2 aires avec zone d'élingage |
|
Cabanes du lac Vanda. |
1 aire |
|
Cabanes de Lower Wright. |
1 aire |
|
Station de
ravitaillement de pointe Marble. |
3 aires |
|
Relais radioélectrique
de mont Coates. |
0 aire |
|
Relais radioélectrique
de mont Newall. |
1 aire |
|
Camp de New Harbor. |
1 aire avec zone d'élingage |
|
Camp et site
d'atterrissage du glacier d'Odell. |
1 aire |
A N N E X E D LIGNES DIRECTRICES POUR L'AIRE DE TOURISME
Lignes directrices spéciales
pour les activités conduites au sein de l'aire de tourisme :
― les déplacements de touristes dans cette aire se font en petits groupes guidés
;
― les voyagistes veillent à ce que les sentiers situés dans l'aire de tourisme
soient clairement balisés et que les visiteurs s'y tiennent. Les bornes
utilisées pour délimiter les routes touristiques et les sites remarquables
doivent être enlevées à la fin de chaque visite ;
― les tours atterrissent sur l'aire située par 77,635 8° de latitude sud et
163,065 6° de longitude est ;
― les groupes de touristes ne peuvent camper dans l'aire de tourisme sauf pour
des raisons de survie et de sécurité ;
― il faut éviter les lits des cours d'eau et des étangs. Si des cours d'eau
doivent être franchis, il faut utiliser des lieux de passage désignés, y compris
les rochers existants ; et
― les activités envisagées et conduites dans la zone doivent avoir lieu en
conformité avec la recommandation XVIII-1 de la RCTA.
L'aire de tourisme est située dans la vallée Taylor, à proximité du glacier
Canada. La ligne de démarcation part du point le plus au nord, à proximité du
glacier Canada, se poursuit au sud-est jusqu'à un point au nord-ouest d'une zone
recouverte de mousse et près d'un phoque momifié, puis au sud-ouest le long du
glacier Canada, au sud jusqu'à un point au sud-ouest d'une borne en bambou, au
sud-est jusqu'à un point au sud d'un cairn, au sud-est en suivant des points
élevés englobant la partie basse de l'aire et un sentier piéton jusqu'à un point
au sud, puis au nord en parallèle du sentier piéton, le long de reliefs élevés,
au nord-ouest en passant au nord-est d'un phoque momifié et des tentes, jusqu'au
point de départ le plus au nord du glacier Canada.

A N N E X E E LIGNES DIRECTRICES APPLICABLES AUX CARACTÉRISTIQUES SPÉCIALES
Les lignes directrices
suivantes s'appliquent aux caractéristiques spéciales énumérées dans la présente
annexe :
― les activités d'échantillonnage et de recherche sont limitées au minimum sur
les caractéristiques spéciales et à proximité ;
― tous les travaux d'échantillonnage sur les caractéristiques spéciales,
notamment leur genre et leur quantité, sont consignés aux rapports de visite des
groupes et communiqués au programme national compétent ;
― les hélicoptères doivent atterrir à bonne distance des caractéristiques
spéciales.
Caractéristiques spéciales : emplacement géographique, description et lignes
directrices spéciales qui leur sont applicables
1. Mesa Prospect (77,523 7° S, 161,889 6° E).
La mésa Prospect contient des sédiments marins uniques :
― on évitera de marcher sur la mésa sauf pour y réaliser des travaux de
recherche.
2. Ravine Argo (77,519 7° S, 161,690 1° E).
Ce segment de cours d'eau à travers la station Vanda est un dépôt marin unique
du Miocène moyen :
― on évitera de marcher trop près du bord surplombant la ravine.
3. Pavage Boulder (77,522 7° S, 161,746 6° E).
Le pavage Boulder se situe sur l'Onyx et abrite le tapis microbien le plus
étendu de la vallée Wright ; il sert de filtre biologique pour le lac Vanda :
― on évitera de traverser le pavage Boulder sauf pour y prélever des
échantillons ;
― pendant les travaux d'échantillonnage, on marchera sur les rochers pour éviter
de piétiner le tapis microbien.
4. Promontoire Battleship (76,899 6° S, 161,005 5° E).
Promontoire de grès abritant de nombreuses communautés cryptoendolithiques :
― on prendra soin de ne pas endommager les roches et les communautés anciennes.
5. Etang Don Juan (77,563 0° S, 161,189 6° E).
Ecosystème hypersalin abritant des dépôts salins uniques :
― on évitera de traverser à pied le lac et les dépôts salins à proximité ;
― on ne perturbera pas les dépôts salins pour empêcher toute nouvelle
dégradation.
6. Bassin versant du lac Trough (78,273 6° S, 163,465 2° E).
Exemple quasi-intact d'une unité hydrologique complète (cours d'eau, étangs,
lacs) :
― il faut limiter au minimum les visites dans ce bassin versant qui n'a guère
été visité jusqu'ici et constitue de ce fait un site de référence au paysage
quasiment vierge.
7. Sand Dune field (77,371 5° S, 162,220 5° E), (dans la basse vallée Victoria).
La plus grande dune de sable de la zone :
― on évitera de marcher sur les dunes.
8. Anse des explorateurs (77,577 0° S, 163,516 9° E).
Un platier de sable recouvert par la marée et caractérisé par des bâches
contenant des tapis benthiques uniques de diatomées et de cynobactéries :
― on évitera de marcher sur les aires d'échantillonnage scientifique et dans les
bâches après leur dégel à la mi-novembre.
9. Sédiments Sirius du mont Feather (77,932 0° S, 161,436 7° E).
Un site important de sédiments Sirius.
|
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A N N E X E I I PLAN DE GESTION POUR LE SITE ET MONUMENT HISTORIQUE
N° 77 ET LA ZONE GÉRÉE SPÉCIALE DE L'ANTARCTIQUE N° 3
Cap Denison, baie du
Commonwealth,
terre George V, Antarctique oriental
67° 00' 13'' de latitude sud ― 67° 00' 50'' de latitude sud
142° 40' 001'' de longitude est ― 142° 41' 27'' de longitude est
Introduction
Le cap Denison, baie du
Commonwealth, est l'undes principaux sites des premières activités humaines
dans l'Antarctique. C'est là que se situait la base de l'expédition antarctique
australasienne de 1911-1914, montée et dirigée par Douglas Mawson, plus tard Sir
Douglas Mawson. Symbole majeur de l'époque héroïque de l'exploration
antarctique, c'est l'un des six derniers sites de cette époque qui subsistent
aujourd'hui. C'est également au cap Denison qu'ont été réalisées certaines des
études antarctiques les plus anciennes et les plus complètes de géologie,
géographie, géomagnétisme, astronomie, météorologie, glaciologie, océanographie,
biologie, zoologie et botanique. Le cap Denison a servi de base de départ à de
nombreuses explorations à l'intérieur des terres et on y trouve des objets
associés à ces expéditions en traîneau, notamment des caches à provisions et du
matériel. Etant donné l'importance considérable du cap Denison au plan
historique, culturel et scientifique, la zone tout entière est protégée en tant
que zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) en vertu des articles 2, 4, 5 et
6 de l'annexe V du Protocole du Traité sur l'Antarctique relatif à la protection
de l'environnement. Elle est également inscrite sur la liste des sites et
monuments historiques conformément à l'article au paragraphe 1 de l'article IX
du Traité sur l'Antarctique et au paragraphe 2 de l'article 8 de l'annexe V du
Protocole.
Le cap Denison se caractérise par quatre vallées alignées de nord-ouest en
sud-est. Les objets datant de l'expédition antarctique australasienne, notamment
les bâtiments (cabanes Mawson) et d'autres structures, sont pour la plupart
concentrés dans la plus occidentale des vallées ainsi que sur les flancs des
deux côtés de cette vallée. Ces anciennes cabanes et leurs environs immédiats
constituent la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 162.
1.0. Description des valeurs à
protéger
Valeurs primaires
Ce projet de ZGSA englobe les
valeurs historiques, archéologiques, sociales et esthétiques que possède le cap
Denison.
Valeur historique
L'époque héroïque de
l'Antarctique a été une période d'aventures et de découvertes fabuleuses. Le cap
Denison, baie du
Commonwealth, abrite les bâtiments, les structures et les
reliques de la base principale de l'expédition antarctique australasienne de
1911-1914 dirigée par Douglas Mawson.
L'expédition de Mawson était essentiellement centrée sur la recherche
scientifique. Cependant, elle avait aussi une visée exploratoire, axée sur la
cartographie de toute la côte antarctique située immédiatement au sud de
l'Australie. A compter du printemps 1912, au moins cinq expéditions en traîneau
furent organisées dans ce but à partir du cap Denison, dont la tristement
célèbre expédition en traîneau dans l'extrême est qui coûta la vie à Belgrave
Ninnis et Xavier Mertz et dont Mawson lui-même réchappa de justesse. Au bout du
compte, plus de 6 500 km furent ainsi parcourus par les traîneaux de
l'expédition le long des côtes et dans l'arrière-pays.
Le cap Denison abrite de nombreuses reliques ayant trait aux travaux de
l'expédition de Mawson, notamment les cabanes Mawson et d'autres objets
importants et relativement intacts datant de l'époque héroïque . La plupart
d'entre elles sont concentrées dans la plus occidentale des vallées et ses
environs immédiats, mais les limites historiques de la base principale
s'étendent plus loin. On trouve des objets et d'autres vestiges d'occupation,
comme des caches à provisions, sur le cap tout entier. Ils constituent de
précieuses ressources matérielles pour la recherche et l'interprétation,
susceptibles de dévoiler des données scientifiques et informations sur des
aspects de la vie des membres de l'expédition, qui ne figurent pas dans les
comptes rendus écrits.
Valeurs esthétiques
Cette ZGSA est désignée pour
préserver à la fois les objets subsistant sur le site et le paysage culturel du
cap Denison où Mawson et ses collaborateurs ont vécu et travaillé. Le cap
Denison se caractérise par un blizzard quasi permanent qui rend des plus
difficiles l'accès au site et la conduite d'activités dans la région. Les vents
systémiques et katabatiques s'engouffrent dans les vallées du cap où ils
soufflent en couloir, fondant sur la cabane avec des rafales qui, en mai 1912,
atteignirent 322 km/h (le vent moyen pour ce mois de l'année est de 98 km/h). Le
cap Denison n'est pas seulement l'endroit le plus éventé l'Antarctique, c'est
aussi l'endroit le plus éventé de la planète au niveau de la mer. Ce site
présente ainsi le contexte physique et symbolique de l'isolement et des
conditions extrêmes qu'ont endurés les membres de l'expédition et, par voie
d'association, tous les chercheurs et explorateurs de l' époque héroïque . En
désignant l'intégralité de la zone comme une ZGSA, on protège l'unique pouvoir
évocateur du cap Denison dont les cabanes Mawson et Boat Harbour constituent les
principales attractions visuelles. Les cabanes Mawson jouissent d'une protection
complémentaire dans la ZSPA n° 162.
Valeurs pédagogiques
Avec pour toile de fond
spectaculaire le plateau antarctique, la faune et la flore sauvages du cap
Denison ainsi que les objets non perturbés qu'on y trouve représentent des
valeurs pédagogiques importantes. L'isolement de la zone et les conditions
atmosphériques extrêmes qui y règnent offrent aux visiteurs un aperçu unique en
son genre des conditions qu'ont endurées les chercheurs et les explorateurs de
l' époque héroïque tout en leur donnant la possibilité de mieux apprécier leurs
exploits.
Valeurs environnementales
La rareté des zones
relativement libres de glace dans la région immédiate a permis le développement
d'un vaste assortiment de formes organiques au cap Denison (annexes A et C). La
plus proche des zones libres de glace de taille égale ou supérieure au cap
Denison se trouve à environ 20 km à l'est du cap Denison (à partir du centroïde
de la ZGSA) et quelque 60 km vers l'ouest. Le cap, qui est un lieu de
rassemblement pour les phoques de Weddell, les léopards et les éléphants de mer,
est aussi un lieu de reproduction pour les manchots Adélie, les pétrels de
Wilson, les pétrels des neiges et les labbes antarctiques.
La flore du cap Denison se compose de 13 espèces de lichen présentes sur les
roches et autres moraines dans l'ensemble de la péninsule. Ces espèces sont
énumérées à l'annexe C. Il ne semble pas y avoir de bryophytes. La répartition
des lichens sur les roches qui sont soumises à différents schémas d'ablation de
la neige les rend vulnérables au piétinement et aux autres perturbations que
causent les visiteurs, quel que soit le nombre peu fréquent de visites.
Il y a au cap Denison treize petits lacs associés à l'action glaciaire ; ils en
constituent une caractéristique permanente et sont gelés pendant la
quasi-totalité de l'année. Ces lacs sont aussi susceptibles de subir des
modifications physiques, chimiques et biologiques dans les limites de leur
bassin versant, ce qui impose une gestion des activités humaines à l'échelle de
l'ensemble du bassin versant.
Valeurs scientifiques
Mawson, un géologue, a monté
son expédition pour examiner la théorie de la jonction des plaques continentales
et les processus glaciaires et climatiques. Il voulait également étudier le pôle
magnétique sud et en dresser la carte magnétique pour faciliter la navigation,
réaliser des études biologiques, identifier des espèces nouvelles et mettre en
place une station météorologique.
Le cap Denison permet de répéter les expériences menées par Mawson et
d'effectuer des études complémentaires dans les
domaines
du magnétisme, de la météorologie, de la biologie et dans d'autres sciences.
Ainsi, bien que les lacs de l'Antarctique soient en général jugés précieux du
fait de leurs écosystèmes naturels relativement simples, aucun échantillonnage
n'a été effectué dans les lacs du cap Denison et leur biote n'a pas été étudié.
On y trouve en outre de nombreuses algues d'eau douce ; mais, une fois de plus,
aucune étude n'a été réalisée. Les relevés de l'expédition de Mawson constituent
un ensemble de données auxquelles pourraient être comparés les résultats des
recherches modernes et l'isolement du site le rend extrêmement précieux car il
peut servir de site témoin pour d'autres zones soumises à davantage d'activités
humaines.
Buts et objectifs
La gestion de la zone a pour
but de faciliter la planification et la coordination des activités actuelles et
futures conduites dans la zone, d'éviter d'éventuels conflits et d'améliorer la
coopération entre les Parties afin de prévenir toute dégradation des valeurs de
la zone et d'écarter les principales menaces auxquelles elles sont soumises. Les
objectifs de gestion sont les suivants :
― prévenir toute dégradation de la zone, de ses caractéristiques, de ses objets
et de ses valeurs ;
― assurer la conservation des valeurs patrimoniales de la zone grâce à un
programme structuré de conservation ; et
― permettre la mise en œuvre d'activités de gestion favorisant la protection des
valeurs et caractéristiques de la zone.
3.0. Activités de gestion
Les activités de gestion
ci-après peuvent être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :
― les activités de recherche ou autres qui sont indispensables ou souhaitables
pour la connaissance, la protection et la conservation des valeurs de la zone ;
― l'enlèvement d'objets qui n'ont pas trait à l'expédition antarctique
australasienne de 1911-1914 et/ou aux expéditions antarctiques britanniques,
australiennes et néo-zélandaises (BANZARE) de 1929-1931 et qui compromettent les
valeurs historiques et esthétiques de la zone, à condition que leur enlèvement
ne porte pas atteinte aux valeurs de la zone et que les informations pertinentes
les concernant soient consignées avant leur enlèvement. On envisagera en
priorité l'enlèvement des installations de terrain situées dans la zone de
protection visuelle, en tenant compte des besoins (notamment en matière de
sécurité) des agents de conservation et des travaux du programme de conservation
;
― l'entretien indispensable des autres objets et infrastructures, dont la
station météorologique automatique ;
― l'installation de panneaux de signalisation indiquant les lignes de
démarcation des SMH et de la ZGSA ;
― les visites nécessaires pour déterminer si la zone continue de répondre aux
buts pour lesquels elle a été désignée et faire en sorte que les mesures de
gestion soient adéquates ; et
― les consultations avec les autres programmes antarctiques nationaux opérant
dans la région ou avec ceux ayant un intérêt pour la gestion des sites
historiques de l'Antarctique ou une expérience en la matière, dans le but
d'assurer la bonne mise en œuvre des dispositions ci-dessus.
4.0. Durée de la désignation
Cette ZGSA est désignée pour
une durée indéterminée.
5.0. Description de la zone
5.1. Coordonnées géographiques, bornage
et caractéristiques du milieu naturel
Le cap Denison (67° 00' 13''
de latitude sud ― 67° 00' 050'' de latitude sud ; 142° 39' 02'' de longitude est
― 142° 41' 28'' de longitude est), est situé au centre de la baie du
Commonwealth, une bande littorale de 60 km de large qui s'étend sur terre George
V, à quelque 3 000 km au sud de Hobart (Australie). Le cap lui-même est une
flèche escarpée de 1,5 km de large constituée de glace, de neige, de roches et
de moraines, qui s'avance dans la baie du Commonwealth depuis la paroi abrupte
de la calotte glaciaire du continent antarctique. Boat Harbour, sur le versant
occidental du cap, forme une échancrure de 400 mètres de long sur la côte.
La ZGSA désignée (Carte A) s'étend de Land's End (67° 00' 46'' de latitude sud,
142° 39' 24'' de longitude est) à l'ouest, suit le littoral jusqu'à la pointe
nord de la côte occidentale de Boat Harbour (67° 00' 24'' de latitude sud, 142°
39' 28'' de longitude est), traverse l'entrée de Boat Harbour (en suivant une
diagonale droite orientée nord-est) jusqu'à la pointe nord de la butte Penguin
(67° 00' 17'' de latitude sud, 142° 39' 31'' de longitude est) sur la côte
orientale de Boat Harbour, suit le littoral dans une direction sud-est, en
descendant jusqu' à John O'Groats (67° 00' 47'' de latitude sud, 142° 41' 27''
de longitude est). Au sud, la ligne de démarcation s'étend en ligne droite de
Land's End à John O'Groats le long du 67° 00' 47'' de latitude sud. Sauf pour la
traversée de l'entrée de Boat Harbour, la ligne de démarcation nord englobe les
terres situées au-dessus de la laisse de bas de mer.
Les falaises de glace situées aux deux extrémité du cap (Land's End et John
O'Groats) et la mer qui borde le littoral au nord constituent en quelque sorte
des limites naturelles ; aucune borne n'a été installée dans la mesure où la
côte offre une limite clairement définie. Des panneaux seront mis en place aux
limites orientales (John O'Groats) et occidentales (Land's End) de la ligne de
démarcation sud.
Caractéristiques naturelles :
topographie et géomorphologie
La topographie du cap Denison
est définie par une série de quatre crêtes rocheuses qui courent sur un axe
sud-sud-est à nord-nord-ouest et par trois vallées. La plus grande de ces
vallées, qui est aussi celle située le plus à l'ouest, abrite les bâtiments de
l'expédition antarctique australasienne qui sont protégés dans le cadre de la
ZSPA n° 162. Le socle du cap Denison est constitué d'orthogneiss felsiques
massifs et partiellement migmatisés qui ont pénétré il y a environ 2 350
millions d'années dans une séquence métamorphosée plus ancienne. Au-dessus du
socle, on trouve une zone basse de roches relativement polies et une zone plus
élevée formée de roches relativement non polies ; la première de ces zones est
particulièrement marquée en dessous
de 12 mètres sous le niveau de la mer, attestant un soulèvement et un
affleurement plus récents que ceux de la zone élevée. On distingue également une
moraine haute et une moraine basse, la moraine haute, plus proche de la lisière
du plateau, présentant une diversité de roches anguleuses. La moraine basse est
dominée par des roches locales organisées en rangs qui sont sans doute le
résultat d'une poussée glaciaire depuis la mer, plutôt qu'une véritable moraine
glaciaire.
Masse d'eau
Le cap Denison comporte 13
petits lacs glaciaires qui sont globalement orientés en parallèle de la
foliation du socle rocheux. Au plus fort de l'été, le cap Denison présente aussi
de nombreux torrents d'eau de fonte qui se jettent dans la baie du Commonwealth.
On ne sait pas si ces torrents suivent des cours établis ou s'ils résultent du
cycle normal de gel et de dégel.
Caractéristiques biologiques
Le cap Denison est le lieu
estival de reproduction des manchots d'Adélie, des pétrels de Wilson, des
pétrels des neiges et des labbes antarctiques (carte C). On a également repéré
d'autres espèces dans la zone, à savoir des damiers du cap, des pétrels de
l'Antarctique, des pétrels géants et des manchots empereurs. Une liste complète
des espèces et du nombre de couples reproducteurs (quand ces données sont
disponibles) figure à l'annexe A.
On a également vu des phoques de Weddell, des éléphants et des léopards de mer
se rassembler dans la zone et des éléphants
de mer qui venaient muer au cap
Denison. Du fait de la nature sporadique des visites dans la zone, le suivi a
été irrégulier et la taille réelle des populations de phoques reste incertaine.
Diverses données sont présentées à l'annexe Bii.
Les seules espèces de flore présentes au cap Denison sont les lichens ― dont une
liste d'espèces figure à l'annexe C ― et des algues d'eau douce qui restent à
étudier.
5.2. Accès à la zone
Que ce soit par terre, mer ou
air, il est difficile d'accéder au cap Denison en raison du terrain accidenté et
du climat de la zone. L'étendue de glace de mer et la bathymétrie inconnue ne
permettent pas aux bateaux de s'approcher facilement à moins de trois milles
nautiques environ du littoral. L'accès à la zone se fait ensuite par hélicoptère
ou au moyen de petites embarcations bien qu'il soit souvent difficile d'accoster
du fait de la taille des vagues ainsi que des vents katabatiques ou des vents
dominants de nord-ouest. Les accostages sont possibles à Boat Harbour et plein
nord de la cabane Srensen (dans la ZGSA n° 162). L'aire d'atterrissage des
hélicoptères ainsi que les trajectoires d'approche et de départ sont indiquées
sur la carte C.
Il n'y a pas à terre de routes ou d'autres infrastructures de transport. Les
véhicules terrestres ne doivent être utilisés qu'en conformité avec le code de
conduite (voir à la section 8.0).
L'accès à pied dans la zone est illimité sauf dans les endroits où se trouvent
des bâtiments AAE, des objets ou des colonies d'oiseaux ou de lichens ; il doit
se faire en conformité avec le code de conduite (voir à la section 8.0).
5.3. Emplacement des
structures et autres objets
à caractère anthropique dans et à proximité de la zone
Le cap Denison se distingue
par le fait qu'il abrite quatre bâtiments historiques ainsi qu'une croix du
souvenir érigés par l'expédition antarctique australasienne de 1911-1914. Les
bâtiments et leurs environs immédiats sont protégés au titre de la ZSPA XXX.
On trouve dans la ZGSA plusieurs structures datant de l'expédition antarctique
australasienne, notamment des bornes topographiques et le mât qui couronne la
colline Anémomètre, environ 150 mètres à l'est de la principale cabane Mawson.
Le 5 janvier 1931, les membres de l'expédition BANZARE (dont Douglas Mawson) se
sont rendus au cap Denison pour revendiquer officiellement au nom de la
Grande-Bretagne terre George V, et c'est sur ce mât qu'ils ont hissé le drapeau
symbolisant leur proclamation et fixé un boîtier contenant le texte de la
proclamation. Une petite plaque de bois et la proclamation qui sont toujours
fixés au mât sont les seuls objets officiels de cette visite qui demeurent
aujourd'hui encore in situ.
On trouve six autres structures au cap Denison : une station météorologique
automatique (SMA) ; un abri de terrain connu sous le nom de cabane Srensen ; une
cabane Apple rouge en fibre de verre ; une plate-forme en bois sur laquelle on
peut monter des tentes ; un abri de terrain appelé cabane Granholm et une
plaque, à proximité de la principale cabane Mawson, signalant que la cabane est
un monument historique.
La SMA est située par 67° 00' 33'' de latitude sud et 142° 39' 51'' de longitude
est, sur une élévation proche de lac Rond, à environ 150 mètres au sud-est de la
principale cabane Mawson. Elle est utilisée depuis 1990 dans le cadre du projet
des stations météorologiques automatiques de l'Antarctique de l'université du
Wisconsin-Madison à laquelle elle appartient.
La cabane Srensen se trouve à environ 400 mètres de la principale cabane Mawson,
par 67° 00' 29'' de latitude sud et 142° 40' 12'' de longitude est. Elle a été
construite en 1986 par le programme national australien pour offrir un abri
temporaire aux personnes chargées d'assurer la conservation des cabanes Mawson ;
elle contient des
provisions et du matériel de terrain. De nombreux articles
sont en outre entreposés en dessous, à proximité immédiate de la cabane Srensen
et dans la cabane Apple adjacente.
La cabane Granholm est située par 67° 00' 29'' de latitude sud et 142° 39' 26''
de longitude est, quelque 160 mètres au nord-ouest de la principale cabane
Mawson. Elle a été construite en 1978 pour fournir un abri temporaire et un
atelier aux personnes qui travaillaient à la restauration des cabanes Mawson. On
y trouve de nombreux matériaux de construction, un peu de matériel de terrain et
un stock limité de provisions. D'autres matériaux de construction sont
entreposés en dessous de la cabane.
A l'est de la cabane Granholm se trouve un tas de grumes de pins de l'Oregon et
de la Baltique utilisées pour les travaux de restauration de la cabane
principale. Les grumes sont arrimées à des rochers par des câbles galvanisés. Un
autre tas de grumes se trouve sur des rochers à environ 100 mètres au sud-est de
la cabane principale et à 10 mètres du site désigné pour l'atterrissage des
hélicoptères.
La borne signalant le SMH, qui se trouve actuellement près de la cabane
principale, sera remplacée par un panneau spécifique indiquant que la totalité
du cap Denison a été désignée comme site historique. Il sera rédigé en anglais,
en français, en espagnol et en russe et précisera le type et l'ampleur de la
protection accordée au site ainsi qu'au contenu en vertu du Traité sur
l'Antarctique.
Les objets laissés sur place par l'expédition de Mawson sont éparpillés sur
l'ensemble de la zone et ils sont visibles ou non d'une année sur l'autre en
fonction de la couche neigeuse. Il y a notamment des cairns, des carcasses
dissimulées de phoques et de manchots, des grumes et une vaste collection de
squelettes démembrés de manchots. On pense qu'il existe sous la neige un grand
nombre d'objets qui restent à découvrir. Il se pourrait par ailleurs que des
objets provenant d'une glacière connue sous le nom de grotte d'Aladin ― un
entrepôt pour traîneau creusé en 1912 par les membres de l'expédition de Mawson
― soient présents à proximité de la ZGSA, voire dans la ZGSA elle-même. A
l'origine, la glacière se trouvait sur le plateau à 67° 05' de
latitude sud et 142° 38' de longitude est, à quelque 8 km au sud de la
principale cabane Mawson, mais il se peut qu'elle se soit affaissée dans la
pente (sous l'effet du mouvement des glaces) sur une distance pouvant aller
jusqu'à 4,5 km de son emplacement d'origine en 1912. Il reste à définir sa
position exacte.
5.4. Emplacement d'autres
zones protégées
dans la zone ou à proximité d'elle
La ZSPA n° 162, qui renferme
les quatre cabanes de l'expédition antarctique australasienne, se trouve dans la
ZGSA du cap Denison ; elle a été créée pour en préserver les valeurs historiques
et sociales.
La ZGSA du cap Denison doit être simultanément désignée en tant que site
historique n° 162 en vertu du Traité sur l'Antarctique.
Il n'y a aucune autre ZSPA ou ZGSA dans un rayon de 50 km du cap Denison.
6.0. Autres zones à
l'intérieur de la zone
Toutes les activités conduites
à l'intérieur de la zone doivent être conformes aux dispositions du Protocole de
Madrid et du code de conduite que renferme le présent plan de gestion (voir à la
section 8.0). Outre ces lignes directrices générales, trois zones sont définies
dans lesquelles il est jugé nécessaire d'imposer des restrictions à certaines
activités afin de promouvoir les objectifs de gestion de la zone.
6.1. ZSPA n° 77
La ZSPA n° 77 (cabanes Mawson) est située à l'intérieur de la ZGSA. Cette ZSPA
comprend les quatre cabanes de l'expédition antarctique australasienne afin de
protéger leurs valeurs historiques et sociales. L'accès à la ZSPA et les
activités à l'intérieur de cette zone nécessitent l'obtention d'un permis et
doivent répondre aux conditions énoncées dans le plan de gestion de la ZSPA.
6.2. Zone de protection
visuelle
La perspective des cabanes
Mawson et de la croix du souvenir est particulièrement importante dans le
paysage culturel du cap Denison. En vue d'assurer la protection du paysage et du
caractère intrinsèque de ces cabanes, une zone de protection visuelle est
définie au sein de la ZGSA. Pour préserver ces valeurs, aucune structure
nouvelle ne pourra être érigée dans la zone de protection visuelle.
La zone de protection visuelle est indiquée sur les cartes A et B ; elle est
généralement définie comme étant la zone délimitée par les lignes de crête ouest
et est de la vallée qui abrite les structures historiques. La ligne de
démarcation part de la côte (67° 00' 24,9'' de latitude sud ; 142° 39' 14,3'' de
longitude est), puis s'oriente au sud-est le long du versant ouest de la crête
située la plus à l'ouest jusqu'au plateau glaciaire (67° 00' 46,8'' de latitude
sud ; 142° 39' 37,2'' de longitude est) ; au nord-est le long de la bordure du
plateau glaciaire jusqu'à 67° 00' 43,9'' de latitude sud, 142° 40' 5,6'' de
longitude est ; au nord-nord-ouest en passant entre lac Rond et lac Long jusqu'à
67° 00' 33,7'' de latitude sud, 142° 39' 59,8'' de longitude est ; puis jusqu'à
la cabane Magnétographe (67° 00' 20,3'' de latitude sud, 142° 39' 46,6'' de
longitude est) ; puis au nord-ouest en suivant la bordure est de la ligne de
crête orientale jusqu'à la mer (67° 00' 15,7'' de latitude sud, 142° 39' 28,2''
de longitude est).
6.3. Aire réservée aux
hélicoptères
Les opérations héliportées sont susceptibles de perturber les animaux en période de mue ou de reproduction. Pour minimiser les perturbations subies par les phoques et les oiseaux nicheurs qui séjournent au cap Denison pendant les mois d'été, les hélicoptères devront atterrir uniquement à l'endroit indiqué sur la carte C et suivre les trajectoires d'approche et de départ spécifiées sur cette même carte. Les trajectoires de départ ont été définies de manière à éviter autant que faire se peut les concentrations d'animaux. Il est préférable de n'utiliser que des hélicoptères monomoteur ; on peut toutefois avoir recours à des hélicoptères bimoteur à condition de tenir compte du risque accru de perturbation de la faune sauvage. La présence de phoques et le cycle de reproduction des oiseaux nichant dans la zone sont répertoriés aux annexes Bi et Bii ; l'utilisation d'hélicoptères bimoteur doit être évitée pendant les semaines où les oiseaux pondent leurs œufs ou élèvent leurs petits (fin octobre à début mars).

7.0. Cartes de la zone
Carte A. ― Zones de gestion du
cap Denison. Cette carte illustre les lignes de démarcation de la ZGSA, le site
historique, la zone de protection visuelle, la ZSPA n° 162 et les
caractéristiques topographiques importantes de la zone. L'encart indique
l'emplacement de la zone par rapport au continent antarctique.
Spécifications de la carte :
Projection : UTM Zone 54
Datum horizontal : WGS84
Carte B. ― Zone de protection visuelle du cap Denison. Cette carte donne les
lignes de démarcation de la zone de protection visuelle et indique la position
des objets historiques importants, notamment les quatre cabanes de l'expédition
antarctique australasienne, la croix du souvenir et la colline Anémomètre ainsi
que l'emplacement du mât de revendication du site par l'expédition BANZARE.
Spécifications de la carte :
Projection : UTM Zone 54
Datum horizontal : WGS84
Carte C. ― Trajectoires de vol et colonies d'oiseaux du cap Denison. Cette carte
indique les trajectoires d'approche et de départ et les aires d'atterrissage des
hélicoptères, ainsi que l'emplacement des colonies d'oiseaux présentes dans les
environs.
Spécifications de la carte :
Projection : UTM Zone 54
Datum horizontal : WGS84
8.0. Code de conduite
Par leur comportement, les
individus contribuent pour beaucoup à la protection de l'environnement en
Antarctique. Ce code de conduite a pour objet de donner des lignes directrices
générales visant à minimiser les impacts environnementaux au cap Denison, mais
il ne saurait couvrir toutes les situations. Les visiteurs, y compris les agents
des programmes nationaux et les touristes, doivent tous assumer leurs
responsabilités et s'attacher à minimiser l'impact de leur passage sur tous les
aspects du milieu naturel et tout particulièrement sur les valeurs décrites ici.
8.1. Accès à la zone et
déplacement à l'intérieur de celle-ci
Tous les véhicules de terrain
sont interdits dans la zone, à l'exception de petits véhicules tous terrains
qui, étant donné la colonisation des zones rocheuses par des lichens et des
oiseaux de mer, ne doivent être utilisés que sur les surfaces gelées et
enneigées et compte dûment tenu de la présence des objets historiques.
Aucune restriction n'est imposée à l'accès piéton dans la zone, à ceci près
qu'il convient d'éviter les aires riches en objets (comme ceux qui sont
éparpillés immédiatement au nord de la cabane principale), les colonies
d'oiseaux ou de lichens, et les voies de migration des manchots (route
systématiquement empruntée par les oiseaux pour se déplacer de leur nid à la
mer).
8.2. Activités qui sont ou
peuvent être menées dans la zone

Travaux de conservation
historique et archéologique.
Recherche, notamment la recherche scientifique.
Visites à des fins pédagogiques ou ludiques, y compris le tourisme dans l'esprit
de la recommandation XVIII-1.
Entretien essentiel des infrastructures ne présentant pas un caractère
historique, notamment la station météorologique automatique, et enlèvement des
objets ne présentant pas un caractère historique qui compromettent les valeurs
historiques et esthétiques de la zone. Ces activités seront conduites par du
personnel autorisé uniquement.
