ANTARCTIQUE

PAUL EMILE VICTOR

Adopté par les 12 Etats qui ont participé à la Conférence de Washington, le Traité sur l'Antarctique est entré en vigueur le 23 juin 1961.Le Traité sur l'Antarctique permet aux Etats parties de coopérer en vue d'atteindre les objectifs du traité, malgré leurs divergences de position à propos des revendications de souveraineté territoriale. Pour éviter les conflits territoriaux et permettre aux Etats de poursuivre leurs activités scientifiques sans contrainte politique, les Etats ont établi un régime ambivalent consacré à l'article 4 du Traité sur l'Antarctique.
Le traité a " gelé " les prétentions territoriales. Les Etats revendiquants voient l'existence de leurs prétentions reconnue. Rien, ni dans le traité ni durant la durée du traité, ne pourra être interprété comme une renonciation ou un abandon de leurs droits ou revendications. Les Etats n'émettant pas d'affirmation de souveraineté peuvent ignorer celles formulées par sept autres Etats parties tandis que rien dans le Traité ou durant la durée du Traité ne pourra servir de base à une quelconque revendication.

Par ailleurs, ceux d'entre eux souhaitant conserver leurs droits à faire valoir des bases de revendications verront leurs droits conservés malgré l'écoulement du temps.

Plus simplement, chaque Etat obtient donc satisfaction puisqu'il peut interpréter comme il l'entend l'article 4 du Traité sur l'Antarctique :

- Pour les Etats " non-possessionnés ", il fait de l'Antarctique une zone sur laquelle aucune souveraineté n'est reconnue.

- Pour les Etats " possessionnés ", cet article constitue une limitation librement consentie à l'exercice de leur souveraineté.

Avec l'Australie, l'Argentine, le Chili, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, la France forme le groupe des Etats dits " possessionnés ". Elle a émis des prétentions territoriales à l'égard de la Terre Adélie

Au Cap les experts se réunissent en mai/juin 2004,et adoptent une série de mesures datées du 4 juin 2004. Ces mesures puis les suivantes sont appliquées avec un certain délai et publiées au Journal Officiel

PLAN DE GESTION POUR LES ZONES PROTEGEES

LA M E S U R E 1 ( 2 0 0 4 ) est publié en France par le Décret n° 2009-1056 du 26 août 2009.

 
SYSTÈME DES ZONES PROTÉGÉES DE L'ANTARCTIQUE PLANS DE GESTION POUR LES ZONES GÉRÉES SPÉCIALES DE L'ANTARCTIQUE

 (ENSEMBLE DEUX ANNEXES)

Les représentants,
Rappelant les articles 4, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole du Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, qui contient des dispositions relatives à la désignation des zones gérées spéciales de l'Antarctique et à l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a recommandé que les zones identifiées ci-dessous soient désignées en tant que zones gérées spéciales de l'Antarctique et qu'il a approuvé les plans de gestion annexés à la présente mesure ;
Reconnaissant que ces zones revêtent une valeur considérable dans le domaine de la science, de la faune et la flore, de l'écologie, du patrimoine et de l'esthétique, et qu'elles bénéficieraient d'une meilleure collaboration entre les Parties actives sur place ;
Recommandent pour approbation à leur Gouvernement la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole du Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement : que
1. Les zones ci-après soient désignées en tant que zones gérées spéciales de l'Antarctique :
― zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 2 ― McMurdo Dry Valleys, terre Southern Victoria ; et
― zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 3 ― Cap Denison, baie du Commonwealth, terre George V.
2. Les plans de gestion pour ces zones, qui figurent en annexe à la présente mesure, soient adoptés.
 

A N N E X E I PLAN DE GESTION POUR LA ZONE GÉRÉE SPÉCIALE DE L'ANTARCTIQUE N° 2

McMurdo Dry Valleys, terre Southern Victoria

Table des matières

1. Description des valeurs à protéger et des activités à gérer.
2. Buts et objectifs.
3. Activités de gestion.
4. Durée de la désignation.
5. Cartes et photographies.
6. Description de la zone :
i) coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel ;
ii) zones à accès limité et zones gérées à l'intérieur de la zone :
a) aires d'installations ;
b) aire de tourisme ;
c) aires à caractéristiques spéciales ;
iii) structures à l'intérieur de la zone et à proximité ;
iv) emplacement d'autres zones protégées dans la zone.
7. Code de conduite :
i) accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci ;
ii) activités pouvant être menées dans la zone ;
iii) installation, modification ou démantèlement de structures ;
iv) camps ;
v) prélèvement de végétaux et d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore ;
vi) collecte ou enlèvement de matériel trouvé dans la zone ;
vii) élimination des déchets ;
viii) rapports de visite.
8. Dispositions relatives à l'échange d'informations préalablement aux activités proposées.
9. Bibliographie.
Annexe A
Code de conduite environnemental pour les McMurdo Dry Valleys.
Annexe B
Lignes directrices complémentaires pour la conduite de recherches scientifiques.
Annexe C
Lignes directrices pour les aires d'installations.
Annexe D
Lignes directrices pour l'aire de tourisme.
Annexe E
Lignes directrices applicables aux caractéristiques spéciales.
 

1. Description des valeurs à protéger et des activités à gérer
 

Les McMurdo Dry Valleys se distinguent comme étant la plus grande des régions relativement libres de glace de l'Antarctique, 30 % environ de sa surface étant en grande partie libre de neige et de glace. La région renferme un écosystème désertique dont le climat est froid, extrêmement aride (dans la vallée Wright, la température annuelle moyenne est de ― 19,8 °C et les précipitations sont inférieures à 100 mm d'équivalent eau par an) et en outre venté. Le paysage de la zone comporte des glaciers, des chaînes de montagne, des lacs couverts de glace, des torrents d'eau de fonte, des sols striés arides, du pergélisol, des dunes de sable et des systèmes de bassins versants interdépendants. Ces bassins ont une influence régionale sur l'écosystème marin de McMurdo Sound. Du fait de son emplacement caractérisé par des variations saisonnières à grande échelle de la phase aqueuse, cette zone revêt une grande importance pour l'étude du changement climatique. En raison des variations temporelles de l'équilibre glace-eau qui déterminent une contraction et une expansion des caractéristiques hydrologiques et sont en outre enregistrées dans les accumulations de gaz à l'état de traces dans la neige ancienne, le terrain des McMurdo Dry Valleys recèle également le relevé des changements climatiques passés. Le climat extrême de la région fournit un précieux analogue des conditions anciennes sur la Terre et des conditions prévalant actuellement sur Mars où de tels climats ont sans doute dominé l'évolution du paysage et du biote.
La zone est caractérisée par des écosystèmes uniques présentant une faible diversité biologique et une moindre complexité du réseau trophique. En revanche, comme elles constituent la plus vaste des régions libres de glace de l'Antarctique, les McMurdo Dry Valleys abritent aussi des habitats assez diversifiés comparés aux autres zones libres de glace. La zone comporte des microhabitats et des communautés biologiques inhabituels (tels que des systèmes endolithiques et cryoconites) ainsi que des caractéristiques géologiques et des minéraux spéciaux (comme des dépôts salins et des pavages désertiques). Certaines de ces caractéristiques géologiques particulières sont précieuses car elles recèlent des enregistrements extrêmement longs des événements naturels. Les séries de données d'observation environnementale à long terme collectées dans cette région comptent parmi les plus longues dont on dispose pour l'Antarctique. Les McMurdo Dry Valleys renferment des indicateurs des changements climatiques régionaux, passés et présents, ainsi que des caractéristiques qui contribuent à influencer le changement climatique local.
Ces valeurs scientifiques revêtent par ailleurs une importance autant mondiale que régionale. La zone est une précieuse ressource pour la compréhension des processus de formation des paysages et de la stabilité de la calotte de glace de l'Antarctique. On trouve dans les McMurdo Dry Valleys des couches de surface uniques, notamment des sédiments glaciairement déposés et modifiés, des dunes de sable, des pavages désertiques, des sédiments glacio-lacustres et des sédiments marins de fjord représentant de précieux enregistrements de l'évolution planétaire. Le sol, les roches, l'eau, la glace et les biotes qui leur sont associés ont une réelle valeur scientifique en tant qu'écosystèmes modèles offrant une vision approfondie des processus naturels à l'œuvre dans la biosphère tout entière. Enfin, les espèces vivant dans les McMurdo Dry Valleys constituent une ressource biologique permettant de comprendre l'adaptation aux milieux extrêmes et sont en outre d'authentiques termes extrêmes des continuums écologiques.
Les McMurdo Dry Valleys sont également jugées précieuses pour la qualité de leur milieu sauvage. Elles présentent un environnement quasiment vierge qui, pour l'essentiel, n'a été ni perturbé, ni contaminé par les êtres humains. Leur paysage spectaculaire formé de crêtes élevées et de vallées majestueuses et le contraste entre les sols libres de glace et les glaciers offrent des perspectives uniques d'une grande valeur esthétique.
Les activités conduites dans la zone comprennent divers travaux de recherche scientifique, des opérations à l'appui de la science, des médias, des arts, de l'éducation et d'autres visiteurs officiels de programmes nationaux, et le tourisme. Un site de recherche écologique de longue durée a été établi dans la vallée Taylor.
 

2. Buts et objectifs
 

La zone doit faire l'objet d'une gestion spéciale pour garantir la protection de son milieu naturel et de ses valeurs scientifiques, écologiques et esthétiques et préserver la grande valeur des ensembles de données recueillis au cours des cent dernières années. En raison de l'augmentation des activités humaines et d'intérêts potentiellement conflictuels, il est devenu nécessaire de gérer et de coordonner plus efficacement les activités dans la région.
Le principal but de la zone gérée spéciale de l'Antarctique est de gérer et de coordonner les activités humaines dans la zone de manière à protéger dans le long terme les valeurs des McMurdo Dry Valleys. Les objectifs de gestion spécifiques proposés dans la zone sont les suivants :
― faciliter la recherche scientifique tout en assurant la maîtrise de l'environnement ;
― aider à planifier et coordonner toutes les activités dans les McMurdo Dry Valleys pour gérer les conflits entre différentes valeurs (y compris celles de différentes disciplines scientifiques), activités et opérateurs ;
― assurer la protection à long terme de l'intégrité des écosystèmes et des caractéristiques spéciales en minimisant les impacts cumulés des activités humaines sur l'environnement ;
― minimiser la possibilité d'introduction dans la zone de plantes et d'animaux exotiques et de microbes ;
― promouvoir l'utilisation de modes de transport qui ont le moins d'impact sur l'environnement ;
― minimiser l'utilisation de combustibles fossiles pour la conduite d'activités dans la zone ;
― minimiser les traces des installations érigées dans la zone et des expériences scientifiques qui y sont engagées, notamment la prolifération de camps.
 

3. Activités de gestion
 

Les activités de gestion ci-après seront mises en œuvre pour réaliser les buts et objectifs du présent plan :
― les programmes nationaux opérant dans la zone doivent constituer un groupe de coordination de la gestion chargé de coordonner les activités menées dans la ZSGA. Ce groupe a pour mission de favoriser la bonne communication entre les parties opérant dans la zone, d'offrir une enceinte pour la résolution d'éventuels conflits d'utilisation, de minimiser le dédoublement des activités et d'évaluer l'efficacité des activités de gestion. Il se réunit chaque année pour passer en revue les activités passées, présentes et futures et formuler des recommandations sur la mise en œuvre de ce plan de gestion ;
― les programmes nationaux opérant dans la zone veillent à la diffusion de l'information à toutes les parties opérant dans la zone afin de garantir la bonne application du plan de gestion ;
― tous les opérateurs dans la zone veillent à ce que la totalité du personnel de leurs programmes en visite dans la zone soient informés des dispositions du plan de gestion, notamment le Code de conduite environnemental qui s'applique à la zone ;
― des copies de ce plan de gestion, accompagnées des cartes et annexes, sont conservées dans les stations et cabanes de recherche appropriées et mises à disposition de toutes les personnes présentes dans la zone ;
― le tourisme et toutes autres activités non gouvernementales doivent être coordonnés avec les programmes nationaux opérant dans la zone ;
― des visites sont faites selon que de besoin (une fois tous les cinq ans au moins) pour évaluer l'efficacité du plan de gestion et s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
On notera que des lignes directrices pour la conduite d'activités spécifiques et pour des régions spécifiques de la zone sont énoncées aux annexes B, C, D et E (on se reportera également à la section 7 du présent plan de gestion).

4. Durée de la désignation
 

La zone est désignée pour une durée indéterminée.
 

5. Cartes et photographies
 

Les cartes suivantes sont comprises dans le plan :
Carte A : carte de la zone des McMurdo Dry Valleys ;
Carte B : carte des vallées Wright et Taylor ;
Carte C : zone des cabanes du lac Vanda ;
Carte D : zone du camp de Lower Wright ;
Carte E : zone des cabanes du col Bull ;
Carte F : zone du camp de cap Roberts ;
Carte G : zone du camp de New Harbor ;
Carte H : zone du camp F-6 ;
Carte I : zone du camp du lac Fryxell ;
Carte J : zone du camp du lac Hoare ;
Carte K : zone du camp du lac Bonney ;
Carte L : zone de la station de ravitaillement de pointe Marble ;
Carte M : zone des installations de mont Newall ;
Carte N : zone de tourisme du glacier Canada.
 

6. Description de la zone
 

Les McMurdo Dry Valleys se trouvent dans terre Southern Victoria le long de la côte ouest de McMurdo Sound, dans la mer australe de Ross, à environ 77° de latitude sud et 162° de longitude est. Une superficie d'environ 15 000 km² est désignée en tant que zone gérée spéciale de l'Antarctique (ci-après dénommée la zone ) afin de gérer les activités humaines dans les vallées et d'assurer la protection de son milieu naturel ainsi que de ses valeurs scientifiques, écologiques et esthétiques.
 

i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
 

Les lignes de démarcation de la zone ont été principalement définies en fonction des bassins versants des McMurdo Dry Valleys et renferment l'ensemble des sols libres de glace et des zones adjacentes situés dans ces bassins, tout Convoy Range ainsi que le bassin versant de l'Alph. A partir du coin nord-ouest et en se déplaçant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, la ligne de démarcation est définie par les caractéristiques suivantes : la pointe nord-ouest du nunatak d'Allan (76,716 7° de latitude sud, 159,666 7° de longitude est), le nunatak Carapace (76,883 3° de latitude sud, 159,4° de longitude est), le mont DeWitt (77,2° de latitude sud, 159,833 3° de longitude est), le versant ouest de la chaîne du Fer à cheval (77,566 7° de latitude sud, 159,95° de longitude est), le nunatak Depot (77,75° de latitude sud, 160,066 7° de longitude est), le pic le plus méridional des monts Lashly (77,960 6° de latitude sud, 159,560 3° de longitude est), le mont Kempe (78,316 7° de latitude sud, 162,716 7° de longitude est), Pyramid (78,35° de latitude sud, 163,5° de longitude est), le flanc est de l'île de Heald (78,25° de latitude sud, 163,816 7° de longitude est), la pointe DeMaster (à l'extrémité orientale de Marshall Valley, 78,079 2° de latitude sud, 164,413 1° de longitude est), au nord en suivant la côte, au niveau moyen de la laisse de basse mer, jusqu'au côté oriental de l'île Tripp (76,633 3° de latitude sud, 162,7° de longitude est), le versant sud du glacier Fry (76,633 3° de latitude sud, 162,3° de longitude est) et de nouveau, la pointe nord-ouest du nunatak d'Allan (76,716 7° S, 159,666 7° E). Du fait de l'ampleur de la zone et de l'importance des caractéristiques physiques définissant les lignes de démarcation, aucune borne n'a été installée.
Toutes les coordonnées géographiques sont données dans ce plan de gestion en fractions décimales de degrés.
 

ii) Zones à accès limité et zones gérées à l'intérieur de la zone
 

Ce plan de gestion définit trois catégories d'aires gérées à l'intérieur de la zone : les aires d'installations, l'aire de tourisme et les aires dotées de caractéristiques spéciales.
L'objectif d'un concept de zonage est de gérer les utilisations multiples de la zone et les activités qui y sont engagées tout en assurant la protection des caractéristiques pour lesquelles la zone a tant de valeur. Les aires réservées aux installations se rapportent aux endroits où des activités humaines primaires peuvent être engagées, l'aire de tourisme définit les endroits où des activités touristiques peuvent se dérouler, tandis que les caractéristiques spéciales sont définies dans le but d'offrir un plus haut niveau de protection aux particularités environnementales présentant une valeur spécifique. Dans les sections ci-après, chacune de ces catégories de zones fait l'objet de lignes directrices spécifiques qui y régissent la conduite d'activités et sont définies aux annexes C, D et E.
 

ii) a) Aires d'installations
 

Les aires d'installations sont établies pour cantonner les installations temporaires et semi-temporaires à des zones prédéfinies et maîtriser ainsi leur répartition. Il peut s'agir de zones où l'on prévoit une présence humaine partiellement permanente ou limitée à des périodes définies au cours desquelles des activités importantes sont engagées. Il peut aussi s'agir de zones où l'on escompte une présence humaine régulière et/ou des activités répétitives. Il peut s'avérer ponctuellement nécessaire de créer de nouvelles aires d'installations. Cette tâche devra être envisagée et coordonnée par le groupe de coordination de la gestion et conçue de manière à minimiser les traces des installations et des matériels associés.
Les activités de gestion suivantes doivent être entreprises dans les aires d'installations :
― lors de la planification et de la poursuite d'activités dans les aires d'installations, on s'attachera à promouvoir les énergies de remplacement et l'optimisation du rendement énergétique ;
― lors de la planification et de la poursuite d'activités dans les aires d'installations, on veillera à la bonne maîtrise des déchets ;
― les aires d'installations font l'objet d'évaluations périodiques pour déterminer leur utilité, les améliorer ou les supprimer ;
― en cas de besoin, des plans d'intervention d'urgence sont élaborés pour tenir compte des besoins particuliers d'aires d'installations spécifiques ;
― les aires d'installations ne doivent pas être implantées sur des caractéristiques spéciales ou à proximité immédiate.
La liste des aires d'installations fait l'objet de l'annexe C où sont indiqués leur emplacement, la description des lignes de démarcation et les lignes directrices de conduite qui s'y appliquent. Les cartes A, B et C montrent l'emplacement des aires d'installations, tandis que les cartes D à M signalent les différentes aires d'installations.


 

ii) b) Aire de tourisme
 

L'aire de tourisme est située dans une zone de grande valeur esthétique à proximité du glacier Canada, dans la vallée Taylor, où l'on peut raisonnablement garantir des déplacements et un accès aisés, en toute sécurité, avec un impact minime sur les activités scientifiques ou le milieu naturel. L'aire a été établie à l'issue de consultations avec les programmes nationaux opérant dans la zone et les opérateurs de tourisme. Par le passé, des visites soigneusement gérées ont été organisées sur le site par les sociétés de tourisme. Les activités de tourisme seront confinées à cette aire.
Les lignes directrices régissant la conduite d'activités dans l'aire de tourisme sont définies à l'annexe D où figurent également l'emplacement et la description des lignes de démarcation de l'aire de tourisme. L'emplacement de cette aire est indiqué à la carte N.
 

ii) c) Aires à caractéristiques spéciales
 

Les aires à caractéristiques spéciales sont des aires désignées telles en raison de leur forte valeur scientifique et de leur grande vulnérabilité aux perturbations causées par les êtres humains. C'est pourquoi elles justifient l'adoption de mesures complémentaires visant à assurer leur protection.
Les caractéristiques spéciales sont énumérées à l'annexe E, accompagnées d'une brève description de leur importance scientifique, de leur emplacement et des lignes directrices de conduite qui s'y appliquent. La carte A illustre l'emplacement des caractéristiques spéciales.
 

iii) Structures à l'intérieur de la zone et à proximité
 

Les principales structures à l'intérieur de la zone se situent dans les vallées Wright et Taylor, à pointe Marble, à cap Roberts et au glacier d'Odell. Il y a trois camps semi-permanents dans la vallée Wright et cinq autres dans la vallée Taylor. La carte A indique l'emplacement de toutes les structures situées dans la zone.
Tableau 1 : Récapitulation des informations relatives aux sites de la zone sur lesquels existent des structures, notamment le programme national chargé de leur entretien, leurs coordonnées géographiques, l'emplacement et la description de chacun des sites et la description ― dimensions incluses ― des structures situées sur chacun des sites.

Tableau 1 : structures situées dans la zone

NOM
 

PARTIE RESPONSABLE
de l'entretien
du site (1)
 

EMPLACEMENT
géographique
 

DESCRIPTION
de l'emplacement
 

STRUCTURES
 

Camp de col Bull (ou station sismique du lac Vanda).
 

Etats-Unis d'Amérique.
 

77,516 9° S
161,851 3° E
 

Le long du versant nord de la vallée Wright, près de l'entrée du col Bull.
 

Deux abris sont érigés sur ce site, l'un pour le matériel, l'autre étant un abri environnemental d'environ 28,7 m² logeant un système énergétique mixte.
 

Camp de cap Roberts.
 

Nouvelle-Zélande.
 

77,033 3° S
163,2° E
 

Le cap sud de Granite Harbor, sur la côte.
 

Deux cabanes sur la zone libre de glace de cap Roberts pouvant abriter quatre personnes (environ 10 m²). Il y a aussi une cabane d'habitation de 19 m². Une structure de stockage de fûts de carburant se trouve également sur ce site.
 

Camp F-6.
 

Etats-Unis d'Amérique.
 

77,608 3° S
163,255° E
 

A l'extrémité sud-est du lac Fryxell, en face du glacier Commonwealth, dans la vallée Taylor.
 

Un bâtiment principal de 42 m² avec toilettes adjacentes.
 

Camp du lac Bonney.
 

Etats-Unis d'Amérique.
 

77,715° S
162,555° E
 

Sur une pente abrupte de la berge sud du lac Bonney, dans la vallée Taylor.
 

Une cabane Jamesway de 55,7 m², des toilettes de 2,2 m², un local de 8,9 m² abritant un groupe électrogène et trois laboratoires de 8,9 m².
 

Camp du lac Fryxell.
 

Etats-Unis d'Amérique.
 

77,606 7° S
163,121 7° E
 

A mi-chemin de la berge nord du lac Fryxell dans la vallée Taylor.
 

Une cabane Jamesway (bâtiment principal) de 62,7 m², quatre laboratoires de 13,9 m² et un local de 13,9 m² abritant un groupe électrogène.
 

Camp Hoare.
 

Etats-Unis d'Amérique.
 

77,623 3° S
162,905° E
 

Sur la berge nord du lac Hoare, au pied du glacier Canada, dans la vallée Taylor.
 

Un bâtiment principal de 55,7 m², trois laboratoires de 13,9 m², un local de 8,9 m² abritant un groupe électrogène, une resserre à outils de 8,9 m²) et trois toilettes extérieures, dont deux de 2,2 m² et l'autre de 1,7 m². En dessous du camp actif se trouvent les anciens bâtiments du camp du lac Hoare qui sont toujours utilisés. Ils comprennent une cabane Jamesway de 37 m² principalement utilisée comme espace de rangement, un abri de groupe électrogène de 6 m² et un ancien laboratoire de 7,5 m² désormais utilisé comme salle de douche.
 

Cabanes du lac Vanda.
 

Nouvelle-Zélande.
 

77,523 3° S
161,671 7° E
 

A l'extrémité orientale du lac Vanda dans la partie supérieure de la vallée Wright.
 

Trois abris communicants, pour une surface au sol totale de 30 m².
 

Cabane de Lower Wright.
 

Nouvelle-Zélande.
 

77,433 3° S
162,616 7° E
 

Au sud du lac Brownworth dans la partie inférieure de la vallée Wright.
 

Une petite cabane pouvant loger deux personnes pour une surface au sol de 6 m².
 

Station de ravitaillement de pointe Marble.
 

Etats-Unis d'Amérique.
 

77,413° S
163,68° E
 

5 km au nord du cap Bernacchi sur la côte de terre Victoria et environ 60 km de l'autre côté de McMurdo Sound à partir de cap Royds.
 

Un bâtiment principal de 69,7 m², un pavillon de 41,8 m², un autre pavillon de 55,7 m², une remise à carburant de 7,4 m², 6 réservoirs de stockage de combustibles (25 000 litres chacun), des toilettes de 2,2 m², un incinérateur de déchets solides, une remise de rangement de 1,9 m², un abri de groupe électrogène de 21 m², un bâtiment à usage d'atelier et d'entrepôt de 27 m² et une station météo ASOS de 7 m².
 

Relais radioélectriques de mont Newall.
 

Etats-Unis d'Amérique/Nouvelle-Zélande.
 

77,504 9° S
162,622 1° E
 

Sur mont Newall, un pic situé à l'extrémité nord-est du parcours Asgard (20 km à l'est du lac Vanda).
 

On trouve sur le site deux relais radioélectriques, l'un américain, l'autre néo-zélandais. Il y a trois cabanes sur mont Newall, dont un abri de survie de 8,9 m², une remise de 22,3 m² abritant un système énergétique hybride (américain) et une remise à matériel verte de 2,2 m² abritant le relais radioélectrique néo-zélandais. Le relais américain est logé dans deux conteneurs en plastique orange. Il y a aussi sur le site deux antennes (une néo-zélandaise, l'autre américaine) et une éolienne (américaine).
 

Camp de New Harbor.
 

Etats-Unis d'Amérique.
 

77,575° S
163,498 3° E
 

A l'extrémité orientale de la vallée Taylor, à proximité de la baie New Harbor.
 

Le bâtiment principal se compose de deux cabanes Jamesway reliées par une passerelle en bois, l'une de 42 m² l'autre de 30 m². Une remise de rangement de 3 m² et des toilettes de 1,5 m² sont attenantes au bâtiment principal. Le camp comprend également une cabane Jamesway de 21 m² qui sert de laboratoire, un abri de groupe électrogène de 8,9 m² et un casier de 1,5 m² où est entreposé le matériel de plongée.
 

Camp du glacier Odell.
 

Etats-Unis d'Amérique.
 

76,681 0° E
159,913 4° S
 

A côté des collines Allan sur le versant ouest du glacier Odell.
 

Ce camp pour deux personnes compte une cabane de 8,9 m², un groupe électrogène de 5 kW, une éolienne, une batterie solaire et une tente Scott.
 

(1) Partie responsable de l'entretien du site.
 

On compte dans la zone plusieurs sites abritant des instruments scientifiques et opérationnels, comme des stations météorologiques automatiques (AWS), des relais radioélectriques et des dispositifs de mesure du bilan de masse glaciaire. Des camps semi-permanents ont en outre été mis hors service ou démantelés sur plusieurs sites des McMurdo Dry Valleys. Ils sont indiqués au tableau 2.

 

Tableau 2 : sites connus de camps semi-permanents mis hors service dans la zone

SITES MIS HORS SERVICE
 

COORDONNÉES
géographiques
 

Cabane Asgard (Nouvelle-Zélande)
 

77,583 3° S, 161,6° E
 

Cabane Brownworth (Nouvelle-Zélande)
 

77,45° S, 162,883 3° E
 

Cabane du col Bull (Nouvelle-Zélande)
 

77,516 9° S, 161,851 3° E
 

Camp du glacier Meserve (Etats-Unis d'Amérique)
 

77,513 3° S, 162,283 3° E
 

Cabane de vallée Miers (Nouvelle-Zélande)
 

78,133 3° S, 163,833 3° E
 

Ancienne cabane du lac Bonney (Etats-Unis d'Amérique)
 

77,703 3 ° S, 162,51° E
 

Cabane du lac Fryxell (Nouvelle-Zélande)
 

77,616 7° S, 163,05° E
 

Station Vanda (Nouvelle-Zélande)
 

77,526 7° S, 161,668 3° E
 

Ancien camp du glacier Commonwealth (Nouvelle-Zélande)
 

77,582 4° S, 163,596 9° E
 

Ancien camp de New Harbor (Etats-Unis d'Amérique)
 

77,575° S, 163,498 3° E
 

Entre 1971 et 1975, des forages ont été réalisés sur sept sites de la zone dans le cadre du programme de forage des McMurdo Dry Valleys. Les sites de forage se situent au lac Vanda (DVDP 4) (foré à 85,8 m sous la surface de glace), à l'étang Don Juan (DVDP 5) (3,4 m), au lac Vida (DVDP 6) (305,8 m), au lac Fryxell (DVDP 7) (11,1 m), à New Harbor (DVDP 8 et 9) (157,5 m et 38,3 m, respectivement) et au glacier Commonwealth.
 

iv) Emplacement d'autres zones protégées dans la zone
 

Il existe quatre ZSPA dans la zone et, pour y pénétrer, un permis est nécessaire. Ce sont les suivantes :
ZSPA n° 123, vallées Barwick et Balham ;
ZSPA n° 131, glacier Canada ;
ZSPA n° 138, terrasse Linnaeus ;
ZSPA n° 154, baie Botany.
 

7. Code de conduite

Le Code de conduite visé dans cette section est le principal instrument pour la gestion des activités menées dans la zone. Il énonce les principes généraux de gestion et d'opération dans la zone.
Des conseils complémentaires sont formulés dans le Code de conduite environnemental pour les McMurdo Dry Valleys (annexe A) qui est fondé sur un code de conduite antérieur élaboré à l'issue de nombreuses consultations entre les Etats parties au Traité. Le Code de conduite environnemental a jusqu'ici été appliqué par les programmes antarctiques nationaux tant de la Nouvelle-Zélande que des Etats-Unis d'Amérique. Il est important que toute personne visitant les McMurdo Dry Valleys soit informée des lignes directrices définies à l'annexe A avant de pénétrer dans la zone.
 

i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci

La zone est vaste et offre de nombreux points d'entrée. On y accède généralement par hélicoptère à partir de l'île de Ross ou par la glace de mer, via New Harbor ou pointe Marble. Les aires d'atterrissage désignées doivent être utilisées pour poser les hélicoptères. Lorsqu'il n'en existe pas, on utilisera dans toute la mesure possible les aires d'atterrissage connues. Quand il est prévu que des hélicoptères se posent de manière répétée sur un site donné, il convient d'envisager de désigner un site d'atterrissage. Ces suggestions sont adressées au groupe de coordination de la gestion. Des interdictions de survol sont en vigueur dans la ZSPA n° 123, au-dessus des vallées Barwick et Balham, dans la ZSPA n° 131 au-dessus du glacier Canada, et dans la ZSPA n° 154 à baie Botany. S'agissant du survol des caractéristiques spéciales et des atterrissages à proximité, des dispositions spéciales peuvent s'appliquer auxquels cas elles sont définies à l'annexe E, Lignes directrices pour les caractéristiques spéciales.
Tous les itinéraires d'accès piéton et les déplacements dans la zone doivent être établis de manière à minimiser les perturbations du sol et des surfaces de végétation. Il existe plusieurs routes piétonnes dans la zone. Dans la vallée Taylor, il y a des routes piétonnes entre le camp F-6 et le camp du lac Fryxell, entre le camp F-6 et celui du lac Hoare, entre les camps des lacs Hoare et Fryxell, et entre les camps des lacs Hoare et Bonney. Une autre route est tracée de la berge du lac Fryxell au déversoir du ruisseau Canada. Il existe aussi d'autres routes, plus éloignées des campements de F-6 et des lacs Fryxell, Bonney et Hoare. Dans la vallée Wright, on trouve une route entre le déversoir et les cabanes de Vanda. Il y a également une route au tracé mal défini qui longe l'Onyx, entre les lacs Vanda et Brownworth. Par endroits, les traces des véhicules terrestres qui ont emprunté cette route dans les années 70 sont encore visibles.
Sauf autorisation spéciale, l'utilisation de véhicules dans la zone doit être limitée à la glace lacustre ou aux pistes actuellement empruntées par des véhicules à pointe Marble, New Harbor, et au cap Roberts.
 