8.3. Installation,
modification
ou démantèlement de structures
Pour préserver les valeurs
historiques, archéologiques, sociales, esthétiques et écologiques de la ZGSA,
aucun structure nouvelle ne sera construite dans la zone et aucun matériel
scientifique n'y sera installé, sauf aux fins des activités de conservation, de
recherche et d'entretien visées à l'article 3.0.
Le matériel et les infrastructures présents dans la zone doivent tous être
examinés et entretenus à intervalles périodiques, ou enlevés en cas de besoin.
8.4. Campements
Plutôt que d'implanter de
nouvelles infrastructures, les installations existantes ne présentant pas un
caractère historique doivent être utilisées par les Parties qui conduisent dans
la zone des activités conformes au présent plan de gestion.
Les tentes doivent être montées sur la plate-forme en bois située à proximité de
la cabane Srensen. Toute utilisation des cabanes et des provisions qui s'y
trouvent doit être signalée dès que possible au programme national australien
afin de garantir la sécurité d'autres personnes qui pourraient compter sur les
stocks de provisions connus.
8.5. Prélèvement de végétaux
et capture d'animaux
ou perturbations nuisibles à la faune et la flore
Les distances à respecter avec
les espèces de faune et de flore sauvages doivent être conformes à celles
agréées par le Comité pour la protection de l'environnement. En attendant que
des lignes directrices soient adoptées par le Comité, le tableau 1 ci-dessous
donne les orientations à suivre.
Les visiteurs ne doivent ni se laver, ni nager et ni plonger dans les lacs. En
effet, ces activités risqueraient de contaminer la masse d'eau et de perturber
la colonne d'eau, les communautés microbiennes et les sédiments.
Tableau 1 : distances à respecter en approchant à pied de la faune et de la flore
|
ESPÈCES |
PHASE BIOLOGIQUE |
DISTANCE |
|---|---|---|
|
Pétrels des neiges. |
Nidification. |
15 |
|
Pétrels de Wilson. |
Nidification. |
15 |
|
Labbes antarctiques. |
Nidification. |
15 |
|
Manchots d'Adélie. |
Eté : sur la glace ou
éloignés de la colonie. |
5 |
|
|
Eté : oiseaux nicheurs
des colonies. |
15 |
|
Phoques de Weddell en
période de reproduction et leurs nouveau-nés (y compris les jeunes déjà
sevrés). |
En permanence. |
15 |
|
Phoques adultes
solitaires (toutes les espèces). |
En permanence. |
5 |
8.6. Ramassage ou enlèvement
de toute chose
qui n'a pas été apportée dans la zone par le visiteur
En vertu du Traité sur
l'Antarctique, le cap Denison est considéré comme un site historique.
Conformément au paragraphe 4 de l'article 8 de l'annexe V du Protocole, aucune
structure historique ou autre objet ne doit être détérioré, enlevé ou détruit
sauf si l'enlèvement d'un objet est indispensable à des fins de conservation.
Les objets ne peuvent être enlevés que par du personnel autorisé et bien
entraîné. Il est en général préférable de ramener l'objet enlevé sur son lieu
d'origine au cap Denison à moins que
son retour ne risque d'entraîner de
nouvelles dégradations ou détériorations.
Si un objet doit être enlevé, le programme national australien en sera informé
de telle sorte que la documentation consacrée aux travaux de recherche
archéologique de ce programme au cap Denison puisse être modifiée en
conséquence.
8.7. Elimination des déchets
Tous les déchets, y compris
les déchets humains, devront être enlevés de la zone.
Le ravitaillement des véhicules, des générateurs et d'autres équipements
essentiels devra avoir lieu en tenant dûment compte de l'environnement
avoisinant. Aucun ravitaillement ne doit être effectué dans le bassin versant
des lacs ou les torrents de fonte, à la lisière de la glace ou dans d'autres
zones vulnérables.
8.8. Rapports sur les visites
dans la zone
devant être présentés à l'autorité compétente
Pour favoriser la coopération
et la coordination des activités dans la zone, permettre la gestion et la
surveillance effectives du site, faciliter l'examen des impacts cumulatifs et
atteindre les buts et objectifs de ce plan de gestion :
Le personnel des programmes nationaux, les touristes et autres personnels non
gouvernementaux qui se proposent de visiter la zone, d'y débarquer et/ou d'y
conduire des activités devront informer aussi rapidement que faire se peut le
programme national australien de leurs intentions.
Le détail de toutes les activités de terrain devra être soigneusement consigné
de telle sorte qu'il puisse être transféré à la base des données de gestion du
programme national australien. Voir à la section 9.0 ci-dessous.
9.0. Echanges d'informations
Les Parties qui ont des
programmes en cours dans la zone et les opérateurs non gouvernementaux devront
échanger les informations obtenues durant les visites de la zone, qui peuvent
avoir une incidence sur le fonctionnement de ce plan de gestion. Le chef de
l'expédition ou du voyage devra soumettre à l'autorité appropriée un rapport
décrivant les activités entreprises dans la zone. Ce rapport devra inclure selon
que de besoin l'information identifiée dans le formulaire du rapport de visite
que l'on trouve à l'annexe 4 de la résolution 2 (1998) (CPE 1). Les Parties
devront conserver un relevé de ces activités et, dans le cadre de l'échange
annuel d'informations, fournir de brèves descriptions des activités conduites
par les personnes relevant de leur compétence, descriptions qui doivent
néanmoins être suffisamment détaillées pour permettre une évaluation de
l'efficacité de ce plan de gestion.
Dans la mesure du possible, les Parties devront déposer l'original ou une copie
de ces documents dans des archives publiques (comme le site Web consacré aux
cabanes Mawson, à l'adresse URL suivante : http ://www.aad.gov.au/mawsons_huts)
afin de conserver un relevé des visites ou des utilisations du site, qui servira
à la fois à la révision de ce plan de gestion et à l'organisation des
utilisations de la zone.
10.0. Bibliographie
Dr. Ian Allison, glaciologue,
Australian Antarctic Division, communication personnelle, 28 mars 2003.
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246.
Dr. Jo Jacka, glaciologiste, Australian Antarctic Division, communications
personelles, 27 mars 2003, 28 mars 2003.
Lazer, E. Recommendations for Future Archaeological and Conservation Work at the
Site Associated with Mawson's Hut Commonwealth Bay Antarctica. October 1985 : 1,
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Hale and Iremonger : 7-15.
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Mawson's Huts Foundation Conservation Program 1997-98 : Attachment D.
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Environmental Evaluation : AAP Mawson's Huts Foundation Conservation Program
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personnelle, 19 février 2003.
David Smith, mapping officer, Australian Antarctic Division, communication
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Stillwell, F.L. (1918). The Metamorphic Rocks of Adelie Land. Australasian
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Dr. Eric J. Woehler, ornithologue, Australian Antarctic Division, communication
personnelle, septembre 2002 ; 31 mars 2003.
A N N E X E A
FAUNE RÉPERTORIÉE AU CAP DENISON,
BAIE DU COMMONWEALTH
Populations (couples) d'oiseaux de mer
en phase de reproduction au cap Denison
|
ESPÈCE |
Nombre de couples |
|---|---|
|
Manchot Adélie penguin
Pygoscelis adeliae. |
18 737 |
|
Océanite de Wilson
Oceanites oceanicus. |
38 |
|
Pétrel des neiges
Pagodroma nivea. |
30 |
|
Labbe antarctique
Catharacta maccormicki. |
8 |
|
? Prion antarctique
Pachyptila desolata |
|
|
? Damier du cap Daption
capense |
Autres oiseaux de mer répérés
au cap Denison
Espèce :
Pétrel de l'Antarctique Thalassoica antarctica.
Pétrel géant Macronectes giganteus.
Manchot royal Aptenodytes patagonica.
Gorfou de Schlegel (carcasse) Eudyptes schlegeli.
Manchot à jugulaire Pygoscelis Antarctica.
Manchot empereur Aptenodytes forsteri.
Phoques répertoriés au cap
Denison
Espèce :
Phoque de Weddell Leptonychotes weddellii.
Léopard de mer Hydrurga leptonyx.
Éléphant de mer Mirounga leonina.
A N N E X E B
OPÉRATIONS HÉLIPORTÉES
CYCLES DE REPRODUCTION DES OISEAUX DE MER NICHEURS AU CAP DENISON, BAIE DU
COMMONWEALTH
|
ESPÈCES SE REPRODUISANT |
NOMBRE |
CYCLE DE REPRODUCTION
ESTIVAL |
|---|---|---|
|
Océanite de Wilson (Oceanites
oceanicus). |
Environ 38 couples ;
trois petites colonies. |
Avant la mi-décembre :
adultes ; après la mi-décembre : adultes, œufs et oisillons. |
|
Pétrel des neiges (Pagodroma
nivea). |
Environ 30 ; une petite
colonie. |
Avant la fin novembre :
adultes ; après la fin novembre : adultes, œufs et oisillons. |
|
Manchot Adélie (Pygoscelis
adeliae). |
Environ 18 800 couples ;
nombreuses colonies. |
Avant novembre : adultes
; après novembre : adultes, œufs et oisillons. |
|
Labbe antarctique (Catharacta
maccormicki). |
Environ 8 couples, nids
dispersés aux bords de colonies de manchots. |
Avant la mi-décembre :
adultes ; après la mi-décembre : adultes et œufs ; après fin décembre :
adultes et oisillons. |
A N N E X E B i i
OPÉRATIONS HÉLIPORTÉES
PHOQUES PRÉSENTS AU CAP DENISON, BAIE DU COMMONWEALTH
|
ESPÈCES |
NOMBRE |
CYCLE DE REPRODUCTION
ESTIVAL |
|---|---|---|
|
Phoque de Weddell (Leptonychotes
weddellii). |
Nombre exact inconnu ;
pas de colonies établies. |
Avant novembre : pas de
phoques ; de la mi-novembre à la fin décembre, environ 24 adultes par
jour. |
|
Éléphant de mer (Mirounga
leonina). |
Nombre exact inconnu ;
pas de colonies établies. |
Environ 2 adultes par
jour en décembre. |
A N N E X E C
ESPÈCES DE FLORE RÉPERTORIÉES
AU CAP DENISON, BAIE DU COMMONWEALTH
Les taxons ci-dessous ont été
répertoriés au cap Denison par l'expédition antarctique australasienne de
1911-1914 ainsi que l'expédition de recherche britannique, australienne et
néo-zélandaise en Antarctique (BANZARE) en 1929-1931 ; ils ont été publiés par
Carroll W. Dodge dans BANZARE Reports, Series B, Vol. VII, July 1948.
Lichens
Lecideacées
Lecidea cancriformis Dodge &
Baker.
Toninia Johnstoni Dodge.
Umbilicaiacées
Umbilicaria decussata (Vill.)
Zahlbr.
Lecanoracées
Rhizoplaca melanophthalma
(Ram.) Leuck. & Poelt.
Lecanora expectans Darb.
Pleopsidium chlorophanum (Wahlenb.) Zopf.
Parmeliacées
Physcia caesia (Hoffm.) Th.
Fr.
Usnaecées
Pseudephebe minuscula (Nyl. ex
Arnold) Brodo & D. Hawksw.
Usnea antarctica Du Rietz.
Blasteniacées
Candelariella flava (C.W.
Dodge & Baker) Castello & Nimis.
Xanthoria elegans (Link) Th. Fr.
Xanthoria Mawsoni Dodge.
Buelliacées
Buellia frigida Darb.
Bryophytes
Aucun bryophyte ne semble
présent au cap Denison.
Il existe de nombreuses algues non marines dont le recensement n'a toutefois
jamais été entrepris.
OTARIES A FOURRURE
Le Décret n° 2009-1057 du 26 août 2009 porte publication au J.O de la Mesure 4 adoptée à Edimbourg le 23 juin 2006 concernant l'Espèce spécialement protégée : l'otaries à fourrure,
M E S U R E 4 (2 0 0 6 ) ESPÈCE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE : OTARIES À FOURRURE, ADOPTÉE À ÉDIMBOURG LE 23 JUIN 2006
Les représentants,
Rappelant l'article 3 de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique
relatif à la protection de l'environnement (« ci-après dénommé le Protocole »),
qui prévoit la désignation d'espèces
spécialement protégées de l'Antarctique
bénéficiant de la protection spéciale de l'Antarctique ;
Rappelant également que le Comité pour la protection de l'environnement (« CPE
») a, à sa huitième réunion, adopté des lignes directrices pour l'examen de
propositions portant sur les désignations nouvelles et révisées d'espèces
spécialement protégées en vertu desquelles le risque d'extinction doit être
évalué à l'aide de critères établis par l'UICN ;
Notant que le SCAR a déterminé que l'otarie à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus
gazella) et l'otarie à fourrure subantarctique (Arctocephalus tropicalis) ne
sont plus menacées d'un risque d'extinction majeur et que, comme ce sont les
deux seules espèces du genre Arctocephalus dans la zone du Traité sur
l'Antarctique, le genre Arctocephalus devrait être retiré de la liste des
espèces spécialement protégées ;
Notant également que le CPE a fait une analyse des incidences qu'aurait le
retrait de ces espèces de la liste des espèces spécialement protégées de
l'Antarctique et qu'il a conseillé qu'elles en soient retirées ;
Se félicitant de la récupération de la population et de l'aire de répartition de
l'otarie à fourrure de l'Antarctique et de l'otarie à fourrure subantarctique ;
Convaincus que, à la lumière des avis scientifiques du SCAR, l'otarie à fourrure
antarctique et l'otarie à fourrure subantarctique devraient désormais être
retirées de la liste des espèces spécialement protégées, qui figure à
l'appendice A de l'annexe II du Protocole ;
Reconnaissant que l'otarie à fourrure de l'Antarctique et l'otarie à fourrure
subantarctique continueront d'être protégées en vertu du Protocole et que leur
retrait n'aura aucune incidence pour la protection de ces espèces du genre
Arctocephalus qui se trouvent uniquement à l'extérieur de la zone du Traité sur
l'Antarctique ;
Notant, en outre, que le phoque de Ross (Ommatophoca rossii) demeure une espèce
spécialement protégée ;
Ayant à l'esprit l'exploitation historique des otaries à fourrure dans la région
qui a rendu nécessaire la protection spéciale de l'otarie à fourrure de
l'Antarctique et de l'otarie à fourrure subantarctique ainsi que la vif intérêt
porté par le public à la protection et la conservation des otaries à fourrure
dans l'Antarctique ;
Décidés à maintenir à l'étude le statut de conservation des otaries à fourrure
dans la zone du Traité sur l'Antarctique ;
Exhortant les Parties consultatives qui sont membres de la Commission pour la
conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique à continuer à
fournir des données sur le taux de mortalité accidentelle des phoques, les
impacts potentiels de la récolte du krill et l'élaboration et l'efficacité des
mesures de réduction de la pêche au krill,
Recommandent, pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément à l'article 9 de l'annexe II au Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, que :
A l'appendice A de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif
à la protection de l'environnement, les mots « Toutes les espèces du genre
Arctocephalus, otaries à fourrure » soient supprimés.
REPORT DES DATES D'EXPIRATION DES ZONES PROTEGEES
Le Décret n° 2009-1058 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 4 sur le Report des dates d'expiration des Zones spécialement protégées de l'Antarctique, adoptée à Stockholm le 17 juin 2005.
M E S U R E 4 ( 2 0 0 5 )
ZONES SPÉCIALEMENT PROTÉGÉES DE L'ANTARCTIQUE REPORT DES DATES D'EXPIRATION
Les Représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (le « Protocole
»), qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de
l'Antarctique, ainsi que l'approbation de plans de gestion pour ces zones
;
Rappelant les recommandations VIII-4 (1975), XIV-5 (1987) et XVI-2 (1991),
la mesure 2 (2000) et la mesure 3 (2001) ;
Rappelant la décision 1 (2002) qui a renuméroté les zones et les sites et
les a redésignés en tant que zones spécialement protégées de l'Antarctique
;
Notant que la date d'expiration de certains plans de gestion de sites
spécialement protégés de l'Antarctique a été fixée au 31 décembre 2005,
mais désireux de maintenir la protection de ces sites jusqu'à ce que leurs
plans de gestion respectifs aient été révisés conformément à l'annexe V du
Protocole,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après en
application du paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole :
La date d'expiration des plans de gestion suivants est reportée au 31
décembre 2010 :
a) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 125 : péninsule Fildes,
île du Roi-Georges, îles Shetland du Sud ;
b) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 127 : île Haswell ;
c) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 144 : baie du Chili
(baie Discovery), île Greenwich ;
d) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 146 : baie du Sud, île
Doumer, archipel Palmer ; et
e) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 150 : île Ardley, baie
Maxwell, île du Roi-Georges.
LES MONUMENTS HISTORIQUES
Le Décret n° 2009-1059 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 5 sur les Sites et monuments historiques :
Cabane Lillie Marleen et tente
d'Amundsen, adoptée à Stockholm le 17 juin 2005
M E S U R E 5 ( 2 0 0 5 ) SITES ET MONUMENTS HISTORIQUES CABANE LILLIE MARLEEN ET TENTE D'AMUNDSEN
Les Représentants,
Rappelant l'obligation imposée à l'article 8 de l'annexe V du Protocole au
Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (le «
Protocole ») de tenir à jour une liste des sites et monuments historiques
actuels et de veiller à ce que ces sites ne soient ni détériorés, ni enlevés, ni
détruits ;
Rappelant la mesure 3 (2003) qui a révisé et actualisé la Liste des sites et
monuments historiques ;
Désireux d'ajouter les deux sites ci-après à cette liste,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure suivante
conformément au paragraphe 2 de l'article 8 de l'annexe V du Protocole :
Que les sites suivants soient ajoutés à la Liste des sites et monuments
historiques qui figure en annexe à la mesure 3 (2003) :
a) Site n° 79 : cabane Lillie Marleen, mont Dockery, Everett Range, partie nord
de la terre Victoria.
La cabane Lillie Marleen a été érigée à l'appui des travaux de l'expédition
allemande dans la partie nord de la terre Victoria (Ganovex I) et en 1979/1980.
Il s'agit d'un conteneur de bivouac composé d'unités en fibre de verre
préfabriquées et isolées au moyen de mousse polyuréthane. Elle tire son nom du
glacier Lillie et de la chanson Lilli Marleen. Elle est étroitement associée au
naufrage spectaculaire du navire d'expédition Gotland II durant l'expédition
Ganovex II en décembre 1981.
Emplacement : 71 12' de latitude sud ; 164 31' de longitude est.
Partie ayant initialement présenté la proposition : Allemagne.
Partie chargée de la gestion : Allemagne.
b) Site n° 80 : tente d'Amundsen.
La tente a été installée au point 90 par le groupe d'explorateurs norvégiens que
dirigeait Roald Amundsen à leur arrivée le 14 décembre 1911 au pôle Sud. Elle
est actuellement enfouie dans de la glace et de la neige à proximité du pôle
Sud.
Emplacement : dans les parages du point 90 de latitude sud.
Partie ayant initialement présenté la proposition : Norvège.
Partie chargée de la gestion : Norvège.

Le Décret n° 2009-1060 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 3 sur les Sites et monuments historiques de l'Antarctique:
Rocher du Débarquement, adoptée à Edimbourg le 23 juin 2006
M E S U R E 3 ( 2 0 0 6 ) SITES ET MONUMENTS HISTORIQUES DE L'ANTARCTIQUE ROCHER DU DÉBARQUEMENT
Les Représentants,
Rappelant les dispositions de l'article 8 de l'annexe V du Protocole au
Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (le «
Protocole ») qui sont de tenir à jour la liste des sites et monuments
historiques et de veiller à ce que ces sites et monuments ne soient ni
détériorés, ni enlevés, ni détruits ;
Rappelant la mesure 3 (2003) qui révisait et mettait à jour la Liste des
sites et monuments historiques ;
Désireux d'ajouter le Rocher du Débarquement, terre Adélie, à cette liste,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément au paragraphe 2 de l'article 8 de l'annexe V du Protocole au
Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
Que le site suivant soit ajouté à la Liste des sites et monuments
historiques qui figure en annexe à la mesure 3 (2003) :
N° 81 : Rocher du Débarquement, terre Adélie ;
Petite île sur laquelle prirent pied l'amiral Dumont d'Urville et son
équipage le 21 janvier 1840 pour y découvrir ensuite la terre Adélie ;
Emplacement : 66° 36' 30'' de latitude Sud, 140° 03' 85'' de longitude Est
;
Partie à l'origine de la proposition : France ;
Partie chargée de la gestion : France.

Le Décret n° 2009-1062 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 3 sur les Sites et monuments historiques au traité sur l'Antarctique, adoptée à New Delhi le 11 mai 2007
M E S U R E 3 ( 2 0 0 7 ) SITES ET MONUMENTS HISTORIQUES MONUMENT AU TRAITÉ SUR L'ANTARCTIQUE
Les représentants,
Rappelant les dispositions de l'article 8 de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui requièrent que
soit tenue à jour une liste des sites et monuments et que ces sites ne soient ni
détériorés, ni enlevés ni détruits ;
Rappelant la Mesure 3 (2003), qui révisait et mettait à jour la « liste des
sites et monuments historiques » ;
Rappelant la Déclaration antarctique d'Edimbourg sur l'Année polaire
internationale 2007-2008 (API) qui faisait sien l'objectif de tirer de l'API un
héritage permanent ;
Désireux d'ajouter à cette liste un monument au Traité sur l'Antarctique et une
plaque rappelant les deux premières Années polaires internationales, l'Année
géophysique internationale (AGI) ainsi que l'Année polaire internationale
2007-2008 ;
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure suivante
conformément au paragraphe 2 de l'article 8 de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
Que le monument ci-après soit ajouté à la « Liste des sites et monuments
historiques » qui figure en annexe à la Mesure 3 (2003) :
N° 82. ― Monument au Traité sur l'Antarctique et plaque.
Le monument est situé à proximité des bases Frei, Bellingshausen et Escudero, à
la péninsule Fildes, île du Roi Georges, îles Shetland du Sud. La plaque placée
au pied du monument est dédiée aux signataires du Traité sur l'Antarctique et
aux Années polaires internationales successives (1882-1883, 1932-1933 et
2007-2008).
Emplacement : 62° 12' 01'' de latitude Sud ; 58° 57' 41'' de longitude Ouest.
Ile du Roi Georges, îles Shetland du Sud.
Partie auteur de la proposition initiale : Chili.
Partie chargée de la gestion : Chili.
PLANS DE GESTION RÉVISÉS
Le Décret n° 2009-1061 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 1 sur les Zones spécialement protégées de l'Antarctique :
Plans de gestion révisés pour les ZSPA n° 109 (île Moe) et n° 129 (pointe Rothera) ― (ensemble deux annexes), adoptée à New Delhi le 11 mai 2007
M E S U R E 1 ( 2 0 0 7 ) ZONES SPÉCIALEMENT PROTÉGÉES DE L'ANTARCTIQUE PLANS DE GESTION RÉVISÉS
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V au Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, qui prévoient la
désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique et l'approbation de
plans de gestion pour ces zones, rappelant :
― la recommandation IV-13 (1966), qui désignait l'île Moe, Orcades du Sud, comme
zone spécialement protégée (« ZSP ») n° 13 et annexait une carte du site ;
― la recommandation XIII-8 (1985), qui désignait la pointe Rothera, île
Adélaïde, comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP »)
n° 9 et annexait un plan de gestion pour ce site ;
― la recommandation XVI-6 (1991), qui annexait une description révisée de la ZSP
n° 13 et un plan de gestion pour cette zone ;
― la Mesure 1 (1995), qui annexait une description révisée et un plan de gestion
révisé pour la ZSP n° 13 ;
― la Résolution 7 (1995), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 9, et
la Mesure 1 (1996), qui annexait une description révisée et un plan de gestion
révisé pour le SISP n° 9 ;
― la Décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait la ZSP n° 13 comme zone
spécialement protégée de l'Antarctique (« ZSPA ») n° 109 et le SISP n° 9 comme
ZSPA n° 129 ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a avalisé les plans
de gestion révisés pour ces zones qui figurent en annexe à la présente mesure ;
Désireux de remplacer les plans de gestion pour les zones spécialement protégées
de l'Antarctique n°s 109 et 129, par des plans de gestion révisés et mis à jour,
le dernier incluant une révision des lignes de démarcation de la ZSPA n° 129,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après,
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole
au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, que :
1. Les plans de gestion révisés pour les zones suivantes, qui figurent en annexe
à la présente mesure, soient approuvés :
a) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 109 : île Moe, Orcades du Sud
;
b) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 129 : pointe Rothera, île
Adélaïde ;
2. Tous les plans de gestion antérieurs pour les zones spécialement protégées de
l'Antarctique n°s 109 : et 129 cessent d'avoir effet ou, s'ils n'ont pas encore
pris effet, soient par la présente retirés.
Plan de gestion pour la zone spécialement protégée
de l'Antarctique n° 109 : île Moe, Orcades du Sud
1. Description des valeurs à protéger :
La zone a été désignée pour la première fois comme « zone spécialement protégée
» dans la recommandation IV-13 (1966, n° 13) à la suite d'une proposition du
Royaume-Uni motivée par plusieurs raisons. En effet, le Royaume-Uni considérait
que l'île Moe était un élément particulièrement représentatif de l'écosystème
maritime en Antarctique, que les intenses recherches scientifiques menées sur
l'île Signy voisine risquaient de modifier son écosystème et que ladite île
devait bénéficier d'une protection spéciale afin de servir ultérieurement de
zone de référence à des fins de comparaison.
Ces raisons conservent aujourd'hui toute leur validité. Rien ne permet certes
d'affirmer que les recherches menées sur l'île Signy ont eu un impact
considérable sur les écosystèmes de l'île Moe, mais un changement important a
été constaté à basse altitude sur la terre ferme du fait de l'expansion rapide
des colonies d'otaries à fourrure (Arctocephalus gazella) de l'Antarctique. La
flore de l'île Signy toute proche a été physiquement perturbée par le
piétinement de ces otaries tandis que l'excès d'azote issu de leurs excréments a
entraîné la disparition des bryophytes et des lichens aujourd'hui remplacés par
l'algue géante Prasiola crispa. Les lacs situés à basse altitude ont été
affectés par le ruissellement fortement azoté des terres adjacentes. A ce jour,
l'île Moe n'a été envahie par des d'otaries à fourrure que dans une mesure
limitée, sa topographie rend peu probable leur pénétration dans les aires les
plus vulnérables.
Les valeurs à protéger sont liées à la composition biologique et à la diversité
d'une île quasiment intacte, particulièrement représentative des écosystèmes
terrestre, côtier et marin de l'Antarctique. L'île Moe contient notamment les
plus vastes étendues de tourbe mousseuse (Chorisodontium-Polytrichum) existant
dans l'Antarctique. L'île Moe a été visitée à plusieurs reprises, mais elle n'a
jamais été occupée plus de quelques heures.
2. Buts et objectifs :
La gestion de l'île Moe a pour objectifs les suivants :
― éviter toute modification importante de la structure et de la composition de
la végétation terrestre, en particulier les bancs de tourbe mousseuse ;
― prévenir toute intervention injustifiée de l'homme dans la zone ;
― réduire au minimum l'introduction de sols, de plantes, d'animaux et de
micro-organismes dans la zone ;
― autoriser les recherches scientifiques indispensables ne pouvant être menées
ailleurs, notamment celles qui visent à déterminer les différences écologiques
entre une île vierge et une île voisine occupée et envahie par des otaries à
fourrure.
3. Activités de gestion :
Les activités de gestion doivent permettre, d'une part, de surveiller de manière
adéquate le milieu biologique de l'île Moe, en utilisant de préférence des
méthodes non invasives et, d'autre part, de veiller à l'entretien des panneaux
d'affichage.
4. Durée de la désignation :
La zone est désignée pour une durée indéterminée.
5. Cartes :
Carte 1. Emplacement de l'île Moe par rapport aux Orcades du Sud.
Spécifications de la carte. Sphéroïde WGS84 stéréographique polaire antarctique.
Parallèle standard : 71° S. Méridien central 45° O.
Carte 2. Ile Moe plus détaillée.
Spécifications de la carte. Sphéroïde WGS84 stéréographique polaire antarctique.
Parallèle standard : 71° S. Méridien central 45° O.
6. Description de la zone :
i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel :
L'île Moe, dans l'archipel des Orcades du Sud, est une petite île au contour
irrégulier, située à 300 mètres au sud-ouest de l'île Signy dont elle est
séparée par le canal Fyr. Elle s'étend sur environ 1,8 kilomètre de nord-est en
sud-ouest et sur 1 kilomètre de nord-ouest en sud-est. Il sied de signaler que
sa position sur la carte de l'amirauté n° 1775 (latitude 60° 44'S, longitude 45°
45'O) ne correspond pas exactement aux coordonnées plus précises qui figurent
sur la carte 2 (latitude 60° 44'S, longitude 45° 4l'O).
L'île s'élève soudainement sur les flancs nord-est et sud-est du pic Snipe (226
mètres d'altitude). Elle comporte une colline intermédiaire (102 mètres
d'altitude) au-dessus de la pointe South ainsi que des collines plus petites sur
chacun des trois promontoires du versant ouest, à savoir la pointe Corral (92
mètres), la pointe Convoy (89 mètres) et la pointe Spaull (56 mètres). De
petites zones de glace éternelle recouvrent les versants est et sud, et des
neiges tardives recouvrent le flanc ouest escarpé. L'île n'abrite ni lagunes, ni
rivières.
La roche est constituée de micaschistes à quartz métamorphique avec, à certains
endroits, des biotes et des lits riches en quartz. La côte nord-est est
caractérisée par un mince lit d'amphiboles diverses. La majeure partie de l'île
est recouverte d'éboulis et d'amas glaciaires. Les sols renferment de jeunes
dépôts d'argiles et de sables plus ou moins grossiers mélangés à des cailloux,
des pierres et des gros galets. L'action du gel et du dégel aux endroits situés
en altitude ou particulièrement exposés leur confère souvent une forme
particulière pouvant être circulaire, polygonale, longitudinale ou lobulaire. Il
existe d'importantes accumulations de tourbe (jusqu'à 2 mètres d'épaisseur sur
les versants ouest) dont de nombreuses parties sont nues ou érodées.
Les colonies végétales les plus importantes sont représentées par l'espèce
Andreae-Usnea et par les tapis bancs de mousse Chorisodontium-Polytrichum (qui
représentent la communauté de ce type la plus abondante en Antarctique). Ces
bancs de mousse constituent une valeur biologique considérable qui justifie la
désignation de l'île dans la catégorie des zones spécialement protégées. La
flore cryptogamique est des plus variées. La majeure partie de ces bancs de
mousse n'ont guère été endommagés par les otaries à fourrure et donnent que de
rares signes de dégradation. Toutefois, les bancs situés le plus au nord autour
de la pointe Spaull sont l'exception à la règle. Ici en effet, bien qu'ils
soient encore très étendus, les tapis de mousse auraient été endommagés, selon
les estimations, à hauteur de 50 % par les activités des otaries à fourrure de
l'Antarctique (Arctocephallus gazella), comme en atteste une enquête menée en
janvier 2006. Une otarie à fourrure mâle subadulte était présente sur cette aire
de moss turf pendant la plus récente étude de gestion effectuée ce mois-là. Il
est quasiment certain que les otaries à fourrure ont accès à cette communauté
végétale via la douce pente qui mène vers l'intérieur de l'île à partir de la
petite plage de galets située dans le coin nord-est de la baie Landing.
On trouve en grandes quantités des acariens Gamasellus racovitzai et
Stereotydeus villosus et l'espèce Cryptopygus antarcticus sous les pierres.
Il existe cinq colonies de manchots (Pygoscelis antarctica) qui totalisaient 11
000 couples en 1978-1979. Lors d'une visite en février 1994, la partie nord de
la crique Landing abritait à peine une centaine de couples alors que la partie
sud en comptait un millier. Au cours de la plus récente visite effectuée en
janvier 2006, on a constaté la présence de cent couples reproducteurs à la
pointe Spaull. De nombreux autres oiseaux se reproduisent sur l'île, quelque 2
000 couples de damiers du Cap (Daption capensis), répartis dans 14 colonies
(1966), et un grand nombre de prions de l'Antarctique (Pachyptila desolata).
Les phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii), les phoques crabiers (Lobodon
carcinophaga) et les phoques léopards (Ydrurga leptonyx) vivent dans les baies
du côté ouest de l'île. Un nombre croissant d'otaries à fourrure (Arctocephalus
gazella), la plupart des jeunes mâles, rallient les côtes du côté nord de la
crique Landing et ont endommagé la végétation à cet endroit. Cependant, la
nature du terrain empêchera peut-être la progression des otaries vers le petit
promontoire où les dommages pourraient s'intensifier.
ii) Aires à accès limité à l'intérieur de la zone :
Aucune.
iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone :
Un panneau indicateur est vissé à un rocher plat situé derrière une petite plage
de galets dans le coin nord-est de la crique Landing, juste derrière l'endroit
où viennent s'écraser les vagues. Il a été érigé le 2 février 1994. Lorsque les
chutes de neige sont abondantes, le panneau indicateur risque d'être enseveli et
difficile à voir.
Il existe un cairn, ainsi que les restes d'un mât érigé à la pointe Spaull en
1965-1966 et utilisé à des fins scientifiques. Ce mât revêt un intérêt certain
pour l'étude des lichens et ne doit donc pas être retiré. L'île Moe ne comporte
aucune autre structure.
iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone :
La ZSPA n° 110, île Lynch, est située à 10 kilomètres au nord - nord-est de
l'île Moe. Lnorda ZSPA n° 114, île Coronation du Nord, est située à 19
kilomètres du côté nord de l'île Coronation. La ZSPA n° 111, île Powell du Sud,
est située à 41 kilomètres à l'est.
7. Critères de délivrance des permis :
L'accès à la zone est interdit à moins qu'un permis n'ait été délivré par les
autorités nationales compétentes.