ii) Activités pouvant être menées dans la zone
 

Les activités qui peuvent être menées dans la zone comprennent les travaux de recherche scientifique, les opérations effectuées à l'appui de la science, des médias, des arts, de l'éducation ou d'autres visiteurs officiels de programmes nationaux, des activités de gestion dont l'entretien et l'enlèvement d'installations ainsi que les visites touristiques dans l'aire de tourisme où de telles activités ne portent pas atteinte aux valeurs de la zone.
Toutes les activités entreprises dans les McMurdo Dry Valleys doivent être conduites de manière à minimiser leur impact environnemental. Il convient de privilégier les énergies de remplacement (le solaire, l'énergie éolienne et les piles à combustible par exemple) pour limiter autant que faire se peut le recours aux combustibles fossiles. Des lignes directrices spécifiques sur la conduite d'activités dans la zone figurent dans les annexes.
Les activités touristiques doivent être entreprises de manière à minimiser leur incidence potentiellement néfaste sur l'écosystème des McMurdo Dry Valleys et sur les activités scientifiques menées dans la zone. Les voyagistes doivent remettre aux programmes nationaux opérant dans la zone le calendrier des visites ultérieurement prévues, lequel doit être communiqué au groupe de coordination de la gestion. Les passages de cours d'eau doivent être évités lors des déplacements de tourisme dans la zone. Si des cours d'eau doivent être traversés, il faudra utiliser des endroits désignés à cette fin, y compris des rochers existants. Les activités de tourisme doivent se borner à l'aire désignée à cet effet. On trouvera à l'annexe D des lignes directrices régissant la conduite d'activités dans l'aire de tourisme.
 

iii) Installation, modification ou démantèlement de structures
 

Un grand soin doit être apporté à la localisation et à l'installation de structures afin de minimiser leur impact sur l'environnement. Les sites d'installation doivent être réutilisés dans toute la mesure du possible et leur emplacement doit être enregistré. Les traces des installations seront limitées au minimum possible. Aucune structure ne peut être érigée en dehors des aires d'installations. Il incombe au groupe de coordination de la gestion de décider de la mise en place de nouvelles structures et de la désignation de nouvelles aires d'installations.
 

iv) Camps
Dans les McMurdo Dry Valleys, les camps se limitent à de petites installations (généralement une ou deux tentes) érigées de manière temporaire pour effectuer des recherches au cours d'une campagne. Les campements sont en général éloignés des aires d'installations. Un grand soin doit être apporté à la localisation et à l'installation des camps afin de minimiser leur impact sur l'environnement. Les camps doivent être réutilisés dans toute la mesure du possible et leur emplacement sera enregistré. Les traces des camps doivent être aussi limitées que possible.
 

v) Prélèvement de végétaux et d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Ces activités sont interdites, sauf autorisation expresse en vertu d'un permis délivré au titre de l'article 3 de l'annexe II. S'agissant de la capture d'animaux et des perturbations nuisibles, le code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique devrait être utilisé comme norme minima.
 

vi) Collecte ou enlèvement de matériel trouvé dans la zone

Les matériels qui ne sont pas couverts par l'alinéa v) ci-dessus ne peuvent être collectés ou enlevés de la zone qu'à des fins scientifiques et pédagogiques connexes ou pour des besoins de la gestion essentiels ; seul le minimum nécessaire à ces fins pourra être recueilli ou enlevé. Tous les météorites ramassés doivent être collectés et conservés en conformité avec des normes scientifiques agréées et ils sont rendus disponibles pour des fins scientifiques. Les matériels d'origine humaine susceptibles de porter atteinte aux valeurs de la zone peuvent être enlevés à moins que l'impact de leur enlèvement ne s'avère plus néfaste que leur présence sur le terrain. Si tel est le cas, il convient d'en informer les autorités compétentes.
 

vii) Elimination des déchets

Tous les matériels introduits dans la zone doivent être ramassés et enlevés dans toute la mesure du possible. L'eau utilisée par des êtres humains à de quelconques fins, y compris scientifiques, doit être évacuée et/ou traitée dans un évaporateur d'eaux usées (et les résidus doivent être évacués). Tous les déchets humains doivent être évacués de la zone, y compris les résidus d'incinération.
En vertu de l'article 4 de l'annexe III du Protocole relatif à la protection de l'environnement, les déchets ne sont pas éliminés dans les zones libres de glace, dans les systèmes d'eau douce ou sur de la neige ou de la glace, qui se terminent dans de telles zones ou dans des zones de forte ablation.


 

ix) Rapports de visite

Le groupe de coordination de la gestion doit dans toute la mesure du possible établir des rapports de visite et les communiquer à toutes les parties.
Conformément à l'article 10 de l'annexe V du Protocole relatif à la protection de l'environnement, des dispositions sont prises pour la collecte et l'échange de rapports de visites d'inspection et de tout changement et dommage survenu dans la zone.
Les voyagistes doivent conserver des enregistrements des visites conduites dans la zone, notamment du nombre de visiteurs, des dates des visites et des incidents survenus dans la zone et communiquer ces renseignements au groupe de coordination de la gestion. Les coordonnées géographiques de tous les camps doivent être relevées. En ce qui concerne les caractéristiques spéciales, toutes les visites et activités conduites sur ces caractéristiques, ainsi que les échantillonnages qui y sont réalisés, y compris le type et la quantité, doivent être enregistrés.
 

8. Dispositions relatives à l'échange d'informations préalablement aux activités proposées

Outre l'échange habituel d'informations au moyen des rapports nationaux annuels aux parties signataires du Traité sur l'Antarctique, au SCAR et au COMNAP, les parties opérant dans la zone doivent échanger des informations par l'intermédiaire du groupe de coordination de la gestion.
 

9. Bibliographie

Vincent, W.F., ed. (1996). Environmental Management of a Cold Desert Ecosystem : The McMurdo Dry Valleys. Report of a National Science Foundation Atelier tenu à Santa Fe (Nouveau-Mexique), 14-17 mars 1995.
Wharton, R.A., ed. (1991). McMurdo Dry Valleys : A Cold Desert Ecosystem. Report of a National Science Foundation Workshop Held at the Institute of Ecosystem Studies, The New York Botanical Garden, Millbrook, New York, 5-7 octobre 1991.
Wharton, R.A. and Doran, P.T., eds. (1998). McMurdo Dry Valley Lakes : Impacts of Research Activities. Rapport d'un atelier de la National Science Foundation tenu à l'University of Illinois, Chicago, 15-17 juillet 1998.
 

Plans de gestion

Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 123, vallées Barwick et Balham, terre South Victoria.
Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 131, glacier Canada, vallée Taylor, terre Victoria.
Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 138, terrasse Linnaeus, Asgaard Range, terre Victoria.
Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 154, baie Botany, cap Géologie, terre Victoria.
 


 

A N N E X E A   CODE DE CONDUITE ENVIRONNEMENTAL POUR LES McMURDO DRY VALLEYS
 

Pourquoi les McMurdo Dry Valleys sont-elles jugées si importantes ? Leur écosystème renferme des caractéristiques géologiques et biologiques remontant à des milliers, voire des millions d'années. Nombre de ces caractéristiques anciennes pourraient aisément être irrémédiablement dégradées par l'intervention humaine. Des communautés inhabituelles de formes de vie microscopiques, une faible diversité biologique, des réseaux alimentaires simples caractérisés par une faible concurrence trophique, des stress intenses de température, l'aridité et la pénurie de nutriments sont autant de caractéristiques qui font des McMurdo Dry Valleys un milieu unique. Ce paysage désertique ancien et ses communautés biologiques n'ont qu'une capacité naturelle très limitée pour se remettre d'éventuelles perturbations. La recherche sur ces systèmes doit se donner pour but de minimiser les impacts sur les terres, l'eau et la glace afin de les préserver au profit des générations futures.
 

Matériels
 

Tout ce qui est introduit dans la zone doit en être évacué et rapporté à la station du programme national compétent pour y recevoir le traitement nécessaire.
Toute activité qui provoquerait la dispersion de matériaux étrangers doit être évitée (comme marquer des rochers à la peinture) ou effectuée à l'intérieur d'une cabane ou d'une tente (par exemple les découpes, le sciage et le déballage).
Le matériel de voyage ne sera pas abandonné sur place (comme les broches à visser et les pitons).
 

Incidents liés aux déchets et déversements accidentels
 

L'eau utilisée par les êtres humains à de quelconques fins doit être évacuée et/ou traitée dans un évaporateur d'eaux usées (et les résidus enlevés).
Tous les déchets humains sont ramassés et évacués.
Les individus et les groupes doivent apporter avec eux des conteneurs adaptés au transport et à l'évacuation des déchets d'origine humaine et des eaux usées.
Les incidents liés à des déversements accidentels doivent être signalés au programme national compétent.
Le lieu de tout déversement doit être consigné dans le rapport de visite du groupe.
 

Energie
 

On aura recours dans toute la mesure du possible aux énergies solaire et éolienne afin de minimiser l'utilisation d'hydrocarbures.


 

Déplacements
 

Sauf autorisation spéciale, l'utilisation de véhicules de terrain dans la zone doit être limitée à la glace lacustre ou aux secteurs de pointe Marble, du cap Roberts et de New Harbor.
Les aires désignées doivent être utilisées pour l'atterrissage des hélicoptères. Lorsqu'il n'en existe pas, il convient d'utiliser si possible les aires d'atterrissage connues.
Les dispositifs de bornage clairement visibles en vol doivent être utilisés pour signaler les aires d'atterrissage d'hélicoptères.
Les hélicoptères ne doivent pas utiliser de grenades fumigènes sauf pour des raisons impérieuses de sécurité.
Les charges sous élingue doivent être arrimées avec soin. Les opérations d'élingage sont encadrées par des agents dûment formés.
Les décharges de carburant sont interdites.
Lors des déplacements à pied, il convient de rester dans toute la mesure du possible sur les pistes existantes.
Il faut éviter de marcher sur les zones de végétation.
Il est interdit d'ériger des cairns dans la zone.
Les caractéristiques spéciales et les lignes directrices qui leur sont applicables doivent être connues de tous.
 

Sécurité
 

Les individus et les groupes doivent apporter avec eux dans la zone suffisamment de matériel ― de survie ou autre ― pour assurer leur sécurité.
 

Emplacement et installation des camps
 

Les campements doivent être situés le plus loin possible des berges des lacs, des cours d'eau, des caractéristiques spéciales et des sites anciens d'expérimentation pour éviter les risques de dégradation ou de contamination. Il est interdit de camper dans le lit des cours d'eau, même s'ils sont à sec.
Quand des roches sont déplacées pour installer un camp ou pour toute autre activité, elles doivent si possible être replacées dans leurs traces et, à tout le moins, la face incrustée de sel orientée vers le sol.
Les campements doivent être réutilisés dans la mesure du possible.
L'emplacement des campements doit être consigné dans le rapport de visite du groupe.
On veillera à ce que le matériel et les provisions soient en permanence solidement arrimés pour éviter d'être emportés en cas de vents forts.
 

Carburant et produits chimiques

Des mesures doivent être adoptées pour prévenir tout déversement accidentel de produits chimiques, notamment les réactifs et les isotopes (stables ou radioactifs). Les produits chimiques de toutes sortes doivent être utilisés sur des bacs collecteurs ou d'autres récipients. Quand l'utilisation de radio-isotopes est autorisée, les conseils de sécurité et de manutention doivent être strictement respectés.
En cas d'utilisation de produits chimiques ou de carburant, on veillera à disposer d'équipements de lutte contre les déversements adaptés aux volumes utilisés. Les personnes travaillant avec des produits chimiques et des carburants doivent en connaître le maniement et les procédures d'action applicables en cas de déversement.
Les récipients de produits chimiques et de carburant doivent être bien calés au sol et bouchés, notamment sur la glace de lac.
Tous les fûts de carburant doivent disposer d'un deuxième confinement, d'un type ou d'un autre.
On utilisera des bidons à becs verseurs pour remplir la cuve des groupes électrogènes. Le ravitaillement des groupes électrogènes et des véhicules doit s'effectuer sur des bacs collecteurs à matelas absorbants.
Les véhicules ne doivent être vidangés qu'au-dessus de bacs collecteurs.
Toutes les décharges accidentelles de carburant doivent être nettoyées dans toute la mesure du possible et documentées, coordonnées y compris, dans les rapports d'activité.
 

Lacs
 

Les explosifs sont interdits sur les lacs.
Les véhicules ne peuvent circuler sur la glace de lac qu'en cas de nécessité impérieuse ; ils doivent être garés sur la glace pérenne plutôt que sur la glace marginale pendant la fonte d'été.
Dans la mesure du possible, on veillera à ne rien laisser geler dans la glace de lac qui pourrait ultérieurement provoquer une ablation ou une contamination.
On évitera de nager ou de plonger dans les lacs, sauf avec l'autorisation d'un programme national.
 

Cours d'eau
 

Il faut éviter de franchir des cours d'eau ; quand cela s'avère nécessaire, on utilisera chaque fois que possible les points de passage désignés.
Il faut systématiquement s'abstenir de marcher dans le lit des cours d'eau pour éviter d'en perturber le biote.
On évitera de marcher près des rives des cours d'eau pour en éviter l'érosion.
 

Fonds et flancs de vallées
 

Il faut s'abstenir de perturber les phoques et les manchots momifiés.
On s'écartera des éboulis et des dunes de sable pour éviter leur éboulement.
On évitera de traverser les zones anciennes d'expérimentation pédologique pour ne pas les perturber.
On s'abstiendra de perturber les deltas soulevés qui marquent des littoraux anciens.
 

Désert d'altitude
 

On s'attachera à ne pas endommager les formations rocheuses délicates.

A N N E X E B   LIGNES DIRECTRICES COMPLÉMENTAIRES POUR LA CONDUITE DE RECHERCHES SCIENTIFIQUES
 

Les travaux de recherche entrepris dans les McMurdo Dry Valleys portent sur le climat, les glaciers, les cours d'eau, les lacs, les sols ainsi que la géologie et la géomorphologie locales. Les lignes directrices ci-après visent à prévenir et à atténuer l'impact des activités de recherche engagées dans des environnements essentiels de la zone. Elles sont fondées sur le rapport intitulé McMurdo Dry Valley Lakes : Impacts of Research Activities (Wharton, R.A. and Doran, P.T., 1998), qui résulte d'un atelier international regroupant des scientifiques effectuant des travaux de recherche dans la zone.
 

Sites d'échantillonnage et d'expérimentation
 

Le matériel d'échantillonnage doit être nettoyé avant d'être introduit dans la zone.
L'emplacement des sites d'échantillonnage doit être consigné dans le rapport de visite du groupe.
Il ne faut ni déplacer ni collecter de quelconques spécimens, notamment des fossiles, sauf à des fins scientifiques et pédagogiques.
Dès lors qu'un trou d'échantillonnage a été foré dans la glace de lac ou qu'un puits a été creusé dans le sol, il doit rester propre et tout le matériel d'échantillonnage doit être sécurisé.
On évitera de laisser des bornes (des drapeaux par exemple) ou d'autres matériels sur place pendant plus d'une campagne sans y consigner le numéro et la durée du projet.
 

Installations scientifiques
 

S'agissant des installations scientifiques, notamment les stations météorologiques, les monuments géographiques, les relais de communication, les systèmes de surveillance des lacs et les limnigraphes :
― les installations doivent être érigées avec prudence, être facilement récupérables en cas de besoin, et toujours solidement arrimées pour éviter d'être emportées par vent fort ;
― toutes les installations présentes dans la zone doivent être clairement identifiées par pays, nom du chercheur principal et année d'installation ;
― un rendement énergétique optimal doit être recherché et il convient de privilégier dans toute la mesure du possible les énergies renouvelables ;
― les installations doivent présenter un risque minimal d'émissions nocives pour l'environnement (on utilisera par exemple des piles à électrolyte gélifiée ou d'autres types de piles hermétiques) ;
― l'emplacement géographique des installations doit être enregistré ;
― les matériaux susceptibles de se briser à basse température, comme nombre de plastiques à base de polyéthylène, doivent être évités. De même, les composants en bois et en tissu des structures semi-permanentes doivent être évités car ils s'usent sous l'effet de l'abrasion éolienne et sont une source de défaillance occasionnelle.

Cours d'eau

On optera pour des canaux plutôt que des déversoirs.
Pour la construction des canaux et des ouvrages de maîtrise, on utilisera du sable local ou du sable en sac.
Une documentation sera constituée concernant l'emplacement géographique de tous les ouvrages de maîtrise des cours d'eau, des transects biologiques et des instruments.
On examinera périodiquement (tous les 3 à 5 ans) l'ensemble des ouvrages (comme les canaux) pour détecter toute dégradation, évaluer leur utilité et déterminer l'opportunité de leur démantèlement.
L'utilisation de traceurs et les manipulations seront limitées au minimum nécessaire. Dans la mesure du possible, on aura recours à la modélisation pour transposer les résultats d'expériences à d'autres cours d'eau et bassins lacustres.
On se bornera à utiliser des traceurs naturels et on conservera des relevés de leur utilisation.
Les expériences fondées sur l'utilisation de traceurs seront conçues de manière à limiter leur mouvement dans les lacs. L'augmentation des flux imputable à l'expérience doit rester mineure par rapport au total du flux moyen annuel dissous dans les cours d'eau. On choisira des sites d'expérimentation présentant des tronçons suffisamment longs pour que ces réactions soient achevées avant la fin du tronçon.
Des sites spécifiques seront établis aux fins d'échantillonnage de la biomasse ; leur emplacement géographique, l'ampleur de l'échantillonnage et sa fréquence seront consignés.
Les échantillonnages de biomasse seront limités aux quantités requises pour les analyses prévues et l'archivage.
Aux fins de quantification de l'évolution de la biomasse dans les cours d'eau, on définira et on appliquera des méthodes (comme l'analyse spectrale) ne reposant pas sur la collecte d'échantillons.
 

Lacs
 

On s'attachera à limiter l'emprise et la durée des structures implantées sur la glace. Quand des structures sont installées à proximité du littoral, elles doivent être érigées sur la glace pérenne plutôt que sur la glace marginale qui est susceptible de fondre très rapidement. L'emplacement géographique des structures installées sur la glace doit être enregistré.
L'utilisation de matériel alimenté par des combustibles fossiles sera limitée autant que faire se peut et on privilégiera les dispositifs solaires ou manuels. Des moyens de confinement (comme des bacs collecteurs) seront installés entre le matériel (moteurs, outils, etc.) et la glace pour minimiser les risques d'infiltration d'hydrocarbures dans la glace et de fonte de la couche de surface. Des équipements de lutte contre les déversements doivent toujours être disponibles à proximité.
Des relevés de la zone doivent être effectués, notamment l'ampleur des déblais de glace et les coordonnées géographiques. Les zones d'accès au lac et celles où ont été effectués des échantillonnages doivent être réutilisées dans toute la mesure du possible.
L'utilisation de véhicules à moteur sera réduite au minimum. Les véhicules tout-terrain à moteur à quatre temps sont préférables aux motoneiges à moteur deux temps (du fait de leur moindre rendement énergétique, les moteurs à deux temps augmentent les émissions dues aux hydrocarbures et les émissions de particules).
Les véhicules motorisés doivent être conduits très prudemment pour éviter de capoter ou de traverser la couverture de glace.
On évacuera les matériaux qui remontent de la glace. Il ne faut ni déverser ni déposer de l'eau ou des échantillons de sédiments sur la glace lacustre.
On réduira le nombre de survols en hélicoptère dès que la surface de glace commence à fondre et les atterrissages sur les lacs seront aussi peu fréquents que possible.
On évitera d'entreposer du matériel sur la glace de lac.
Dans la mesure du possible, on utilisera des instruments et du matériel d'échantillonnage différents (par exemple les collecteurs d'eau et les filets à plancton) pour chaque lac afin d'éviter les risques de contamination. Les instruments et le matériel d'échantillonnage doivent être parfaitement nettoyés et, si possible, stérilisés, avant d'être utilisés dans d'autres lacs.
Les déchets chimiques, le glycol et tous les autres déchets liquides (y compris les eaux usées provenant des lacs eux-mêmes) doivent être soigneusement manipulés pour prévenir les déversements accidentels.
Pour toute expérience utilisant des radio-isotopes, des isotopes stables ou d'autres traceurs, on cherchera à privilégier les travaux de laboratoire plutôt que les travaux in situ afin de préserver l'intégrité des propriétés biologiques et chimiques des lacs. Des calculs préliminaires seront effectués pour déterminer l'impact potentiel des expériences à base d'isotopes. Toute introduction sur le site doit être décrite et consignée par écrit.
Les protocoles d'échantillonnage doivent prévoir l'utilisation de câbles sans métal et de récipients d'échantillonnage comme les flacons go-flow afin d'éviter toute contamination des lacs par les métaux.
Pour faire fondre les trous d'accès, on utilisera de préférence des substituts du glycol sans danger pour l'environnement (comme les antigels biodégradables).
On réduira le volume d'eaux usées au minimum en ne collectant que les quantités d'eau et de sédiments strictement nécessaires aux fins des travaux de recherche.
Les personnes travaillant sur la glace lacustre doivent recevoir une formation sur les mesures à prendre pour réduire les pertes d'équipement dans les trous.
Une formation appropriée sera dispensée aux plongeurs et aux équipes de soutien afin de minimiser les impacts de leurs activités sur l'environnement du lac.
Avant d'effectuer des plongées ou d'utiliser des engins télécommandés dans un lac, on examinera l'historique des plongées effectuées sur le site de recherche envisagé, la proximité d'autres zones d'intérêt et la vulnérabilité de la colonne d'eau et du benthos aux perturbations. Ces mêmes considérations s'appliquent aux autres activités d'échantillonnage et de mesure.
On décrira et on consignera toutes les informations relatives aux plongées et à l'utilisation d'engins télécommandés, notamment leur date, leur intensité et leur durée.
Il faut avoir recours aux technologies de pointe (comme les dispositifs à circuit fermé et les systèmes push-pull ) permettant d'atténuer les impacts de la plongée sur l'environnement.
 

Sols
 

A la fin des travaux, les surfaces perturbées seront remises dans un état aussi proche que possible de leur état d'origine. Dans le cas d'excavations de grande taille (de plus de 1 m²), il faut prendre des photos avant de déblayer le sol afin d'avoir une base de référence pour la remise en état du site. On consignera l'emplacement du site restauré.
Les déblais seront stockés sur des bâches ou des tapis pendant l'échantillonnage des sols.
Tous les déblais seront remis en place pour ramener le terrain à son état préalable et les pavages désertiques seront reconstitués dans la mesure du possible. Avant de commencer à déblayer le sol, on peut ôter les pavages de la surface et les conserver de côté pour les remettre en place ultérieurement.
L'emplacement géographique de tous les sites d'échantillonnage pédologique (même lorsqu'ils ont été rebouchés) sera consigné.
Des évaluations environnementales exhaustives seront préalablement réalisées pour toutes les expériences provoquant une modification exogène.
On utilisera aussi peu que possible de matériel mécanisé (comme les foreuses Cobra et les tarières).
 

Glaciers
 

Il convient de minimiser l'utilisation d'eau sous forme liquide (comme les perforatrices à injection d'eau chaude).
On évitera d'utiliser des produits et des solutions chimiques sur la glace.
S'il faut installer des piquets ou d'autres dispositifs de bornage sur un glacier, leur nombre sera réduit aux stricts besoins des travaux de recherche ; dans la mesure du possible, on y enregistrera le numéro et la durée du projet.
Des équipements de lutte contre les déversements doivent être disponibles sur tous les sites où sont utilisés des outils mécaniques. Des bacs collecteurs doivent toujours être utilisés pendant le ravitaillement en carburant.
Les groupes électrogènes doivent être bien réglés pour réduire les émissions au minimum ; ils ne sont utilisés qu'en cas de nécessité. Les groupes électrogènes et les bidons de carburant sont toujours conservés sur des bacs collecteurs.
Dans la mesure du possible, on utilisera pour les opérations de sciage de grande envergure des tronçonneuses électriques alimentées par des groupes électrogènes à moteur à quatre temps (moins polluants que les moteurs à deux temps). On évitera de lubrifier la chaîne des tronçonneuses quand on découpe de la glace froide.
A la fin des projets de recherche, il faut évacuer tous les matériaux ― bois, métal et capteurs ― pris dans la glace afin de minimiser les risques de contamination.
On utilisera des piles à électrolyte gélifiée ou d'autres types de piles hermétiques.
 

Désert d'altitude
 

On se bornera à prélever les seuls échantillons de la communauté endolithique nécessaires aux fins des analyses scientifiques.
 

A N N E X E C   LIGNES DIRECTRICES POUR LES AIRES D'INSTALLATIONS
 

Les aires d'installations sont les zones désignées autour des installations suivantes qui sont administrées par les programmes nationaux opérant dans la zone : cabanes du lac Vanda, camp de Lower Wright, cabane du col Bull, camp du cap Roberts, camp de New Harbor, camp F-6, camp du lac Fryxell, camp du lac Hoare, camp du lac Bonney, station de ravitaillement de pointe Marble, camp du glacier Odell et site d'atterrissage d'Odell, et relais radioélectriques de mont Newall.
Lignes directrices spéciales applicables aux activités conduites dans les aires d'installations :
― les installations, les campements, les aires d'atterrissage pour hélicoptère et les entrepôts de matériel doivent être situés dans les limites des aires d'installations ;
― les sites de campement et d'entreposage situés dans les aires d'installations doivent être réutilisés dans la mesure du possible ;
― les dispositions prises pour le stockage et la manutention du carburant à l'intérieur des sites doivent tenir compte des critères arrêtés dans le plan de gestion de la zone gérée spéciale de l'Antarctique des McMurdo Dry Valleys en prévoyant un système de confinement secondaire, du matériel approprié pour les opérations de remplissage, de décantation ou d'entretien, un stockage sûr et des dispositifs adéquats d'intervention en cas de déversement ;
― tous les déchets doivent être gardés en lieu sûr jusqu'à leur enlèvement.
Les lignes de démarcation des aires d'installations sont définies au tableau 3.
 

Tableau 3 : lignes de démarcation des aires d'installations situées dans la zone.

AIRES D'INSTALLATIONS
 

DESCRIPTION DES LIGNES DE DÉMARCATION
 

COORDONNÉES DES LIGNES
 

Cabanes du col Bull.
 

La ligne de démarcation englobe le platier caillouteux sur lequel se trouvent les cabanes et les tentes ; elle est bornée au nord par un gros rocher, à l'est et à l'ouest par de petites crêtes rocheuses, et au sud par une ligne entre les extrémités de la crête. Une SMA est implantée bien à l'ouest de la ligne de démarcation de la zone.
 

77,518 1° S, 161,853 9° E
77,517 9° S, 161,849 3° E
77,516 4° S, 161,851 9° E
77,516 7° S, 161,855 9° E
 

Cabanes du cap Roberts.
 

La ligne de démarcation renferme toute la zone basse entre les plages nord et sud de cap Roberts, y compris les deux cabanes et l'entrepôt à carburant. Le coin sud-est de la zone se situe à l'entrepôt de carburant, puis la ligne de démarcation se poursuit au nord le long d'une pente caillouteuse, puis à l'ouest en suivant le bord d'un zone de rochers, et au sud derrière les cabanes, en suivant le bord d'une autre pente pierreuse. La zone est bornée au sud par le littoral d'une petite baie.
 

77,034 6° S, 163,178 9° E
77,034 6° S, 163,179 9° E
77,034 8° S, 163,180 7° E
77,036 0° S, 163,179 8° E
 

Camp F-6.
 

La ligne de démarcation commence en un point situé au sud-ouest dé l'aire d'atterrissage des hélicoptères, se poursuit en direction nord-est jusqu'à un point situé juste à l'est de la cache d'urgence (caisson de survie), puis au nord en contournant la tente la plus au nord-est, à l'ouest jusqu'à un point au nord-ouest des tentes (près du lac), au sud en contournant le déversoir, et au sud-est jusqu'au point de départ près de l'aire d'atterrissage des hélicoptères.
 

77,608 8° S, 163,255 4° E
77,608 4° S, 163,257 1° E
77,607 6° S, 163,257 7° E
77,607 6° S, 163,256 6° E
77,607 7° S, 163,253 5° E
77,608 3° S, 163,253 2° E
 

Camp du lac Bonney.
 

La ligne de démarcation commence en un point à l'ouest de la remise du groupe électrogène proche du lac, se poursuit au sud-est jusqu'à un rocher situé derrière une tente, puis au nord-est jusqu'à une colline surplombant une tente, au nord-est, puis au nord jusqu'à un point situé au nord-est de la tente la plus à l'est, à l'ouest jusqu'au littoral, au sud-ouest le long du littoral ; elle passe au nord de l'aire d'atterrissage des hélicoptères, se poursuit au sud-ouest le long de la berge du lac jusqu'à un point au nord-ouest de la station météorologique, pour revenir ensuite au point de départ en dessous de la remise du groupe électrogène.
 

77,716 0° S, 162,456 2° E
77,716 5° S, 162,459 3° E
77,716 2° S, 162,463 2° E
77,715 8° S, 162,465 5° E
77,715 0° S, 162,462 1° E
77,715 3° S, 162,460 2° E
 

Camp du lac Fryxell.
 

Au coin sud-est, la ligne de démarcation suit la berge du lac jusqu'à un point au sud-ouest de l'aire d'atterrissage des hélicoptères, remonte jusqu'au petit plateau situé sous la colline, passe derrière la tente la plus éloignée au coin nord-ouest, puis à l'est du cours d'eau, au sud-est le long de la berge du cours d'eau jusqu'à la tente la plus à l'est, puis au sud jusqu'au point de départ près du lac.
 

77,606 3° S, 163,126 7° E
77,606 6° S, 163,122 9° E
77,605 7° S, 163,121 8° E
77,605 6° S, 163,121° E
77,604 9° S, 163,121 2° E
77,604 8° S, 163,125 2° E
77,605 2° S, 163,126 5° E
77,606 3° S, 163,126 6° E
 

Camp du lac Hoare.
 

La ligne de démarcation part d'un endroit pierreux au sud-est des aires d'atterrissage des hélicoptères, se poursuit au nord en contournant la cache d'urgence, puis au nord-est jusqu'à un rocher au nord-ouest de la tente la plus à l'ouest, puis au nord-est jusqu'à un point au nord d'autres tentes, puis de nouveau au nord-est jusqu'à la tente la plus au nord-est, au sud le long du cours d'eau/glacier jusqu'à un point à l'est des anciennes installations du lac Hoare (salle de bains et remise de matériel de plongée), au sud-ouest jusqu'à la fin de la flèche, au nord-ouest jusqu'à la plage située sous le bâtiment principal, et au nord-ouest jusqu'au point de départ, proche des aires d'atterrissage des hélicoptères.
 