Les critères régissant l'octroi de permis sont les suivants :
― les permis sont octroyés uniquement pour mener des recherches indispensables
qui ne peuvent pas être effectuées ailleurs ;
― les actions autorisées ne peuvent en aucun cas porter atteinte au système
écologique de la zone ;
― les activités de gestion doivent contribuer aux objectifs arrêtés dans le plan
de gestion ;
― les actions autorisées doivent être conformes au plan de gestion ;
― le détenteur du permis doit avoir en sa possession le permis ou la copie
certifiée conforme lorsqu'il visite la zone spécialement protégée ;
― un ou plusieurs rapports doivent être soumis à l'autorité ou aux autorités
ayant délivré le permis.
i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci :
Aucune restriction ne s'applique au débarquement par mer qui reste la méthode la
plus indiquée. Aucun point d'accès n'a été retenu, mais il est en général plus
sûr d'arriver par le coin nord-est de la crique Landing.
Il convient, dans la mesure du possible, de ne pas atterrir en hélicoptère. Si
un atterrissage s'avère cependant nécessaire, les hélicoptères peuvent atterrir
sur le col situé entre la colline de 89 mètres et le versant ouest du pic Snipe.
Afin d'éviter le survol des colonies d'oiseaux, le pilote doit de préférence
arriver par le sud, même si une approche par le nord n'est pas interdite.
Il est interdit de survoler la zone à une altitude inférieure à 250 mètres
au-dessus du point culminant de l'île sauf pour atterrir à l'endroit
susmentionné.
Les marcheurs ne sont astreints à aucun parcours spécifique, mais ils doivent
veiller à ne jamais perturber les oiseaux et à ne pas endommager la végétation
et les éléments périglaciaires. L'utilisation de véhicules est strictement
interdite sur l'île Moe.
ii) Activités qui sont ou peuvent être menées dans la zone, y compris les
restrictions à la durée et à l'endroit :
― études scientifiques indispensables qui ne peuvent être menées ailleurs et ne
portent pas atteinte à l'écosystème de la zone ;
― activités de gestion indispensables, y compris les activités de surveillance.
iii) Installation, modification ou enlèvement des structures :
Aucune structure ne peut être construite dans la zone et aucun matériel
scientifique ne peut y être installé sauf s'ils doivent servir aux activités de
gestion ou aux recherches scientifiques indispensables conformément aux clauses
du permis.
iv) Emplacement des camps :
Aucun campement ne peut en principe être installé dans la zone. S'il en était
autrement pour des raisons de sécurité, les tentes devraient être montées de
telle sorte qu'elles endommagent la végétation et perturbent la faune le moins
possible.
v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la
zone :
Aucun animal vivant, aucun matériau végétal et aucun micro-organisme ne doivent
être délibérément introduits dans la zone. Tous les dispositifs
d'échantillonnage apportés dans la zone doivent, avoir été soigneusement
nettoyés. Les chaussures, les vêtements extérieurs, les sacs à dos et autres
équipements utilisés ou apportés dans la zone doivent, dans toute la mesure du
possible, avoir été soigneusement nettoyé avant d'entrer dans la zone.
Aucun produit issu de volaille, y compris des produits alimentaires contenant de
la poudre d'œuf, ne pourra être introduit dans la zone.
Aucun herbicide ou pesticide ne pourra être introduit dans la zone. Tout autre
produit chimique qui serait introduit à des fins scientifiques, conformément aux
termes spécifiés sur le permis, devra être retiré de la zone au plus tard à
l'issue des activités autorisées en vertu de ce même permis.
Le dépôt de carburants, de produits alimentaires ou de tout autre matériel est
interdit sauf impératif lié à des activités pour lesquelles des permis sont
délivrés. Tous les matériels introduits seront retirés dès qu'ils ne seront plus
utiles. Les stockages permanents sont interdits.
vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la
faune et la flore indigènes :
Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ainsi que les perturbations
nuisibles à la flore et à la faune indigènes sont interdites sauf si le permis
l'autorise. Lorsque des animaux doivent être capturés ou perturbés, il convient
d'appliquer au moins les normes du code de conduite du SCAR pour l'utilisation
d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique.
vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la
zone par le détenteur du permis :
Toute chose ne peut être ramassée ou enlevée de la zone qu'en vertu des clauses
du permis, à l'exception des débris d'origine humaine qui peuvent être retirés
des plages de la zone et des spécimens morts ou malades de la faune et la flore
qui peuvent être emportés à des fins d'analyse en laboratoire.
viii) Elimination des déchets :
Tous les déchets seront retirés de la zone, à l'exception des déchets humains
qui peuvent être jetés à la mer.
ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de
gestion continuent à être atteints :
Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'installer ou
d'entretenir les panneaux ou autres dispositifs de protection, ou de réaliser
des activités d'inspection de la zone et de surveillance biologique susceptibles
de requérir le prélèvement d'un nombre limité de plantes ainsi que la capture de
quelques animaux à des fins d'évaluation et de recensement, d'ériger ou
d'entretenir des panneaux d'information ou encore de prendre des mesures de
protection.
x) Rapports de visite :
Le principal détenteur du permis, pour chaque permis délivré, sera tenu
d'établir un rapport des activités conduites dans la zone en utilisant le
formulaire prévu à cet effet. Le rapport sera soumis à l'autorité compétente
dans les plus brefs délais et, au plus tard, dans les six mois suivant la visite
dans la zone. Ces rapports doivent être archivés indéfiniment par l'autorité
compétente et présentés à la demande des parties intéressées, du Comité
scientifique pour la recherche en Antarctique (SCAR), de la Commission pour la
conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) et du
Conseil des directeurs des programmes antarctiques nationaux pour fournir des
informations sur les activités réalisées par l'homme dans la zone afin d'assurer
une gestion exemplaire.
M E S U R E 1 0 ( 2 0 0 8 )
ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE
L'ANTARCTIQUE N° 138 LINNAEUS TERRACE, CHAÎNE ASGARD, TERRE VICTORIA (ENSEMBLE
UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la
désignation de zones spécialement gérées de l'Antarctique (« ZSPA ») et
l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant :
― la recommandation XIII-8 (1985), qui désignait Linnaeus Terrace, chaîne Asgard,
terre Victoria, comme site présentant un intérêt scientitifique particulier («
SISP ») n° 19 et à laquelle figurait en annexe un plan de gestion pour le site,
― la résolution 7 (1995), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 19 du
31 décembre 1995 au 31 décembre 2000,
― la mesure 1 (1996), qui adoptait un plan de gestion révisé pour le SISP n° 19,
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 19 en tant
que zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 138,
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de
gestion révisé pour la ZSPA n° 138,
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 138 par le
plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. Soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de
l'Antarctique n° 138, Linneaus Terrace, chaîne Asgard, Terre Victoria, qui
figure en annexe à la présente mesure ;
2. Cesse d'avoir effet le plan de gestion pour la ZSPA n° 138 qui figure en
annexe à la recommandation XIII-8 (1985) ; et
3. Soit retirée la mesure 1 (1996), qui n'est pas encore entrée en vigueur.
ANNEXE
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE
SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 138 LINNAEUS TERRACE, CHAÎNE ASGARD,
TERRE VICTORIA
1.
Description des valeurs à protéger
Linnaeus Terrace a été désignée à
l'origine dans la recommandation XIII-8 (1985) comme site présentant un intérêt
scientifique particulier n° 19 et ce, sur proposition des États-Unis d'Amérique
qui estimaient en effet que ce site était un des sites connus les plus riches en
communautés cryptoendolithiques colonisant le grès beacon. Les surfaces exposées
de ce grès constituent l'habitat de micro-organismes cryptoendolithiques qui
peuvent coloniser une zone allant jusqu'à 10 mm sous la surface des rochers. Le
grès se présente sous diverses formes de dégradation biologique et physique, et
porte des traces de fossiles ; de nombreuses formations rocheuses sont fragiles
et ainsi vulnérables aux perturbations et à la destruction conséquentes au
piétinement et à l'échantillonnage.
Il est avéré que les communautés cryptoendolithiques se développent sur des
périodes de plusieurs dizaines de milliers d'années, et les surfaces rocheuses
endommagées ne se recolonisent que lentement. Les excellents exemples de ces
colonies trouvées sur le site ont fait l'objet des premières descriptions
cryptoendolithiques détaillées qui aient jamais été effectuées. Linnaeus Terrace
doit donc être considérée comme un site type présentant des valeurs
scientifiques exceptionnelles liées à cet écosystème. Ces valeurs ainsi que la
vulnérabilité du site aux perturbations et aux destructions exigent que lui
conférée une protection particulière à long terme. Le plan de gestion a été mis
à jour pour y inclure des dispositions additionnelles destinées à réduire le
risque d'introduction de plantes, d'animaux ou de microbes non indigènes en
provenance d'autres sites antarctiques ou de régions extérieures à
l'Antarctique.
2. Buts et objectifs
Le plan de gestion de Linnaeus Terrace a pour buts et objectifs les suivants :
― éviter la dégradation des valeurs de la zone et les risques substantiels
qu'elles pourraient courir en empêchant les perturbations humaines inutiles à la
zone ;
― permettre des travaux de recherche scientifiques sur l'écosystème, en
particulier sur les communautés cryptoendolithiques tout en veillant à ce qu'il
soit protégé d'un échantillonnage excessif, de dommages aux formations rocheuses
fragiles ou d'autres impacts scientifiques éventuels ;
― permettre d'autres travaux de recherche scientifique sous réserve qu'ils ne
portent pas atteinte aux valeurs de la zone ;
― minimiser la possibilité d'introduction de plantes, d'animaux et de microbes
dans la zone ;
― permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à
l'appui des buts et objectifs du plan de gestion.
3. Activités de gestion
une copie de ce plan de gestion sera conservée en des endroits appropriés,
notamment à la station McMurdo et à la base Scott.
― des girouettes résistantes seront installées à proximité de l'aire
d'atterrissage réservée aux hélicoptères chaque fois qu'est prévu un certain
nombre d'atterrissages dans la zone pendant une saison donnée. Elles devront
être remplacées selon que de besoin et retirées lorsqu'elles ne sont plus
nécessaires.
― des balises de couleurs vives, parfaitement visibles des airs et ne posant
aucune menace significative pour l'environnement, seront installées pour baliser
l'aire d'atterrissage réservée aux hélicoptères.
― les bornes ou structures érigées à l'intérieur de la zone à des fins de
gestion ou à des fins scientifiques seront solidement attachées et maintenues en
bon état pour être ensuite enlevées lorsqu'elles ne sont plus nécessaires.
― les visites seront effectuées selon que de besoin (de préférence au moins une
fois tous les 5 ans) pour déterminer si la zone répond toujours aux objectifs
pour lesquels elle a été désignée veiller à ce que les mesures de gestion et
d'entretien sont adéquates.
― les programmes antarctiques nationaux dans la région se consulteront pour
veiller à ce que ces mesures soient appliquées.
4. Durée de la désignation
La zone est désignée pour une durée indéterminée.
5. Cartes et photographies
― Carte 1 : ZSPA n° 138, Linnaeus
Terrace, vallées Wright et Taylor Projection : conique conforme de Lambert ;
parallèles types : 1er 77° 30' S ; 2nd 77° 40' S ; méridien central : 161° 53' E
; latitude d'origine : 78° 00' S ; sphéroïde : WGS84 ; Datum : `aire de
campement' locale ; intervalle de contour : 250 m.
― Carte 2 : ZSPA n° 138, Linnaeus Terrace, topographie et ligne de démarcation.
Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 77° 35' S ;
2nd 77° 36' S ; méridien central : 161° 05' E ; latitude d'origine : 78° 00' S ;
sphéroïde et datum horizontal : WGS84 ; intervalle de contour : 5 m. Carte
dérivée d'une orthophotographie avec une précision estimée de position de 0,5 m.
― figure 1 : Illustration photographique de quelques formations rocheuses
fragiles et empreintes de fossiles trouvés à Linnaeus Terrace.
6. Description de la zone
6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
Linnaeus Terrace (161° 05 00'' E, 77°
35 50'' S) est un banc de grès beacon dégradé par les intempéries, d'environ 1,5
km de long sur 1 km de large à une altitude d'environ 1 600 m (Carte 1). Elle
est située à l'extrémité orientale de la chaîne Asgard, à 1,5 km au nord
d'Oliver Peak (161° 02 30'' E, 77° 36 40'' S, 2 410 m). La zone surplombe
l'embranchement sud de la vallée Wright et se trouve à 4 km environ de l'étang
Don Juan et à 10 km de l'extrémité du glacier supérieur de Wright (Carte 1) Les
limites de la zone et ses caractéristiques principales sont indiquées sur les
cartes et figures en annexe.
La limite (septentrionale) inférieure de la zone se caractérise par la présence
d'un affleurement constitué essentiellement de grès, d'environ 3 m de hauteur,
qui s'étend sur une grande partie de la longueur de la terrasse (Carte 2). La
limite inférieure de la zone est définie comme étant le bord supérieur de cet
affleurement et les lignes droites reliant les bords visibles où l'affleurement
est couvert par un talus de surface. La limite (méridionale) supérieure de la
zone se caractérise par une ligne d'affleurement de grès, d'environ 2 à 5 m de
hauteur, à une altitude située entre 1 660 et 1 700 m, et à 70 m environ
au-dessus de l'altitude moyenne de la terrasse. La limite supérieure de la zone
est définie comme étant le bord le plus élevé de cet affleurement et elle est
considéré comme étant une ligne droite entre les bords visibles où
l'affleurement est recouvert d'un talus de surface. L'extrémité occidentale de
la zone est définie comme étant l'endroit où la terrasse se rétrécit pour se
confondre avec un talus doléritique incliné, sur le versant nord-ouest de la
crête d'Oliver Peak. La limite occidentale s'incline fortement à partir de
l'endroit où l'affleurement supérieur disparaît, en suivant l'intersection du
talus doléritique et de la terrasse de grès, jusqu'au coin le plus occidental.
La limite orientale est définie comme étant le contour 1 615 m, qui suit de près
le bord d'un affleurement s'étendant sur une grande partie de la largeur de la
terrasse (Carte 2). Au coin le plus méridional de la zone, la terrasse se
confond avec les pentes en direction de la vallée vers l'est ; à partir de ce
point, la limite s'élève jusqu'au contour 1 700 m, d'où elle suit la ligne
affleurement marquant la limite méridionale.
A Linnaeus Terrace, la température hivernale de l'air est comprise entre ― 20 °C
et ― 45 °C, alors qu'en janvier la moyenne quotidienne est de ― 5 °C.
Les micro-organismes cryptoendolithiques colonisent généralement le grès beacon
poreux dont la taille moyenne d'agrégat varie de 0,2 à 0,5 mm. Ils privilégient
tout particulièrement les rochers teintés d'ocre ou de brun par les
oxyhydroxides contenant du Fe+3. Il est probable que la croûte siliceuse
d'environ 1 mm d'épaisseur, présente sur de nombreux rochers, facilite la
colonisation en stabilisant la surface et en réduisant l'érosion éolienne.
Trois des cinq communautés microbiennes cryptoendolithiques décrites à ce jour
(lichen-dominée, gloeocapsa-rouge et chroococcidiopsis) ont été trouvées à
Linnaeus Terrace. Linnaeus Terrace est le site type de l'Hemichloris, genre
d'algue verte endémique, et de l'Heterococcus endolithicus, espèce phycologique
xanthophycéenne endémique. La zone est inhabituelle dans la mesure où tant de
communautés endolithiques différentes, vivantes et fossiles, se trouvent dans
une zone de petite surface. Les principales caractéristiques physiques et
biologiques de ces communautés, ainsi que leur habitat, ont été décrits par
Friedmann,
E.I.
(ed) 1993 Antarctic Microbiology, Wiley-Liss, New York.
On trouve partout dans la zone des formations rocheuses dégradées comme des
empreintes fossiles dans du grès érodé et des bords rocheux bas fragiles (d'une
hauteur allant grosso modo de 10 cm jusqu'à 1 m).
Une petite zone (Carte 2) a été contaminée par le rejet de l'isotope radioactif
C14. Bien que cette contamination ne présente aucune menace sérieuse pour
l'homme ou pour l'environnement, tous les échantillons prélevés dans la zone
sont considérés comme étant impropres au travail scientifique utilisant les
techniques au C14.
6 ii) Zones restreintes à l'intérieur de la zone
Aucune.
6 iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone
Plusieurs rochers dans la zone servent de support à des petits instruments scientifiques et, à ce titre, ils ne doivent pas être dérangés.
6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone
Linnaeus Terrace se trouve à l'intérieur de la zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) n° 2, Vallées sèches de McMurdo. Dans cette zone, la caractéristique spéciale la plus proche est l'étang Don Juan dans la vallée supérieure de Wright. Les zones protégées les plus proches de Linnaeus Terrace sont les vallées Barwick et Balham (ZSPA n° 123), à 35 km au nord, et le glacier Canada (ZSPA n° 131), à 50 km à l'est (Carte 1).
7. Critères de délivrance d'un permis
L'entrée dans la zone est interdite
sauf avec un permis délivré par une autorité nationale compétente.
Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les
suivants :
― un permis est délivré uniquement pour faire l'étude scientifique de
l'écosystème cryptoendolithique ou pour répondre à un but scientifique ou de
gestion indispensable auquel il n'est pas possible de répondre ailleurs ;
― les actions autorisées ne porteront pas atteinte à la nature écologique ou aux
valeurs scientifiques de la zone ;
― toutes les activités de gestion sont menées à l'appui des objectifs du plan de
gestion ;
― le permis ou une copie conforme sera emporté à l'intérieur de la zone ;
― un rapport de visite sera remis à l'autorité désignée dans le permis ;
― les permis seront valables pour une durée donnée.
7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci
― l'accès à la zone est autorisé à pied
ou en hélicoptère. Aucune restriction spéciale ne s'applique aux itinéraires
permettant d'atteindre ou de quitter la zone ;
― les hélicoptères ne sont autorisés à se poser qu'à l'endroit prévu, situé à
l'extrémité occidentale de la terrasse (161° 04 29'' E, 77° 35 50'' S, altitude
1 610 mètres, carte 2), sauf autorisation expresse stipulée dans le permis ou
pour répondre à un objectif impérieux ayant trait au plan de gestion ou à la
recherche scientifique. L'utilisation de grenades fumigènes des hélicoptères
dans la zone est interdite à moins que cela ne s'avère absolument nécessaire
pour des raisons de sécurité ;
― lorsque des visiteurs autorisés sont transportés, les pilotes, équipages et
passagers en route par hélicoptère pour d'autres destinations ne sont pas
autorisés à s'éloigner à pied au-delà de la proximité immédiate des sites prévus
pour l'atterrissage et les campements, sauf autorisation expresse stipulée dans
le permis ;
― les véhicules terrestres sont interdits dans la zone ;
― les déplacements à l'intérieur de la zone doivent éviter d'endommager les
formations rocheuses fragiles. Il faut veiller à ne pas marcher sur des
empreintes fossiles (Figure 1) et les bords rocheux bas fragiles qui se brisent
facilement ;
― le trafic pédestre doit être limité au minimum nécessaire pour répondre aux
objectifs de toute activité autorisée ;

7 ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone, y compris les restrictions relatives à la durée et à l'endroit
― travaux de recherche scientifiques
qui ne porteront pas atteinte à l'écosystème de la zone ;
― activités de gestion essentielles, y compris la surveillance.
7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures
― aucune structure ne doit être érigée
dans la zone sauf si un permis l'autorise ;
― les structures permanentes sont interdites ;
― tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés
par le permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et
année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui
posent un risque minimal de contamination de la zone ;
― l'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis a expiré sera la
responsabilité de l'autorité qui a délivré le permis original et sera un critère
de délivrance du permis.
7 iv) Emplacement des camps
Les campements sont autorisés à l'intérieur de la zone mais uniquement à l'endroit désigné dans les environs immédiats de l'aire d'atterrissage des hélicoptères (Carte 2).
7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans
la zone
― afin d'éviter de porter atteinte à
l'écosystème microbien pour lequel le site est protégé, aucun animal, matériel
végétal ou micro-organisme ne doit être délibérément introduit dans la zone et
toutes les précautions d'usage énumérées ci-dessous seront prises contre les
introductions accidentelles ;
― pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques de la zone,
les visiteurs endront des précautions spéciales contre l'introduction d'animaux,
de matériel végétal ou de microorganismes. Sont un motif de préoccupation
particulier les introductions microbiennes et végétales en provenance des sols
d'autres sites antarctiques, y compris les stations, ou de régions extérieures à
l'Antarctique. Afin de minimiser le risque d'introductions, les visiteurs
doivent nettoyer à fond leurs chaussures et tout le matériel à utiliser dans la
zone ― en particulier le matériel d'échantillonnage et les marqueurs ― avant
d'entrer dans la zone ;
― aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone ;
― tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes
stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons
de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone une fois terminée
l'activité pour laquelle le permis a été délivré ou avant ;
― aliments, combustibles et autres matériels ne doivent pas être entreposés dans
la zone à moins qu'ils ne soient nécessaires à des fins essentielles liées à
l'activité pour laquelle le permis a été délivré ;
― tous les matériaux introduits le seront pour une période donnée uniquement,
ils seront enlevés à ou avant la conclusion de ladite période et ils seront
entreposés et gérés de manière à minimiser le risque de leur introduction dans
l'environnement ;
― si un rejet se produit qui risque de porter atteinte aux valeurs de la zone,
l'enlèvement est encouragé uniquement lorsque son impact n'est pas plus grand
que celui de la décision de laisser les matériaux in situ.
7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à
la faune et la flore
Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis distinct délivré en vertu de l'article 3 de l'annexe II par une autorité nationale appropriée.
7 vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la
zone par le détenteur du permis
― des matériaux peuvent être ramassés
ou enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au
minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de
gestion ;
― les matériaux d'origine humaine qui n'ont pas été apportés dans la zone par le
détenteur d'un permis mais qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la
zone peuvent être enlevés à moins que l'impact de leur enlèvement ne soit
vraisemblablement plus grand que celui de la décision de laisser les matériaux
in situ. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.
7 viii) Elimination des déchets
Tous les déchets, y compris tous les déchets humains, seront enlevés de la zone.
7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan
de gestion continuent à être atteints
― les visiteurs devront consulter et
appliquer selon qu'il conviendra le code de conduite général ainsi que les
Lignes directrices pour la conduite des recherches scientifiques élaborées à des
fins d'utilisation dans les Vallées sèches de McMurdo (ZGSA n° 2) ;
― tous les sites spécifiques faisant l'objet d'une surveillance de longue durée
devront être balisés de manière appropriée.
7 x) Rapports de visites
― les Parties au Traité doivent
s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet à
l'autorité compétente un rapport décrivant les activités entreprises. Ce rapport
doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du
rapport de visite (Appendice 4 de la résolution 2 (1998) du CPE I) ;
― les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de
l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des
activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec
suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de
gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux
ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir
accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée
et pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation
scientifique du site ;
― l'autorité appropriée doit être notifiée de toutes les activités et mesures
entreprises ainsi que de tous les matériaux déposés mais pas enlevés qui ne
figuraient pas dans le permis délivré.
M E S U R E 9 ( 2 0 0 8 )
ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 137, ÎLE
NORTHWEST WHITE, MCMURDO SOUND, PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la
désignation de zones spécialement gérées de l'Antarctique (« ZSPA ») et
l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant :
― la recommandation XIII-8 (1985), qui désignait l'île Northwest White, McMurdo
Sound, comme site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 18 et
à laquelle figurait en annexe un plan de gestion pour ce site ;
― la recommandation XVI-7 (1991), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n°
18 jusqu'en décembre 2001 ;
― la mesure 3 (2001), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 18 du mois
de décembre 2001 jusqu'au 31 décembre 2005 ;
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 18 en tant
que zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 137 ;
― la mesure 1 (2002), qui adoptait un plan de gestion révisé pour la ZSPA n°
137,
Notant que le comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de
gestion révisé pour la ZSPA n° 137,
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 137 par le
plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1) Soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de
l'Antarctique n° 137, île Northwest White, McMurdo Sound, qui figure en annexe à
la présente mesure ;
2) Cessent d'avoir effet tous les plans de gestion antérieurs pour la ZSPA n°
137, c'est-à-dire ceux qui figurent en annexe :
― à la recommandation XIII-8 (1985), et
― à la mesure 1 (2002).
A N N E X E
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT
PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 137
ÎLE NORTHWEST WHITE, McMURDO SOUND
1. Description des valeurs à protéger
Une zone de glace de banquise côtière
d'une superficie de 150 km² du côté nord-ouest de l'île White avait été désignée
à l'origine dans la recommandation XIII-8 (1985, SISP n° 18) sur proposition des
Etats-Unis d'Amérique qui estimaient en effet que cet endroit renferme une
population en reproduction inhabituelle de phoques de Weddell (Leptonychotes
weddellii) qui est la population connue la plus au sud et qui a été physiquement
isolée d'autres populations par la progression de la plate-forme de glace de
McMurdo et de celle de Ross (carte 1). Les lignes de démarcation initiales ont
été ajustées en 2002 (Mesure 1) et ce, à la lumière de nouvelles données
enregistrant la répartition spatiale des phoques sur les plates-formes de glace.
Dans le sud, la ligne de la zone a été déplacée vers le nord et vers l'est pour
exclure la région au nord du détroit de White où aucun phoque n'a été signalé.
Dans le nord, la zone a été élargie pour englober une partie additionnelle de la
plate-forme de glace de Ross afin d'assurer l'inclusion d'une plus grande partie
de la région dans laquelle les phoques peuvent être trouvés. En 2008, le plan de
gestion a été actualisé pour y inclure de récentes données de recensement sur la
colonie de phoques, ce qui a abouti à la révision de la ligne de
démarcation
afin d'inclure la partie de la plate-forme glaciaire de Ross où des phoques ont
été observés. La zone a aujourd'hui une superficie d'environ 142 km². Des
orientations additionnelles sur le survol et l'accès des aéronefs ont également
été incorporées dans le plan de gestion.
La colonie de phoques de Weddell semble incapable de s'installer dans une autre
zone en raison de la distance qui la sépare de l'océan à McMurdo Sound et, en
tant que telle, elle est extrêmement vulnérable aux impacts humains qui
pourraient survenir dans les environs. On ne croit pas qu'elle était présente au
début des années 1900 car les naturalistes qui, maintes fois, ont visité l'île
White durant les expéditions de Scott en 1902, 1903 et 1910 n'ont jamais fait
mention de phoques. Un effondrement glaciaire a eu lieu dans la région entre
1947 et 1956, et les deux premiers phoques ont été observés en 1958 à proximité
de l'extrémité nord-est de l'île (R. Garrott, communication personnelle 2007).
Des études menées toute l'année durant n'ont détecté aucune preuve de
l'immigration ou de l'émigration de phoques dont la population semble avoir
augmenté pour passer de 11 dans les années 60 à environ 25 à 30. Les phoques
n'ont pas la capacité de respiration nécessaire pour nager les 20 km les
séparant de l'océan et il n'y a qu'une seule archive d'un phoque de la colonie
qui a fait le voyage à la surface de la plate-forme de glace.
Les phoques ont accès à la mer en deçà de la plate-forme de glace à travers des
crevasses de pression que forment les mouvements marémoteurs des plates-formes
glaciaires de McMurdo et de Ross. Une seule crevasse demeure ouverte toute
l'année durant. Les phoques de Weddell à l'île de White ont en général une
taille moyenne plus grande et un poids moyen plus lourd que leurs homologues de
McMurdo Sound et tout porte à croire qu'ils plongent à une profondeur plus
basse. L'île Northwest White est un des rares sites où l'on sait que les phoques
de Weddell s'alimentent en dessous de la glace de banquise. Leur population est
considérée comme possédant une valeur scientifique exceptionnelle du fait de sa
période d'isolement physique de toute interaction avec d'autres phoques,
isolement qui pourrait atteindre une soixantaine d'années, et des études sont en
cours de la mesure dans laquelle le groupe peut être considéré comme étant une
population génétiquement distincte. Des techniques génétiques ont été utilisées
pour établir un pédigré complet de la population de l'île Northwest White, ce
qui vient corroborer la conclusion qu'il est fort probable que la colonie a vu
le jour il y a une soixantaine d'années comme en attestent les observations
historiques.
L'île Northwest White est relativement facile d'accès sur la glace de banquise
des stations de recherche américaine et néo-zélandaise à la pointe Hut, île de
Ross. En outre, une route d'accès balisée entre ces stations et l'île Black
passe dans un rayon d'environ 2 km de la zone (carte 1).
La zone doit faire l'objet d'une protection spéciale de longue durée en raison
de l'importance exceptionnelle de la colonie de phoques de Weddell, de ses
valeurs scientifiques remarquables et des possibilités de recherche qu'elle
offre, sans oublier sa vulnérabilité aux perturbations que pourraient lui causer
des activités scientifiques et logistiques menées dans la région.
2. Buts et objectifs
Le plan de gestion de l'île Northwest
White a pour buts les suivants :
― éviter la dégradation des valeurs de la zone et les risques substantiels
qu'elles pourraient courir en empêchant les perturbations nuisibles inutiles à
la zone ;
― permettre des travaux de recherche scientifiques sur l'écosystème, en
particulier sur les phoques de Weddell tout en veillant à ce qu'il soit protégé
de perturbations excessives ou d'autres impacts scientifiques possibles ;
― permettre d'autres travaux de recherche scientifique à condition qu'ils ne
portent pas atteinte aux valeurs de la zone ;
― minimiser la possibilité d'introduire des animaux et des microbes non
indigènes dans la zone ;
― permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à
l'appui des buts du plan de gestion.

3. Activités de gestion
― Des panneaux montrant l'emplacement
de la zone (énonçant les restrictions spéciales qui s'appliquent) seront
affichés bien en vue et une copie de ce plan de gestion sera disponible en des
endroits appropriés, en particulier à la station McMurdo, à la base Scott et
dans les installations de l'île Black.
― Les bornes, panneaux et structures érigés à l'intérieur de la zone à des fins
scientifiques ou à des fins de gestion seront solidement attachés, maintenus en
bon état et enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires.
― Des visites seront effectuées selon que de besoin (une fois au moins tous les
cinq ans) pour déterminer si la zone continue de répondre aux buts pour lesquels
elle a été désignée et pour s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien
sont adéquates.
― Les directeurs des programmes antarctiques nationaux en cours d'exécution dans
la région se livreront entre eux à des consultations pour veiller à ce que les
dispositions ci-dessus soient mises en œuvre.
4. Durée de la désignation
La zone est désignée pour une durée indéterminée.
5. Cartes et photographies
Carte 1 : île Northwest White, ZSPA n°
137, carte topographique. Spécifications de la carte : projection : conique
conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 78° 00' 00'' S ; 2e 78° 12' 00'' S
; méridien central : 167° 05' 00'' E ; latitude d'origine : 77° 30' 00'' S ;
sphéroïde : WGS84.
Encart 1 : région de la mer de Ross.
Encart 2 : région de l'île de Ross, principales caractéristiques et stations
avoisinantes.
Note : la carte 1 est dérivée de la base de données numérique antarctique
(version 5.0, SCAR, 2007). Ce cadre a été identifié comme ayant une position
inexacte dans la région de l'île de Ross/île White. Un contrôle au sol précis
disponible pour la péninsule de la pointe Hut a été utilisé pour ajuster la
position géographique du cadre d'environ + 240 m (direction x) et + 100 m
(direction y). On estime que ce changement améliore l'exactitude de la carte 1
mais le résultat obtenu n'est qu'une approximation. Les observations de phoques
faites par les systèmes de positionnement universel (GPS, dans WGS-84) indiquées
sur la carte 1 sont considérées exactes à hauteur d'environ 200 m de leurs
véritables positions.
6. Description de la zone
6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
L'île White, partie du complexe
volcanique McMurdo, se trouve à environ 20 km au sud-est du bord du plateau de
glace McMurdo et à 25 km au sud-est de la pointe Hut, emplacement de la station
McMurdo (Etats-Unis d'Amérique) et de la base Scott (Nouvelle-Zélande) sur l'île
de Ross (encart 2, carte 1). De forme plus ou moins triangulaire, l'île est
grosso modo longue de 30 km et large de 15 km à son maximum ; elle atteint en
plusieurs endroits une hauteur maximale de 762 m (carte 1). Les rives nord et
ouest de l'île descendent de manière abrupte, l'eau atteignant des profondeurs
de 600 m dans un rayon de 5 km de l'île. Celle-ci est principalement couverte de
neige, la plupart des affleurements rocheux se trouvant dans le nord, et elle
est complètement entourée par de la glace permanente (d'une épaisseur allant de
10 m à 100 m) des plateaux glaciaires de McMurdo et de Ross.
L'île Black se trouve à 2,5 km à l'ouest de l'île White, séparée qu'elle en est
par la glace de banquise du détroit de White. Les points d'entrée et de sortie
GPS pour la route d'accès de McMurdo à l'île sont 78° 12' 00'' de latitude sud,
166° 50' 00'' de longitude est et 78° 14' 17'' de latitude sud et 166° 45' 30''
de longitude est respectivement.
Le déplacement vers l'ouest de la plate-forme de glace McMurdo est le plus
prononcé à l'extrémité nord de l'île White et le déplacement de glace qui
s'éloigne de la côte nord-ouest garantit la présence toute l'année durant d'eau
dans les crevasses que contient la plate-forme en cet endroit. La population des
phoques de Weddell utilise ces crevasses pour accéder à l'eau de mer et aux
aires d'alimentation sous la glace de banquise et elle habite et se reproduit
dans la région à environ 5 km de ses positions. Les crevasses se produisent
parallèlement à la côte de l'île White et dans un rayon de quelques centaines de
mètres de cette côte, s'étendant de manière intermittente le long de la côte
pour aller de l'extrémité nord de l'île jusqu'à 15 km vers le sud.