77,623 3° S, 162,897 8° E
77,623 1° S, 162,897 7° E
77,622 5° S, 162,897 9° E
77,621 9° S, 162,899 3° E
77,621 0° S, 162,904 7° E
77,621 0° S, 162,905 8° E
77,623 2° S, 162,906 6° E
77,624 5° S, 162,905 6° E
77,623 5° S, 162,900 8° E
 

Cabanes du lac Vanda.
 

La ligne de démarcation suit le bord de la zone basse sur laquelle sont installés les cabanes, la SMA, le site borné d'atterrissage des hélicoptères et les tentes.
 

77,523 6° S, 161,685 9° E
77,523 4° S, 161,686 1° E
77,522 3° S, 161,690 9° E
77,522 4° S, 161,691 9° E
77,522 6° S, 161,691 9° E
77,523 5° S, 161,687 5° E
 

Camp de Lower Wright.
 

La ligne de démarcation englobe la cabane, un site borné d'atterrissage pour hélicoptères et un caisson d'urgence. Elle est bornée par les pentes qui s'élèvent sur les versants ouest et est, une importante fissure dans le pavage à l'extrémité sud et des zones pierreuses à l'extrémité nord. Une station météorologique et un déversoir se trouvent hors de l'aire et sont accessibles à pied depuis le site.
 

77,442 6° S, 162,650 7° E
77,442 2° S, 162,650 3° E
77,442 1° S, 162,652 2° E
77,442 5° S, 162,652 5° E
 

Station de ravitaillement de pointe Marble.
 

La ligne de démarcation commence au point le plus à l'est (à l'est des puits creusés dans le sol), se poursuit au nord-ouest en contournant la principale aire d'installations, puis au nord-ouest en contournant la conduite et les réservoirs de carburant, au nord-ouest le long de la route, au sud-ouest en contournant l'extrémité de la route et la zone d'étape, au sud-est le long de la route puis en contournant les aires d'atterrissage des hélicoptères, au sud-est en contournant l'étang, et au nord-est jusqu'au point à l'est des puits creusés dans le sol.
 

77,414 3° S, 163,690 1° E
77,413 6° S, 163,687° E
77,413 5° S, 163,683 7° E
77,413 4° S, 163,680 1° E
77,411 9° S, 163,670 8° E
77,412 3° S, 163,669 2° E
77,414 3° S, 163,679° E
77,414 8° S, 163,687 8° E
 

Relais radioélectrique de mont Newall.
 

La ligne de démarcation commence au point situé le plus au nord-est, au nord-est de la remise à matériel verte, puis se poursuit au sud-ouest le long du flanc sud-est de la crête en contournant la remise à matériel verte, le relais néo-zélandais, l'éolienne, la cabane AFTEC, l'antenne, la cabane de survie, la cache de survie, puis elle contourne l'aire d'atterrissage des hélicoptères, se poursuit au nord-est le long du flanc nord-ouest de la crête en contournant la cabane du camp, l'antenne, la cabane AFTEC, l'éolienne, le relais néo-zélandais et jusqu'au point de départ, la remise à matériel verte.
 

77,503 9° S, 162,626 7° E
77,504 1° S, 162,626 6° E
77,504 3° S, 162,625 8° E
77,504 5° S, 162,625 3° E
77,504 5° S, 162,625 3° E
77,504 8° S, 162,624 4° E
77,505 2° S, 162,622 2° E
77,504 9° S, 162,621 3° E
77,504 7° S, 162,623 3° E
77,504 3° S, 162,624 9° E
77,503 9° S, 162,626° E
 

Camp de New Harbor.
 

La ligne de démarcation commence en un point situé au nord-ouest de la remise du groupe électrogène (sur la berge), se poursuit au sud-ouest au-delà de la zone d'élingage, à l'est jusqu'à un point au sud de l'aire d'atterrissage des hélicoptères, au nord-est jusqu'à un point à l'est des principales cabanes Jamesway, au nord-ouest jusqu'à un point au nord du bâtiment abritant le laboratoire, au sud-ouest jusqu'à un point situé juste au nord de l'ancien trou de forage, et au sud-ouest le long de la berge jusqu'au point de départ près de la remise du groupe électrogène.
 

77,577 7° S, 163,517 5° E
77,578 5° S, 163,516 3° E
77,578 3° S, 163,519 9° E
77,577 8° S, 163,522 3° E
77,577 2° S, 163,519 8° E
77,577 3° S, 163,518 5° E
 

Camp et site d'atterrissage du glacier d'Odell.
 

Cette aire d'installations comporte deux groupes de structures distinctes : le camp du glacier Odell et le site d'atterrissage d'Odell. La ligne de démarcation du camp est définie comme étant un cercle de 35 mètres de rayon à partir du centre du camp, englobant la cabane, le groupe électrogène, l'éolienne, les batteries solaires, une tente Scott et le site d'atterrissage des hélicoptères. Le camp est établi dans une cuvette formée par les pentes glacées du glacier et une échancrure dans les collines Allan (à une jonction de glace bleue et d'une pente neigeuse sur le flanc des collines Allan). La ligne de démarcation du site d'atterrissage d'Odell est définie comme étant le lobe nord du glacier Odell.
 

Camp du glacier d'Odell : un cercle d'un rayon de 35 mètres à partir du centre du camp défini par les coordonnées 76,681 0° E, 159,913 4° S.
Site d'atterrissage du glacier d'Odell : entre 76,647 2° S, 159,969 0° E (seuil) et 76,662 9° S, 159,955 3° E (extrémité de départ), 1 790 mètres de long et 104 mètres de large.
 

Le tableau 4 indique le nombre d'aires d'atterrissage d'hélicoptères dans chacune des aires d'installations.
 

Tableau 4 : aires d'atterrissage d'hélicoptères dans chacune des aires d'installations de la zone

AIRES D'INSTALLATIONS
 

NOMBRE DE SITES
désignés pour l'atterrissage
des hélicoptères
 

Cabane du col Bull.
 

1 aire
 

Camp de cap Roberts.
 

0 aire
 

Camp F-6.
 

1 aire
 

Camp du lac Bonney.
 

1 aire
 

Camp du lac Fryxell.
 

2 aires avec zone d'élingage
 

Camp du lac Hoare.
 

2 aires avec zone d'élingage
 

Cabanes du lac Vanda.
 

1 aire
 

Cabanes de Lower Wright.
 

1 aire
 

Station de ravitaillement de pointe Marble.
 

3 aires
 

Relais radioélectrique de mont Coates.
 

0 aire
 

Relais radioélectrique de mont Newall.
 

1 aire
 

Camp de New Harbor.
 

1 aire avec zone d'élingage
 

Camp et site d'atterrissage du glacier d'Odell.
 

1 aire
 


A N N E X E D  LIGNES DIRECTRICES POUR L'AIRE DE TOURISME

Lignes directrices spéciales pour les activités conduites au sein de l'aire de tourisme :
― les déplacements de touristes dans cette aire se font en petits groupes guidés ;
― les voyagistes veillent à ce que les sentiers situés dans l'aire de tourisme soient clairement balisés et que les visiteurs s'y tiennent. Les bornes utilisées pour délimiter les routes touristiques et les sites remarquables doivent être enlevées à la fin de chaque visite ;
― les tours atterrissent sur l'aire située par 77,635 8° de latitude sud et 163,065 6° de longitude est ;
― les groupes de touristes ne peuvent camper dans l'aire de tourisme sauf pour des raisons de survie et de sécurité ;
― il faut éviter les lits des cours d'eau et des étangs. Si des cours d'eau doivent être franchis, il faut utiliser des lieux de passage désignés, y compris les rochers existants ; et
― les activités envisagées et conduites dans la zone doivent avoir lieu en conformité avec la recommandation XVIII-1 de la RCTA.
L'aire de tourisme est située dans la vallée Taylor, à proximité du glacier Canada. La ligne de démarcation part du point le plus au nord, à proximité du glacier Canada, se poursuit au sud-est jusqu'à un point au nord-ouest d'une zone recouverte de mousse et près d'un phoque momifié, puis au sud-ouest le long du glacier Canada, au sud jusqu'à un point au sud-ouest d'une borne en bambou, au sud-est jusqu'à un point au sud d'un cairn, au sud-est en suivant des points élevés englobant la partie basse de l'aire et un sentier piéton jusqu'à un point au sud, puis au nord en parallèle du sentier piéton, le long de reliefs élevés, au nord-ouest en passant au nord-est d'un phoque momifié et des tentes, jusqu'au point de départ le plus au nord du glacier Canada.

A N N E X E E   LIGNES DIRECTRICES APPLICABLES AUX CARACTÉRISTIQUES SPÉCIALES

Les lignes directrices suivantes s'appliquent aux caractéristiques spéciales énumérées dans la présente annexe :
― les activités d'échantillonnage et de recherche sont limitées au minimum sur les caractéristiques spéciales et à proximité ;
― tous les travaux d'échantillonnage sur les caractéristiques spéciales, notamment leur genre et leur quantité, sont consignés aux rapports de visite des groupes et communiqués au programme national compétent ;
― les hélicoptères doivent atterrir à bonne distance des caractéristiques spéciales.
Caractéristiques spéciales : emplacement géographique, description et lignes directrices spéciales qui leur sont applicables
1. Mesa Prospect (77,523 7° S, 161,889 6° E).
La mésa Prospect contient des sédiments marins uniques :
― on évitera de marcher sur la mésa sauf pour y réaliser des travaux de recherche.
2. Ravine Argo (77,519 7° S, 161,690 1° E).
Ce segment de cours d'eau à travers la station Vanda est un dépôt marin unique du Miocène moyen :
― on évitera de marcher trop près du bord surplombant la ravine.
3. Pavage Boulder (77,522 7° S, 161,746 6° E).
Le pavage Boulder se situe sur l'Onyx et abrite le tapis microbien le plus étendu de la vallée Wright ; il sert de filtre biologique pour le lac Vanda :
― on évitera de traverser le pavage Boulder sauf pour y prélever des échantillons ;
― pendant les travaux d'échantillonnage, on marchera sur les rochers pour éviter de piétiner le tapis microbien.
4. Promontoire Battleship (76,899 6° S, 161,005 5° E).
Promontoire de grès abritant de nombreuses communautés cryptoendolithiques :
― on prendra soin de ne pas endommager les roches et les communautés anciennes.
5. Etang Don Juan (77,563 0° S, 161,189 6° E).
Ecosystème hypersalin abritant des dépôts salins uniques :
― on évitera de traverser à pied le lac et les dépôts salins à proximité ;
― on ne perturbera pas les dépôts salins pour empêcher toute nouvelle dégradation.
6. Bassin versant du lac Trough (78,273 6° S, 163,465 2° E).
Exemple quasi-intact d'une unité hydrologique complète (cours d'eau, étangs, lacs) :
― il faut limiter au minimum les visites dans ce bassin versant qui n'a guère été visité jusqu'ici et constitue de ce fait un site de référence au paysage quasiment vierge.
7. Sand Dune field (77,371 5° S, 162,220 5° E), (dans la basse vallée Victoria).
La plus grande dune de sable de la zone :
― on évitera de marcher sur les dunes.
8. Anse des explorateurs (77,577 0° S, 163,516 9° E).
Un platier de sable recouvert par la marée et caractérisé par des bâches contenant des tapis benthiques uniques de diatomées et de cynobactéries :
― on évitera de marcher sur les aires d'échantillonnage scientifique et dans les bâches après leur dégel à la mi-novembre.
9. Sédiments Sirius du mont Feather (77,932 0° S, 161,436 7° E).
Un site important de sédiments Sirius.

A N N E X E I I  PLAN DE GESTION POUR LE SITE ET MONUMENT HISTORIQUE

N° 77 ET LA ZONE GÉRÉE SPÉCIALE DE L'ANTARCTIQUE N° 3
 

Cap Denison, baie du Commonwealth, terre George V, Antarctique oriental
67° 00' 13'' de latitude sud ― 67° 00' 50'' de latitude sud 142° 40' 001'' de longitude est ― 142° 41' 27'' de longitude est
Introduction
Le cap Denison, baie du Commonwealth, est l'undes principaux sites des premières activités humaines dans l'Antarctique. C'est là que se situait la base de l'expédition antarctique australasienne de 1911-1914, montée et dirigée par Douglas Mawson, plus tard Sir Douglas Mawson. Symbole majeur de l'époque héroïque de l'exploration antarctique, c'est l'un des six derniers sites de cette époque qui subsistent aujourd'hui. C'est également au cap Denison qu'ont été réalisées certaines des études antarctiques les plus anciennes et les plus complètes de géologie, géographie, géomagnétisme, astronomie, météorologie, glaciologie, océanographie, biologie, zoologie et botanique. Le cap Denison a servi de base de départ à de nombreuses explorations à l'intérieur des terres et on y trouve des objets associés à ces expéditions en traîneau, notamment des caches à provisions et du matériel. Etant donné l'importance considérable du cap Denison au plan historique, culturel et scientifique, la zone tout entière est protégée en tant que zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) en vertu des articles 2, 4, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole du Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Elle est également inscrite sur la liste des sites et monuments historiques conformément à l'article au paragraphe 1 de l'article IX du Traité sur l'Antarctique et au paragraphe 2 de l'article 8 de l'annexe V du Protocole.
Le cap Denison se caractérise par quatre vallées alignées de nord-ouest en sud-est. Les objets datant de l'expédition antarctique australasienne, notamment les bâtiments (cabanes Mawson) et d'autres structures, sont pour la plupart concentrés dans la plus occidentale des vallées ainsi que sur les flancs des deux côtés de cette vallée. Ces anciennes cabanes et leurs environs immédiats constituent la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 162.
 

1.0. Description des valeurs à protéger
Valeurs primaires
 

Ce projet de ZGSA englobe les valeurs historiques, archéologiques, sociales et esthétiques que possède le cap Denison.
 

Valeur historique
 

L'époque héroïque de l'Antarctique a été une période d'aventures et de découvertes fabuleuses. Le cap Denison, baie du Commonwealth, abrite les bâtiments, les structures et les reliques de la base principale de l'expédition antarctique australasienne de 1911-1914 dirigée par Douglas Mawson.
L'expédition de Mawson était essentiellement centrée sur la recherche scientifique. Cependant, elle avait aussi une visée exploratoire, axée sur la cartographie de toute la côte antarctique située immédiatement au sud de l'Australie. A compter du printemps 1912, au moins cinq expéditions en traîneau furent organisées dans ce but à partir du cap Denison, dont la tristement célèbre expédition en traîneau dans l'extrême est qui coûta la vie à Belgrave Ninnis et Xavier Mertz et dont Mawson lui-même réchappa de justesse. Au bout du compte, plus de 6 500 km furent ainsi parcourus par les traîneaux de l'expédition le long des côtes et dans l'arrière-pays.
Le cap Denison abrite de nombreuses reliques ayant trait aux travaux de l'expédition de Mawson, notamment les cabanes Mawson et d'autres objets importants et relativement intacts datant de l'époque héroïque . La plupart d'entre elles sont concentrées dans la plus occidentale des vallées et ses environs immédiats, mais les limites historiques de la base principale s'étendent plus loin. On trouve des objets et d'autres vestiges d'occupation, comme des caches à provisions, sur le cap tout entier. Ils constituent de précieuses ressources matérielles pour la recherche et l'interprétation, susceptibles de dévoiler des données scientifiques et informations sur des aspects de la vie des membres de l'expédition, qui ne figurent pas dans les comptes rendus écrits.
 