La zone comprend 142 km² de glace de banquise et des crevasses d'eau libre aussi
bien dans la plate-forme de Ross que dans celle de McMurdo jusqu'à 5 km au large
au nord-est, nord et ouest de la côte de l'île White. La ligne de démarcation
nord-est s'étend de la côte nord-est du cap Spencer-Smith (167° 32' 42'' E, 78°
00' 43'' S) à 5 km vers l'est jusqu'au 167° 46' 37'' E, 78° 00' 43'' S. Elle
s'étend ensuite vers le nord-ouest et suit une ligne parallèle jusqu'à la côte
et sur 5 km de celle-ci, autour du cap Spencer Smith pour ensuite se diriger en
sud-ouest vers 167° 00' 00'' de longitude est et 78° 05' 00'' de latitude sud,
après quoi elle continue vers le sud sur 7,8 km jusqu'à 167° 00' 00'' E, 78° 09'
12'' S, puis sur 1,5 km est vers l'affleurement rocheux le plus significatif sur
la côte ouest de l'île White (167° 05' 00'' E, 78° 09' 12'' S). La ligne de
démarcation s'étend ensuite vers le nord, suivant le littoral autour du cap
Spencer Smith jusqu'à la limite nord-est de la zone. La côte de l'île White se
caractérise par un changement de la pente de surface où survient la transition
entre la plate-forme de glace flottante et la terre ; la transition est en
certains endroits progressive et imprécise, la position exacte de la côte
n'étant en effet pas connue avec précision. C'est pour cette raison que la ligne
de démarcation côtière (en général est) est censée suivre le littoral comme en
atteste une augmentation de la hauteur de surface vers la terre de deux mètres
au-dessus de la hauteur moyenne de la plate-forme de glace adjacente de McMurdo.
D'après les estimations, la population des phoques de Weddell en 1991 tournait
autour de 25 à 30 animaux. Une étude faite en 1981 a estimé qu'il y en avait une
« trentaine » tandis que des études faites en 1991 ont elles estimé que 26
phoques avaient plus d'un an. Depuis 1991, 17 femelles différentes ont mis à bas
des bébés phoques sur l'île White. Entre 2003 et 2007, onze femelles ont été
aperçues dans l'île dont six seulement ont eu une progéniture. Entre deux et
quatre nouveau-nés vivants ont été enregistrés entre 1963 et 1968, en 1981 et en
1991. Les recensements annuels effectués depuis 1991 ont permis de répertorier
entre quatre et dix nouveau-nés de 1991 à 2 000 mais entre deux et quatre chaque
année de 2000 à 2007. Le taux de mortalité des nouveau-nés est élevé à cause
sans doute du croisement tandis que le taux de natalité est faible par rapport à
celui de la population dans la baie d'Erebus.
Les phoques sont physiquement isolés par la barrière de glace de banquise et ils
sont dans l'incapacité de nager sous la glace les 20 km qui les séparent des
eaux libres de McMurdo Sound. On a estimé que les phoques de Weddell sont
capables de nager sur une distance d'environ 4,6 km (2,5 milles marins) en
respirant une seule fois. L'isolement manifeste de la colonie est confirmé par
les données d'examen des marques figurant sur les phoques de Weddell à McMurdo
Sound où, sur plus de 100 000 observations en l'espace de 20 ans, aucun phoque
marqué de l'île White n'a été observé à McMurdo Sound.
Ces données semblent indiquer que les phoques à l'île White ne parcourent en
général pas la distance de 20 km qui les sépare de l'océan sur la surface de
glace de banquise. Toutefois, il y a au moins une archive d'un jeune phoque de
la colonie de l'île White qui a fait le voyage jusqu'à l'aérodrome Williams
proche de la station McMurdo station (G. Kooyman, communication personnelle,
2007).
Les femelles adultes commencent à faire leur apparition sur la glace de banquise
au début du mois de novembre, soit un mois plus tard que dans les autres aires
de reproduction de la partie australe de la mer de Ross. Elles donnent le jour à
l'extrémité nord-ouest de l'île, période durant laquelle on peut trouver des
sous-adultes et des adultes qui ne se reproduisent pas à quelque 15 km au
sud-ouest de l'île près de crevasses ouvertes du côté occidental de l'île. Il
n'y a pas à cette époque-là de mâles adultes sur la glace de mer car ils restent
dans l'eau pour y établir leurs territoires et les défendre. Les femelles
demeurent sur la glace jusqu'au sevrage des nouveau-nés vers l'âge de 6 à 8
semaines. Après le mois de décembre, adultes et sous-adultes se mélangent dans
l'aire de reproduction et le long des crevasses qui se sont formées dans le coin
nord-ouest de l'île.
On pense que si, durant les mois d'hiver, les phoques restent dans l'eau, c'est
en raison de l'état dur de la surface. Les températures à la surface peuvent en
effet tomber à pas moins de 60 °C et les spécialistes sont d'avis que les
phoques passent une grande partie de leur temps à maintenir ouvert un trou d'air
dans les fissures. Cela est considéré comme l'un des principaux facteurs qui
limitent la taille de la population, les nouveaux-nés et les sous-adultes étant
probablement exclus de l'utilisation des trous limités de respiration par les
adultes qui les dominent et qui sont plus agressifs. Certains nouveaux-nés
peuvent être dans l'impossibilité de conserver leurs propres trous de
respiration et risquent d'être bloqués à la surface de la glace si les phoques
dominants ne leur permettent pas d'entrer dans l'eau.
Des études ont laissé entrevoir que les phoques de Weddell ont à l'île White un
régime alimentaire similaire à celui de leurs homologues à McMurdo Sound. Des
études d'otolithes de poisson prélevés sur des échantillons de matières fécales
de phoques de Weddell ont révélé un régime alimentaire composé essentiellement
de bocasses Pleuragramma antarcticum mais également de poissons issus du genre
Trematomus. On pense que le reste du régime alimentaire des phoques de Weddell
se compose d'invertébrés ainsi que d'un céphalode appartenant à la famille des
mastogoteuthidées. On a constaté que la consommation de ces derniers était
beaucoup plus élevée chez les phoques à l'île White que chez ceux vivant à
McMurdo Sound.
D'autres aspects de la physiologie et du comportement des phoques à l'île White
semblent être différents de ceux des populations avoisinantes à McMurdo Sound et
à la baie de Terra Nova. Les phoques à l'île White semblent en effet être
beaucoup plus gras, leur poids enregistré pouvant atteindre 686 kg contre pas
plus de
500
kg à McMurdo Sound ou dans la baie de Terra Nova. Une étude faite en 1991 a
révélé que les femelles adultes y avaient en moyenne une taille considérablement
plus longue qu'à McMurdo Sound et que les jeunes phoques à l'île White ont
d'après les observations des taux de croissance plus rapides que leurs
homologues à McMurdo. Les profondeurs d'immersion à l'île White sont en moyenne
moins grandes qu'à McMurdo Sound.
6 ii) Zones restreintes et gérées à l'intérieur de la zone
Aucune.
6 iii) Structures à l'intérieur et près de la zone
Il n'y a aucune structure à l'intérieur ou près de la zone.
6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone
Les zones protégées les plus proches de l'île Northwest White se trouvent sur l'île de Ross. Les hauteurs Arrival (ZSPA n° 122) adjacentes à la station McMurdo et à la cabane Discovery (ZSPA n° 158) sur la péninsule de la pointe Hut en sont les plus proches à 20 km au nord, le cap Evans (ZSPA n° 155) et le cap Royds (ZSPA n° 121) se trouvent à 47 et 55 km au nord respectivement, et Tramway Ridge (ZSPA n° 130) près du sommet du mont Erebus se trouve pour sa part à 60 km au nord.
7. Critères de délivrance d'un permis
L'accès à la zone est interdit sauf si
un permis est délivré par les autorités nationales compétentes. Les conditions
de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
― un permis est délivré pour faire l'étude scientifique de l'écosystème des
phoques de Weddell ou pour répondre à des buts scientifiques ou des buts de
gestion conformes aux objectifs du plan tels qu'une inspection ou une révision ;
― les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs écologiques ou
scientifiques de la zone ;
― les activités de gestion sont exécutées à l'appui des objectifs du plan de
gestion ;
― les actions autorisées le sont en conformité avec le plan de gestion ;
― le permis, ou une copie, sera emporté à l'intérieur de la zone ;
― un rapport de visite sera remis à l'autorité désignée dans le permis ;
― les permis doivent être délivrés pour une durée donnée.
7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci
― L'accès à la zone peut se faire à
pied, en véhicule ou en aéronef.
― L'atterrissage des aéronefs et les survols à moins de 750 m à l'intérieur de
la zone sont normalement interdits sans un permis. Lors de leur approche et à
leur départ, les aéronefs doivent éviter de survoler le littoral de l'île White
et les crevasses de marée dans la zone où l'on trouve le plus couramment les
phoques. Les aéronefs ne doivent pas atterrir à moins de 300 m des phoques
lorsque ceux-ci peuvent être vus de l'air et ils atterriront à 300 m au moins du
littoral de l'île et des crevasses de marée lorsque les phoques ne sont pas
visibles.
― L'utilisation de grenades fumigènes pour hélicoptères est interdite à moins
que cela ne soit absolument nécessaire pour des raisons de sécurité et toutes
les grenades doivent être récupérées.
― Il est vivement découragé aux conducteurs de véhicules de s'approcher à moins
de 50 m des phoques et les approches à une distance plus proche de ces animaux
doivent se faire à pied. La circulation des véhicules et des piétons doit être
maintenue au minimum nécessaire compatible avec les objectifs des activités
autorisées.
7 ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone, y compris les
restrictions relatives à la durée et à l'endroit
Les activités qui peuvent être menées à
l'intérieur de la zone comprennent les suivantes :
― travaux de recherche scientifiques qui ne porteront pas atteinte à
l'écosystème de la zone ;
― activités de gestion essentielles, y compris la surveillance.
7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures
― Aucune structure ne doit être érigée
dans la zone sauf si un permis l'autorise.
― Tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés
par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et
année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui
posent un risque minimal de contamination de la zone.
― L'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis a expiré sera de la
responsabilité de l'autorité qui a délivré le permis original et il sera l'un
des critères de délivrance du permis.
7 iv) Emplacement des camps
Les camps permanents sont interdits à l'intérieur de la zone. Les camps temporaires y sont en revanche autorisés. Il n'y a pas de restrictions particulières à l'installation en un endroit précis d'un camp temporaire à l'intérieur de la zone encore que les sites retenus doivent se trouver à plus de 200 m des crevasses de la plate-forme glaciaire qu'occupent les phoques sauf si un permis délivré à cette fin l'autorise lorsque cela est jugé nécessaire pour répondre à des buts de recherche spécifiques.

7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans
la zone
― Aucun animal vivant, aucune matière
végétale et aucun micro-organisme ne seront introduits délibérément dans la zone
et des mesures de précaution seront prises pour la protéger d'une introduction
accidentelle. Constituent une préoccupation particulière les introductions de
microbes et de virus en provenance d'autres populations de phoques. Pour
minimiser le risque de telles introductions, les visiteurs veilleront à ce que
les dispositifs de mesure, le matériel d'échantillonnage ou les balises à
utiliser dans la zone sont propres avant d'entrer dans la zone.
― Aucun herbicide ou pesticide ne sera introduit dans la zone.
― Tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes
stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons
de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone à ou avant la
conclusion de l'activité pour laquelle le permis a été délivré.
― Du combustible ne doit pas être entreposé dans la zone sauf s'il est
nécessaire à des fins essentielles liées à l'activité pour laquelle le permis a
été délivré.
― Tous les matériaux introduits dans la zone le seront pour une période donnée
uniquement, ils seront enlevés à ou avant la conclusion de ladite période, et
ils seront stockés et gérés de telle sorte que le risque de leur introduction
dans l'environnement soit minimisé.
7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à
la faune et la flore
Le prélèvement de végétaux et la
capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont
interdits, sauf avec un permis distinct délivré conformément à l'article 3 de
l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de
l'environnement par l'autorité nationale compétente uniquement à cette fin.
7 vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la
zone par le détenteur du permis
Des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un
permis et ils doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des
besoins scientifiques ou des besoins de gestion. Les matériaux d'origine humaine
qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la zone et qui n'ont pas été
apportés dans la zone par le détenteur d'un permis ou pour lesquels une
autorisation n'a pas été donnée, peuvent être enlevés à moins que l'impact de
leur enlèvement ne soit vraisemblablement plus grand que celui de la décision de
laisser les matériaux sur place. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit
en être notifiée.
7 viii) Elimination des déchets
Tous les déchets seront enlevés de la zone.
7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan
de gestion continuent à être atteints
― Tous les sites spécifiques qui
doivent faire l'objet d'une surveillance de longue durée doivent être bien
balisés.
― L'utilisation d'explosifs est interdite à l'intérieur de la zone.
7 x) Rapports de visites
Les Parties doivent s'assurer que le
principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un
rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ce rapport doit inclure,
s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de
visite suggéré par le Comité scientifique pour la recherche en Antarctique.
Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange
annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées
par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails
pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties
doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces
rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de
maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée et pour
réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du
site.
M E S U R E 6 ( 2 0 0 8 )
ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 123 VALLÉES BARWICK ET BALHAM,
TERRE SOUTHERN VICTORIA, PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du protocole au traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la
désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et
l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Rappelant :
― la recommandation VIII-4 (1975), qui désignait la vallée Barwick, Terre
Victoria, comme site présentant un intérêt particulier (« SISP ») n° 3 et à
laquelle figurait en annexe un plan de gestion pour ce site ;
― la recommandation X-6 (1979), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 3
du 30 juin 1981 jusqu'au 30 juin 1985 ;
― la recommandation XII-5 (1983), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n°
3 du 30 juin 1985 jusqu'au 30 décembre 1985 ;
― la recommandation XIII-7 (1985), qui prorogeait la date d'expiration du SISP
n° 3 du 31 décembre 1985 jusqu'au 31 décembre 1995 ;
― la résolution 7 (1995), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 3 du 31
décembre 1995 jusqu'au 31 décembre 2000 ;
― la mesure 2 (2000), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 3 du 31
décembre 2000 jusqu'au 31 décembre 2005 ;
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 3 en tant que
zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 123 ;
― la mesure 1 (2002), qui adoptait un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 123
;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de
gestion révisé pour la ZSPA n° 123 ;
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 123 par le
plan de gestion révisé ;
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du protocole au traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. Soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de
l'Antarctique n° 123, vallées Barwick et Balham, Terre South Victoria, qui
figure en annexe à la présente mesure ; et
2. Cessent d'avoir effet tous les plans de gestion antérieurs pour la ZSPA n°
123, c'est-à-dire ceux qui figurent en annexe à la :
― recommandation VIII-4 (1975) ; et
― mesure 1 (2002).
M E S U R E 6
A N N E X E
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE
SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 123
Vallées Barwick et Balham, Terre Southern Victoria
1. Description des valeurs à protéger
Une zone de 325 km² dans la vallée
Barwick, y compris une partie de la vallée Balham qui y est adjacente, avait à
l'origine été désignée dans la recommandation VIII-4 (1975, SISP n° 3) sur
proposition des Etats-Unis d'Amérique qui estimaient, en effet, que cette zone
était « l'une des vallées sèches les moins perturbées et polluées de Terre
Victoria Land » et qu'elle était importante comme zone de référence en fonction
de laquelle on peut mesurer l'évolution d'écosystèmes comparables d'autres
vallées sèches où des recherches scientifiques étaient régulièrement exécutées.
Le site reste éloigné des stations et il n'a pas été l'objet de maintes visites
et de nombreux travaux de recherche. La vallée Barwick a été visitée pour la
première fois en 1958 et plusieurs expéditions y ont ensuite été effectuées dans
le années 1960 jusqu'en 1975, après quoi les visites ont été rares du fait de sa
désignation comme site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP).
Bien que quelques impacts humains de ces premières expéditions aient été
visibles en 1993-1994 à l'intérieur de la région, on pense que les vallées
Barwick et Balham demeurent une des zones les moins affectées de la région
antarctique des vallées sèches de Terre Victoria.
Les lignes de démarcation de la zone originelle ont été élargies en 2002 (mesure
1) pour y inclure une partie additionnelle du bassin versant de la vallée Balham
et rationalisées pour en exclure le bassin versant du glacier supérieur Victoria
qui se trouvait auparavant à l'intérieur de la zone, ce qui donne au total une
superficie de 480 km². Le plan de gestion actuel a été mis à jour pour y
incorporer des dispositions additionnelles en vue de réduire le risque
d'introduction de microbes et de végétation dans d'autres sites de l'Antarctique
ou en provenance de régions extérieures à ce continent.
Les vallées sèches de Terre Victoria ont un écosystème désertique polaire unique
en son genre et extrême. La zone renferme des exemples d'une grande variété
des
environnements trouvés dans cet écosystème, y compris des pavements de
déflation, des dunes de sable, des sols bigarrés, des caractéristiques
glaciaires et des moraines, des cours d'eau, des lacs d'eau douce et d'eau
saline, des vallées et des terres libres de glace à haute altitude. Quelques-uns
des meilleurs exemples de pavements éolisés et de dolérites d'altération se
trouvent sur le sols de la vallée avec des exemples de lichens chasmolithiques,
de communautés stratifiées de lichens endolithiques, de champignons, d'algues et
de bactéries apparentées, sans oublier des populations de microflore pédologique
et lacustre. La protection spéciale conférée à la zone donne l'occasion de
conserver un exemple relativement vierge de cet écosystème qui servira de base
de référence future. La protection sur la base d'un bassin versant sert à
fournir une plus grande représentation des caractéristiques de l'écosystème et
facilite par ailleurs la gestion de la zone en tant que système écologique
intégré et géographiquement distinct. Les grandes valeurs écologiques ainsi que
les valeurs scientifiques et esthétiques, et l'état sauvage de la nature, issus
qu'ils sont de l'isolement et du niveau relativement bas de l'impact humain,
sont d'importantes raisons pour accorder une protection spéciale aux vallées
Barwick et Balham.
2. Buts et objectifs
Le plan de gestion des vallées Barwick et Balham a pour buts et objectifs les suivants :
II. ― MESURES
― Eviter la dégradation des valeurs de
la zone et les risques substantiels qu'elles pourraient courir en empêchant les
perturbations humaines inutiles dans la zone.
― Protéger l'écosystème naturel comme une zone de référence qui est demeurée en
grande partie non perturbée par des activités humaines directes.
― Permettre des travaux de recherche scientifique sur l'écosystème naturel et
l'environnement physique dans la zone sous réserve que ces travaux soient
effectués pour répondre à des buts essentiels auxquels il n'est pas possible de
répondre ailleurs.
― Minimiser les perturbations humaines dans la zone en y empêchant un
échantillonnage inutile.
― Minimiser la possibilité d'introduire des plantes, des animaux et des microbes
non indigènes dans la zone.
― Permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à
l'appui de la protection des valeurs et des caractéristiques de la zone.
3. Activités de gestion
― Des copies du présent plan de
gestion, y compris des cartes, seront conservées dans les principales
installations de recherche des cabanes à l'intérieur de la zone, de même qu'à la
station McMurdo et à la base Scott.
― Des visites seront effectuées s'il y a lieu pour déterminer si la zone
continue de répondre aux buts pour lesquels elle a été désignée et pour
s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
― Les directeurs des programmes antarctiques nationaux en cours d'exécution dans
la région se livreront entre eux à des consultations pour veiller à ce que les
dispositions ci-dessus soient mises en œuvre.
4. Durée de la désignation
La zone est désignée pour une durée indéterminée.
5. Cartes
Carte 1 : ZSPA n° 123, vallées Barwick
et Balham, topographie et ligne de démarcation.
Spécifications de la carte. Projection : conique conforme de Lambert ;
parallèles types : 1er 77° 15 ' S ; 2° 77° 25 ' S ; méridien central : 161° 10 '
E ; latitude d'origine : 78° 00 ' S ; sphéroïde : WGS84 (approximation) ; datum
: « Zone de campement » local.
Encart 1 : région de la mer de Ross, montrant l'emplacement des vallées sèches
de McMurdo, et encart 2.
Encart 2 : vallées sèches de McMurdo et île de Ross, montrant l'emplacement de
la station McMurdo (Etats-Unis d'Amérique) et base Scott (Nouvelle-Zélande),
zone gérée spéciale de l'Antarctique, vallées sèches de McMurdo (ZGSA n° 2), et
l'emplacement d'autres zones spécialement protégées de l'Antarctique dans les
vallées sèches de McMurdo (ZSPA n° 131, glacier Canada, et ZSPA n° 138, Linnaeus
Terrace).
6. Description de la zone
6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
La vallée Barwick (161° E, 77° 20 ' S)
est située à environ 65 km à l'intérieur des terres de la côte de Terre South
Victoria dans la mer de Ross (carte 1 et encarts). La zone comprend les vallées
Barwick et Balham ainsi que leurs bassins hydrographiques correspondants et elle
est limitée au sud, à l'est et au nord par la vallée McKelvey, le Willet Range
et la ligne de partage entre les vallées Victoria et Barwick respectivement.
La ligne de démarcation de la zone s'étend de son extrémité est dans la vallée
inférieure de Barwick (autour de la confluence des vallées Barwick, Victoria et
McKelvey) sur plusieurs kilomètres au sud vers la crête allant en sud-ouest
jusqu'au sommet du mont Insel (1 345 m) d'où elle suit les points élevés de la
crête d'Insel Range sur 5 km avant de descendre jusqu'à une dépression entre les
vallées McKelvey et Balham à l'endroit où se trouve le lac Bullseye. La ligne de
démarcation traverse le lac avant de grimper la crête jusqu'à un point plus
élevé sur Insel Range (environ 1 250 m) pour ensuite continuer vers les cours
supérieurs de la vallée Balham. Au fur et à mesure que le terrain devient plus
doux dans la partie supérieure de la vallée Balham et à environ 7 km à l'est du
sommet de la montagne Shapeless (2 736 m), la ligne de démarcation se propulse
vers le nord à une altitude d'environ 1 800 m vers les pics Apocalyse. La ligne
de démarcation s'étend en nord-ouest des pics Apocalypse sur environ 9 km vers
une crête saillante qui mène au sommet du mont Bastion (2 477 m, 160° 29' E, 77°
19' S). Cette crête est suivie vers le nord jusqu'au pic Skew (2 535 m, 160° 41'
E, 77° 13'30' S), situé à la tête de la vallée Barwick. La ligne descend ensuite
le long de la crête est du pic Skew au-dessus du glacier Webb avant de suivre la
limite du bassin versant plus au sud vers Parker Mesa. De Parker Mesa, la ligne
de démarcation descend plus encore pour suivre la crête qui sépare les bassins
versants du glacier supérieur Victoria et de la vallée Barwick. La ligne de
démarcation s'étend vers l'est le long de cette crête sur 13 km jusqu'au pic
Sponsors (1 454 m, 161° 24' E, 77° 18' S). Elle descend la crête sud-ouest du
pic Sponsors et du pic Nickell (sur environ 1 400 m) jusqu'à la partie
inférieure de la vallée Barwick pour atteindre l'extrémité est de la zone,
laquelle se trouve à environ 4 km au nord-est du lac Vida, vallée Victoria.
Un vaste névé au sud du pic Skew alimente le glacier Webb dans la partie
supérieure de la vallée Barwick. Dans la réalité, très peu de glace du plateau
polaire s'écoule au-dessus de l'escarpement dans la vallée Barwick, car des
vecteurs d'écoulement et débris couvrent des motifs sur le glacier Webb en cet
endroit, montrant que cette partie du glacier est quasiment stationnaire. Les
vallées Barwick et Balham fusionnent dans la partie sud-est de la zone ; à 9 km
de là, la vallée Barwick rejoint la vallée Victoria. Une série de lacs occupe la
vallée Barwick, le plus grand étant le lac Webb (d'une hauteur d'environ 650 m)
à la bosse du glacier Webb. Le lac Vashka (d'une hauteur d'environ 507 m), qui
remplit en partie une dépression circulaire inhabituellement profonde, est le
deuxième lac le plus grand et il est situé à 5,7 km en bas de vallée du lac
Webb. Le lac Hourglass (d'une hauteur d'environ 625 m), le troisième lac le plus
grand, se trouve à mi-chemin entre le lac Webb et le lac Vashka. Un cours d'eau
intermittent reliant cette série de lacs prend fin au lac Vashka, qui a un
niveau bien en-dessous de son seuil de débordement. Un premier examen des
surfaces lisses des lacs Webb et Vashka semble indiquer que ce sont deux lacs de
« blocs de glace » qui ne contiennent aucune eau liquide en quantité
significative. Il n'empêche que l'on a observé en décembre 1993 de l'eau liquide
sur plusieurs mètres de profondeur au périmètre du lac Vashka. Aucune étude des
caractéristiques physiques d'un des lacs de la vallée Barwick n'a été faite
récemment. Le lac Balham, un petit lac situé dans une dépression (hauteur ¸ 700
m) en dessous des pics Apocalypse, est le seul lac dans la vallée Balham (en
général à une hauteur d'environ 800 m).
De multiples glaciations, principalement entre 13 Ma et 3,5 Ma d'années, ont
créé dans le temps une épaisse moraine sur le sol des deux vallées. Ces dépôts
sont mantelés par des plaques de solifluxion à, la tête de la vallée Balham. En
outre, les vallées ont un petit nombre de lacs d'eau douce et d'eau saline sur
les surfaces de dérive. Dans de nombreux cas, les lacs se sont évaporés pour
donner le jour à de vastes gisements de sel. Les parois des vallées Barwick et
Balham affichent des vestiges de bancs glaciaires à une altitude d'environ 800 m
et de 1 200 à 1 500 m. Les sols proches du lac Vashka consistent en des débris
de moraine issus en grande partie de dolérites et de grès, mais granites, gneiss
et schiste représentent pas moins de 35 % des roches localement. L'altération
est souvent indiquée par des colorations d'un rouge foncé attribuables à
l'oxydation de composés de fer, normalement minés par du sable d'impulsion du
côté exposé au vent des pierres. Le sol des vallées est amplement recouvert d'un
terrain bigarré de polygones à fentes ensablées, typiques des zones de
pergélisol dans les vallées sèches. La plupart sont vieux (centrés en hauteur),
de jeunes polygones (centrés sur des cavités) ayant été découverts dans de
récents canaux de cours d'eau et les uns comme les autres sont normalement
larges de 20 m.
Aucun invertébré n'a été trouvé dans les sols arides de la vallée Barwick où il
n'y a guère de végétation visible. Croûtes et tapis algaires bordent les lacs et
les cours d'eau, mais la flore déclarée est essentiellement de nature
microbienne. Des lichens chasmolithiques sont présents dans des éboulis
irréguliers de Apocalypse Range et on trouve de temps à autre dans le grès de
Beacon des communautés stratifiées denses de lichens endolithiques, de
champignons, d'algues et de bactéries apparentées. On signale une croissance
marquée de lichens noirs dans des aires de grès sur le sol de la vallée Balham.
Des populations bactériennes hétérophiques considérables ont été signalées dans
des échantillons de sable de la vallée Barwick. La population contenait des
fermenteurs du lactose, des réducteurs des nitrates, des agents de fixation de
l'azote, des levures et des algues, mais aucun champignon ou protozoaire
filamenteux détectable. Les vallées Barwick et Balham sont certes l'une des
zones les plus éloignées des vallées sèches mais on sait que des labbes de
l'Antarctique (Catharacta maccormicki) la visitent, quelque 40 carcasses ayant
été trouvées au lac Vashka en 1959-1960. On a également découvert les carcasses
momifiées de deux phoques à proximité de la bosse du glacier Webb et sept
autres, essentiellement de phoques crabiers (Lobodon carcinophagus), l'ont été
près de l'intersection des vallées Balhamet et Barwick. L'inspection de ces deux
vallées en décembre 1993 du lac Bullseye au lac Vashka a révélé des traces
d'activité humaine dans le passé, en particulier autour du lac Vashka où des
camps ont été utilisés dans les années 1960 à des fins de recherche
scientifique. Des impacts ont été observés dans les environs du lac Vashka, y
compris des cercles de pierre pour l'implantation de tentes à de vieux sites de
campement, des fosses d'observation et une tranchée, les vestiges d'une caisse
enbois, une boîte en bois contenant des roches et une affiche en papier ainsi
qu'une cache brisée d'aliments en partie submergée dans le lac. Des poteaux de
bambou se trouvent à proximité de la bosse du glacier Webb et à Vashka Crag. Des
charges de dynamite ont été utilisées dans les environs du lac Vashka et en un
endroit inconnu au moins de la vallée Barwick. La remise en état du site a été
faite en 1995-1996 par une équipe néo-zélandaise. De récentes visites n'ont
découvert aucune preuve d'activités ou de perturbations humaines.

6 ii) Zones restreintes et gérées à l'intérieur de la zone
Aucune.
6 iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone
Aucune.
6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone
Les vallées Barwick et Balham se trouvent dans la zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) n° 2, vallées sèches de McMurdo. A l'intérieur de cette ZGSA, les caractéristiques particulières les plus proches comprennent la dune de sable dans la vallée inférieure Victoria, Argo Gully, Boulder Pavement et Prospect Mesa dans la vallée Wright et l'étang Don Juan dans la vallée supérieure Wright. Les zones protégées les plus proches des vallées Barwick et Balham sont Linnaeus Terrace (ZSPA n° 138) à 35 km au sud dans la vallée Wright et le glacier Canada (ZSPA n° 131) à 50 km au sud-est dans la vallée Taylor (encart 2, carte 1).
7. Critères de délivrance d'un permis
L'accès à la zone est interdit sauf si
un permis est délivré par une autorité nationale compétente. Les conditions de
délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
― un permis est délivré pour répondre à des buts scientifiques essentiels
auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs ou pour des buts de gestion
essentiels qui sont conformes aux objectifs du plan comme une inspection ou une
révision ;
― les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs physiques,
écologiques, scientifiques ou esthétiques, et à l'état naturel de la zone ni à
la valeur vierge de la zone et de son potentiel comme site de référence en
grande partie non perturbé ;
― toutes les activités de gestion sont menées à l'appui du plan de gestion ;
― les actions autorisées le sont conformément au plan de gestion ;
― le permis ou une copie sera emporté à l'intérieur de la zone ;
― un rapport ou des rapports seront remis à l'autorité ou aux autorités
désignées dans le permis ;
― les permis doivent être valables pour une durée donnée.
7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci
― l'accès à la zone et les déplacements
à l'intérieur de celle-ci se feront à pied. Les véhicules y sont interdits ;
― l'atterrissage d'aéronefs et les survols en dessous de 750 m sont interdits à
l'intérieur de la zone sauf pour répondre à des buts scientifiques ou à des buts
de gestion qui ont été spécifiquement autorisés par un permis ;
― l'utilisation de grenades fumigènes est interdite à l'intérieur de la zone et
elle est découragée dans un rayon de 1 km autour de celle-ci ;
― aucune restriction particulière ne s'applique aux routes aériennes ou
terrestres utilisées pour entrer dans la zone et pour s'en retirer. Les
scientifiques sont encouragés à entrer dans la zone en un point pratique le plus
proche de leur site d'étude afin de minimiser la superficie de la zone traversée
;
― les routes pour piétons doivent éviter les lacs, les étangs, les lits de cours
d'eau, les surfaces de sol humide et les aires de sédiments doux et de dunes ;
― la circulation piétonnière doit être maintenue au minimum nécessaire
compatible avec les objectifs des activités autorisées et tout doit être mis en
œuvre pour en minimiser les effets.
7 ii) Activités pouvant être menées dans la zone
Les activités qui peuvent être menées
dans la zone sont les suivantes :
― travaux de recherche scientifique qui ne porteront pas atteinte aux valeurs
scientifiques ou écosystémiques de la zone ou à sa valeur comme zone vierge et
site potentiel de référence et qui ne peuvent pas être effectués ailleurs ;
― activités de gestion essentielles, y compris celles de surveillance.
7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures
― aucune structure ne doit être érigée
dans la zone sauf si un permis l'autorise ;
― les structures permanentes sont interdites ;
― tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés
par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et
année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui
posent un risque minimal de contamination de la zone ;
― l'enlèvement du matériel spécifique pour lequel le permis a expiré relèvera de
l'autorité qui a délivré le permis originel et il sera l'un des critères de
délivrance de ce permis.
7 iv) Emplacement des camps
Il faut en général éviter de camper à l'intérieur de la zone. Deux sites se trouvant à l'extérieur mais proches des lignes de démarcation est et sud ont été identifiés pour entrer dans la zone. Le premier est situé au confluent des vallées inférieures Barwick et Victoria (161° 41 15'' E, 77° 21 45'' S) tandis que le second est proche du lac Bullseye dans la vallée McKelvey (161° 13 08'' E, 77° 25 40'' S) (carte 1). S'il est jugé indispensable, le campement dans la zone doit se faire en des sites qui ont été antérieurement affectés, de préférence sur de la terre couverte de neige ou de glace s'il y en a. Les chercheurs doivent consulter l'autorité nationale compétente pour obtenir des informations à jour sur tous les sites où il serait préférable d'installer un camp.
7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans
la zone
― aucun animal vivant, aucune matière
végétale et aucun micro-organisme ne seront introduits délibérément dans la zone
et les précautions énumérées ci-dessous doivent être prises contre les
introductions accidentelles ;
― pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques de l'isolement
et du niveau relativement bas de l'impact humain dans la zone, les visiteurs
prendront des précautions particulières contre les introductions d'animaux, de
matériel végétal et de micro-organismes. Constituent un motif spécial de
préoccupation les introductions de microbes et de végétation de sols en d'autres
sites antarctiques, y compris les stations, ou de régions extérieures au
continent antarctique. Pour en minimiser le risque, les visiteurs nettoieront à
fond leurs chaussures et tous les matériels qui seront utilisés dans la zone ―
en particulier le matériel d'échantillonnage et les repères ― avant d'y accéder
;
― pour réduire le risque de contamination par des microbes, les surfaces
exposées des chaussures, du matériel d'échantillonnage et des repères devront
être, dans toute la mesure du possible, stérilisées avant d'être utilisées à
l'intérieur de la zone. La stérilisation devrait se faire au moyen d'une méthode
acceptable qui consiste, par exemple, à les nettoyer avec une solution d'éthanol
à 70 % dans de l'eau ou avec une solution disponible dans le commerce comme le «
Virkon » ;
― aucun herbicide ou pesticide ne sera introduit dans la zone ;
― tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes
stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou des
raisons de gestion visées dans le permis seront enlevés de la zone à ou avant la
fin de l'activité pour laquelle le permis a été délivré ;
― du combustible ne doit pas être introduit dans la zone à moins qu'une
autorisation spécifique pour le faire ait été donnée au moyen d'un permis à des
fins scientifiques particulières ou à des fins de gestion ;
― tous les matériaux introduits dans la zone le seront pour une période donnée
uniquement, ils seront enlevés à ou avant la conclusion de ladite période, et
ils seront stockés et gérés de telle sorte que le risque de leur introduction
dans l'environnement soit minimisé ;
― si un rejet a lieu qui risque de porter atteinte aux valeurs de la zone, il
est conseillé de l'enlever mais uniquement là où l'impact de son enlèvement ne
sera pas plus grand que celui de la décision de le laisser in situ.
7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à
la faune et la flore
Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis distinct délivré conformément à l'article 3 de l'annexe II du protocole au traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement par l'autorité nationale compétente uniquement à cette fin.
7
vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la
zone par un visiteur
― des matériaux peuvent être ramassés
ou enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au
minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de
gestion. Des permis ne seront pas délivrés si l'on craint à juste titre que
l'échantillonnage proposé ne prélève, enlève ou endommage de telles quantités de
sol, de flore ou de faune indigènes que leur distribution ou abondance à
l'intérieur de la zone ne soit considérablement affectée ;
― les matériaux d'origine humaine qui risquent de porter atteinte aux valeurs de
la zone et qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur d'un permis
ou pour lesquels une autorisation n'a pas été donnée peuvent être enlevés à
moins que l'impact de leur enlèvement ne soit vraisemblablement plus grand que
celui de la décision de laisser les matériaux sur place. Si tel est le cas,
l'autorité compétente doit en être notifiée.
7 viii) Elimination des déchets
Tous les déchets, y compris les eaux utilisées à des fins humaines et tous les déchets humains, seront enlevés de la zone. Les personnes ou les groupes se muniront de récipients appropriés pour y déposer les déchets humains et les eaux insalubres de telle sorte qu'ils puissent être transportés et enlevés sans danger de la zone.
7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints
― les visiteurs consulteront et
appliqueront selon qu'il conviendra le code de conduite global et les lignes
directrices pour la conduite des travaux de recherche scientifique élaborés aux
fins de leur utilisation à l'intérieur des vallées sèches de McMurdo (ZGSA n° 2)
;
― tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de
longue durée doivent être bien balisés.
7 x) Rapports de visites
― les parties doivent s'assurer que le
principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un
rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ce rapport doit inclure,
s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de
visite que renferme l'appendice 4 de la résolution 2 (1998) (CPE I) ;
― les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de
l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des
activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec
suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de
gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux
ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir
accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée
et pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation
scientifique du site ;
― l'autorité appropriée devra être notifiée des activités entreprises ou des
mesures prises ainsi que des matériaux rejetés et non enlevés qui ne figuraient
pas dans le permis autorisé.
M E S U R E 1 4 ( 2 0 0 8 )
ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE
L'ANTARCTIQUE N° 161 BAIE DE TERRA NOVA, MER DE ROSS PLAN DE GESTION RÉVISÉ
(ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la
désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et
l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant la mesure 2 (2003) qui désignait la baie de Terra Nova, mer de Ross,
comme la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 161 et en annexe de
laquelle figurait un plan de gestion pour le site,
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de
gestion révisé pour la ZSPA n° 161,
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 161 par le
plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de
l'Antarctique n° 161, baie de Terra Nova, mer de Ross, qui figure en annexe à la
présente mesure ;
2. cesse d'avoir effet le plan de gestion pour la ZSPA n° 161 qui figure en
annexe à la mesure 2 (2003).
A N N E X E
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 161
BAIE DE TERRA NOVA, MER DE ROSS
1. Description des valeurs à protéger
L'Italie propose qu'une zone marine
côtière d'une superficie de 29,4 km² située entre l'anse Adélie et la baie
Tethys, baie de Terra Nova, soit désignée en tant que zone spécialement protégée
de l'Antarctique (ZSPA) parce qu'elle est une zone côtière importante pour y
faire des études scientifiques solides et de longue durée. La zone est limitée à
une bande étroite d'eau qui s'étend sur environ 9,4 km de long immédiatement au
sud de la station Mario Zucchelli et jusqu'à un maximum de 7 km à partir du
littoral. Aucune capture de faune et de flore marines n'a eu lieu, n'est en
cours ou n'est envisagée à l'intérieur de la zone ou dans les environs
immédiats. Le site demeure normalement libre de glace durant l'été, ce qui est
rare pour les zones côtières dans la région de la mer de Ross et en fait un site
idéal et accessible pour les travaux de recherche dans les communautés
benthiques proches de la côte de la région. De vastes travaux de recherche
écologique marine ont été effectués depuis 1986-87 dans la baie de Terra Nova,
contribuant pour beaucoup à notre compréhension de ces communautés qui n'avaient
pas été bien décrites précédemment.
La
grande diversité au niveau des espèces comme à celui des communautés donne à
cette zone une valeur écologique et scientifique notable. Les études ont révélé
la présence d'une gamme complexe d'assemblages d'espèces qui souvent coexistent
sous la forme de mosaïques (Cattaneo-Vietti, 1991 ; Sarà et al., 1992 ; Cattaneo-Vietti
et al., 1997 ; 2000b ; 2000c ; Gambi et al., 1997 ; Cantone et al., 2000). Il
existe des assemblages dotés d'une grande abondance d'espèces et d'un
fonctionnement complexe tels que les communautés d'éponges et d'anthozoaires,
assemblages au côté desquels on trouve des assemblages à faible diversité et mal
structurés. De plus, les communautés d'éponges et d'anthozoaires dans la baie de
Terra Nova font état d'une structure unique en son genre et des transects à long
terme ont été mis en place pour surveiller les changements dont sont l'objet les
communautés benthiques côtières, aussi bien naturelles que provoquées par
l'homme.
La présence d'une population de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) à l'anse
Adélie permet de faire une évaluation des effets de cette colonie sur le milieu
marin adjacent (Povero et al., 2001).
Il est important de protéger autant que faire se peut la zone des impacts
humains directs de telle sorte qu'elle puisse être utilisée pour surveiller les
impacts potentiels résultant d'activités conduites à la station scientifique
permanente avoisinante de la baie de Terra Nova (Mauri et al., 1990 ; Berkman &
Nigro, 1992 ; Focardi et al., 1993 ; Minganti et al., 1995 ; Bruni et al., 1997
; Nonnis Marzano et al., 2000). Les grandes valeurs écologiques et scientifiques
émanant de la variété d'espèces et d'assemblages, en particulier au moyen de la
collecte de vastes données sur ces caractéristiques, ainsi que la vulnérabilité
de la zone aux perturbations causées par la pollution, un échantillonnage
excessif et l'introduction d'espèces non indigènes sont telles que la zone
nécessite une protection spéciale à long terme.
2. Buts et objectifs
Le plan de gestion de la baie de Terra
Nova a pour buts les suivants :
― éviter la dégradation des valeurs de la zone et les risques substantiels
qu'elles pourraient courir en empêchant les perturbations humaines inutiles à la
zone ;
― permettre des travaux de recherche scientifiques sur l'écosystème, en
particulier sur les assemblages d'espèces marines tout en veillant à ce qu'il
soit protégé d'un échantillonnage excessif ou d'autres impacts scientifiques
éventuels ;
― permettre d'autres travaux de recherche scientifique et activités de soutien à
condition qu'ils répondent à des buts indispensables auxquels il n'est pas
possible de répondre ailleurs ;
― conserver des sites de surveillance de longue durée pour évaluer les
changements naturels dans les communautés marines ;
― surveiller les effets de la station de recherche et de ses activités connexes
sur l'écosystème marin ;
― minimiser la possibilité d'introduire des animaux et des microbes non
indigènes dans la zone ;
― permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à
l'appui des buts du plan de gestion.
3. Activités de gestion
Les activités de gestion suivantes
doivent être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :
― une carte montrant l'emplacement de la zone (énonçant les restrictions
particulières qui s'y appliquent) sera affichée bien en vue et une copie du plan
de gestion sera conservée à la station Mario Zucchelli (Italie) ;
― un panneau illustrant l'emplacement et les lignes de démarcation, accompagné
d'énoncés précis sur les restrictions imposées à l'accès de la zone, sera
installé en un endroit bien en vue à la station Mario Zucchelli ;
― des bouées ou autres repères et structures érigés à des fins scientifiques ou
à des fins de gestion seront solidement attachés et maintenus en bon état puis
enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires ;
― des visites seront faites selon que de besoin pour déterminer si la zone
continue de répondre aux buts pour lesquels elle a été désignée et si les
mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
4. Période de désignation
La zone est désignée pour une durée indéterminée.
5. Cartes et photographies
Carte 1 : Baie de Terra Nova, zone
spécialement protégée de l'Antarctique n° 161, carte bathymétrique.
Spécifications de la carte : Projection : zone UTM 58S ; sphéroïde : WGS84.
L'intervalle des contours bathymétriques est de 50 m. Contours du territoire et
côte issus d'une spatiocarte à une échelle de 1/50 000 des contreforts du Nord (Frezzotti
et al. 2001). La bathymétrie à l'intérieur de la ZSPA vient de données à haute
résolution obtenues par sonar à balayage latéral étudiées par Kvitek en 2002. La
bathymétrie à l'extérieur de la ZSPA a été fournie par l'Office hydrographique
italien 2000. Les données marines ont été collectées dans le cadre du projet de
la zone marine protégée de la baie de Terra Nova (PNRA1999-2001).
Encart 1 : Emplacement de la baie de Terra Nova dans l'Antarctique.
Encart 2 : Carte de l'emplacement de la baie de Terra Nova, qui montre la région
couverte par la carte 1, les stations et les sites des zones protégées
avoisinantes.
6. Description de la zone
6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
La zone désignée est située dans la
baie de Terra Nova, entre la coulée du glacier Campbell Glacier et la coulée
Drygalski, terre Victoria. Elle est confinée à une étroite bande d'eaux côtières
jusqu'au sud de la station Mario Zucchelli (Italie), s'étendant sur environ 9,4
km de long et en général dans un rayon de 1,5 à 7 km du littoral ; elle couvre
une superficie de 29,4 km² (Carte 1). Aucune capture de flore et de faune
marines n'a eu lieu, n'est en cours ou n'est envisagée à l'intérieur de la zone
pas plus que dans les environs immédiats.
La ligne de démarcation occidentale de la zone est définie comme étant la laisse
moyenne de haute mer le long du littoral qui s'étend entre 74° 42 50'' de
latitude sud dans le nord (2,3 km au sud de la station Mario Zucchelli) et 74°
48 00'' de longitude sud dans le sud (côte sud de l'Anse Adélie) et elle inclut
la zone intercotidale (Carte 1). La ligne de démarcation nord de la zone est
définie comme étant la ligne de latitude 74° 42 57'' S, s'étendant de la côte à
1,55 kilomètres vers l'est jusqu'à la ligne de longitude 164° 10 00'' E. La
position de la ligne de démarcation peut être reconnue près de la côte par la
présence d'un grand rocher très particulier dans l'anse la plus au nord sur la
côte au sud de la station Mario Zucchelli, caractéristique unique en son genre
sur cette étendue de côte. La ligne de démarcation sud est définie comme étant
la ligne de latitude 74° 48 00'' S qui s'étend de la côte sur 3,63 kilomètres
vers l'est jusqu'à la ligne de longitude 164° 10 00'' E. La position de la ligne
de démarcation peut être reconnue visuellement comme se trouvant à la côte sud
de l'embouchure de l'anse Adélie, immédiatement au sud d'un affleurement rocheux
marqué au pied des falaises côtières. La ligne de démarcation est de la zone est
définie comme étant la ligne de longitude 164° 10 00'' E qui s'étend entre 74°
42 57'' de latitude sud dans le nord et 74° 48 00'' de longitude sud dans le
sud.
Le littoral de la baie de Terra Nova se caractérise essentiellement par des
falaises rocheuses, de grands rochers formant des `plages' occasionnelles (Simeoli
et al., 1989). Dans les aires abritées, le fond meuble commence à une profondeur
de 20 à 30 m. L'amplitude de la marée va de 1,5 à 2 m et une banquise d'environ
2 à 2,5 m d'épaisseur couvre la surface de la mer pendant 9 à 10 mois par an (Stocchino
& Lusetti, 1988 ; 1990). Des données disponibles pour l'été, il ressort que les
courants océaniques dans la zone sont vraisemblablement lents et qu'ils se
déplacent en général dans un sens nord-sud. Le long du littoral de la zone, il y
a deux anses principales : l'anse Adélie, la plus grande des deux, dans le sud ;
et une anse plus petite située à environ 3 km au nord. Le substrat du fond marin
de la plus petite se compose de cailloux de différentes tailles alors que celui
de l'anse Adélie se caractérise par des sédiments boueux à grains fins. Une
colonie de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) vit sur l'anse Adélie, sa
population en 1991 atteignant quelque 7 899 couples reproducteurs.
A l'extérieur des anses, les caractéristiques du fond marin et les assemblages
d'espèces benthiques sont relativement homogènes tout le long du littoral de la
zone et on a constaté qu'ils varient plus particulièrement avec la déclivité
verticale.
Une étude aérienne d'espèces de cétacés, réalisée durant l'été 2004 dans la zone
côtière entourant la station italienne Mario Zucchelli, a révélé la présence
d'orques (Orcinus orca (L.)) des types B et C et de petits rorquals (Balaenoptera
bonaerensis Burmeister). (Lauriano et al., 2007a ; 2007b ; Lauriano,
communication personnelle).
Le fond marin à l'intérieur de la zone se compose principalement de roches
granitiques avec des substrats plus meubles de sables ou graviers à grains
grossiers. Dans la zone supralittorale, seules les cyanobactéries et les
diatomées colonisent les substrats durs tandis que la zone intercotidale (d'une
largeur de 1,5 à 2 m) a, dans la plupart des zones abritées, une couverture
élevée d'algues vertes Urospora penicilliformis et Prasiola crispa (Cormaci et
al., 1992b). En dessous de la zone intercotidale, à une profondeur de 2 à 3 m,
la communauté est très pauvre du fait de la présence chronique et de l'action de
chasse des banquises et elle se compose essentiellement de diatomées
épilithiques et du crustacé amphipode Paramoera walkeri. Immédiatement en
dessous, les roches peuvent être pleinement colonisées par l'algue rouge Iridaea
cordata (Cormaci et al., 1996) fréquemment trouvée avec Plocamium cartilagineum
à une profondeur de 12 m (Gambi et al., 1994 ; 2000a). A ce niveau, on peut voir
de temps à autre de grands animaux sessiles comme Alcyonium antarcticum et
Urticinopsis antarctica alors que fréquents sont l'astéroïde Odontaster validus
et l'échinoïde Sterechinus neumayeri. Phyllophora antarctica est une autre algue
rouge qui forme de vastes tapis à une profondeur de 12 à 25 m, souvent
pleinement colonisés par des organismes sessiles, principalement des hydroïdes (Cerrano
et al., 2000c, Puce et al., 2002), des serpulides et des bryozoaires (Celleporella
antarctica et Harpecia spinosissima). Les ceintures d'origine algaire
supérieures représentent un abri et une source d'aliments pour les communautés
diversifiées et abondantes de faune mobile. De nombreux invertébrés comme le
polychaète Harmothoe brevipalpa, le mollusque Laevilittorina antarctica, le
crustacé amphipode Paramoera walkeri et l'isopode Nototanais dimorphus
s'alimentent de ces espèces d'algues et ils peuvent être très abondants. Sur les
fonds rocheux dans les couches plus profondes, la colonisation d'algues est
remplacée par une algue corallienne crustose calcaire (Clathromorphum
lemoineanum) dont s'alimentent les oursins.
Les fonds meubles d'une profondeur de 20 à 40 m se composent de sables et
graviers grossiers où la communauté se caractérise par le mollusque bivalve
Laternula elliptica et le polychaète Aglaophamus ornatus (Nephtiidae). On trouve
en abondance le bivalve Yoldia eightsi dans les sédiments de sable fin.
Entre 30 à 70 m, le substrat devient plus fin et il est complètement colonisé
par le bivalve Adamussium colbecki dont les coquilles sont colonisées par une
microcommunauté se composant essentiellement de forams, de bryozoaires (Aimulosia
antarctica, Arachnopusia decipiens, Ellisina antarctica, Micropora brevissima)
et du polychaète spirorbide Paralaeospira levinsenii. (Albertelli et al. 1998) ;
Ansell et al. 1998) ; Chiantore et al. 1998 ; 2000 ; 2001 ; 2002 ; Vacchi et
al., 2000a ; Cerran° et al., (2001 a) ; 2001 b). Dans cette région, de grands
prédateurs tels que le gastropode Neobuccinum eatoni et le nemertéan Parborlasia
corrugatus sont fréquents. L'échinoïde Sterechinus neumayeri et l'étoile de mer
Odontaster validus sont encore très fréquents à toutes les profondeurs sur les
substrats et durs et meubles (Chiantore et al., 2002 ; Cerrano et al., 2000 b).
A une profondeur allant de 70 à 75 m jusqu'à 120-130 m, des substrats
hétérogènes permettent à des communautés de fond dur et meuble de coexister. Sur
les affleurements rocheux épars, les algues crustoses disparaissent et les
communautés benthiques sont dominées par des zoobenthos sessiles. Cet assemblage
filtreur diversifié se caractérise principalement par des éponges et des
anthozoaires alors que, dans les sédiments meubles, ce sont les polychaètes et
les bivalves détritivores qui dominent. Au nombre des éponges qui peuvent
atteindre des valeurs de biomasse très élevées, Axociella nidificata, Calyx
arcuarius, Gellius rudis, Phorbas glaberrima, Tedania charcoti, sont très
abondantes (Sarà et al., 1992 ; 2002 ; Gaino et al., 1992 ; Cattaneo-Vietti et
al., 1996 ; 2000c ; Bavestrello et al., 2000 ; Cerrano et al., 2000 a). De
nombreux invertébrés constituent un élément important de cet assemblage qui se
développe à des profondeurs allant de 120 à 140 m. Ils comprennent le polychaète
épibionte Barrukia cristata sur des gorgonians Thouarellides, des crustacés
peracarides, les pycnogonides, les mollusques opisthobranches (Austrodoris
kerguelenensis, Tritoniella belli) (Sarà et al., 1992 ; 2002 ; Gain° et al.,
1992 ; Cattaneo-Vietti et al., 1996 ; 2000c ; Bavestrello et al., 2000 ; Cerrano
et al., 2000a) ainsi que les bivalves, les ophiuroïdes et les holothuroïdes, les
bryozoaires et les endobiontes. Les tapis de spicules d'éponge trouvés à ces
profondeurs mettent en relief le rôle important joué par les éponges dans cette
zone, en dehors du rôle joué par les diatomées, dans la détermination de la
texture des sédiments et de la teneur en silice. Dominée par des polychaètes et
par le bivalve Limatula hodgsoni, une communauté particulière peut être associée
à ces tapis.
En dessous de 130 m, les substrats durs deviennent très épars et sont
essentiellement colonisés par le polychaète Serpula narconensis (Schiaparelli et
al., 2000) et par plusieurs bryozoaires (Arachnopusia decipiens, Ellisina
antarctica, Flustra angusta, F. vulgaris et Isoschizoporella similis).
Les fonds boueux dominants se caractérisent quant à eux par des polychaètes
tubicoles (Gambi et al, 2000b), principalement des Spiophanes. Beaucoup plus
bas, à une profondeur d'environ 150 à 200 m, des brachiopodes et diverses
espèces de bivalves caractérisent l'environnement sur de petits graviers ainsi
que sur le fond meuble (Cattaneo-Vietti et al., 2000 b). La grande hétérogénéité
de ces substrats contribue à la création de communautés qui se caractérisent par
l'abondance, la diversité et la biomasse d'espèces.
Enfin, l'assemblage de faune de la zone comprend les poissons notothénioides,
représentés qu'ils sont en particulier par les espèces du groupe Trematomus, y
compris T. bernacchi, T. pennelli, T. hansoni et T. loennbergii. Ces poissons
jouent un rôle important dans les toiles d'aliments benthiques en tant que
consommateurs de nombreuses espèces d'invertébrés, principalement des crustacés
et des polychaètes (Vacchi et al., 1991 ; 1992 ; 1994 a ; 1994 b ; 1995 ; 1997 ;
2000 b ; La Mesa et al., 1996 ; 1997 ; 2000 ; Guglielmo et al. [1998]).
La glace en plaques qui fait son apparition dans la baie de Terra Nova au début
du printemps abrite comme on l'a constaté un important élevage de calandre
antarctique (Pleuragramma antarcticum), un organisme clé de l'écologie des
réseaux trophiques en Antarctique (La Mesa et al., 2004 ; Vacchi et al., 2004).
Le milieu dans lequel survient ce type de glace a de fortes caractéristiques
prooxydantes au début du printemps austral et la réaction prononcée des défenses
antioxydantes représente une stratégie fondamentale pour P. antarcticum (Regoli
et al., 2005 b). Le défi prooxydant élevé auquel ces organismes sont de par leur
nature adaptés influence également la sensibilité de P. antarcticum aux produits
chimiques prooxidants d'origine anthropique (Regoli et al., 2005 b).
Le métabolisme oxyradical et les défenses antioxydantes jouent un rôle
fondamental dans plusieurs invertébrés marins, poissons et manchots de la baie
de Terra Nova, représentant d'importantes stratégies contraires lorsqu'il s'agit
de conditions environnementales extrêmes, de fluctuations saisonnières marquées
de facteurs biotiques et abiotiques, de relations de symbiose, de
caractéristiques physiologiques spécifiques, de protection à long terme de
macromolécules
biologiques
et de vieillissement (Regoli et al., 1997 a, b ; 2000 a, b, 2002, 2004 ;
Corsolini et al., 2001 ; Cerrano et al., 2004).
La sensibilité au stress oxydatif revêt elle aussi une valeur particulière pour
la surveillance de l'impact des activités humaines et les réponses cellulaires
aux polluants se sont caractérisées dans des organismes antarctiques clés par la
création d'une vaste panoplie de biomarqueurs sensibles aux perturbations
biologiques (Focardi et al., 1995 ; Regoli et al., 1998 ; Jimenez et al., 1999 ;
Regoli et al., 2005a ; Benedetti et al., 2005, 2007 ; Canapa et al., 2007 ; Di
Bello et al., 2007). Pour le moment, rien ne prouve qu'il y a des zones polluées
dans la baie de Terra Nova mais les organismes sont exposés à une
biodisponibilité de par nature élevée de cadmium qui cause des concentrations de
tissus en général de dix à cinquante fois plus élevées que celles qui sont
typiques d'espèces tempérées (Mauri et al., 1990 ; Nigro et al., 1992, 1997 ;
Canapa et al., 2007). Bien que des niveaux élevés de cet élément ne causent pas
des effets négatifs directs sur les organismes, les caractéristiques
environnementales de la baie de Terra Nova influent sur la réaction de ces
organismes à d'autres produits chimiques, ce qui a d'importantes conséquences
pour la surveillance de l'impact des pressions anthropiques ou des déversements
accidentels (Regoli et al., 2005a). Il sied de noter en particulier qu'un niveau
élevé de cadmium dans la baie de Terra Nova module la bioaccumulation et le
métabolisme des hydrocarbures aromatiques polycycliques ainsi que des
xénobiotiques organochlorés dans les organismes marins locaux, ce qui semble
indiquer que l'exposition chronique à cet élément a des effets endocrins (Regoli
et al., 2005a ; Benedetti et al., 2007 ; Canapa et al., 2007).
On estime que les impacts humains à l'intérieur de la zone sont minimes et
limités à ceux qui émanent de la station proche de la baie de Terra Nova ainsi
qu'à ceux des travaux scientifiques effectués dans la zone. La station peut
héberger quelque 80 personnes ; elle a des installations pour les opérations
d'hélicoptère et un quai pour le mouillage de petits bateaux. Le combustible
utilisé à la station est un diesel de pétrole léger, stocké dans trois cuves
d'acier à double paroi dont la capacité totale est de 1,8 million de litres. Il
est transporté tous les ans à la station à bord du navire de ravitaillement soit
au moyen de tuyaux acheminés à travers la glace de mer soit au moyen de barges
lorsqu'il n'y a pas de glace de mer. Purifiées par une installation biologique,
les eaux noires de la station sont rejetées à la mer dans le voisinage immédiat
de la station du côté est de la péninsule sur laquelle la station est située, à
2,3 km de la ligne de démarcation nord de la zone. Les déchets de combustible
générés à la station sont incinérés et la fumée qui se dégage est lavée et
filtrée avec de l'eau. Cette eau est acheminée vers la centrale d'épuration des
eaux usées à des intervalles qui varient selon l'utilisation qui est faite de
l'incinérateur. Une installation de surveillance atmosphérique (appelée
localement « Campo Icaro ») est située à environ 650 m au nord de la ligne de
démarcation nord de la zone et à 150 m de la côte : aucun déchet n'en est
rejeté. Un navire de soutien logistique visite à intervalles réguliers pendant
l'été la station Mario Zucchelli. Ceux-ci jettent en général l'ancre au large
des côtes à plusieurs kilomètres au nord de la zone.
6 ii) Zones restreintes à l'intérieur de la zone
Aucune.
6 iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone
Il n'y a pas de structures à l'intérieur de la zone. La structure la plus proche est l'installation de surveillance atmosphérique (connue localement sous le nom de « Campo Icaro »), à 650 m au nord de la ligne de démarcation nord de la zone tandis que la station Mario Zucchelli (74° 41 42'' de latitude sud, 164° 07 23'' de longitude est) est située sur une petite péninsule sur la côte adjacente à la baie Tethys, à 1,65 km en plus vers le nord.
6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone
La ZSPA n° 118, sommet du mont Melbourne, est un site terrestre qui se trouve à 45 km au nord-est, seule autre zone protégée à proximité directe de la zone.
7. Critères de délivrance d'un permis
L'entrée dans la zone est interdite
sauf si un permis a été délivré par une autorité nationale compétente.
Les conditions qui régissent la délivrance d'un permis sont les suivantes :
― un permis est délivré pour faire l'étude scientifique du milieu marin dans la
zone ou pour répondre à d'autres buts scientifiques auxquels il n'est pas
possible de répondre ailleurs ;
― un permis est délivré pour répondre à des buts de gestion essentiels conformes
aux objectifs du plan comme l'inspection, l'entretien ou la révision ;
― les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs de la zone ;
― toutes les actions de gestion le sont à l'appui des objectifs du plan de
gestion ;
― les actions autorisées le sont en conformité avec le plan de gestion ;
― le permis ou une copie autorisée sera emporté à l'intérieur de la zone ;
― un rapport de visite sera remis à l'autorité désignée dans le permis ;
― les permis seront valables pour une durée donnée.

7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci
L'accès à la zone peut se faire par mer, par terre, au-dessus de la glace de mer ou par air. Il n'y a pas de restrictions particulières aux voies d'accès et aux déplacements à l'intérieur de la zone encore que les déplacements doivent être maintenus au minimum nécessaire compatible avec les objectifs des activités autorisées et tout doit être mis en œuvre pour en minimiser les perturbations. Il est interdit de jeter l'ancre à l'intérieur de la zone. Il n'y a aucune restriction aux survols à l'intérieur de la zone et les aéronefs peuvent atterrir avec un permis lorsque l'état de la glace de mer le permet. Il est interdit aux équipages des navires ou des petites embarcations, ou aux autres personnes naviguant sur des navires ou des petites embarcations, de se déplacer au-delà du voisinage immédiat de leur navire à moins qu'ils ne soient autorisés à le faire avec un permis.
7 ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone, y compris les
restrictions relatives à la durée et à l'endroit
― travaux de recherche scientifiques ou
activités opérationnelles indispensables qui ne porteront pas atteinte aux
valeurs de la zone ;
― activités de gestion essentielles, y compris la surveillance ;
― les activités qui font intervenir le chalutage, le traînage, la préhension, le
dragage ou le déploiement de filets à l'intérieur de la zone doivent être
réalisées avec grand soin en raison de la vulnérabilité des riches communautés
de fond aux perturbations. Avant qu'un permis ne soit délivré pour ces
activités, il sied de prendre soigneusement en considération l'impact qu'elles
pourraient avoir sur l'écosystème placé sous protection spéciale par rapport aux
avantages scientifiques ou avantages de gestion prévus, compte devant être
dûment tenu d'autres méthodes d'échantillonnage plus sélectives et moins
effractives ;
― l'autorité compétente doit être notifiée de toutes les activités et mesures
entreprises qui n'ont pas été incluses dans le permis délivré.
7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures
Aucune structure ne doit être érigée et aucun appareil scientifique ne doit être installé à l'intérieur de la zone sauf si un permis l'autorise. Tous les repères, structures ou matériels scientifiques installés dans la zone doivent être clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui posent un risque minimal de contamination de la zone. L'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis a expiré sera un des critères régissant la délivrance du permis. Les installations permanentes sont interdites.
7 iv) Emplacement des camps
Aucun à l'intérieur de la zone. Un camp a de temps à autre été installé sur la plage à l'anse Adélie.
7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans
la zone
Aucun animal vivant, aucune matière
végétale, aucun agent pathogène et aucun micro-organisme ne seront introduits
délibérément dans la zone. Aucun produit de la volaille, y compris les produits
alimentaires contenant des œufs en poudre non cuits, ne sera introduit dans la
zone. Aucun herbicide ou pesticide ne sera introduit dans la zone. Tous autres
produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui
peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion
visées dans le permis, seront utilisés en quantités minimum nécessaires pour
répondre au but de l'activité pour laquelle le permis a été délivré.
L'utilisation de ces produits chimiques se fera en tenant dûment compte des
valeurs de la zone. Tous les matériaux seront stockés et gérés de manière à
minimiser le risque de leur introduction accidentelle dans l'environnement.
Lorsque cela s'avère possible, les matériaux introduits le seront pour une
période donnée uniquement et ils seront enlevés à ou avant la conclusion de
ladite période. Si un rejet se produit qui risque de porter atteinte aux valeurs
de la zone, l'enlèvement est encouragé uniquement lorsque son impact n'est pas
plus grand que celui de la décision de laisser les matériaux in situ. L'autorité
appropriée doit être notifiée de tous les matériaux qui n'ont pas été inclus
dans le permis autorisé.
7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à
la faune et la flore
Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis délivré conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Dans le cas du prélèvement ou de perturbations nuisibles d'animaux, le code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique (SCAR Code of Conduct for the Use of Animals for Scientific Purposes in Antarctica) doit être utilisé comme une norme minimale.
7 vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la
zone par le détenteur du permis
Des matériaux peuvent être ramassés ou
enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au
minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de
gestion. Un permis ne sera pas délivré si l'on craint à juste titre que
l'échantillonnage proposé prélèverait, enlèverait ou endommagerait de telles
quantités de substrat, de flore ou de faune indigènes que leur distribution ou
leur abondance à l'intérieur de la zone en seraient gravement affectées.
Tous les échantillons prélevés seront décrits en fonction de leur type, de leur
quantité et de l'emplacement où ils ont été prélevés. Cette information sera
conservée dans une archive accessible à la station Mario Zucchelli en vue de
tenir à jour un dossier d'usage qui facilitera l'évaluation des impacts des
activités d'échantillonnage ainsi que la planification d'un échantillonnage
futur. Les matériaux d'origine humaine qui risquent de porter atteinte aux
valeurs de la zone et qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur
d'un permis ou pour lesquels une autorisation n'a pas été donnée peuvent être
enlevés à moins que l'impact de leur enlèvement ne soit vraisemblablement plus
grand que celui de la décision de laisser les matériaux in situ. Si tel est le
cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.
7 viii) Elimination des déchets
Tous les déchets, y compris tous les déchets humains, seront enlevés de la zone.
7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan
de gestion continuent à être atteints
1. Des permis peuvent être délivrés
pour entrer dans la zone afin d'y réaliser des activités de surveillance
biologique et d'inspection de sites qui peuvent faire intervenir le prélèvement
d'échantillons limités à des fins d'analyse ou d'examen, ou pour y prendre des
mesures de protection.
2. Tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de
longue durée et qui sont vulnérables à des perturbations causées par
inadvertance doivent être bien balisés sur place lorsque cela s'avère pratique
et ils doivent être indiqués, selon que de besoin, sur des cartes de la zone.
3. Pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques des
communautés marines trouvées dans la zone, les visiteurs prendront des
précautions particulières contre la pollution marine. Constituent un motif de
préoccupation le rejet ou le déversement d'hydrocarbures par des navires ainsi
que les introductions d'organismes biologiques. Pour minimiser le risque d'une
telle pollution, les visiteurs veilleront à ce que les appareils
d'échantillonnage ou les repères amenés dans la zone soient propres. Il est
interdit aux embarcations qui sont l'objet de fuites ou qui courent un sérieux
risque d'en faire l'objet d'entrer dans la zone. Si une fuite d'hydrocarbure par
un navire est découverte alors qu'il est à l'intérieur de la zone, ledit navire
quittera la zone à moins que la fuite ne puisse être immédiatement colmatée. La
manutention de combustible et d'hydrocarbures dans la zone sera limitée au
minimum nécessaire pour répondre aux objectifs des activités autorisées.
7 x) Rapports de visites
Les Parties au Traité doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ce rapport doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite suggéré par le Comité scientifique pour la recherche en Antarctique. Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée et pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du site.