Valeurs esthétiques
 

Cette ZGSA est désignée pour préserver à la fois les objets subsistant sur le site et le paysage culturel du cap Denison où Mawson et ses collaborateurs ont vécu et travaillé. Le cap Denison se caractérise par un blizzard quasi permanent qui rend des plus difficiles l'accès au site et la conduite d'activités dans la région. Les vents systémiques et katabatiques s'engouffrent dans les vallées du cap où ils soufflent en couloir, fondant sur la cabane avec des rafales qui, en mai 1912, atteignirent 322 km/h (le vent moyen pour ce mois de l'année est de 98 km/h). Le cap Denison n'est pas seulement l'endroit le plus éventé l'Antarctique, c'est aussi l'endroit le plus éventé de la planète au niveau de la mer. Ce site présente ainsi le contexte physique et symbolique de l'isolement et des conditions extrêmes qu'ont endurés les membres de l'expédition et, par voie d'association, tous les chercheurs et explorateurs de l' époque héroïque . En désignant l'intégralité de la zone comme une ZGSA, on protège l'unique pouvoir évocateur du cap Denison dont les cabanes Mawson et Boat Harbour constituent les principales attractions visuelles. Les cabanes Mawson jouissent d'une protection complémentaire dans la ZSPA n° 162.
 

Valeurs pédagogiques
 

Avec pour toile de fond spectaculaire le plateau antarctique, la faune et la flore sauvages du cap Denison ainsi que les objets non perturbés qu'on y trouve représentent des valeurs pédagogiques importantes. L'isolement de la zone et les conditions atmosphériques extrêmes qui y règnent offrent aux visiteurs un aperçu unique en son genre des conditions qu'ont endurées les chercheurs et les explorateurs de l' époque héroïque tout en leur donnant la possibilité de mieux apprécier leurs exploits.
 

Valeurs environnementales
 

La rareté des zones relativement libres de glace dans la région immédiate a permis le développement d'un vaste assortiment de formes organiques au cap Denison (annexes A et C). La plus proche des zones libres de glace de taille égale ou supérieure au cap Denison se trouve à environ 20 km à l'est du cap Denison (à partir du centroïde de la ZGSA) et quelque 60 km vers l'ouest. Le cap, qui est un lieu de rassemblement pour les phoques de Weddell, les léopards et les éléphants de mer, est aussi un lieu de reproduction pour les manchots Adélie, les pétrels de Wilson, les pétrels des neiges et les labbes antarctiques.
La flore du cap Denison se compose de 13 espèces de lichen présentes sur les roches et autres moraines dans l'ensemble de la péninsule. Ces espèces sont énumérées à l'annexe C. Il ne semble pas y avoir de bryophytes. La répartition des lichens sur les roches qui sont soumises à différents schémas d'ablation de la neige les rend vulnérables au piétinement et aux autres perturbations que causent les visiteurs, quel que soit le nombre peu fréquent de visites.
Il y a au cap Denison treize petits lacs associés à l'action glaciaire ; ils en constituent une caractéristique permanente et sont gelés pendant la quasi-totalité de l'année. Ces lacs sont aussi susceptibles de subir des modifications physiques, chimiques et biologiques dans les limites de leur bassin versant, ce qui impose une gestion des activités humaines à l'échelle de l'ensemble du bassin versant.
 

Valeurs scientifiques
 

Mawson, un géologue, a monté son expédition pour examiner la théorie de la jonction des plaques continentales et les processus glaciaires et climatiques. Il voulait également étudier le pôle magnétique sud et en dresser la carte magnétique pour faciliter la navigation, réaliser des études biologiques, identifier des espèces nouvelles et mettre en place une station météorologique.
Le cap Denison permet de répéter les expériences menées par Mawson et d'effectuer des études complémentaires dans les domaines du magnétisme, de la météorologie, de la biologie et dans d'autres sciences. Ainsi, bien que les lacs de l'Antarctique soient en général jugés précieux du fait de leurs écosystèmes naturels relativement simples, aucun échantillonnage n'a été effectué dans les lacs du cap Denison et leur biote n'a pas été étudié. On y trouve en outre de nombreuses algues d'eau douce ; mais, une fois de plus, aucune étude n'a été réalisée. Les relevés de l'expédition de Mawson constituent un ensemble de données auxquelles pourraient être comparés les résultats des recherches modernes et l'isolement du site le rend extrêmement précieux car il peut servir de site témoin pour d'autres zones soumises à davantage d'activités humaines.
 

Buts et objectifs
 

La gestion de la zone a pour but de faciliter la planification et la coordination des activités actuelles et futures conduites dans la zone, d'éviter d'éventuels conflits et d'améliorer la coopération entre les Parties afin de prévenir toute dégradation des valeurs de la zone et d'écarter les principales menaces auxquelles elles sont soumises. Les objectifs de gestion sont les suivants :
― prévenir toute dégradation de la zone, de ses caractéristiques, de ses objets et de ses valeurs ;
― assurer la conservation des valeurs patrimoniales de la zone grâce à un programme structuré de conservation ; et
― permettre la mise en œuvre d'activités de gestion favorisant la protection des valeurs et caractéristiques de la zone.
 

3.0. Activités de gestion
 

Les activités de gestion ci-après peuvent être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :
― les activités de recherche ou autres qui sont indispensables ou souhaitables pour la connaissance, la protection et la conservation des valeurs de la zone ;
― l'enlèvement d'objets qui n'ont pas trait à l'expédition antarctique australasienne de 1911-1914 et/ou aux expéditions antarctiques britanniques, australiennes et néo-zélandaises (BANZARE) de 1929-1931 et qui compromettent les valeurs historiques et esthétiques de la zone, à condition que leur enlèvement ne porte pas atteinte aux valeurs de la zone et que les informations pertinentes les concernant soient consignées avant leur enlèvement. On envisagera en priorité l'enlèvement des installations de terrain situées dans la zone de protection visuelle, en tenant compte des besoins (notamment en matière de sécurité) des agents de conservation et des travaux du programme de conservation ;
― l'entretien indispensable des autres objets et infrastructures, dont la station météorologique automatique ;
― l'installation de panneaux de signalisation indiquant les lignes de démarcation des SMH et de la ZGSA ;
― les visites nécessaires pour déterminer si la zone continue de répondre aux buts pour lesquels elle a été désignée et faire en sorte que les mesures de gestion soient adéquates ; et
― les consultations avec les autres programmes antarctiques nationaux opérant dans la région ou avec ceux ayant un intérêt pour la gestion des sites historiques de l'Antarctique ou une expérience en la matière, dans le but d'assurer la bonne mise en œuvre des dispositions ci-dessus.
 

4.0. Durée de la désignation
 

Cette ZGSA est désignée pour une durée indéterminée.
 

5.0. Description de la zone
5.1. Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel
 

Le cap Denison (67° 00' 13'' de latitude sud ― 67° 00' 050'' de latitude sud ; 142° 39' 02'' de longitude est ― 142° 41' 28'' de longitude est), est situé au centre de la baie du Commonwealth, une bande littorale de 60 km de large qui s'étend sur terre George V, à quelque 3 000 km au sud de Hobart (Australie). Le cap lui-même est une flèche escarpée de 1,5 km de large constituée de glace, de neige, de roches et de moraines, qui s'avance dans la baie du Commonwealth depuis la paroi abrupte de la calotte glaciaire du continent antarctique. Boat Harbour, sur le versant occidental du cap, forme une échancrure de 400 mètres de long sur la côte.
La ZGSA désignée (Carte A) s'étend de Land's End (67° 00' 46'' de latitude sud, 142° 39' 24'' de longitude est) à l'ouest, suit le littoral jusqu'à la pointe nord de la côte occidentale de Boat Harbour (67° 00' 24'' de latitude sud, 142° 39' 28'' de longitude est), traverse l'entrée de Boat Harbour (en suivant une diagonale droite orientée nord-est) jusqu'à la pointe nord de la butte Penguin (67° 00' 17'' de latitude sud, 142° 39' 31'' de longitude est) sur la côte orientale de Boat Harbour, suit le littoral dans une direction sud-est, en descendant jusqu' à John O'Groats (67° 00' 47'' de latitude sud, 142° 41' 27'' de longitude est). Au sud, la ligne de démarcation s'étend en ligne droite de Land's End à John O'Groats le long du 67° 00' 47'' de latitude sud. Sauf pour la traversée de l'entrée de Boat Harbour, la ligne de démarcation nord englobe les terres situées au-dessus de la laisse de bas de mer.
Les falaises de glace situées aux deux extrémité du cap (Land's End et John O'Groats) et la mer qui borde le littoral au nord constituent en quelque sorte des limites naturelles ; aucune borne n'a été installée dans la mesure où la côte offre une limite clairement définie. Des panneaux seront mis en place aux limites orientales (John O'Groats) et occidentales (Land's End) de la ligne de démarcation sud.
 

Caractéristiques naturelles : topographie et géomorphologie
 

La topographie du cap Denison est définie par une série de quatre crêtes rocheuses qui courent sur un axe sud-sud-est à nord-nord-ouest et par trois vallées. La plus grande de ces vallées, qui est aussi celle située le plus à l'ouest, abrite les bâtiments de l'expédition antarctique australasienne qui sont protégés dans le cadre de la ZSPA n° 162. Le socle du cap Denison est constitué d'orthogneiss felsiques massifs et partiellement migmatisés qui ont pénétré il y a environ 2 350 millions d'années dans une séquence métamorphosée plus ancienne. Au-dessus du socle, on trouve une zone basse de roches relativement polies et une zone plus élevée formée de roches relativement non polies ; la première de ces zones est particulièrement marquée en dessous de 12 mètres sous le niveau de la mer, attestant un soulèvement et un affleurement plus récents que ceux de la zone élevée. On distingue également une moraine haute et une moraine basse, la moraine haute, plus proche de la lisière du plateau, présentant une diversité de roches anguleuses. La moraine basse est dominée par des roches locales organisées en rangs qui sont sans doute le résultat d'une poussée glaciaire depuis la mer, plutôt qu'une véritable moraine glaciaire.
 

Masse d'eau
 

Le cap Denison comporte 13 petits lacs glaciaires qui sont globalement orientés en parallèle de la foliation du socle rocheux. Au plus fort de l'été, le cap Denison présente aussi de nombreux torrents d'eau de fonte qui se jettent dans la baie du Commonwealth. On ne sait pas si ces torrents suivent des cours établis ou s'ils résultent du cycle normal de gel et de dégel.
 

Caractéristiques biologiques
 

Le cap Denison est le lieu estival de reproduction des manchots d'Adélie, des pétrels de Wilson, des pétrels des neiges et des labbes antarctiques (carte C). On a également repéré d'autres espèces dans la zone, à savoir des damiers du cap, des pétrels de l'Antarctique, des pétrels géants et des manchots empereurs. Une liste complète des espèces et du nombre de couples reproducteurs (quand ces données sont disponibles) figure à l'annexe A.
On a également vu des phoques de Weddell, des éléphants et des léopards de mer se rassembler dans la zone et des éléphants de mer qui venaient muer au cap Denison. Du fait de la nature sporadique des visites dans la zone, le suivi a été irrégulier et la taille réelle des populations de phoques reste incertaine. Diverses données sont présentées à l'annexe Bii.
Les seules espèces de flore présentes au cap Denison sont les lichens ― dont une liste d'espèces figure à l'annexe C ― et des algues d'eau douce qui restent à étudier.
 

5.2. Accès à la zone
 

Que ce soit par terre, mer ou air, il est difficile d'accéder au cap Denison en raison du terrain accidenté et du climat de la zone. L'étendue de glace de mer et la bathymétrie inconnue ne permettent pas aux bateaux de s'approcher facilement à moins de trois milles nautiques environ du littoral. L'accès à la zone se fait ensuite par hélicoptère ou au moyen de petites embarcations bien qu'il soit souvent difficile d'accoster du fait de la taille des vagues ainsi que des vents katabatiques ou des vents dominants de nord-ouest. Les accostages sont possibles à Boat Harbour et plein nord de la cabane Srensen (dans la ZGSA n° 162). L'aire d'atterrissage des hélicoptères ainsi que les trajectoires d'approche et de départ sont indiquées sur la carte C.
Il n'y a pas à terre de routes ou d'autres infrastructures de transport. Les véhicules terrestres ne doivent être utilisés qu'en conformité avec le code de conduite (voir à la section 8.0).
L'accès à pied dans la zone est illimité sauf dans les endroits où se trouvent des bâtiments AAE, des objets ou des colonies d'oiseaux ou de lichens ; il doit se faire en conformité avec le code de conduite (voir à la section 8.0).
 

5.3. Emplacement des structures et autres objets à caractère anthropique dans et à proximité de la zone
 

Le cap Denison se distingue par le fait qu'il abrite quatre bâtiments historiques ainsi qu'une croix du souvenir érigés par l'expédition antarctique australasienne de 1911-1914. Les bâtiments et leurs environs immédiats sont protégés au titre de la ZSPA XXX.
On trouve dans la ZGSA plusieurs structures datant de l'expédition antarctique australasienne, notamment des bornes topographiques et le mât qui couronne la colline Anémomètre, environ 150 mètres à l'est de la principale cabane Mawson. Le 5 janvier 1931, les membres de l'expédition BANZARE (dont Douglas Mawson) se sont rendus au cap Denison pour revendiquer officiellement au nom de la Grande-Bretagne terre George V, et c'est sur ce mât qu'ils ont hissé le drapeau symbolisant leur proclamation et fixé un boîtier contenant le texte de la proclamation. Une petite plaque de bois et la proclamation qui sont toujours fixés au mât sont les seuls objets officiels de cette visite qui demeurent aujourd'hui encore in situ.
On trouve six autres structures au cap Denison : une station météorologique automatique (SMA) ; un abri de terrain connu sous le nom de cabane Srensen ; une cabane Apple rouge en fibre de verre ; une plate-forme en bois sur laquelle on peut monter des tentes ; un abri de terrain appelé cabane Granholm et une plaque, à proximité de la principale cabane Mawson, signalant que la cabane est un monument historique.
La SMA est située par 67° 00' 33'' de latitude sud et 142° 39' 51'' de longitude est, sur une élévation proche de lac Rond, à environ 150 mètres au sud-est de la principale cabane Mawson. Elle est utilisée depuis 1990 dans le cadre du projet des stations météorologiques automatiques de l'Antarctique de l'université du Wisconsin-Madison à laquelle elle appartient.
La cabane Srensen se trouve à environ 400 mètres de la principale cabane Mawson, par 67° 00' 29'' de latitude sud et 142° 40' 12'' de longitude est. Elle a été construite en 1986 par le programme national australien pour offrir un abri temporaire aux personnes chargées d'assurer la conservation des cabanes Mawson ; elle contient des provisions et du matériel de terrain. De nombreux articles sont en outre entreposés en dessous, à proximité immédiate de la cabane Srensen et dans la cabane Apple adjacente.
La cabane Granholm est située par 67° 00' 29'' de latitude sud et 142° 39' 26'' de longitude est, quelque 160 mètres au nord-ouest de la principale cabane Mawson. Elle a été construite en 1978 pour fournir un abri temporaire et un atelier aux personnes qui travaillaient à la restauration des cabanes Mawson. On y trouve de nombreux matériaux de construction, un peu de matériel de terrain et un stock limité de provisions. D'autres matériaux de construction sont entreposés en dessous de la cabane.
A l'est de la cabane Granholm se trouve un tas de grumes de pins de l'Oregon et de la Baltique utilisées pour les travaux de restauration de la cabane principale. Les grumes sont arrimées à des rochers par des câbles galvanisés. Un autre tas de grumes se trouve sur des rochers à environ 100 mètres au sud-est de la cabane principale et à 10 mètres du site désigné pour l'atterrissage des hélicoptères.
La borne signalant le SMH, qui se trouve actuellement près de la cabane principale, sera remplacée par un panneau spécifique indiquant que la totalité du cap Denison a été désignée comme site historique. Il sera rédigé en anglais, en français, en espagnol et en russe et précisera le type et l'ampleur de la protection accordée au site ainsi qu'au contenu en vertu du Traité sur l'Antarctique.
Les objets laissés sur place par l'expédition de Mawson sont éparpillés sur l'ensemble de la zone et ils sont visibles ou non d'une année sur l'autre en fonction de la couche neigeuse. Il y a notamment des cairns, des carcasses dissimulées de phoques et de manchots, des grumes et une vaste collection de squelettes démembrés de manchots. On pense qu'il existe sous la neige un grand nombre d'objets qui restent à découvrir. Il se pourrait par ailleurs que des objets provenant d'une glacière connue sous le nom de grotte d'Aladin ― un entrepôt pour traîneau creusé en 1912 par les membres de l'expédition de Mawson ― soient présents à proximité de la ZGSA, voire dans la ZGSA elle-même. A l'origine, la glacière se trouvait sur le plateau à 67° 05' de latitude sud et 142° 38' de longitude est, à quelque 8 km au sud de la principale cabane Mawson, mais il se peut qu'elle se soit affaissée dans la pente (sous l'effet du mouvement des glaces) sur une distance pouvant aller jusqu'à 4,5 km de son emplacement d'origine en 1912. Il reste à définir sa position exacte.
 