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Appendice 1
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Appendice 2
Durant la campagne antarctique
italienne 2003-2005, des permis ont été délivrés pour l'échantillonnage dans la
ZSPA n° 161 de la baie de Terra Nova des espèces marines ci-après :
Dénomination des organismes en kilos Système d'échantillonnage :
Adamussium colbecki 150 Dragage, carottes de sédiments
Odontaster validus 50 « « «
Laternula elliptica 20 « « «
Sterechinus neumayeri 150 « « «
Ophionotus victorie 10 « « «
Neobuccinum eatoni 20 « « «
Pycnogonidis-picnogonoidi 20 « « «
Gymnodraco acuticeps Phyllophora 20 « « «
Iridea cordata 10 « « «
Diverses espèces de poisson 70
Pêche à la ligne et à l'hameçon, et filets
Des activités d'échantillonnage et d'étude dans la ZSPA ont été effectuées une
quarantaine de fois pour un total de 145 heures.
M E S U R E 1 3 ( 2 0 0 8 )
ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 160 ― ILES
FRAZIER, ILES WINDMILL, TERRE WILKES, ANTARCTIQUE DE L'EST, PLAN DE GESTION
RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la
désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») ainsi
que l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant la mesure 2 (2003) qui désignait les îles Frazier, Terre de Wilkes,
comme zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 160 et en annexe de
laquelle figurait un plan de gestion pour cette zone,
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de
gestion révisé pour la ZSPA n° 160,
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 160 par le
plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de
l'Antarctique n° 160, îles Frazier, Terre de Wilkes, qui figure en annexe à la
présente mesure ;
2. cesse d'avoir effet le plan de gestion pour la ZSPA n° 160 qui figure en
annexe à la mesure 2 (2003).
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE
SPÉCIALEMENT
PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 160
Iles Frazier, îles Windmill, terre Wilkes Antarctique de l'Est
Introduction
Les îles Frazier sont un groupe de
trois îles situé à environ 16 km au large de la station australienne Casey en
Antarctique de l'Est (cf. carte A). Elles abritent la plus nombreuse des quatre
seules colonies connues de pétrels géants (Macronectes giganteus) en phase de
reproduction de l'Antarctique continental et ont reçu la désignation de zone
spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) au titre de la Mesure 2 (2003)
comme sanctuaire des oiseaux.
A la suite de leur découverte en 1955, les colonies de pétrels géants des îles
Frazier ont fait l'objet de visites intermittentes entre la mi-janvier et la fin
mars. La plupart de ces visites avaient pour objet le baguage des poussins.
Lorsque les conditions climatiques le permettaient, il a également été procédé à
un recensement des poussins présents, mais souvent uniquement sur l'île Nelly.
C'est pourquoi les premières données disponibles ne fournissent pas les
informations requises pour une analyse des modifications possibles de l'état de
la population. Plus récemment, les nids occupés ont été décomptés en décembre,
généralement pour les trois îles. Selon les indications, la population des
oiseaux en phase de reproduction serait en augmentation, en particulier sur
l'île Dewart.
Hormis les visites organisées pour l'observation des oiseaux marins, les îles
Frazier ont été rarement visitées. Au total, vingt-trois visites, soit en
moyenne une visite tous les deux ans, se sont produites depuis la fin des années
1950 (cf. appendice 1). Vers le milieu des années 1980, une stratégie formelle
de gestion a été mise en application pour réduire au minimum la perturbation des
colonies de pétrels géants en phase de reproduction nichant à proximité de
stations australiennes dans l'Antarctique. L'Australian Antarctic Division a
restreint l'accès des participants aux programme australien dans l'Antarctique,
limitant les visites de recensement à une tous les trois à cinq ans, et a imposé
des contrôles administratifs stricts sur toutes les visites à d'autres fins. Cet
intervalle a été considéré comme un compromis raisonnable entre le risque de
perturbation des pétrels dû aux activités de recensement et la nécessité de
recueillir des données représentatives de la population. Il semblerait
aujourd'hui préférable de procéder à des recensements de population plus
fréquents, exécutés de manière appropriée, pour mieux comprendre l'état de la
population et les tendances de son évolution.
Une augmentation ostensible enregistrée récemment au sein des populations de
pétrels géants en phase de reproduction dans les îles Frazier, combinée aux
effets en apparence positive des mesures de protection en place, suggère que la
protection continue et formalisée des colonies de pétrels géants reproducteurs
se justifie. La protection et la surveillance à long terme protection sur les
îles Frazier contribueront à la mise en place de stratégies de protection à
l'échelon régional et mondial pour l'espèce et fourniront des informations
permettant d'établir des comparaisons avec d'autres populations.
Le présent plan de gestion révisé réaffirme les valeurs de la désignation
originale, conformément aux dispositions de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.

1. Description des valeurs à protéger
La désignation de la zone a pour
objectif principal la protection de la colonie de pétrels géants en phase de
reproduction, qui est la plus importante de ces colonies recensées en
Antarctique continental.
A la fin des années 1980, la population mondiale de pétrels géants était estimée
à 38 000 couples. Après les déclins enregistrés au cours des années 1990, ces
populations semblent s'être stabilisées ; tandis que certaines populations
semblent diminuer et que d'autres paraissent stables, les principales colonies
semblent augmenter. Reconnaissant cette tendance mondiale mais consciente de la
menace constante posée par les opérations de pêche à la palangre en eau
profonde, L'UICN a décidé en 2007 de modifier le statut de l'espèce de «
vulnérable » à « quasi-menacée ».
Le pétrel géant est également inscrit à l'annexe 1 de l'ACAP (Accord sur la
Conservation des Albatros et des Pétrels), un accord multilatéral qui cherche à
conserver les albatros et les pétrels en coordonnant les activités
internationales visant à atténuer les menaces auxquelles sont exposées leurs
populations, et à l'appendice II de la Convention sur la Conservation des
espèces migratrices appartenant à la faune sauvage.
Le nombre de pétrels géants en Antarctique de l'Est est limité, cette région
constituant la limite australe de leur aire de répartition. Selon les
estimations les plus récentes, la population des îles Frazier était de 274
couples reproducteurs en 2005-2006. L'on trouve des colonies sur les trois île
de ce groupe (Nelly, Dewart et Charlton ― cf. carte B), la principale se
trouvant sur l'île Dewart.
Les îles Frazier sont l'une des quatre seules localités de reproduction de
pétrels géants le long de la côte de l'Antarctique continental, et le seul site
connu sur les quelque 3 000 km du littoral entre les stations Davis et Dumont
d'Urville. Les trois autres colonies reproductrices sur le continent se trouvent
à proximité des stations australiennes de Mawson (île Giganteus, îles Rookery,
ZSPA n° 102) et Davis (île Hawker, ZSPA n° 167), et à proximité de la station
française Dumont d'Urville (archipel Pointe-Géologie, ZSPA n° 120). Les
populations de pétrels géants de l'Antarctique continental représentent moins de
1 % de l'ensemble de la population mondiale en phase de reproduction. Selon les
estimations, la population actuelle pour l'Antarctique continental est d'environ
320 couples, dont trois sur l'île Giganteus, 25 sur l'île Hawker, 16 dans
l'archipel Pointe Géologie (Terre Adélie) et environ 270 sur les îles Frazier.
Ce nonobstant, des observations ponctuelles sur le littoral à proximité de la
station Mawson indiquent qu'il pourrait exister d'autres colonies non encore
découvertes à ce jour.
La saison de la reproduction du pétrel géant sur les îles Frazier commence
généralement entre la fin du mois d'octobre et la mi-novembre, et se poursuit
jusqu'au mois d'avril, date à laquelle les oiseaux entament leur migration
hivernale vers le nord. Les poussins bagués des îles Frazier se dispersent dans
l'ensemble de l'hémisphère austral et ont été retrouvés en Nouvelle-Zélande, en
Amérique du Sud, à l'île de Pâques et en Afrique du Sud dans les neuf mois
suivant leur départ.
2. Buts et objectifs
Les buts et les objectifs du plan de
gestion des îles Frazier sont les suivants :
― minimiser les perturbations humaines des colonies de pétrels géants en phase
de reproduction afin de contribuer plus avant à la protection de cette
population ;
― faire en sorte que les îles Frazier restent un site de référence pour les
études comparatives futures avec d'autres populations de pétrels géants en phase
de reproduction ;
― minimiser la possibilité d'introduire dans les îles Frazier des microbes, des
animaux et des plantes exotiques.
3. Activités de gestion
Les activités de gestion suivantes
devront être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :
― une visite de scientifiques sera organisée au moins une fois tous les cinq ans
pour recenser les populations de pétrels géants et d'autres oiseaux marins, et
surveiller les populations en phase de reproduction. Ces visites doivent être
confiées à une équipe comprenant au moins un ornithologue associé à un programme
antarctique national ou ayant les qualifications et l'expérience scientifique
pertinentes;
― des informations sur l'emplacement des îles Frazier (indiquant toute
restriction éventuelle) seront compilées et affichées en un endroit visible de
la station Casey. Des copies du présent plan de gestion devront aussi y être
disponibles. Du matériel à caractère informatif et le plan de gestion seront
remis aux navires visitant la région ;
― le plan de gestion fera l'objet d'une révision au moins tous les cinq ans et
sera au besoin mis à jour.
4. Durée de la désignation
La
zone est désignée pour une période indéterminée.
5. Cartes
Carte A. ― Cette carte indique
l'emplacement des îles Windmill, des îles Frazier et des zones protégées dans la
région. Spécifications Projection : UTM fuseau 49 Datum (horizontal) : WGS84.
Carte B. ― Cette carte indique la répartition des oiseaux marins en phase de
nidation sur les îles Frazier. Spécifications Projection : UTM fuseau 49 Datum
(horizontal) : WGS84.
6. Description de la zone
6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
Les îles Frazier sont situées à une
latitude sud 66° 14' et une longitude est 110° 10' (cf. carte A). Les trois îles
(Nelly, Dewart et Charlton) sont situées dans la partie orientale de la baie
Vincennes, à environ 16 km à l'ouest/nord-ouest de la station Casey. L'île Nelly
est la plus grande des trois (environ 0,35 km²) et doit son nom à la présence de
plusieurs colonies de pétrels géants (ou nellies en anglais). La zone englobe la
totalité de la zone terrestre des trois îles, la limite côté mer étant définie
par la marée basse (cf. carte B). La totalité de la ZSPA des îles Frazier est
d'environ 0,6 km².
Il n'existe aucun bornage.
L'île Nelly abrite la plus grande et la plus variée des communautés aviaires des
trois îles, les registres indiquant la présence de nids de pétrels des neiges (Pagodroma
nivea), de damiers du cap (Daption capense), de pétrels antarctiques (Thalassoica
antarctica), d'océanites de Wilson (Oceanites oceanicus), de fulmars
antarctiques (Fulmarus glacialoides) et de labbes antarctiques (Catharacta
maccormicki). Des nids de labbes antarctiques ont également été découverts sur
l'île Dewart (cf. appendice 2 et carte B).
En 1961-1962, cent nids de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) ont été
répertoriés dans une colonie sur l'île Nelly. Pendant la saison 1989-1990, la
présence de trois colonies a été observée sur la crête nord-ouest de l'île
Nelly, totalisant 554 nids. L'augmentation correspond à celle observée pour la
plupart des populations de manchots Adélie dans la région des îles Windmill au
cours de la période allant de 1959-1960 à 1989-1990. Selon les estimations
correspondant à la saison 2001-2002, environ 1 000 couples avaient établi leur
nid sur l'île Nelly. Une inspection rapide des colonies de manchots Adélie
pendant la saison 2005-2006 suggère que la population des oiseaux reproducteurs
continue à augmenter.
Peu de mammifères marins ont été officiellement répertoriés sur les îles Frazier.
Toutefois, en 1968, trois phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) ont été
observés sur des glaces flottantes entre les îles Nelly et Dewart. Un orque (Orcinus
orca) a été aperçu au large des îles au cours de cette même année et un petit
groupe a été observé pendant la saison 2005-2006. Quelques léopards de mer (Hydrurga
leptonyx) ont été observés sur la glace près de l'île Nelly et un petit nombre
de phoques de Weddell sur des glaces flottantes à proximité des îles Frazier
lors de la saison 2001-2002 (cf. Appendice 2).
La végétation de l'île Nelly comprend au moins onze espèces, dont les lichens
Buellia frigida, Usnea antarctica, Rhizoplaca melanophthalma, Candelariella
flava, une algue terrestre Prasiola crispa, une croûte verte indéterminée qui
pourrait être un mélange d'hyphes fongiques et de l'algue verte Desmococcus
olivaceus, et plusieurs espèces d'algues des neiges, y compris Chlorococcum sp.,
Chloromonas polyptera, Chlorosarcina antarctica et Prasiococcus calcarius (cf.
Appendice 2). Il n'existe aucune information publiée sur les invertébrés
terrestres peuplant les îles Frazier.
Toutefois, aucun recensement n'y a été effectué.
La topographie des îles Frazier se caractérise par des falaises escarpées
émergeant de la mer. Le sommet de l'île Nelly se situe à environ 65 m du niveau
de la mer. Une large vallée remplie de glace en forme de fer à cheval se trouve
à la fois sur l'île Nelly et sur l'île Dewart.
La géologie des îles Frazier est caractéristique du groupe des îles Windmill
puisqu'elle se distingue par les schistes en couche et les gneiss finement
plissés de l'assemblage métamorphique des îles Windmill. Le caractère géologique
des îles Frazier est le résultat d'une métamorphose en deux phases ― intervenues
il y a 1 400 à 1 310 millions d'années et environ 1 200 millions d'années ― de
schistes, de schistes argileux et d'éléments volcaniques. Des falaises escarpées
de biote et de gneiss sont également présentes sur l'île Nelly. Des blocs
erratiques de grès rouge se trouvent dans la vallée en forme de fer à cheval,
sur l'île Nelly, sous la courbe de niveau des 30 m. Des stries glaciaires
fortement polies dans les gneiss constituent une preuve de la glaciation récente
et indiquent l'ancienne direction de l'écoulement glaciaire de 265° et 280°
vrais. Les sédiments de surface sont composés d'un sable fin et graveleux situé
sous les dépressions de la roche-mère.
Le climat des îles Frazier est semblable à celui des îles Windmill et des autres
zones côtières de l'Antarctique dans cette région. A la station Casey, située à
16 km à l'est/sud-est du groupe d'îles Frazier, les températures moyennes sont
de 0,3 °C pour le mois le plus chaud et de ― 14,9 °C pour le mois le plus froid.
Les précipitations sont faibles et l'albédo élevé des surfaces rocheuses
exposées donne des zones libres de glace en permanence qui représentent des
endroits intéressants pour la nidation de l'avifaune.
6 ii) Zones restreintes à l'intérieur de la zone
Aucune.
6 iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone
Il n'existe aucune structure à l'intérieur ou à proximité de la zone et aucune structure ne peut être établie.
6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone
Les zones protégées suivantes sont
situées sur la côte Budd à proximité des îles Frazier (cf. Carte A) :
― ZSPA n° 135, péninsule North-East Bailey, (66° 17' de latitude Sud, 110° 32'
de longitude Est) ;
― ZSPA n° 136, péninsule Clark, (66° 15' de latitude Sud, 110° 36' de longitude
Est) ;
― ZSPA n° 103, île Ardery et île Odbert, (66° 22' de latitude Sud, 110° 30' de
longitude Est).
7. Critères de délivrance d'un permis
Les visites à la ZSPA des îles Frazier
sont subordonnées à l'obtention d'un permis devant être délivré par les
autorités nationales idoines.
Une clause doit stipuler que le permis ou une copie de ce dernier doit être
emmené à tout moment dans la zone. Les autorités délivrant ce permis peuvent
inclure toute autre condition supplémentaire conforme aux objectifs et aux
dispositions du plan de gestion. Le détenteur principal de chaque permis délivré
soumettra aux autorités compétentes un rapport décrivant en détail les activités
menées dans la zone, et reprenant toutes les données de recensement recueillies
au cours de la visite.
7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de la zone
― L'utilisation de véhicules dans la
zone est interdite.
― L'accès aux îles Frazier est autorisé exclusivement en embarcation. Les
débarquements doivent avoir lieu aux endroits spécifiquement désignés à cet
effet sur la carte B). Les embarcations utilisées pour visiter les îles doivent
rester le long du littoral et les déplacements dans la zone ne peuvent être
effectués qu'à pied. Seul le personnel responsable de mener à bien les activités
de gestion et les travaux scientifiques dans la zone doit quitter la zone de
débarquement.
― Aucun zodiac ne doit être utilisé sur les corps (plans) d'eau et aucune
embarcation ne doit dépasser la vitesse de 5 nœuds dans un rayon de 750 m autour
des îles Frazier (cf. carte C).
― Tout mouvement dans la zone doit être conforme aux critères des distances
d'approche minimum des oiseaux en phase de nidation spécifiées à l'appendice 3.
Les responsables ne devront en aucun cas dépasser la distance minimale requise
pour obtenir des données de recensement ainsi que des données biologiques sur
les nids de pétrels géants ; cette distance ne devra jamais être inférieure à 20
mètres.
― Pour réduire les perturbations de la faune et de la flore, les niveaux
sonores, y compris des conversations, doivent être réduits à leur plus simple
expression. L'utilisation de matériel à moteur, ainsi que toute autre activité
susceptible de générer une pollution par le bruit et, par conséquent, de
perturber les oiseaux en phase de nidation, sont interdites dans la zone lorsque
le pétrel géant est en période de reproduction (du 1er octobre au 30 avril).
― L'atterrissage d'aéronefs dans la zone est interdit en toute circonstance.
― Les vêtements (et en particulier les chaussures) doivent être soigneusement
nettoyés avant de pénétrer à l'intérieur de la zone.
7 ii) Activités qui sont ou peuvent être menées dans la zone, y compris les
restrictions à la durée et à l'endroit
Des permis d'accès à la zone peuvent
être accordés en dehors de la période de reproduction des pétrels géants (du 1er
mai au 30 septembre), pour l'exécution de recherches scientifiques qui ne
peuvent pas être entreprises ailleurs ou pour des raisons essentielles conformes
aux objectifs et aux dispositions du présent Plan de gestion. Les permis ne
peuvent être accordés que pour les activités qui ne porteront pas préjudice aux
valeurs écologiques et scientifiques de la zone, ou aux études scientifiques en
cours.
Des permis d'accès à la zone peuvent être accordés pendant la période de
reproduction du pétrel géant (du 1er octobre au 30 avril), pour l'exécution de
travaux de recensement des populations. Pour émettre un permis, l'autorité
responsable de l'émission doit se reporter aux dispositions de la première puce
de la section 3 du présent Plan de gestion. Dans toute la mesure du possible,
les recensements doivent être effectués de l'extérieur des colonies de pétrels
géants. La plupart du temps, il existe des points d'observation permettant de
compter les pétrels géants en couvaison. L'accès à la zone doit être limitée aux
délais minimum et raisonnables requis pour l'exécution du recensement. Pour des
raisons de sécurité, les opérateurs de navires et autre personnel de soutien
doivent rester au site de débarquement.
7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures
Aucune structure permanente ne doit être érigée dans la zone.
7 iv) Emplacement des camps
L'établissement de camps dans la zone est interdit, sauf en cas d'urgence.
7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans
la zone
― Aucun combustible ne sera entreposé
dans la zone. Le réapprovisionnement est autorisé aux points de débarquement le
long du littoral. Une petite quantité de combustible est autorisée pour
l'utilisation de réchauds en situation d'urgence.
― Les seuls produits à base de volaille autorisés dans la zone sont les œufs en
poudre pasteurisés, les bouillons cube, et les soupes en poudre et en conserve.
― Aucun herbicide ni pesticide ne doivent être introduits dans la zone.
― Tout produit chimique susceptible d'être introduit dans la zone à des fins
scientifiques indispensables, conformément aux dispositions du permis, sera
retiré de la zone au plus tard dès que prendront fin les activités prévues par
le permis. L'utilisation de radionucléides ou d'isotopes stables est interdite.
― L'introduction délibérée d'animaux, de végétaux ou de micro-organismes est
interdite et des précautions seront prises en cas d'introduction accidentelle.
Tous les équipements et les vêtements seront soigneusement nettoyés avant de
pénétrer dans la zone.
7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à
la faune et la flore
Toute capture ou perturbation nuisible
à la faune et à la flore est interdite sauf avec un permis délivré conformément
à l'article 3 de l'annexe 2 du Protocole au Traité de l'Antarctique relatif à la
protection de l'environnement.
Toute perturbation des pétrels géants doit être évitée à tout moment. Les
visiteurs doivent être sensibles à toute modification du comportement de la
faune,
notamment
les changements de posture ou les vocalisations. Si les oiseaux donnent des
indications de départ du nid, le personnel doit se retirer immédiatement.
7 vii) Ramassage de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par un
visiteur
Le ramassage ou l'élimination de tout
élément présent dans la zone doivent être autorisés par le permis, mais se
limiter au minimum requis pour les activités menées à des fins scientifiques ou
de gestion.
Tout matériau d'origine humaine qui est susceptible d'avoir un impact sur les
valeurs de la zone et n'a pas été introduit par le titulaire du permis ou toute
autre personne autorisée, doit être enlevé dans la mesure où cet enlèvement
n'entraîne pas de conséquences plus graves que de le laisser in situ. En cas
d'identification de tel matériau, les autorités compétentes devront en être
informées et, dans toute la mesure du possible, une documentation photographique
doit accompagnée le rapport de visite du site.
7 viii) Elimination des déchets
Aucun déchet, y compris humain, ne doit être déposé ou abandonné dans la zone.
7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan
de gestion continuent à être atteints
Un recensement des pétrels géants doit
avoir lieu au moins une fois tous les cinq ans. Les recensements d'autres
espèces peuvent être effectués au cours de cette visite à condition qu'ils ne
perturbent pas les pétrels géants.
Toutes les données GPS recueillies pour des sites spécifiques faisant l'objet
d'une surveillance à long terme seront compilées dans le Répertoire maître de
l'Antarctique par le biais des autorités nationales appropriées.
7 x) Rapports de visites
Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet aux autorités compétentes un rapport décrivant les activités menées dans la zone. Ce rapport doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite figurant à l'appendice 4 du Guide pour l'élaboration de plans de gestion des zones spécialement protégées annexé à la résolution 2 (1998). Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès, et ce, afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée et dans l'examen du plan de gestion et dans l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone. Une copie du rapport doit être transmise à la Partie responsable de l'élaboration du plan de gestion afin de contribuer à la gestion de la zone et à la surveillance des populations aviaires. En outre, les rapports de visite doivent contenir des informations détaillées sur les recensements, les emplacements de nouvelles colonies ou de nids qui n'auraient pas encore été consignés, et un résumé succinct des découvertes issues des recherches scientifiques ainsi que des copies des photos de la zone.

8. Bibliographie
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Status and Trends of Antarctic and Subantarctic Seabirds. SCAR/CCAMLR/NSF, 43
pp.
Appendice 1 : Recensement des populations de pétrels géants sur les îles Frazier,
terre Wilkes, Antarctique
Note : Dans toute la mesure du possible, chacune des observations ci-dessous a été validée par un examen des données primaires. Les commentaires indiquent les points où des différences ont été enregistrées par rapport à la documentation publiée. Un examen plus poussé de chacune de ces observations devra être effectuée avant d'utiliser ces données dans des analyses.
M E S U R E 1 2 ( 2 0 0 8 )
ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 155 CAP EVANS, ÎLE DE ROSS, PLAN
DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la
désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et
l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant :
La mesure 2 (1997), qui désignait le site historique du cap Evans et de ses
environs comme zone spécialement protégée (« ZSP ») n° 25 et en annexe de
laquelle figurait un plan de gestion pour ce site ;
La décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait la ZSP n° 25 en tant que
zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 155 ;
La mesure 2 (2005), qui a adopté un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 155 ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de
gestion révisé pour la ZSPA n° 155 ;
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 155 par le
plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. Soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de
l'Antarctique n° 155, cap Evans, île de Ross, qui figure en annexe à la présente
mesure ; et
2. Cessent d'avoir effet tous les plans de gestion pour la ZSPA n° 155,
c'est-à-dire ceux qui figurent en annexe à la :
― mesure 2 (1997) ; et
― mesure 2 (2005).
A N N E X E
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT
PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 155 CAP EVANS, ÎLE DE ROSS
1. Description des valeurs à protéger
La valeur historique importante de
cette zone a été formellement reconnue lorsque ladite zone a été désignée comme
sites et monuments historiques n°s 16 et 17 dans la recommandation 9 (1972). Une
zone contenant les deux sites a été désignée comme zone spécialement protégée n°
25 dans la mesure 2 (1997) et rebaptisée comme zone spécialement protégée de
l'Antarctique n° 155 dans la décision 1 (2002).
La cabane Terra Nova (site et monument historique n° 16) est la plus grande des
cabanes historiques situées dans la région de la mer de Ross. Elle a été
construite en janvier 1911 par l'expédition britannique en Antarctique Terra
Nova (1910-1913) que dirigeait le capitaine Robert Falcon Scott de la Royal Navy.
Elle a ensuite servi de base au groupe de la mer de Ross appartenant à
l'expédition impériale transantarctique de Sir Ernest Shackleton (1914-1917).
Sur le site et monument historique n° 17 se trouve la croix érigée sur la
colline Wind Vane à la mémoire de trois membres du groupe de la mer de Ross
(Shackleton) qui y périrent en 1916. De plus, les ancres du navire Aurora de
l'expédition impériale transantarctique, un abri pour les instruments, plusieurs
décharges et chenils ainsi que de nombreux objets sont disséminés sur le site.
Quelques-uns des tout premiers progrès accomplis dans l'étude des sciences de la
Terre, de la météorologie, de la faune et de la flore sont directement associés
à l'expédition Terra Nova qui avait fait de ce site sa base. Les données
collectées peuvent fournir un repère en fonction duquel il est possible de
comparer les mesures actuelles. L'histoire de ces activités et la contribution
qu'elles ont apportée à la compréhension et à la connaissance de l'Antarctique
donnent à cette zone une valeur scientifique significative.
Le site du cap Evans est l'un des premiers grands sites d'activité humaine dans
l'Antarctique. C'est un symbole important de l'âge héroïque de l'exploration de
l'Antarctique et, en tant que tel, il a une signification historique et
culturelle considérable.
2. Buts et objectifs
Le but du plan de gestion est d'assurer
la protection de la zone et de ses caractéristiques afin que ses valeurs
puissent y être préservées. Les objectifs du plan sont les suivants :
Eviter la dégradation des valeurs de la zone ou leur mise en péril ;
Préserver les valeurs historiques de la zone par le biais de travaux de
conservation bien planifiés qui peuvent comprendre :
a) un programme d'entretien annuel in situ ;
b) un programme de surveillance de l'état des objets et structures, et des
facteurs qui les affectent et la conservation des objets exécutée sur place et
hors site ;
Permettre des activités de gestion à l'appui de la protection des valeurs et des
caractéristiques de la zone, y compris :
a) la cartographie et l'enregistrement de la disposition des objets historiques
dans les environs de la cabane ; et
b) l'enregistrement d'autres données historiques pertinentes.
Empêcher toute perturbation humaine inutile de la zone, de ses caractéristiques
et de ses objets en gérant l'accès à la cabane Terra Nova.
3. Activités de gestion
Un programme régulier de travaux de
conservation de la cabane Terra Nova et de ses objets associés dans la zone sera
entrepris :
Un système de surveillance systématique sera mis en place pour évaluer les
impacts qu'ont les limites actuellement imposées au nombre de visiteurs ainsi
que les résultats et recommandations de gestion connexes qui sont inclues dans
les révisions du présent plan de gestion ;
Des visites seront effectuées selon que de besoin à des fins de gestion ; et
Les membres des programmes antarctiques nationaux travaillant dans la région ou
y ayant un intérêt se consulteront pour faire en sorte que les activités de
gestion susmentionnées soient mises en œuvre.
4. Durée de la désignation
La zone est désignée pour une durée indéterminée.
5. Cartes
Carte A : carte régionale de cap Evans.
Cette carte montre les limites des zones spécialement protégées de l'Antarctique
proposées avec d'importantes caractéristiques topographiques, les approches, les
sites des camps ainsi que les aires d'atterrissage des hélicoptères. Elle montre
également l'emplacement approximatif des objets historiques significatifs dans
la zone. Encart : L'île de Ross montrant les sites de zones protégées
avoisinantes et de stations.
Carte B : carte de cap Evans. Cette carte montre l'emplacement approximatif
d'objets et de sites historiques spécifiques dans la zone.
6. Description de la zone
6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
Le cap Evans est une petite zone
triangulaire libre de glace située dans le sud-ouest de l'île de Ross, à 10
kilomètres au sud du cap Royds et à 22 kilomètres au nord de la péninsule de la
pointe Hut sur l'île de Ross. La zone libre de glace est composée de roches de
fonds de basalte recouvertes de dépôts glaciaires. La zone désignée est située
sur la côte nord-ouest du cap Evans adjacente à la plage Home et centrée sur la
cabane de Scott, Terra Nova. Les lignes de démarcation de ZSPA sont les
suivantes :
Sud ― Une ligne s'étendant vers l'est à partir d'un point 77° 38 15,47 S'', 166°
25 9,48 ''E - 20 mètres au sud de la croix sur la colline Wind Vane ;
Sud-Ouest ― Une ligne partant du point de référence cité ci-dessus qui s'étend
pour suivre le pic de la petite crête descendant vers le nord-ouest jusqu'à la
côte, au point 77° 38 11,50'' - 166° 24 49,47'' ;
Nord-Ouest ― Le long de la côte de la plage Home ;
Nord-Est ― Le long du ruisseau d'écoulement du lac Skua jusqu'à la plage Home,
au 77° 38 4,89'' - 166° 25 13,46'' ;
Est ― Le long de la ligne s'étendant vers le sud de la rive ouest du lac Skua au
77° 38 5,96'' - 166° 25 35,74'' pour croiser la limite sud au 77° 38 15,48'' ―
166° 25 35,68''.
Des labbes (Catharacta maccormicki) nichent au cap Evans et des manchots Adélie
(Pygoscelisadeliae) de la colonie au cap Royds peuvent à l'occasion traverser la
zone. Des phoques de Weddel ont également été vus vautrés sur la plage Home.
6 ii) Accès à la zone
Lorsque les conditions le permettent en
tout sécurité, il est possible d'approcher la zone en véhicule sur la glace de
mer. Il est interdit d'entrer en véhicule dans la zone à moins qu'il ne soit
autorisé à le faire pour des activités de gestion conformément à l'alinéa i) du
paragraphe 7 ci-dessous. Pendant la saison des eaux libres, les débarquements
par bateau peuvent s'effectuer directement en face de la cabane à la plage Home.
Les hélicoptères peuvent atterrir à l'un quelconque des deux sites de
débarquement désignés, qui sont indiqués sur les cartes 1 et 2. Un premier site
se trouve à environ 100 m au nord de la cabane, juste à l'extérieur de la
zone.
Le second se trouve à côté de la cabane refuge néo-zélandaise, à environ 250 m
au-delà de la limite de démarcation sud-ouest de la zone.
6 iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et adjacentes à elle
Toutes les structures situées dans la
zone ont une origine historique bien qu'une clôture de protection moderne et
temporaire autour de la cabane magnétique reste en place. Une des principales
caractéristiques de la zone est la cabane Terra Nova de Scott qui se trouve sur
la côte nord-ouest du cap Evans à la plage Home. Cette cabane est entourée de
nombreuses reliques historiques, y compris les ancres de l'Aurora, des
squelettes de chiens, des abris pour instruments, une corde de chien, un écran
météorologique, un vide-vite, une cabane magnétique, des briquettes de charbon,
des dépôts de provisions, des dépotoirs et un mât de drapeau. Une croix à la
mémoire de trois des membres de l'expédition de Shackleton dans la mer de Ross
(1914-1917) est érigée sur la colline West Vane. Toutes ces caractéristiques se
trouvent à l'intérieur des limites de démarcation de la zone.
Une cabane refuge néo-zélandaise, un site de campement et un site d'atterrissage
pour hélicoptères sont situés à quelque 250 m au sud-ouest de la zone.
Le site de la base World Park de Greenpeace, base présente toute l'année, se
trouvait au nord-est de la cabane de Scott de 1987 à 1992. De cette base, il
n'en reste aucun signe visible.
6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité de la zone
La ZSPA n° 121 (antérieurement SISP n°
1) et la ZSPA n° 157 (ZSP n° 27), cap Royds se trouvent à 10 kilomètres au nord
du cap Evans.
La ZSPA n° 122 (SISP n° 2), hauteurs Arrival et la ZSPA n° 158 (SISP n° 28),
pointe Hut se trouvent à 20 kilomètres au sud du cap Evans dans la péninsule de
la pointe Hut.
La ZSPA n° 130 (SIPS n° 11), crête Tramway se trouve à environ 20 kilomètres à
l'est du cap Evans.
Tous ces sites se trouvent sur l'île de Ross.
6. Aires spéciales à l'intérieur de la zone
Il n'y a pas d'aires spéciales à l'intérieur de la zone.
7. Critères de délivrance d'un permis
L'accès à la zone est interdit sauf
avec un permis. Les permis seront délivrés uniquement par les autorités
nationales compétentes et ils peuvent être assortis de conditions à la fois
générales et spécifiques. Un permis peut être délivré par une autorité nationale
pour couvrir plusieurs visites pendant une saison. Les Parties présentes dans la
zone de mer de Ross doivent se consulter et consulter également les groupes et
organisations intéressées par la visite de la zone pour s'assurer que le nombre
maximum de visiteurs ne sera pas dépassé.
Les permis d'accès au site peuvent être délivrés pour une période donnée et
portent sur les activités suivantes :
Activités ayant pour but la conservation, la recherche et/ou la surveillance ;
Activités de gestion à l'appui des objectifs du plan ; et
Activités ludiques ou pédagogiques, y compris touristiques, à condition qu'elles
n'aillent pas à l'encontre des objectifs du plan.
7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci
Le contrôle des déplacements à
l'intérieur de la zone est nécessaire pour empêcher les dommages que pourrait
causer la présence d'une « foule » autour des nombreuses caractéristiques
vulnérables de la zone. Le nombre maximum de personnes dans la zone à tout
moment (y compris les guides et celles se trouvant dans la cabane) sera de 40.
Le contrôle du nombre de personnes se trouvant dans la cabane est nécessaire
pour empêcher tout dégât que causerait la présence d'une « foule » autour des
nombreuses caractéristiques vulnérables à l'intérieur de la cabane. Le nombre
maximum de personnes autorisées à l'intérieur de la cabane à tout moment (y
compris les guides) sera de 12.
Pour éviter les impacts cumulatifs à l'intérieur de la cabane, il importe de
limiter le nombre annuel de visiteurs. Les effets causés par le nombre actuel de
visiteurs (environ 1 489 par année entre 1998 et 2004) semblent indiquer qu'une
augmentation marquée pourrait en effet avoir des impacts très défavorables. Le
nombre maximum de visiteurs par an sera de 2 000.
Ces limites ont été fixées sur la base du nombre actuel de visiteurs et à la
lumière des conseils les meilleurs disponibles que fournissent les organismes de
conservation consultés (y compris les conservateurs, archéologues, historiens,
conservateurs de musée et autres professionnels spécialisés dans la protection
du patrimoine). Les limites reposent sur l'idée que toute augmentation
significative du nombre actuel de visiteurs se ferait au détriment des valeurs à
protéger. Un programme de surveillance de l'impact des visiteurs est requis pour
fournir l'assise de futures révisions du plan de gestion et, en particulier,
pour déterminer si les limites actuelles imposées au nombre de visiteurs sont
appropriées.
Une supervision adéquate des visites dans la zone est nécessaire pour éviter que
la « foule » et des actions incompatibles avec le Code de conduite décrit à
l'alinéa ii) de la section 7 ne causent des dégâts. Toutes les visites
touristiques, pédagogiques et ludiques doivent être supervisées par un guide
expérimenté qu'aura désigné l'opérateur (voir l'alinéa ix) de la 7).
L'atterrissage d'hélicoptères est interdit dans la zone car ces appareils
risquent d'endommager le site d'une part en projetant des scories et particules
de glace et, d'autre part, en accélérant ainsi l'usure de la cabane et des
objets environnants. Les véhicules sont interdits dans la zone. Voir la section
6 ii) pour les approches et sites d'atterrissage recommandés.
Il est interdit aux véhicules d'entrer dans la zone sauf lorsque cela s'avère
nécessaire pour leur utilisation à des fins de gestion conformément aux buts et
objectifs de ce plan de gestion. Cela peut inclure sans pour autant y être
limité des activités telles que l'enlèvement de la glace et de la neige qui sont
jugées comme un danger pour la cabane ou d'autres objets historiques. Dans tous
les cas, il sera pris grand soin :
i) d'utiliser le véhicule de la taille minimum requis pour la tâche à exécuter ;
ii) de veiller à ce que l'exploitant du véhicule soit parfaitement entraîné et
conscient des dispositions de ce plan de gestion ainsi que des sensibilités au
site d'exploitation du véhicule ;
iii) de programmer et de contrôler minutieusement tous les déplacements du
véhicule à l'intérieur du site de manière à éviter de causer des dommages soit à
la cabane soit aux objets ensevelis en dessous d'une accumulation de glace et de
neige.
7 ii) Activités qui peuvent être menées dans la zone
Les activités suivantes font partie des
activités pouvant être menées dans la zone :
Visites à des fins de conservation ;
Visites pédagogiques et/ou ludiques, y compris les visites touristiques ;
Activités scientifiques qui ne portent pas atteinte aux valeurs de la zone.
Les visiteurs doivent adhérer au code de conduite suivant, sauf lorsque les
activités de conservation, de recherche, de surveillance ou de gestion décrites
dans le permis en disposent autrement :
Réduire l'usure du sol, nettoyer à fond avec des brosses qui leur seront remises
avant d'entrer dans la cabane leurs bottines pour en enlever les poussières et
les scories, la glace et la neige ;
Enlever tous les vêtements rendus humides par l'eau de mer ainsi que tous les
cristaux de glace de mer collés aux bottines, les particules de sel accélérant
en effet la corrosion des objets en métal ;
Ne pas toucher les objets ou le mobilier qui se trouvent dans les cabanes, ne
pas les déplacer et ne pas s'asseoir sur eux ― la manutention des objets
provoque des dégâts ;
Etant donné que de nombreux endroits sont exigus et qu'il est possible de
heurter sans le vouloir des objets, ne pas entrer avec un sac à dos ;
Durant les déplacements autour des sites, veiller soigneusement à ne pas marcher
sur des objets que la neige peut avoir dissimulés ;
Il est strictement interdit d'utiliser des lanternes du type à combustion, de
recourir à des flammes nues et de fumer dans les cabanes et autour d'elles car
le feu représente un sérieux danger ; et
Les visites doivent être enregistrées dans le livre fourni à cet effet. Cela
permet de mettre en corrélation les époques et niveaux de visite avec les
données de température et d'humidité automatiquement consignées à l'intérieur de
la cabane.
7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures
Aucune structure nouvelle ne doit être
érigée dans la zone. Aucun équipement scientifique ne doit y être installé sauf
pour les activités de conservation définies dans la section 3.
Aucune structure historique ne doit être enlevée de la zone sauf si un permis
l'autorise, qui aura été délivré en conformité avec les dispositions de l'alinéa
vii) de la section 7.
7 iv) Emplacement des camps
Il est interdit d'utiliser la cabane
historique pour y vivre. Le camping est interdit dans la zone quelles que soient
les circonstances.
Le site d'un camp existant est associé aux deux abris du programme antarctique
néo-zélandais qui se trouvent à 250 m au sud-ouest de la zone et il devrait être
utilisé par toutes les Parties qui ont l'intention de camper dans cette zone.
7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans
la zone
Aucun animal vivant, aucune matière
végétale, aucun micro-organisme et aucun type de terre ne seront introduits dans
la zone. Aucun produit alimentaire ne sera emmené dans la zone.
Des produits chimiques ne peuvent être introduits qu'à des fins scientifiques ou
des fins de conservation autorisées. Ces produits (y compris le carburant) ou
d'autres matériaux ne pourront être laissés dans la zone à moins que cela ne
s'avère nécessaire pour des raisons essentielles liées à la conservation des
structures historiques ou reliques connexes.
Tous les matériaux doivent être retirés de la zone lorsque leur présence n'est
plus justifiée et avant une date qui sera fixée dans le permis approprié.
7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à
la faune et la flore
Ces activités sont interdites sauf si
le permis délivré par l'autorité nationale compétente en dispose autrement
conformément à l'article 3 de l'annexe II du Protocole relatif à la protection
de l'environnement.
Dans les cas où il est procédé à un prélèvement ou à une perturbation nuisible,
il faut que l'opération se déroule au minimum en conformité avec le code de
conduite
du SCAR pour l'utilisation d'animaux en Antarctique à des fins scientifiques.
7 vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la
zone par le détenteur du permis
Les matériaux peuvent être ramassés
dans la zone et ils peuvent en être enlevés pour des raisons de conservation qui
sont conformes aux objectifs du plan mais uniquement lorsqu'un permis délivré
par l'autorité nationale compétente l'autorise.
Les matériaux qui constituent une menace pour l'environnement ou la santé
humaine peuvent être enlevés de la zone aux fins de leur élimination en
conformité avec un permis et ce, lorsqu'ils répondent à un ou plusieurs des
critères suivants :
i) L'objet constitue une menace pour l'environnement, la faune et la flore
sauvages, ou la santé et la sécurité de l'homme ;
ii) Il est à ce point en mauvais état qu'il n'est pas réellement possible de le
conserver ;
iii) Il ne contribue pas de manière significative à notre compréhension de la
cabane, de ses occupants ou de l'histoire de l'Antarctique ;
iv) Il ne contribue pas aux qualités visuelles du site ou de la cabane, et il ne
nuit en rien à ces qualités ; et/ou
v) Ce n'est pas un objet unique en son genre ou rare ;
vi) Et lorsqu'une telle mesure est prise par des parties ayant des compétences
appropriées en matière de conservation du patrimoine ; et
vii) Fait partie d'un plan général de travaux de conservation sur place.
Les autorités nationales devraient veiller à ce que l'enlèvement d'objets et
l'évaluation faite en fonction des critères ci-dessus relèvent d'un personnel
doté de compétences appropriées dans le domaine de la conservation du
patrimoine.
Les objets considérés comme revêtant une grande valeur historique, qui ne
peuvent pas être conservés sur place avec les techniques actuellement
disponibles, peuvent être enlevés avec un permis pour le stockage dans un milieu
contrôlé jusqu'à ce qu'ils puissent être ramenés en toute sécurité dans la zone.
Des échantillons de terre et d'autres matières naturelles peuvent être enlevés
de la zone à des fins scientifiques uniquement et ce, avec un permis approprié.
7 viii) Elimination des déchets
Tous les déchets humains, toutes les eaux usées et tous les autres déchets produits par des équipes de travail ou des visiteurs doivent être enlevés de la zone.
7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan
de gestion continuent à être atteints
Le permis ou une copie certifiée doit
être emmené dans la zone.
Les informations sur les obligations de ce plan seront fournies à tous les
visiteurs.
Le code de conduite décrit à l'alinéa ii) de la section 7 sera appliqué par tous
les visiteurs sauf lorsque les activités de conservation, de recherche, de
surveillance ou de gestion en disposent autrement.
Les opérateurs qui rendent possibles des visites pédagogiques et ludiques (y
compris touristiques) dans la zone désigneront, avant le début de la saison
estivale, des personnes ayant une connaissance pratique du site comme du plan de
gestion pour servir de guides durant les visites.
Toutes les visites organisées à des fins pédagogiques et ludiques (y compris
touristiques) seront supervisées par un guide désigné qui sera chargé
d'expliquer aux visiteurs le code de conduite et d'en assurer l'application.
Les Parties se consulteront et coordonneront leurs efforts pour mettre en valeur
compétences et ressources, en particulier celles qui portent sur les techniques
de conservation, en vue de faciliter la protection des valeurs de la zone.
7 x) Rapports de visites
Les Parties doivent veiller à ce que le
principal détenteur de chaque permis délivré soumet aux autorités compétentes un
rapport décrivant les activités entreprises. Ce rapport doit inclure, selon le
cas, les informations identifiées dans le formulaire du rapport de visite
figurant à l'appendice 4 de la résolution 2 (1998). En outre, l'enlèvement de
matériaux conformément à la section 7 vii) sera décrit en détail, y compris la
raison de cette opération et l'emplacement actuel des objets ou de la date de
cession. Le retour éventuel de ces objets sera également déclaré.
Les Parties conserveront une archive des activités menées dans la zone et, lors
de l'échange annuel d'informations, fourniront une description synoptique des
activités conduites par les personnes relevant de leur juridiction, avec
suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de
gestion. Les Parties doivent, dans toute la mesure du possible, déposer les
originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public
pourra avoir accès en vue de préserver une archive d'usage, laquelle sera
utilisée et pour réviser le plan de gestion et pour gérer les futures visites du
site.
M E S U R E 7 (2 0 0 8)
ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 124
CAP CROZIER, ÎLE DE ROSS (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la
désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (ZSPA) et
l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Rappelant :
― la recommandation IV-6 (1966), qui désignait le cap Crozier, île de Ross,
comme une zone spécialement protégée (ZSP) n° 6 ;
― la recommandation VIII-2 (1975), qui abrogeait la recommandation IV-6 ;
― la recommandation VIII-4 (1975), qui rebaptisait et renumérotait la ZSP n° 6
en tant site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 4 et à
laquelle figurait en annexe un plan de gestion pour ce site ;
― la recommandation X-6 (1979), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 4
du 30 juin 1981 jusqu'au 30 juin 1985 ;
― la recommandation XII-5 (1983), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n°
4 du 30 juin 1985 jusqu'au 31 décembre 1985 ;
― la recommandation XIII-7 (1985), qui prorogeait la date d'expiration du SISP
n° 4 du 31 décembre 1985 jusqu'au 31 décembre 1991 ;
― la recommandation XVI-7 (1991), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n°
4 jusqu'au 31 décembre 2001 ;
― la mesure 3 (2001), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 4 jusqu'au
31 décembre 2005 ;
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 4 en tant que
zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 124 ;
― la mesure 1 (2002), qui adoptait un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 124
;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de
gestion révisé pour la ZSPA n° 124 ;
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 124 par le
plan de gestion révisé ;
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de
l'Antarctique n° 124, cap Crozier, île de Ross, qui figure en annexe à la
présente mesure ; et
2. cessent d'avoir effet tous les plans de gestion antérieurs pour la ZSPA n°
124, c'est-à-dire ceux qui figurent en annexe à la :
― recommandation VIII-4 (1975) ; et
― mesure 1 (2002).
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE
SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE
DE L'ANTARCTIQUE N° 124 CAP CROZIER, ÎLE DE ROSS
1. Description des valeurs à protéger
Une zone au cap Crozier avait à
l'origine été désignée zone spécialement protégée n° 6 dans la recommandation
IV-6 (1966) sur proposition des États-Unis d'Amérique qui estimaient en effet
d'une part que la région alimente une riche faune d'oiseaux et de mammifères
ainsi qu'une microfaune et microflore et, d'autre part, que l'écosystème dépend
d'un mélange substantiel d'éléments terrestres et marins revêtant un intérêt
scientifique exceptionnel. Avec l'adoption en 1972 par les Parties au Traité sur
l'Antarctique de la catégorie de protection des sites présentant un intérêt
scientifique particulier (SISP), la désignation du cap Crozier comme zone
spécialement protégée a été abolie par la recommandation VIII-2 (1975) et le
site a été redésigné SISP n° 4 par la recommandation VIII-4 (1975). La raison de
la désignation du SISP n° 4 était de protéger les études à long terme de la
dynamique de population et du comportement social des colonies de manchots
empereurs (Aptenodytes forsteri) et Adélie (Pygoscelis adeliae) dans la région.
Les informations rassemblées depuis la désignation du SISP n° 4 soutenaient
l'inclusion des populations de labbe et des assemblages de végétation qui sont
d'importantes valeurs à protéger au cap Crozier. En 2002 (Mesure 1), les lignes
de démarcation ont été élargies au sud d'Igloo Spur afin de protéger l'éventail
d'assemblages de végétation représentatifs de la région du cap Crozier. La ligne
de démarcation de la zone a été modifiée dans le plan actuel pour suivre une
simple ligne de longitude car les visiteurs éprouvaient des difficultés à suivre
la ligne de démarcation précédente.
La colonie de manchots empereurs au cap Crozier a été pour la première fois
répertoriée en 1902 par des membres de l'expédition antarctique nationale
britannique. Elle est la colonie la plus connue au sud et elle a le recensement
de population de ces manchots le plus long. La colonie se reproduit sur de la
glace d'une banquise côtière située entre de grandes crevasses qui se créent là
où la plateforme de glace de Ross est contiguë au cap Crozier. Les positions de
ces crevasses changent avec les mouvements de la plate-forme de glace et l'on
sait que la colonie se déplace autour de différentes parties des crevasses
durant la saison de reproduction. Les lignes de démarcation de la zone ont été
désignées pour inclure des aires de banquise côtière qu'occupent constamment des
oiseaux en phase de reproduction.
Le cap Crozier a une vaste population de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae)
qui s'élève à quelque 150 000 couples reproducteurs, lesquels constituent sans
doute l'une des colonies les plus grandes en l'Antarctique. La colonie est
divisée en deux grands groupes éloignés l'un de l'autre d'un kilomètre, qui sont
connus sous le nom de colonie de l'est et colonie de l'ouest (Cartes 1 et 2). En
outre, de vieux restes bien préservés de manchots Adélie trouvés dans la zone
ont une valeur scientifique particulière pour les études génétiques. Associée
aux colonies de manchots est une grande colonie de labbes de l'Antarctique (Catharacta
maccormicki) dont la population est estimée à 1 000 couples reproducteurs.
Des phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) se reproduisent dans la zone
tandis que des léopards des mers (Leptonyx hydrurga) y sont de fréquents
visiteurs et que des phoques mangeurs de crabes (Lobodon carcinophagus) sont
constamment vus en mer et sur les banquises de glace. Des orques sont aussi
fréquemment aperçus au large des côtes dans la zone. S'il est vrai que les
espèces de mammifères répertoriées au cap Crozier ne sont pas les seules qui
fréquentent la zone ni ne sont considérées comme spéciales dans ce contexte, il
n'en reste pas moins qu'elles font partie intégrante et représentative de
l'écosystème local.
Il y a dans la zone des assemblages de mousse, d'algue et de lichen. Les
étendues d'algues de neige au cap Crozier couvrent une superficie de plus de 4
ha adjacente aux colonies de labbes et de manchots. Des croissances aussi vastes
que celles au cap Crozier ont été remarquées une fois seulement dans la zone
antarctique continentale, sur la côte de terre Wilkes et l'île de Ross a le
recensement d'algues de neige le plus au sud. Les lichens sont également en
abondance, avec de vastes aires de lichens (crustose) de couleur orange
brillante sur des roches et pierres sur les pentes au-dessus de la colonie de
manchots Adélie mais aussi avec de riches croissances de lichens foliacés et
frutescents dans les environs de l'igloo en pierre de Wilson.
Un panneau de messages de l'expédition antarctique nationale de Scott (1901-04)
est situé dans la colonie ouest (169° 16 14''E, 77° 27 15''S) et il a été
désigné monument historique n° 69 dans la mesure 4 (1995). L'igloo en pierre de
Wilson (169° 18'E, 77° 51'S), désigné comme site historique n° 21 dans la
recommandation VII-9 (1972), est situé dans le sud de la zone. L'abri de pierre
a été construit en juillet 1911 par des membres de l'expédition antarctique
britannique de 1910-1913 et ce, durant leur voyage d'hiver jusqu'au cap Crozier
pour y ramasser des œufs de manchots empereurs.
Les grandes valeurs scientifiques, écologiques et historiques de la zone ainsi
que sa vulnérabilité aux perturbations par le biais du piétinement, de
l'échantillonnage, de la pollution ou de l'introduction d'espèces non indigènes
sont telles que cette zone nécessite une protection spéciale de longue durée.
2. Buts et objectifs
Le plan de gestion au cap Crozier a
pour buts et objectifs les suivants :
― Eviter la dégradation des valeurs de la zone et les risques substantiels
qu'elles pourraient courir et, en particulier, l'avifaune et les assemblages de
végétation à l'intérieur de la zone.
― Permettre des travaux de recherche scientifique, en particulier sur l'avifaune
et les assemblages de végétation dans la zone tout en veillant à ce qu'elle soit
protégée d'un échantillonnage excessif ou d'autres impacts scientifiques
possibles.
― Permettre d'autres travaux de recherche scientifique sous réserve qu'ils ne
mettent pas en péril les valeurs de la zone.
― Minimiser la possibilité d'introduire des plantes, des animaux et des microbes
non indigènes dans la zone.
― Permettre que soient effectuées des visites des sites historiques mais sous un
contrôle sévère et avec un permis.
― Permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à
l'appui des buts et objectifs du plan de gestion.
3. Activités de gestion
― Des indicateurs de direction du vent
durables doivent être érigés à proximité de la principale aire d'atterrissage
désignée des hélicoptères chaque fois que l'on s'attend à ce qu'il y ait un
certain nombre d'atterrissages dans la zone durant une saison donnée. Ils
doivent être remplacées selon que de besoin et enlevés lorsqu'ils ne sont plus
nécessaires.
― Des repères de couleur lumineuse qui doivent être clairement visibles des airs
et ne poser aucune menace significative pour l'environnement seront placés pour
indiquer les sites d'atterrissage primaire et secondaire des hélicoptères
adjacents à la cabane de terrain.
― Des panneaux montrant l'emplacement de la zone (énonçant les restrictions
spéciales qui s'appliquent) seront affichés bien en vue et une copie du plan de
gestion sera disponible en tout temps dans l'installation de recherche de la
cabane au cap Crozier.
― Les bornes, panneaux et structures érigés à l'intérieur de la zone à des fins
scientifiques ou à des fins de gestion seront maintenus en bon état et enlevés
lorsqu'ils ne sont plus nécessaires.
― Des visites seront effectuées selon que de besoin (une fois au moins tous les
cinq ans) pour déterminer si la zone continue de répondre aux buts pour lesquels
elle a été désignée et pour s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien
sont adéquates.
― Les directeurs des programmes antarctiques nationaux en cours d'exécution dans
la région se livreront entre eux à des consultations pour veiller à ce que les
dispositions ci-dessus sont mises en œuvre.
4. Durée de la désignation
La zone est désignée pour une durée indéterminée.
5. Cartes et photographies
Carte 1 : ZSPA n° 124, cap Crozier ―
Topographie et démarcation.
Spécifications de la carte.
Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 77° 27' S ;
2nd 77° 32' S ; méridien central : 169° 15' E ; latitude d'origine : 77° S ;
sphéroïde : WGS84 ; datum : McMurdo Sound Geodetic Control Network 1992.
Encart 1 : région de la mer de Ross, montrant l'emplacement de l'encart 2.
Encart 2 : région de la mer de Ross, montrant l'emplacement de la carte 1, de la
station McMurdo (États-Unis d'Amérique) et de la base Scott (Nouvelle-Zélande).
Carte 2 : ZSPA n° 124, cap Crozier ― Accès, installations et faune sauvage. Les
spécifications de la carte sont les mêmes que celles de la carte 1.
6. Description de la zone
6. i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
Le cap Crozier (169° 21 30'' E, 77° 30
30'' S) se trouve à l'extrémité est de l'île de Ross où une zone libre de glace
embrasse les pentes inférieures est du mont Terror. La zone désignée est située
dans les environs de Post Office Hill (407 m), s'étendant pour englober la
plate-forme glaciaire de Ross où de grandes fissures sont couvertes d'une
banquise côtière qu'occupent chaque année des manchots empereurs en phase de
reproduction.
La zone comprend une région terrestre et un plateau de glace au-dessus de la
laisse moyenne de mer ainsi qu'une banquise côtière adjacente à l'intérieur des
lignes de démarcation qu'occupent des manchots empereurs en phase de
reproduction. La ligne de démarcation nord s'étend sur 6,5 km le long de la
ligne de latitude 77° 26 03''S de 169° 11 43''de longitude est à 169° 28 00'' de
longitude est. La ligne de démarcation ouest s'étend sur 1,5 km vers le sud de
la ligne de démarcation nord jusqu'à la côte, puis en sud-ouest suivant une
crête basse libre de glace qui passe à 30 m à l'ouest de la cabane et de l'aire
d'atterrissage des hélicoptères. Elle suit ensuite cette crête en sud pour se
trouver au sud-ouest du sommet de Post Office Hill à 169° 11 30'' E, 77° 28 00''
S, avant de suivre la ligne de longitude jusqu'à un point situé au 169° 11 30''
E, 77° 31 00'' S, qui est proche du sommet du pic Bomb (740 m). La ligne de
démarcation descend la crête sud-est du pic Bomb jusqu'à Igloo Spur au 169° 20
00'' E, 77° 32 00'' S et, de là, vers l'est le long de la latitude 77° 32 00'' S
jusqu'à la ligne de démarcation est au 169° 28 00'' E.
Le sol libre de glace au cap Crozier est d'origine volcanique récente, de
nombreux cônes et cratères parsemant les douces pentes de scories et de lave
basaltique à grains fins. Plusieurs de ces collines, y compris Post Office Hill,
abritent les colonies de manchots des vents qui soufflent en sud-ouest. À la
surface, il y a de nombreuses bombes volcaniques et d'autres preuves de petites
explosions volcaniques. Au sud de la zone, des falaises côtières adjacentes au
plateau de glace s'élèvent pour atteindre en certains endroits 150 m de haut.
Les faces des falaises font état de lave litée et de tufs palagomite de couleur
brune avec plusieurs parcelles lenticulaires de basalt columnaire vers la base.
On peut trouver de grands rochers d'origine continentale transportés par
l'action glaciaire du côté nord du cap Crozier. Les vents dominants tendent à
venir d'entre le sud-ouest et l'ouest, les températures étant en général plus
froides de quelque 8° que les températures à McMurdo Sound.
C'est en octobre 1902 qu'a été découverte la colonie de manchots empereurs (Aptenodytes
forsteri) par R.S. Skelton, un membre de l'expédition Discovery de Scott. La
présence de cette colonie dépend de la glace de mer coincée entre des crevasses
dans la plate-forme glaciaire de Ross où il est contigu au cap Crozier. La
taille de la colonie est limitée par la zone et l'état de la banquise côtière,
qui touche également la disponibilité de sites de reproduction abrités des vents
katabatiques descendant du mont Terror. L'emplacement de la colonie varie d'une
année sur l'autre et la colonie se déplace durant une saison de reproduction,
commençant la saison près de la côte pour s'éloigner au fur et à mesure que
l'envol approche. La population en reproduction a fortement fluctué depuis le
début du siècle, 400 adultes ayant été signalés en 1902, 100 en 1911 et 1 300 en
1969. Le nombre des oisillons en nids et le succès de l'envol de la colonie ont
également varié (Tableau 1).
Tableau 1. Recensements des oisillons vivants de manchots
empereurs au cap Crozier, 1983-2006
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En 2000, une section de la plate-forme glaciaire de Ross a vêlé pour former un
iceberg long de 295 km et large de 40 km. En 2001, un fragment de cet iceberg
connu comme B15A et un autre iceberg (C16) se sont établis près de l'île de
Ross. Ces icebergs ont eu un impact majeur sur la distribution et la production
primaire de glace de mer et ils ont empêché l'arrivée de manchots empereurs. En
2001 et durant plusieurs années après, les icebergs C16 et B15A ont eu un impact
sur le succès reproducteur et l'emplacement des colonies de manchots empereurs
et Adélie en bloquant l'accès aux aires d'alimentation et en détruisant leurs
habitats de nidification. En 2005, la colonie de manchots empereurs demeurait
très en deçà de sa taille d'avant 2000, ne donnant aucun signe de reproduction (Kooyman
et al. 2007). Nonobstant, la colonie était en 2006 retournée à son emplacement
avant l'iceberg et 339 oisillons étaient nés (G. Kooyman, communication
prsonnelle, novembre 2007 ; Tableau 1).
Un étude approfondie de la population de manchots Adélie a été faite au cap
Crozier les étés australs 1961-1962 à 1981-1982, de 2 000 à 5 000 oisillons
bagués chaque année. Il y a au cap Crozier deux colonies de manchots Adélie (Pygoscelis
adeliae), connues qu'elles sont sous le nom de colonies de l'est et de l'ouest.
Elles sont séparées d'environ 1 km par une crête haute de 45 m et un champ de
glace en pente à travers lequel les oiseaux ne voyagent pas. Un littoral long de
1,6 km avec trois plages que séparent des affleurements rocheux donne aux
manchots un accès à la colonie de l'ouest. En revanche, la colonie de l'est a
une plage rocheuse large de 50 et 550 m de falaises de mer. La population de ces
deux colonies a considérablement augmenté ces 50 dernières années, le nombre de
couples reproducteurs s'établissant à 65 000 en 1958, à 102 500 en 1966 et à 177
083 en 1987. Ce nombre est tombé à 136 249 en 1989 et à 106 184 en 1994. En
2000, le nombre de couples reproducteurs a été estimé à 118 772 (sur la base
d'une projection tirée de recensements de quelques sous-colonies) (Ainley et
al., 2004). Ensemble, les populations des colonies de l'est et de l'ouest en
font l'une des colonies les plus grandes de l'Antarctique. La présence des
icebergs B15A et C16 de 2001 à 2005 a eu un impact significatif sur la colonie
de manchots Adélie au cap Crozier (Arrigo et al., 2002).
Environ 1 000 couples de labbes de l'Antarctique (Catharacta maccormicki) se
reproduisent sur des terres libres de glace qui entourent la colonie de manchots
Adélie. Une étude démographique de cette colonie a commencé en 1961-62 et elle
se poursuivait en 1996-97. Des manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica), des
océanites de Wilson (Oceanites oceanicus), de pétrels des neiges (Pagadroma
nivea), des pétrels de l'Antarctique (Thalassoica antarctica), des fulmars
boréaux (Fulmaris glacialoides), des pétrels géants (Macronectes giganteus), des
goélands dominicains (Larus dominicanus) et des labbes de l'Antarctique venus de
sites de reproduction se trouvant plus au nord ont été signalés au cap Crozier.
Des phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) se reproduisent dans la zone,
environ 20 jeunes ayant été répertoriés ces dernières années. Des léopards des
mers (Leptonyx hydrurga) fréquentent la zone, environ 12 d'entre eux étant
considérés comme des visiteurs réguliers tandis qu'on aperçoit couramment des
phoques crabiers (Lobodon carcinophagus) en mer et sur des banquises de glace
dans les environs. Au nombre des autres mammifères fréquemment aperçus dans la
zone figurent les épaulards (Orcinus orca) dont plusieurs types différents ont
été reconnus.
On peut trouver des algues partout dans la zone sur de larges parcelles de neige
ainsi que sur des sols et des roches, souvent en dessous de la couche de surface
du sol. De grandes aires d'algues des neiges vertes, qui couvrent plus de 4 ha,
peuvent être trouvées dans le nord de la zone dans des champs de neige à la
périphérie de la colonie de manchots Adélie et des aires de nidification de
labbes (Broady 1989). Des parcelles particulièrement grandes ont été signalées
dans la vallée remplie de neige qui est située entre deux collines côtières à
l'extrémité nord de la colonie de manchots Adélie, avec un vert teinté de neige
sur au moins un hectare. Toutefois, l'ampleur des algues de neige n'est pas
toujours évidente, la couleur verte n'étant souvent pas révélée tant qu'une
croûte de glace blanche à la surface ne s'est pas brisée. Les échantillons
d'algues de neige sont dominées par une espèce de Chlamydomonas et associées à
des filaments et diatomes occasionnels du type Ulothrix. Pour qu'elles poussent,
il leur faut de l'eau de fonte qui s'infiltre durant l'été ainsi que des
nutriments issus des colonies d'oiseaux.
Prasiola crispa pousse dans des courants d'eau lents à proximité des colonies de
manchots et l'on trouve des croissances torsadées de P. calophylla là où de
l'eau s'infiltre au-dessus de pierres sur les tabliers d'éboulis. On trouve
partout dans la zone maints petits étangs dont la taille varie de 1 m de
diamètre à 150 m dans le cas d'un lac situé immédiatement au sud du Knoll. Les
quatre étangs situés dans les colonies de manchots contiennent d'abondantes
populations de phyplancton Chlamydomonas cf. Snowiae tandis que les étangs
ailleurs alimentent des croissances velds benthiques rouge foncé à bleu-vert
foncé que dominent les oscillatoriacées. On trouve des algues épilithiques
(dominées par Gloeocapsa, Nostoc et Scytonema) sous la forme de croûtes
noirâtres qui couvrent la surface des rochers lorsque l'eau de fonte s'infiltre.
Les mousses sont éparses et disséminées dans leur distribution, la plupart se
présentant sous la forme d'un coussin isolé ou d'un petit nombre de ces coussins
dont le diamètre ne dépasse pas 10 cm. Des croissances plus abondantes peuvent
être vues jusqu'à un demi kilomètre au nord-est de la cabane du côté nord et
nord-ouest face aux pentes ainsi que sur les pentes immédiatement au-dessus des
falaises côtières à environ 1 km au sud des colonies de manchots. Les espèces de
mousses qui poussent au cap Crozier n'ont pas encore été identifiées.
Des lichens de couleur orange incrustants sont présents dans des cavités peu
profondes, sur des affleurements rocheux et des pierres cependant que des
bryophytes incrustants le sont sur des tabliers situés au-dessus des colonies de
manchots. Également adjacents à l'igloo en pierre de Wilson, on trouve le lichen
frutescent Usnea et le lichen foliacé Umbilicaria, tous deux d'une couleur plus
terne mais à la structure plus complexe. On trouve des croûtes algaires vertes
partout dans la zone.
6. ii) Zones d'accès restreint et gérées à l'intérieur de la zone
Aucune.
6. iii) Structures à l'intérieur et près de la zone
La cabane du cap Crozier (États-Unis
d'Amérique) (169° 11 14''E, 77° 27 39''S) est située du côté nord-ouest d'un pic
bas (connu localement sous le nom de `Pic Pat') (Cartes 1 et 2). Un répétiteur
de communications radio est installé au dessus de la cabane sur une base
saisonnière (Carte 2). Une cache d'observation datant des programmes de
recherche effectués durant les années 60 à 80 est située à la base de Post
Office Hill (du côté nord). Une vieille cabane `Jamesway' a été construite sur
une petite terrasse à environ 1 km au nord-est de la cabane actuelle (Carte 2).
Elle a cependant été détruite par le feu et tous les débris de la cabane ont
depuis été enlevés. Des matériaux tels que des clous, des vis et des charnières
demeurent sur le site.
Un panneau de messages historique, désigné comme le site et monument historique
n° 69 en application de la mesure 4 (1995) est situé dans la colonie ouest sur
la côte nord-est de la zone (169° 16 14''E, 77° 27 15''S). Il a été utilisé par
l'expédition antarctique nationale britannique 1901-1904 pour fournir des
informations aux navires de secours de l'expédition. Une cabane en roches
historique connue sous le nom d'igloo en pierre de Wilson (site et monument
historique n° 21) (169° 17 48''E, 77° 31 48''S) se trouve sur Igloo Spur (Carte
1).
6. iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone
Les zones protégées les plus proches du cap Crozier se trouvent sur l'île de Ross. Ce sont : la baie Lewis (ZSPA n° 156), le site de l'accident d'avion de 1979 (DC-10), est la plus proche et 45 km à l'ouest ; Tramway Ridge (ZSPA n° 130) près du sommet du mont Erebus se trouve 55 km à l'ouest ; Discovery Hut sur la péninsule de pointe Hut (ZSPA n° 158 et SMH n° 18) ; les hauteurs Arrival (ZSPA n° 122) se trouvent à 70 km au sud-ouest adjacentes qu'elles sont à la station McMurdo ; le cap Royds (ZSPA n° 121) ; la baie Backdoor (ZSPA n° 157 et SMH n° 15) ; et le cap Evans (ZSPA n° 155) se trouvent 75 km à l'ouest ; et la vallée New College (ZSPA n° 116) se trouve à 75 km au nord-ouest au cap Bird.