5.4. Emplacement d'autres zones protégées dans la zone ou à proximité d'elle
 

La ZSPA n° 162, qui renferme les quatre cabanes de l'expédition antarctique australasienne, se trouve dans la ZGSA du cap Denison ; elle a été créée pour en préserver les valeurs historiques et sociales.
La ZGSA du cap Denison doit être simultanément désignée en tant que site historique n° 162 en vertu du Traité sur l'Antarctique.
Il n'y a aucune autre ZSPA ou ZGSA dans un rayon de 50 km du cap Denison.
 

6.0. Autres zones à l'intérieur de la zone
 

Toutes les activités conduites à l'intérieur de la zone doivent être conformes aux dispositions du Protocole de Madrid et du code de conduite que renferme le présent plan de gestion (voir à la section 8.0). Outre ces lignes directrices générales, trois zones sont définies dans lesquelles il est jugé nécessaire d'imposer des restrictions à certaines activités afin de promouvoir les objectifs de gestion de la zone.
 

6.1. ZSPA n° 77
 


La ZSPA n° 77 (cabanes Mawson) est située à l'intérieur de la ZGSA. Cette ZSPA comprend les quatre cabanes de l'expédition antarctique australasienne afin de protéger leurs valeurs historiques et sociales. L'accès à la ZSPA et les activités à l'intérieur de cette zone nécessitent l'obtention d'un permis et doivent répondre aux conditions énoncées dans le plan de gestion de la ZSPA.
 

6.2. Zone de protection visuelle
 

La perspective des cabanes Mawson et de la croix du souvenir est particulièrement importante dans le paysage culturel du cap Denison. En vue d'assurer la protection du paysage et du caractère intrinsèque de ces cabanes, une zone de protection visuelle est définie au sein de la ZGSA. Pour préserver ces valeurs, aucune structure nouvelle ne pourra être érigée dans la zone de protection visuelle.
La zone de protection visuelle est indiquée sur les cartes A et B ; elle est généralement définie comme étant la zone délimitée par les lignes de crête ouest et est de la vallée qui abrite les structures historiques. La ligne de démarcation part de la côte (67° 00' 24,9'' de latitude sud ; 142° 39' 14,3'' de longitude est), puis s'oriente au sud-est le long du versant ouest de la crête située la plus à l'ouest jusqu'au plateau glaciaire (67° 00' 46,8'' de latitude sud ; 142° 39' 37,2'' de longitude est) ; au nord-est le long de la bordure du plateau glaciaire jusqu'à 67° 00' 43,9'' de latitude sud, 142° 40' 5,6'' de longitude est ; au nord-nord-ouest en passant entre lac Rond et lac Long jusqu'à 67° 00' 33,7'' de latitude sud, 142° 39' 59,8'' de longitude est ; puis jusqu'à la cabane Magnétographe (67° 00' 20,3'' de latitude sud, 142° 39' 46,6'' de longitude est) ; puis au nord-ouest en suivant la bordure est de la ligne de crête orientale jusqu'à la mer (67° 00' 15,7'' de latitude sud, 142° 39' 28,2'' de longitude est).
 

6.3. Aire réservée aux hélicoptères
 

Les opérations héliportées sont susceptibles de perturber les animaux en période de mue ou de reproduction. Pour minimiser les perturbations subies par les phoques et les oiseaux nicheurs qui séjournent au cap Denison pendant les mois d'été, les hélicoptères devront atterrir uniquement à l'endroit indiqué sur la carte C et suivre les trajectoires d'approche et de départ spécifiées sur cette même carte. Les trajectoires de départ ont été définies de manière à éviter autant que faire se peut les concentrations d'animaux. Il est préférable de n'utiliser que des hélicoptères monomoteur ; on peut toutefois avoir recours à des hélicoptères bimoteur à condition de tenir compte du risque accru de perturbation de la faune sauvage. La présence de phoques et le cycle de reproduction des oiseaux nichant dans la zone sont répertoriés aux annexes Bi et Bii ; l'utilisation d'hélicoptères bimoteur doit être évitée pendant les semaines où les oiseaux pondent leurs œufs ou élèvent leurs petits (fin octobre à début mars).


 

7.0. Cartes de la zone
 

Carte A. ― Zones de gestion du cap Denison. Cette carte illustre les lignes de démarcation de la ZGSA, le site historique, la zone de protection visuelle, la ZSPA n° 162 et les caractéristiques topographiques importantes de la zone. L'encart indique l'emplacement de la zone par rapport au continent antarctique.
Spécifications de la carte :
Projection : UTM Zone 54
Datum horizontal : WGS84
Carte B. ― Zone de protection visuelle du cap Denison. Cette carte donne les lignes de démarcation de la zone de protection visuelle et indique la position des objets historiques importants, notamment les quatre cabanes de l'expédition antarctique australasienne, la croix du souvenir et la colline Anémomètre ainsi que l'emplacement du mât de revendication du site par l'expédition BANZARE.
Spécifications de la carte :
Projection : UTM Zone 54
Datum horizontal : WGS84
Carte C. ― Trajectoires de vol et colonies d'oiseaux du cap Denison. Cette carte indique les trajectoires d'approche et de départ et les aires d'atterrissage des hélicoptères, ainsi que l'emplacement des colonies d'oiseaux présentes dans les environs.
Spécifications de la carte :
Projection : UTM Zone 54
Datum horizontal : WGS84
 

8.0. Code de conduite
 

Par leur comportement, les individus contribuent pour beaucoup à la protection de l'environnement en Antarctique. Ce code de conduite a pour objet de donner des lignes directrices générales visant à minimiser les impacts environnementaux au cap Denison, mais il ne saurait couvrir toutes les situations. Les visiteurs, y compris les agents des programmes nationaux et les touristes, doivent tous assumer leurs responsabilités et s'attacher à minimiser l'impact de leur passage sur tous les aspects du milieu naturel et tout particulièrement sur les valeurs décrites ici.
 

8.1. Accès à la zone et déplacement à l'intérieur de celle-ci
 

Tous les véhicules de terrain sont interdits dans la zone, à l'exception de petits véhicules tous terrains qui, étant donné la colonisation des zones rocheuses par des lichens et des oiseaux de mer, ne doivent être utilisés que sur les surfaces gelées et enneigées et compte dûment tenu de la présence des objets historiques.
Aucune restriction n'est imposée à l'accès piéton dans la zone, à ceci près qu'il convient d'éviter les aires riches en objets (comme ceux qui sont éparpillés immédiatement au nord de la cabane principale), les colonies d'oiseaux ou de lichens, et les voies de migration des manchots (route systématiquement empruntée par les oiseaux pour se déplacer de leur nid à la mer).
 

8.2. Activités qui sont ou peuvent être menées dans la zone

Travaux de conservation historique et archéologique.
Recherche, notamment la recherche scientifique.
Visites à des fins pédagogiques ou ludiques, y compris le tourisme dans l'esprit de la recommandation XVIII-1.
Entretien essentiel des infrastructures ne présentant pas un caractère historique, notamment la station météorologique automatique, et enlèvement des objets ne présentant pas un caractère historique qui compromettent les valeurs historiques et esthétiques de la zone. Ces activités seront conduites par du personnel autorisé uniquement.
 

8.3. Installation, modification ou démantèlement de structures
 

Pour préserver les valeurs historiques, archéologiques, sociales, esthétiques et écologiques de la ZGSA, aucun structure nouvelle ne sera construite dans la zone et aucun matériel scientifique n'y sera installé, sauf aux fins des activités de conservation, de recherche et d'entretien visées à l'article 3.0.
Le matériel et les infrastructures présents dans la zone doivent tous être examinés et entretenus à intervalles périodiques, ou enlevés en cas de besoin.
 

8.4. Campements
 

Plutôt que d'implanter de nouvelles infrastructures, les installations existantes ne présentant pas un caractère historique doivent être utilisées par les Parties qui conduisent dans la zone des activités conformes au présent plan de gestion.
Les tentes doivent être montées sur la plate-forme en bois située à proximité de la cabane Srensen. Toute utilisation des cabanes et des provisions qui s'y trouvent doit être signalée dès que possible au programme national australien afin de garantir la sécurité d'autres personnes qui pourraient compter sur les stocks de provisions connus.
 

8.5. Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore
 

Les distances à respecter avec les espèces de faune et de flore sauvages doivent être conformes à celles agréées par le Comité pour la protection de l'environnement. En attendant que des lignes directrices soient adoptées par le Comité, le tableau 1 ci-dessous donne les orientations à suivre.
Les visiteurs ne doivent ni se laver, ni nager et ni plonger dans les lacs. En effet, ces activités risqueraient de contaminer la masse d'eau et de perturber la colonne d'eau, les communautés microbiennes et les sédiments.


 

Tableau 1 : distances à respecter en approchant à pied de la faune et de la flore

ESPÈCES
 

PHASE BIOLOGIQUE
 

DISTANCE
(mètres)
 

Pétrels des neiges.
 

Nidification.
 

15
 

Pétrels de Wilson.
 

Nidification.
 

15
 

Labbes antarctiques.
 

Nidification.
 

15
 

Manchots d'Adélie.
 

Eté : sur la glace ou éloignés de la colonie.
 

5
 

 

Eté : oiseaux nicheurs des colonies.
 

15
 

Phoques de Weddell en période de reproduction et leurs nouveau-nés (y compris les jeunes déjà sevrés).
 

En permanence.
 

15
 

Phoques adultes solitaires (toutes les espèces).
 

En permanence.
 

5
 


 

8.6. Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le visiteur
 

En vertu du Traité sur l'Antarctique, le cap Denison est considéré comme un site historique. Conformément au paragraphe 4 de l'article 8 de l'annexe V du Protocole, aucune structure historique ou autre objet ne doit être détérioré, enlevé ou détruit sauf si l'enlèvement d'un objet est indispensable à des fins de conservation. Les objets ne peuvent être enlevés que par du personnel autorisé et bien entraîné. Il est en général préférable de ramener l'objet enlevé sur son lieu d'origine au cap Denison à moins que son retour ne risque d'entraîner de nouvelles dégradations ou détériorations.
Si un objet doit être enlevé, le programme national australien en sera informé de telle sorte que la documentation consacrée aux travaux de recherche archéologique de ce programme au cap Denison puisse être modifiée en conséquence.
 

8.7. Elimination des déchets
 

Tous les déchets, y compris les déchets humains, devront être enlevés de la zone.
Le ravitaillement des véhicules, des générateurs et d'autres équipements essentiels devra avoir lieu en tenant dûment compte de l'environnement avoisinant. Aucun ravitaillement ne doit être effectué dans le bassin versant des lacs ou les torrents de fonte, à la lisière de la glace ou dans d'autres zones vulnérables.
 

8.8. Rapports sur les visites dans la zone devant être présentés à l'autorité compétente
 

Pour favoriser la coopération et la coordination des activités dans la zone, permettre la gestion et la surveillance effectives du site, faciliter l'examen des impacts cumulatifs et atteindre les buts et objectifs de ce plan de gestion :
Le personnel des programmes nationaux, les touristes et autres personnels non gouvernementaux qui se proposent de visiter la zone, d'y débarquer et/ou d'y conduire des activités devront informer aussi rapidement que faire se peut le programme national australien de leurs intentions.
Le détail de toutes les activités de terrain devra être soigneusement consigné de telle sorte qu'il puisse être transféré à la base des données de gestion du programme national australien. Voir à la section 9.0 ci-dessous.
 

9.0. Echanges d'informations
 

Les Parties qui ont des programmes en cours dans la zone et les opérateurs non gouvernementaux devront échanger les informations obtenues durant les visites de la zone, qui peuvent avoir une incidence sur le fonctionnement de ce plan de gestion. Le chef de l'expédition ou du voyage devra soumettre à l'autorité appropriée un rapport décrivant les activités entreprises dans la zone. Ce rapport devra inclure selon que de besoin l'information identifiée dans le formulaire du rapport de visite que l'on trouve à l'annexe 4 de la résolution 2 (1998) (CPE 1). Les Parties devront conserver un relevé de ces activités et, dans le cadre de l'échange annuel d'informations, fournir de brèves descriptions des activités conduites par les personnes relevant de leur compétence, descriptions qui doivent néanmoins être suffisamment détaillées pour permettre une évaluation de l'efficacité de ce plan de gestion.
Dans la mesure du possible, les Parties devront déposer l'original ou une copie de ces documents dans des archives publiques (comme le site Web consacré aux cabanes Mawson, à l'adresse URL suivante : http ://www.aad.gov.au/mawsons_huts) afin de conserver un relevé des visites ou des utilisations du site, qui servira à la fois à la révision de ce plan de gestion et à l'organisation des utilisations de la zone.
 

10.0. Bibliographie
 

Dr. Ian Allison, glaciologue, Australian Antarctic Division, communication personnelle, 28 mars 2003.
Ayres, P. (1999). Mawson : a Life. Melbourne : Melbourne University Press/Miegunyah Press : 68-69, passim.
Australia ICOMOS Inc. (2000). The Burra Charter : The Australian ICOMOS Charter for Place of Cultural Significance, 1999. Burwood : Australia ICOMOS Inc. : 2.
Dodge, C.W. (1948). BANZARE Reports, Series B, Vol. VII. British Australia New Zealand Antarctic Expedition.
Foreign & Commonwealth Office London/British Antarctic Survey (1997). List of Protected Areas in Antarctica. http ://www.cep.aq/apa/index.html.
Godden Mackay Logan (2001). Mawson's Huts Historic Site, Cape Denison Commonwealth Bay Antarctica : Conservation Management Plan 2001. Sydney : Godden Mackay Logan : 26, 27, 35, 89-96, passim.
Hall, L. (2000). Douglas Mawson : The Life of an Explorer. Sydney : New Holland : 100, 109.
Hayes, J. Gordon (1928). Antarctica : a treatise on the southern continent. London : The Richards Press Ltd. : 210-215.
Hughes, J. et B. Davis. The Management of Tourism at Historie Sites and Monuments. In : Hall, C. M. and M.E. Johnston. 1995. Polar Tourism : Tourism in the Arctic and Antarctic Regions. London : John Wiley & Sons Ltd : 242, 245, 246.
Dr. Jo Jacka, glaciologiste, Australian Antarctic Division, communications personelles, 27 mars 2003, 28 mars 2003.
Lazer, E. Recommendations for Future Archaeological and Conservation Work at the Site Associated with Mawson's Hut Commonwealth Bay Antarctica. October 1985 : 1, 9, 10, Map 3.
McGregor, A. (1998). Mawson's Huts : an Antarctic Expedition Journal. Sydney : Hale and Iremonger : 7-15.
McIntyre, D. et M. McIntyre (1996). Weddell Seal Survey in Boat Harbour . In : Australian Antarctic Division 1997. Initial Environmental Evaluation : AAP Mawson's Huts Foundation Conservation Program 1997-98 : Attachment D.
Mawson, D. (1996) (reprint). The Home of the Blizzard. Adelaide : Wakefield Press : 121-122, 133, 200, 328.
Patterson, D. (2003). Mawson's Huts Conservation Expedition 2002 : Field Leader's Report.
Quilty, P. (1997). Geology . In : Australian Antarctic Division 1997. Initial Environmental Evaluation : AAP Mawson's Huts Foundation Conservation Program 1997-98 : 10-11.
Professor Rod Seppelt, botanist, Australian Antarctic Division, communication personnelle, 19 février 2003.
David Smith, mapping officer, Australian Antarctic Division, communication personnelle, 15 avril 2003.
Stillwell, F.L. (1918). The Metamorphic Rocks of Adelie Land. Australasian Antarctic Expedition, Scientific Reports, Series A, Vol. III part 1 :15-22.
Dr. Eric J. Woehler, ornithologue, Australian Antarctic Division, communication personnelle, septembre 2002 ; 31 mars 2003.
 