7. Critères de délivrance d'un permis
L'accès à la zone est interdit sauf si
un permis est délivré par une autorité nationale compétente. Les conditions de
délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
― Un permis est délivré pour des travaux de recherche scientifique, en
particulier des recherches sur l'avifaune ainsi que sur les assemblages de
végétation dans la zone, ou à des fins de gestion ou des fins éducatives
essentielles.
― L'accès aux sites historiques peut être autorisé pour répondre à des buts
scientifiques, éducatifs ou historiques ou à des buts de gestion à condition que
les déplacements à l'intérieur de la zone soient limités à l'accès aux sites
historiques.
― Les mesures prises ne porteront pas atteinte aux valeurs écologiques,
scientifiques ou historiques de la zone.
― Toutes les activités de gestion le sont à l'appui du plan de gestion.
― Les actions autorisées le sont conformément au plan de gestion.
― Le permis ou une copie sera emporté à l'intérieur de la zone.
― Un rapport sera remis à l'autorité désignée dans le permis.
― Les permis seront délivrés pour une période donnée.
7. i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci
L'accès à la zone peut se faire à pied
ou en hélicoptère. L'emploi de véhicules terrestres à l'intérieur de la zone est
interdit.
Les aéronefs peuvent être exploités et atterrir à l'intérieur de la zone sous
réserve qu'ils respectent rigoureusement les conditions suivantes :
― Tous les survols de la zone à des fins autres que l'accès auront lieu à une
hauteur supérieure à 750 m au dessus du sol sauf lorsqu'ils sont spécifiquement
autorisés à des fins scientifiques.
― La principale aire désignée pour l'atterrissage des hélicoptères est située au
169° 11 25'' E, 77° 27 42'' S (altitude de 240 m) (Carte 2). Elle se trouve en
dessous et à 150 m au nordouest de la cabane de terrain du cape Crozier
(Etats-Unis d'Amérique) et elle est indiquée par un cercle de roches peintes en
orange brillant. Une autre aire d'atterrissage secondaire est située à 150 m au
dessus de la cabane et elle peut également être au besoin utilisée.
― Une troisième aire d'atterrissage désignée se trouve au dessus et à 350 m au
nord-ouest de l'igloo de pierre de Wilson (Carte 1) dans une zone au terrain
relativement plat.
― Lorsqu'ils s'avèrent nécessaires à des fins scientifiques, éducatives ou de
gestion, les atterrissages peuvent s'effectuer ailleurs dans une zone sous
réserve qu'un permis les autorise spécifiquement.
― Pour minimiser les risques de survol accidentel de colonies d'oiseaux, les
pilotes d'hélicoptère qui accident à la zone pour la première fois devront être
accompagnés d'un autre pilote qui a déjà volé dans la zone.
― L'utilisation de grenades fumigènes est interdite à moins que cela ne soit
absolument nécessaire pour des raisons de sécurité et toutes les grenades
doivent être récupérées.
― Lorsqu'ils transportent des visiteurs auxquels un permis a été délivré, il est
interdit aux pilotes, membres de l'équipage et passagers en route ailleurs sur
des hélicoptères de se déplacer à pied au delà du voisinage immédiate de l'aire
d'atterrissage désignée et de la cabane de terrain à moins qu'un permis ne les
autorise à le faire.
― La circulation piétonnière doit être maintenue au minimum nécessaire
compatible avec les objectifs des activités autorisées et tout doit être mis en
œuvre pour en minimiser les effets.
― Lorsqu'ils se déplacent à pied dans les colonies d'oiseaux, les visiteurs
autorisés doivent rester sur les pistes naturelles qu'empruntent les manchots et
ils ne doivent pas s'approcher de nids occupés sauf à des fins scientifiques ou
à des fins de gestion. Grand soin doit être pris de ne pas piétiner les nids
lorsqu'ils se déplacent à travers les territoires occupés par des labbes.
― Les visiteurs doivent éviter de marcher sur la végétation visible et grand
soin doit être pris lorsqu'ils marchent dans des zones au sol humide où la
circulation à pied peut facilement endommager les sols et les communautés
végétales et algaires de nature délicate tout en dégradant la qualité de l'eau.
7. ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone, y compris les
restrictions relatives à la durée et à l'endroit
Les activités qui peuvent être menées à
l'intérieur de la zone sont les suivantes :
― Travaux de recherche scientifiques ou visites éducatives qui ne porteront pas
atteinte à l'écosystème de la zone.
― Activités de gestion essentielles, y compris la surveillance.
― Visites de sites historiques pour des raisons scientifiques, éducatives ou
historiques et pour des raisons de gestion ou des raison historiques sujettes
aux conditions décrites dans le présent plan.
― Activités dont le but est de préserver ou protéger les ressources historiques
que renferme la zone.
7. iii) Installation, modification ou enlèvement de structures
Aucune structure ne doit être érigée
dans la zone sauf si un permis l'autorise.
― Tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés
par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et
année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui
posent un risque minimal de contamination de la zone.
― L'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis a expiré sera du
ressort de l'autorité qui a délivré le permis original et il sera l'un des
critères régissant la délivrance du permis.
7. iv) Emplacement des camps
Les camps à l'intérieur de la zone doivent se trouver dans un rayon de 100 m de la cabane (169° 11 14''E, 77° 27 39''S). Ils sont autorisés à l'extérieur du voisinage de la cabane lorsqu'il est nécessaire d'accéder à des parties éloignées de la zone. Ces camps devront de préférence se trouver en des sites qui ont été utilisés dans le passé, qui n'ont pas de végétation ou qui ne sont pas occupés par des oiseaux en phase de reproduction, et ils devront être installés sur de la neige ou un terrain couvert de glace s'il est disponible. Les chercheurs devront consulter l'autorité nationale appropriée pour obtenir des informations à jour sur les sites où il est conseillé de camper.
7. v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans
la zone
― Aucun animal vivant, aucune forme
végétale, aucun microorganisme et aucun type de sol ne seront introduits
délibérément dans la zone et les mesures de précaution énumérées cidessous
seront prises pour les protéger d'une introduction accidentelle ;
― Pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques de la zone,
les visiteurs doivent prendre des mesures de précaution spéciales contre les
introductions. Sont un motif de préoccupation particulier les introductions de
microbes, d'invertébrés et de végétation en provenance de sols d'autres sites
antarctiques, y compris de stations, ou de régions extérieures à l'Antarctique.
Pour minimiser le risque de ces introductions, les visiteurs doivent nettoyer à
fond leurs chaussures et tout le matériel qu'ils utiliseront dans la zone ― en
particulier le matériel et les repères d'échantillonnage ― avant d'y accéder ;
― Compte tenu de la présence au cap Crozier de colonies d'oiseaux en phase de
reproduction, aucun produit de la volaille, y compris les produits contenant des
œufs en poudre non cuits, et les déchets de ces produits, ne doivent être
introduits dans la zone ;
― Aucun herbicide ou pesticide ne sera introduit dans la zone ;
― Tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes
stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons
de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone à ou avant la
conclusion de l'activité pour laquelle le permis a été délivré ;
― Tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes
stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons
de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone à ou avant la
conclusion de l'activité pour laquelle le permis a été délivré ;
― Combustible, aliments et autres matériaux ne doivent pas être stockés dans la
zone à moins qu'ils ne s'avèrent indispensables pour l'activité pour laquelle le
permis a été délivré ou qu'ils se trouvent dans une cache d'urgence autorisée
par une autorité appropriée ;
― Tous les matériaux introduits dans la zone pour une période donnée uniquement
seront enlevés à ou avant la conclusion de ladite période et ils seront stockés
et gérés de telle sorte que le risque de leur introduction dans l'environnement
soit minimisé ;
― S'il se produit une introduction qui risque de porter atteinte aux valeurs de
la zone, il est encouragé de l'éliminer uniquement où l'impact ne sera
vraisemblablement pas plus grand que celui qu'aurait lé décision de laisser le
matériau sur place in situ.
7. vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à
la faune et la flore
Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis distinct délivré conformément à l'article 3 de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement par l'autorité nationale compétente uniquement à cette fin.
7. vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la
zone par un visiteur
Des matériaux peuvent être ramassés ou
enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au
minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de
gestion.
Les matériaux d'origine humaine qui risquent de porter atteinte aux valeurs de
la zone et qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur d'un permis
ou pour lesquels une autorisation n'a pas été donnée, peuvent être enlevés de
n'importe quelle partie de la zone à moins que l'impact de leur enlèvement ne
soit vraisemblablement plus grand que celui de la décision de laisser les
matériaux sur place. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être
notifiée.
A moins que le permis ne les autorise spécifiquement à le faire, il est interdit
aux visiteurs d'interférer avec la rénovation de l'igloo en pierre de Wilson ou
d'essayer de le rénover, ou de manipuler, prendre ou endommager des objets. Si
de récents changements, des dommages ou de nouveaux objets sont découverts,
l'autorité nationale compétente doit en être notifiée. Le transfert ou
l'enlèvement d'objets pour les préserver ou les protéger ou pour rétablir
l'exactitude historique est autorisé sous réserve de la délivrance d'un permis.
7. viii) Élimination des déchets
Tous les déchets, y compris les déchets humains, seront enlevés de la zone.
7. ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan
de gestion continuent à être atteints
Tous les sites spécifiques qui font l'objet d'une surveillance à long terme seront balisés de manière appropriée.
7. x) Rapports de visites
Les Parties doivent s'assurer que le
principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un
rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ce rapport doit inclure,
s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de
visite qui figure à l'appendice 4 de la résolution 2 (1998) (CPE I).
Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange
annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées
par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails
pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties
doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces
rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de
maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée et pour
réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du
site.
L'autorité appropriée doit être notifiée de toutes les activités menées ou
mesures prises et/ou de tous les matériels rejetés et non enlevés qui ne
figuraient pas dans le permis autorisé.
8. Bibliographie
Ainley, D.G., C.A. Ribic, G. Ballard,
S. Heath, I. Gaffney, B.J. Karl, K.J. Barton, P.R. Wilson et S.
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colonyspecific foraging areas Ecological Monographs 74(1) :159 ― 78.
Arrigo, K. R., G.L. van Dijken, D.G. Ainley, M.A. Fahnestock et T. Markus.
(2002). Ecological impact of a large Antarctic iceberg. Geophysical Research
Letters 29(7) : 1104.
Barber-Meyer, S.M., G.L. Kooyman et P.J. Ponganis. (2008). Trends in western
Ross Sea emperor penguin chick abundances and their relationships to climate.
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Broady, P.A. (1989). Broadscale patterns in the distribution of aquatic and
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Kooyman, G.L. (1993). Breeding habitats of emperor penguins in the western Ross
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Kooyman, G.L., D.G. Ainley, G. Ballard, & P.J. Ponganis. (2007). Effects of
giant icebergs on two emperor penguin colonies in the Ross Sea, Antarctica.
Antarctic Science 19(1) : 31-38.
Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 118 ― sommet du mont Melbourne, terre Victoria, adoptée à Kiev le 13 juin 2008
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur
l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la
désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et
l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Rappelant :
― la recommandation XIV-5 (1987), qui désignait le sommet du mont Melbourne,
Terre North Victoria, comme un site présentant un intérêt scientifique
particulier (« SISP ») n° 24 et à laquelle figurait en annexe un plan de gestion
pour ce site ;
― la résolution 3 (1996), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 24 du
31 décembre 1997 jusqu'au 31 décembre 2000 ;
― la mesure 2 (2000), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 24 du 31
décembre 2000 jusqu'au 31 décembre 2005 ;
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 24 en tant
que zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 118 ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de
gestion révisé pour la ZSPA n° 118 ;
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour le ZSPA n° 118 par le
plan de gestion révisé ;
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après
conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité
sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. Soit approuvé le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de
l'Antarctique n° 118, sommet du mont Melbourne, Terre Victoria, qui figure en
annexe à la présente mesure ; et
2. Cesse d'avoir effet le plan de gestion pour la ZSPA n° 118 qui figure en
annexe à la recommandation XIV-5 (1987).
1. Description des valeurs à protéger
Une zone de 6 km² au sommet du mont Melbourne avait à l'origine été désignée
dans les recommandations XVI-5 (1987, SISP n° 24, sommet du mont Melbourne) et
XVI-8 (1991, ZSP n° 22, crête Cryptogam, mont Melbourne) sur propositions de la
Nouvelle-Zélande et de l'Italie qui estimaient en effet que ces aires
contenaient des sols géothermiques qui alimentent une communauté biologique
diverse et unique en son genre. Les aires de terrain les plus tièdes créées par
les fumerolles alimentent des nappes de mousse, d'hépatiques et d'algues de même
qu'une espèce de protozoaire invertébré. La ZSPA n° 118a (ZSP n° 22) avait été
initialement incluse dans la ZSPA n° 118b (SISP n° 24) en vue d'établir des
conditions d'accès plus rigoureuses à cette partie de l'aire au sommet du mont
Melbourne. Les ZSPA n° 118a et 118b ont maintenant été fusionnées dans le plan
de gestion actuel et des zones interdites et restreintes permettent d'appliquer
des conditions d'accès plus rigoureuses à l'intérieur de l'ancienne ZSP. Les
lignes de démarcation extérieures de la zone suivent la désignation initiale du
SISP n° 24.
Les communautés biotiques de fumerolles documentées les plus proches, à 400 km
au sud de la crête Ridge, du mont Erebus et du mont Rittman, dans la chaîne
Mountaineer, à plus de 180 km au nord, sont considérées comme des communautés
très différentes de celles du mont Melbourne. Le mont Melbourne abrite le seul
exemple feuillu connu en Antarctique de la mousse Campylopus pyriformis
(présente sur le mont Erebus, mais uniquement à l'état de protonème). Une
nouvelle espèce de mousse, Pohlia nutans, génétiquement très similaire à une
autre espèce trouvée sur le mont Rittman, a été découverte en 2002 dans de
petites mousses que contiennent les fumeroles sur la pente nord-ouest du mont
Melbourne. Les algues Stigonema ocellatum et Chlorella cf. reniformis sont les
seules répertoriées en Antarctique. Plusieurs espèces d'algues n'ont pas été
observées à d'autres endroits de l'Antarctique, sauf au mont Erebus. Une espèce
entièrement nouvelle de bactéries thermophiliques, Bacillus thermoantarcticus, a
elle aussi été découverte au sommet (Manca et al 1996 ; Lama et al 1996, 2001 ;
Nicolaus et al 2000, 2001, 2002), tandis que quelques enzymes ont été isolés de
ces microorganismes (Lama et al 2001, 2004, 2005 ; Nicolaus et al 2002, 2004).
Des études biochimiques et microbiologiques ont par ailleurs été faites sur des
substrats chauds dans la zone (Bargagli et al 2004 ; Pepi et al 2005).
Le couvert végétal se trouvant à l'intérieur de la zone ne peut être évalué avec
précision, du fait du manteau de neige en grande partie permanent, mais il est
estimé à quelque 100 à 200 m². Malgré cette superficie relativement petite, le
caractère exceptionnel et la fragilité des communautés biologiques ainsi que de
leur environnement physique sont tels, que la zone possède sur le plan de la
science et de la conservation une grande valeur tout en étant vulnérable aux
perturbations causées par l'homme. Les dangers posés par l'introduction de
nouveaux organismes et les perturbations dues au piétinement et à
l'échantillonnage sont considérables et justifient la protection spéciale de
longue durée accordée à ce site. De vastes zones géothermiques libres de glace à
haute altitude, qui alimentent une communauté unique en son genre de flore et de
microbiote ainsi que des accumulations de matière organique, confèrent à cette
zone un intérêt scientifique exceptionnel.
2. Buts et objectifs
La gestion au mont Melbourne vise à :
― éviter la dégradation des valeurs de la zone ou les risques substantiels
qu'elles pourraient courir en empêchant des perturbations humaines inutiles ;
― permettre des travaux de recherche scientifique sur l'écosystème dans la zone,
en particulier sur les plantes, les hépatiques, les algues et les invertébrés
tout en assurant une protection contre un échantillonnage excessif ;
― permettre d'autres travaux de recherche scientifique sous réserve que ces
travaux soient effectués pour répondre à des buts scientifiques indispensables
auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs ;
― minimiser la possibilité d'introduction de sols, de plantes, d'animaux et de
microbes non indigènes dans la zone ;
― préserver une partie de l'écosystème naturel de la zone, qui est déclarée zone
interdite, comme site de référence aux fins de futures études comparatives ;
― permettre des visites pour l'installation de matériel de communication de base
qui ne porte pas atteinte aux valeurs de la zone ;
― permettre des visites à des fins de gestion et à l'appui des buts du plan de
gestion.
3. Activités de gestion
Les activités de gestion suivantes doivent être entreprises pour protéger les
valeurs de la zone :
― L'information indiquant l'emplacement de la zone (énonçant les restrictions
particulières qui s'appliquent) sera affichée bien en vue et une copie de ce
plan de gestion sera conservée dans toutes les installations de recherche
situées dans un rayon de 25 km de la zone et dans la boîte du matériel de
répétiteur radio au sommet du mont Melbourne.
― Les dispositifs de bornage, panneaux ou structures érigés à l'intérieur de la
zone pour répondre à des buts scientifiques ou à des buts de gestion seront
maintenus en bon état.
― Des visites seront faites selon que de besoin pour déterminer si la zone
continue de répondre aux buts pour lesquels elle a été désignée et pour veiller
à ce que les mesures de gestion et d'entretien soient adéquates.
― Les directeurs des programmes antarctiques nationaux en activité dans la
région sont encouragés à se consulter afin de s'assurer que ces mesures sont
mises en œuvre.
4. Durée de la désignation
La zone est désignée pour une période indéterminée.
5. Cartes et photographies
Carte A. ― Mont Melbourne, carte d'emplacement. Les spécifications de la carte
sont les suivantes : Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles
d'échelle conservée : 1er 72° 40 0,000'' S ; 2d 75° 20 0,000'' S ; méridien
central : 165° 0 0.000'' E ; latitude d'origine 74° 0 49,2'' S ; échelle
approximative : 1/350 000 ; sphéroïde : WGS84.
Carte B. ― Mont Melbourne, carte d'emplacement. Les spécifications de la carte
sont les suivantes : Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles
d'échelle conservée : 1er 72° 40 0.000'' S ; 2d 75° 20 0.000'' S ; méridien
central : 165 0' 0,000'' E, latitude d'origine 74° 0 49,2'' S ; échelle
approximative : 1/16 000 ; sphéroïde : WGS84 ; photographie : USGS/DoSLI
(SN7851), 22 novembre 1993.
6. Description de la zone
i) Coordonnées géographiques, bornage
et caractéristiques du milieu naturel
Le mont Melbourne (2 733 m, latitude sud 74° 21' et longitude est 164° 42', 2
733 m) dans la partie septentrionale de Terre Victoria, est situé entre la baie
Wood et la baie de Terra Nova, du côté occidental de la mer de Ross, et le
glacier Campbell Glacier, à environ 10 km à l'ouest (carte A). La zone englobe
la totalité du terrain au-dessus de la courbe de 2 200 m qui entoure le
principal cratère du mont Melbourne. Des bornes n'ont pas été installées en des
points sur la courbe de 2 200 m, l'accès ayant en effet essentiellement lieu par
hélicoptère jusqu'au sommet de la montagne. Cela permet de faire de l'altitude
une évaluation directe.
Le mont Melbourne fait partie du système volcanique McMurdo, qui consiste en une
série de volcans dormants et éteints situés le long de la côte de terre
Victoria. On pense que la zone du mont Melbourne remonte à la fin du quaternaire
et l'éruption la plus récente aurait eu lieu il n'y a pas plus de 150 ans. Les
roches volcaniques identifiées de la montagne appartiennent aux classes
trachytes et trachyandésites et le pied du relief est basaltique.
Le mont Melbourne est un culot volcanique de faible angularité quasiment parfait
avec de vastes superficies de terrain chaud, de fumerolles et de tours de glace
bien en vue autour du cratère au sommet et sur certaines parties supérieures de
la montagne. La caldera a un diamètre d'un kilomètre et forme le névé d'un
glacier coulant vers l'ouest. Plusieurs petits culots et éboulis basaltiques se
trouvent à proximité du pied et sur les flancs de la montagne. La cime est
composée des plus grandes zones de terre tiède, clairsemées d'endroits
surchauffés ou tièdes libres de glace, de fumerolles ainsi que de tours ou de
pinacles de glace. Les sols de surface (0 à 2 cm) aux températures pouvant
atteindre 42 oC, des zones plus froides où l'activité est intermittente, ainsi
que des endroits d'activité géothermique sont caractérisés par des hummocks de
neige et de glace pouvant atteindre 1 mètre de haut.
Trois zones principales sont caractérisées par une activité thermique (carte B)
: deux sont situées sur les bords de la caldera et une troisième d'environ 250 m
se trouve plus bas sur les pentes septentrionales. Toutefois, les zones marquées
par une activité de surface s'étendent et descendent jusqu'à une altitude de 2
400 m sur le flanc nord-ouest de la montagne. Ces zones géothermiques abritent
un microcosme biologique unique d'espèces que l'on retrouve seulement à faible
altitude. Les espèces ne sont pas originaires de l'endroit et ont dû être
dispersées sur de longues distances pour atteindre la zone. L'étendue totale du
couvert végétal sur le site est réduite à quelque 100 à 200 m² et la végétation
doit uniquement sa croissance à la présence de petites gouttes d'eau formées par
la condensation de vapeur qui entretient l'humidité des sols. Les sites de
végétation connus sont indiqués par les lettres A à E sur la carte B. Il a été
établi que le site D a été perturbé et probablement pollué par les activités
humaines.
Le mont Melbourne se caractérise par une biodiversité importante par rapport aux
autres sites géothermiques de l'Antarctique, à la fois les sites maritimes et
ceux situés en altitude. Le biote inclut des couches, parfois dures, d'algues
(11 espèces) qui tapissent de petites pierres, le gravier ainsi que des
substratums, des bryophytes (une espèce de mousse et une d'hépatique), un
protozoaire et une variété de microflore. Une association de lichens a été
observée dans la composition de croûtes noires sur des zones réduites de sols
tièdes. Les zones les plus tièdes abritent des nappes vert jaunâtre de mousse
Campylopus pyriformis, avec l'hépatique Cephaloziella exiliflora et des croûtes
brunâtres d'algues. La présence inhabituelle de tourbe superficielle met en
évidence la croissance de bryophytes au cours des dernières décennies. Le
protozoaire migrateur Corythion dubium a été uniquement observé dans des
coquilles vides, à la fois dans les substratums minéraux et parmi les
bryophytes. Les espèces ne sont pas répandues en Antarctique continentale
puisqu'elles ont été observées sur un seul autre site de la terre Victoria.
ii) Zones gérées, interdites ou restreintes dans la zone
Zone interdite ou restreinte : crête Cryptogam
Une zone située à la limite méridionale du principal cratère montagneux (connu
sous le nom de crête Cryptogam) a été désignée zone interdite et zone restreinte
(carte B) en vue de protéger la concentration la plus importante de végétation
et de préserver une partie de la zone en tant que site de référence pour des
études comparatives ultérieures. Le reste de la zone, dont la biologie, les
particularités et le caractère sont semblables, est disponible pour mener des
programmes de recherche et prélever des échantillons conformément aux permis.
Les zones se composent de différentes sections de terre froide couverte de
neige, de terre tiède libre de neige et d'hummocks de glace couvrant les
émissions de vapeur, et s'étendent sur 40 km dans toutes les directions à partir
de la ligne de crête. La majeure partie de la crête Cryptogam fait partie de la
zone restreinte qui peut être visitée moyennant l'obtention d'un permis pour
effectuer des recherches scientifiques essentielles qui ne peuvent être menées
ailleurs dans la zone. Les 100 m situés à l'extrême ouest de la crête sont une
zone interdite à laquelle l'accès n'est en aucun cas autorisé avant la révision
du plan de gestion qui permettra de déterminer si la zone peut être à nouveau
visitée.
Zones gérées
Deux zones gérées (Carte B) ont été créées à l'intérieur de la zone où il faut
accéder à intervalles réguliers à des repères utilisés dans les études de
déformation et où un répéteur radioélectrique est installé et entretenu chaque
saison. Les zones s'étendent sur 15 m autour des repères et elles sont situées
comme suit :
Sommet du mont Melbourne, contenant le repère n° 600 et le site du répéteur
radioélectrique ; et
Sud-est de crête Cryptogam, contenant le repère n° 601.
iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone
Au total, six repères revêtant la forme d'un tube en métal fixé dans une base de
béton, sont situés autour du sommet (Carte B) et ils sont utilisés dans le cadre
d'un programme scientifique italien en cours qui fait une étude de déformation
sur la montagne. Un répéteur radioélectrique, qui a pour objet de faciliter les
communications du programme antarctique italien et qui consiste en une caisse de
matériel et une antenne, est également installé tous les ans sur un terrain
libre de glace à proximité du sommet.
iv) Emplacement d'autres zones protégées
à proximité directe de la zone
Les zones protégées les plus proches sont les suivantes : pointe Edmonson, ZSPA
no 165, à environ 13km à l'est du mont Melbourne ; cap Hallett, Terre Victoria,
ZSPA n° 106 (ZPA n° 7), à environ 300 km au nord, et baie Botany, cap Géologie,
Terre Victoria ZSPA n° 164 (SISP n° 37) à environ 300 km au sud.
7. Conditions régissant la délivrance des permis
L'accès à la zone est interdit sauf en conformité avec un permis délivré par les
autorités nationales compétentes. Les permis peuvent être délivrés pour répondre
aux buts suivants :
Pour les activités à mener à l'extérieur des zones restreintes et gérées, des
permis peuvent être délivrés mais uniquement pour faire une étude scientifique
de l'écosystème, pour répondre à des buts scientifiques ou des buts de gestion
essentiels auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs, et pour répondre
à des buts de gestion essentiels conformes aux objectifs du plan tels que
l'inspection, la surveillance ou la révision.
Des permis pour accéder à la zone restreinte ne peuvent être délivrés que pour
répondre à des buts scientifiques ou à des buts de gestion essentiels auxquels
il n'est pas possible de répondre ailleurs dans la zone.
Les conditions qui régissent la délivrance d'un permis pour entrer dans la zone
sont les suivantes :
Les actions autorisées ne porteront vraisemblablement pas atteinte au système
écologique naturel ou aux valeurs scientifiques de la zone.
Les activités de gestion sont menées à l'appui des objectifs du plan de gestion.
Les actions autorisées sont conformes à toutes les obligations du plan de
gestion.
Un permis ou une copie du permis sera emmené à l'intérieur de la zone, y compris
une copie de toutes les cartes pertinentes du plan de gestion.
Un rapport de visite sera remis à l'autorité dont le nom apparaît sur le permis.
Tous les permis seront délivrés pour une période donnée.
i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de la zone
Les restrictions suivantes s'appliquent à l'intérieur de la zone :
Les véhicules terrestres sont interdits à l'intérieur de la zone ;
Les hélicoptères ne doivent atterrir que sur les aires balisées à l'intérieur
des deux zones gérées (Carte B) ;
L'utilisation de grenades fumigènes pour hélicoptère à l'intérieur de la zone
est interdite ;
Les survols de la zone interdite ou restreinte doivent se faire à plus de 50 m
au-dessus du niveau du sol ; et
Les survols à point fixe d'une partie quelle qu'elle soit de la zone n'est pas
autorisé à moins de 50 m et les aires libres de glace doivent être évitées à
moins que cela ne soit absolument nécessaire pour accéder à la zone.
Les visiteurs doivent éviter de marcher sur des aires de végétation visible ou
sur du sol humide, y compris les deux aires de terres libres de glace et parmi
les hummocks de glace, et ils ne doivent manipuler aucune structure de glace
sauf si le permis les y autorise. Tout déplacement à pied doit être maintenu au
niveau minimum nécessaire compatible avec les objectifs des activités autorisées
et tout doit être mis en œuvre pour en minimiser les effets. II. Mesures
ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone,
y compris les restrictions relatives à la durée et à l'endroit
Comme indiqué ci-dessus, les activités autorisées à l'intérieur de la zone
peuvent inclure les suivantes :
Travaux de recherche scientifiques qui ne porteront pas atteinte à l'écosystème
de la zone et qui ne peuvent pas être menées ailleurs.
Activités de gestion essentielles, y compris la surveillance et l'inspection.
Activités opérationnelles indispensables telles que l'accès à des repères
d'étude et à des sites de répéteurs radioélectriques.
iii) Installation, modification ou enlèvement de structures
Aucune structure ne doit être érigée dans la zone sauf si un permis le spécifie.
Tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés
par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et
année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui
posent un risque minimal de contamination de la zone. L'enlèvement de matériel
spécifique pour lequel le permis a expiré sera un des critères régissant la
délivrance du permis.
iv) Emplacement des camps
L'établissement de camps est autorisé au sommet recouvert de glace de la caldera
ou à l'extérieur de la zone (c'est-à-dire en dessous de la courbe de 2 200 m).
v) Restrictions sur les matériaux et organismes
pouvant être introduits dans la zone
Pour éviter de porter atteinte aux valeurs de l'écosystème pour lequel la zone
est protégée, les restrictions ci-après s'appliquent à toutes les activités de
la zone :
Aucun animal vivant, aucune forme végétale et aucun micro-organisme ne seront
introduits délibérément dans la zone et des mesures de précaution seront prises
pour la protéger d'une introduction accidentelle.
Les produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables,
qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion
visées dans le permis, seront enlevés de la zone au plus tard à la fin de
l'activité pour laquelle le permis a été délivré.
Le combustible ne doit pas être entreposé dans la zone à moins qu'il ne s'avère
indispensable pour l'activité pour laquelle le permis a été délivré et il ne
sera pas entreposé sur des aires libres de glace.
Tous les matériaux introduits dans la zone le seront pour une période donnée
uniquement, seront enlevés au plus tard à la fin de l'activité de ladite période
et seront stockés et gérés de manière à minimiser le risque de leur introduction
dans l'environnement.
vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux
ou perturbations nuisibles à la faune et la flore
Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à
la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis. Tout échantillonnage
doit être maintenu au minimum absolu nécessaire pour répondre à des buts
scientifiques ou à des buts de gestion et il se fera au moyen de techniques qui
minimisent les perturbations dont peuvent souffrir le sol, les structures de
glace et le biote. Tous les échantillonnages ou sites d'expérimentation doivent
être photographiés ; leur emplacement doit être consigné en détail et signalé à
l'autorité qui délivre le permis.
vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la
zone par le détenteur du permis
Des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un
permis et ils doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des
besoins scientifiques ou des besoins de gestion. Les matériaux d'origine humaine
qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la zone et qui n'ont pas été
introduits dans la zone par le détenteur d'un permis ou pour lesquels une
autorisation n'a pas été donnée, peuvent être enlevés de n'importe quelle partie
de la zone, y compris la zone restreinte, dans la mesure où ce retrait
n'entraîne pas de conséquences plus graves que de les laisser in situ. Si tel
est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.
viii) Elimination des déchets
Tous les déchets, y compris les déchets humains, doivent être enlevés de la
zone.
ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts
et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints
1. Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y réaliser
des activités de surveillance biologique et d'inspection de sites, qui peuvent
impliquer le prélèvement de petits échantillons à des fins d'analyse, d'y
prendre des mesures de protection et de mener d'autres activités de gestion
essentielles.
2. Tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de
longue durée doivent être bien balisés [voir à l'alinéa iii) ci-dessus].
3. Pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques de la zone
découlant de l'isolement et du niveau relativement bas d'impact humain, les
visiteurs prendront des précautions particulières contre les introductions, en
particulier lorsqu'ils visitent plusieurs régions thermales. Constituent un
motif spécial de préoccupation les introductions de microbes et de végétation
ayant pour origine :
― des zones thermales, aussi bien antarctiques que non antarctiques ;
― des sols de tous autres sites antarctiques, y compris à proximité des stations
;
― des sols de régions extérieures à l'Antarctique.
A cette fin, les visiteurs prendront les mesures ci-après pour minimiser les
risques d'introduction :
a) Tout le matériel d'échantillonnage et tous les repères introduits dans la
zone seront stérilisés et maintenus dans un état stérile avant d'être utilisé à
l'intérieur de la zone. Les chaussures et autres équipements à utiliser dans la
zone (sacs à dos, tentes, etc.) devront aussi, dans la mesure du possible, être
nettoyés ou stérilisés et maintenus dans cet état avant de pénétrer dans la
zone.
b) La stérilisation doit se faire au moyen d'une méthode acceptable comme les
rayons ultraviolets, l'autoclave ou le nettoyage des surfaces dans une solution
aqueuse contenant 70 % d'éthanol.
c) Le port d'un survêtement de protection stérile est obligatoire. Ce
survêtement doit permettre de travailler à des températures de ― 20° C et
couvrir au minimum les bras, les jambes et le corps. Il devra inclure des gants,
également stériles, qu'il conviendra de porter par-dessus les gants classiques
contre les intempéries. Les protecteurs stériles jetables pour chaussures ne
conviennent pas pour les déplacements sur les scories. Toutes les chaussures
doivent être brossées à fond pour en éliminer les particules de sol et essuyées
à l'aide d'une solution aqueuse contenant 70 % d'éthanol.
x) Rapports de visites
Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis
délivré soumet à l'autorité compétente un rapport décrivant les activités menées
dans cette zone. Ces rapports doivent inclure, s'il y a lieu, les renseignements
identifiés dans le formulaire du rapport de visite suggéré par le Comité
scientifique pour la recherche en Antarctique. Les Parties doivent conserver une
archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir
une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de
leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de
l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du
possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à
laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive
d'usage. Cette archive sera utilisée et pour réexaminer le plan de gestion et
pour organiser l'utilisation scientifique du site.
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