A N N E X E A FAUNE RÉPERTORIÉE AU CAP DENISON, BAIE DU COMMONWEALTH
Populations (couples) d'oiseaux de mer en phase de reproduction au cap Denison

ESPÈCE
 

Nombre de couples
décembre 2002
 

Manchot Adélie penguin Pygoscelis adeliae.
 

18 737
 

Océanite de Wilson Oceanites oceanicus.
 

38
 

Pétrel des neiges Pagodroma nivea.
 

30
 

Labbe antarctique Catharacta maccormicki.
 

8
 

? Prion antarctique Pachyptila desolata
(statut de reproduction indéterminé).
 

 

? Damier du cap Daption capense
(statut de reproduction indéterminé).
 

Autres oiseaux de mer répérés au cap Denison
 

Espèce :
Pétrel de l'Antarctique Thalassoica antarctica.
Pétrel géant Macronectes giganteus.
Manchot royal Aptenodytes patagonica.
Gorfou de Schlegel (carcasse) Eudyptes schlegeli.
Manchot à jugulaire Pygoscelis Antarctica.
Manchot empereur Aptenodytes forsteri.
 

Phoques répertoriés au cap Denison
 

Espèce :
Phoque de Weddell Leptonychotes weddellii.
Léopard de mer Hydrurga leptonyx.
Éléphant de mer Mirounga leonina.
 

A N N E X E B    OPÉRATIONS HÉLIPORTÉES
CYCLES DE REPRODUCTION DES OISEAUX DE MER NICHEURS AU CAP DENISON, BAIE DU COMMONWEALTH
 

ESPÈCES SE REPRODUISANT
au cap Denison
 

NOMBRE
 

CYCLE DE REPRODUCTION ESTIVAL
 

Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus).
 

Environ 38 couples ; trois petites colonies.
 

Avant la mi-décembre : adultes ; après la mi-décembre : adultes, œufs et oisillons.
 

Pétrel des neiges (Pagodroma nivea).
 

Environ 30 ; une petite colonie.
 

Avant la fin novembre : adultes ; après la fin novembre : adultes, œufs et oisillons.
 

Manchot Adélie (Pygoscelis adeliae).
 

Environ 18 800 couples ; nombreuses colonies.
 

Avant novembre : adultes ; après novembre : adultes, œufs et oisillons.
 

Labbe antarctique (Catharacta maccormicki).
 

Environ 8 couples, nids dispersés aux bords de colonies de manchots.
 

Avant la mi-décembre : adultes ; après la mi-décembre : adultes et œufs ; après fin décembre : adultes et oisillons.
 

 

A N N E X E B i i    OPÉRATIONS HÉLIPORTÉES
PHOQUES PRÉSENTS AU CAP DENISON, BAIE DU COMMONWEALTH

ESPÈCES
 

NOMBRE
 

CYCLE DE REPRODUCTION ESTIVAL
 

Phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii).
 

Nombre exact inconnu ; pas de colonies établies.
 

Avant novembre : pas de phoques ; de la mi-novembre à la fin décembre, environ 24 adultes par jour.
 

Éléphant de mer (Mirounga leonina).
 

Nombre exact inconnu ; pas de colonies établies.
 

Environ 2 adultes par jour en décembre.
 


 

A N N E X E C   ESPÈCES DE FLORE RÉPERTORIÉES AU CAP DENISON, BAIE DU COMMONWEALTH
 

Les taxons ci-dessous ont été répertoriés au cap Denison par l'expédition antarctique australasienne de 1911-1914 ainsi que l'expédition de recherche britannique, australienne et néo-zélandaise en Antarctique (BANZARE) en 1929-1931 ; ils ont été publiés par Carroll W. Dodge dans BANZARE Reports, Series B, Vol. VII, July 1948.
 

Lichens
Lecideacées
 

Lecidea cancriformis Dodge & Baker.
Toninia Johnstoni Dodge.
 

Umbilicaiacées
 

Umbilicaria decussata (Vill.) Zahlbr.
 

Lecanoracées
 

Rhizoplaca melanophthalma (Ram.) Leuck. & Poelt.
Lecanora expectans Darb.
Pleopsidium chlorophanum (Wahlenb.) Zopf.
 

Parmeliacées
 

Physcia caesia (Hoffm.) Th. Fr.
 

Usnaecées
 

Pseudephebe minuscula (Nyl. ex Arnold) Brodo & D. Hawksw.
Usnea antarctica Du Rietz.
 

Blasteniacées
 

Candelariella flava (C.W. Dodge & Baker) Castello & Nimis.
Xanthoria elegans (Link) Th. Fr.
Xanthoria Mawsoni Dodge.
 

Buelliacées
 

Buellia frigida Darb.
 

Bryophytes
 

Aucun bryophyte ne semble présent au cap Denison.
Il existe de nombreuses algues non marines dont le recensement n'a toutefois jamais été entrepris.

OTARIES A FOURRURE

Le Décret n° 2009-1057 du 26 août 2009 porte publication au J.O de la Mesure 4 adoptée à Edimbourg le 23 juin 2006 concernant l'Espèce spécialement protégée : l'otaries à fourrure,

M E S U R E 4 (2 0 0 6 ) ESPÈCE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE : OTARIES À FOURRURE, ADOPTÉE À ÉDIMBOURG LE 23 JUIN 2006

Les représentants,
Rappelant l'article 3 de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (« ci-après dénommé le Protocole »), qui prévoit la désignation d'espèces
spécialement protégées de l'Antarctique bénéficiant de la protection spéciale de l'Antarctique ;
Rappelant également que le Comité pour la protection de l'environnement (« CPE ») a, à sa huitième réunion, adopté des lignes directrices pour l'examen de propositions portant sur les désignations nouvelles et révisées d'espèces spécialement protégées en vertu desquelles le risque d'extinction doit être évalué à l'aide de critères établis par l'UICN ;
Notant que le SCAR a déterminé que l'otarie à fourrure de l'Antarctique (Arctocephalus gazella) et l'otarie à fourrure subantarctique (Arctocephalus tropicalis) ne sont plus menacées d'un risque d'extinction majeur et que, comme ce sont les deux seules espèces du genre Arctocephalus dans la zone du Traité sur l'Antarctique, le genre Arctocephalus devrait être retiré de la liste des espèces spécialement protégées ;
Notant également que le CPE a fait une analyse des incidences qu'aurait le retrait de ces espèces de la liste des espèces spécialement protégées de l'Antarctique et qu'il a conseillé qu'elles en soient retirées ;
Se félicitant de la récupération de la population et de l'aire de répartition de l'otarie à fourrure de l'Antarctique et de l'otarie à fourrure subantarctique ;
Convaincus que, à la lumière des avis scientifiques du SCAR, l'otarie à fourrure antarctique et l'otarie à fourrure subantarctique devraient désormais être retirées de la liste des espèces spécialement protégées, qui figure à l'appendice A de l'annexe II du Protocole ;
Reconnaissant que l'otarie à fourrure de l'Antarctique et l'otarie à fourrure subantarctique continueront d'être protégées en vertu du Protocole et que leur retrait n'aura aucune incidence pour la protection de ces espèces du genre Arctocephalus qui se trouvent uniquement à l'extérieur de la zone du Traité sur l'Antarctique ;
Notant, en outre, que le phoque de Ross (Ommatophoca rossii) demeure une espèce spécialement protégée ;
Ayant à l'esprit l'exploitation historique des otaries à fourrure dans la région qui a rendu nécessaire la protection spéciale de l'otarie à fourrure de l'Antarctique et de l'otarie à fourrure subantarctique ainsi que la vif intérêt porté par le public à la protection et la conservation des otaries à fourrure dans l'Antarctique ;
Décidés à maintenir à l'étude le statut de conservation des otaries à fourrure dans la zone du Traité sur l'Antarctique ;
Exhortant les Parties consultatives qui sont membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique à continuer à fournir des données sur le taux de mortalité accidentelle des phoques, les impacts potentiels de la récolte du krill et l'élaboration et l'efficacité des mesures de réduction de la pêche au krill,
Recommandent, pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément à l'article 9 de l'annexe II au Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, que :
A l'appendice A de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, les mots « Toutes les espèces du genre Arctocephalus, otaries à fourrure » soient supprimés.

REPORT DES DATES D'EXPIRATION DES ZONES PROTEGEES

Le Décret n° 2009-1058 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 4  sur le Report des dates d'expiration des Zones spécialement protégées de l'Antarctique, adoptée à Stockholm le 17 juin 2005.

M E S U R E 4 ( 2 0 0 5 ) ZONES SPÉCIALEMENT PROTÉGÉES DE L'ANTARCTIQUE REPORT DES DATES D'EXPIRATION

Les Représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (le « Protocole »), qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique, ainsi que l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Rappelant les recommandations VIII-4 (1975), XIV-5 (1987) et XVI-2 (1991), la mesure 2 (2000) et la mesure 3 (2001) ;
Rappelant la décision 1 (2002) qui a renuméroté les zones et les sites et les a redésignés en tant que zones spécialement protégées de l'Antarctique ;
Notant que la date d'expiration de certains plans de gestion de sites spécialement protégés de l'Antarctique a été fixée au 31 décembre 2005, mais désireux de maintenir la protection de ces sites jusqu'à ce que leurs plans de gestion respectifs aient été révisés conformément à l'annexe V du Protocole,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après en application du paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole :
La date d'expiration des plans de gestion suivants est reportée au 31 décembre 2010 :
a) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 125 : péninsule Fildes, île du Roi-Georges, îles Shetland du Sud ;
b) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 127 : île Haswell ;
c) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 144 : baie du Chili (baie Discovery), île Greenwich ;
d) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 146 : baie du Sud, île Doumer, archipel Palmer ; et
e) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 150 : île Ardley, baie Maxwell, île du Roi-Georges.

LES MONUMENTS HISTORIQUES

Le Décret n° 2009-1059 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 5 sur les Sites et monuments historiques :

Cabane Lillie Marleen et tente d'Amundsen, adoptée à Stockholm le 17 juin 2005
 

M E S U R E 5 ( 2 0 0 5 ) SITES ET MONUMENTS HISTORIQUES CABANE LILLIE MARLEEN ET TENTE D'AMUNDSEN

Les Représentants,
Rappelant l'obligation imposée à l'article 8 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (le « Protocole ») de tenir à jour une liste des sites et monuments historiques actuels et de veiller à ce que ces sites ne soient ni détériorés, ni enlevés, ni détruits ;
Rappelant la mesure 3 (2003) qui a révisé et actualisé la Liste des sites et monuments historiques ;
Désireux d'ajouter les deux sites ci-après à cette liste,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure suivante conformément au paragraphe 2 de l'article 8 de l'annexe V du Protocole :
Que les sites suivants soient ajoutés à la Liste des sites et monuments historiques qui figure en annexe à la mesure 3 (2003) :
a) Site n° 79 : cabane Lillie Marleen, mont Dockery, Everett Range, partie nord de la terre Victoria.
La cabane Lillie Marleen a été érigée à l'appui des travaux de l'expédition allemande dans la partie nord de la terre Victoria (Ganovex I) et en 1979/1980. Il s'agit d'un conteneur de bivouac composé d'unités en fibre de verre préfabriquées et isolées au moyen de mousse polyuréthane. Elle tire son nom du glacier Lillie et de la chanson Lilli Marleen. Elle est étroitement associée au naufrage spectaculaire du navire d'expédition Gotland II durant l'expédition Ganovex II en décembre 1981.
Emplacement : 71 12' de latitude sud ; 164 31' de longitude est.
Partie ayant initialement présenté la proposition : Allemagne.
Partie chargée de la gestion : Allemagne.
b) Site n° 80 : tente d'Amundsen.
La tente a été installée au point 90 par le groupe d'explorateurs norvégiens que dirigeait Roald Amundsen à leur arrivée le 14 décembre 1911 au pôle Sud. Elle est actuellement enfouie dans de la glace et de la neige à proximité du pôle Sud.
Emplacement : dans les parages du point 90 de latitude sud.
Partie ayant initialement présenté la proposition : Norvège.
Partie chargée de la gestion : Norvège.

Le Décret n° 2009-1060 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 3 sur les Sites et monuments historiques de l'Antarctique:

Rocher du Débarquement, adoptée à Edimbourg le 23 juin 2006

M E S U R E 3 ( 2 0 0 6 ) SITES ET MONUMENTS HISTORIQUES DE L'ANTARCTIQUE ROCHER DU DÉBARQUEMENT

Les Représentants,
Rappelant les dispositions de l'article 8 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement (le « Protocole ») qui sont de tenir à jour la liste des sites et monuments historiques et de veiller à ce que ces sites et monuments ne soient ni détériorés, ni enlevés, ni détruits ;
Rappelant la mesure 3 (2003) qui révisait et mettait à jour la Liste des sites et monuments historiques ;
Désireux d'ajouter le Rocher du Débarquement, terre Adélie, à cette liste,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément au paragraphe 2 de l'article 8 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
Que le site suivant soit ajouté à la Liste des sites et monuments historiques qui figure en annexe à la mesure 3 (2003) :
N° 81 : Rocher du Débarquement, terre Adélie ;
Petite île sur laquelle prirent pied l'amiral Dumont d'Urville et son équipage le 21 janvier 1840 pour y découvrir ensuite la terre Adélie ;
Emplacement : 66° 36' 30'' de latitude Sud, 140° 03' 85'' de longitude Est ;
Partie à l'origine de la proposition : France ;
Partie chargée de la gestion : France.

Le Décret n° 2009-1062 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 3 sur les Sites et monuments historiques au traité sur l'Antarctique, adoptée à New Delhi le 11 mai 2007

 

M E S U R E 3 ( 2 0 0 7 ) SITES ET MONUMENTS HISTORIQUES MONUMENT AU TRAITÉ SUR L'ANTARCTIQUE

Les représentants,
Rappelant les dispositions de l'article 8 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui requièrent que soit tenue à jour une liste des sites et monuments et que ces sites ne soient ni détériorés, ni enlevés ni détruits ;
Rappelant la Mesure 3 (2003), qui révisait et mettait à jour la « liste des sites et monuments historiques » ;
Rappelant la Déclaration antarctique d'Edimbourg sur l'Année polaire internationale 2007-2008 (API) qui faisait sien l'objectif de tirer de l'API un héritage permanent ;
Désireux d'ajouter à cette liste un monument au Traité sur l'Antarctique et une plaque rappelant les deux premières Années polaires internationales, l'Année géophysique internationale (AGI) ainsi que l'Année polaire internationale 2007-2008 ;
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure suivante conformément au paragraphe 2 de l'article 8 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement :
Que le monument ci-après soit ajouté à la « Liste des sites et monuments historiques » qui figure en annexe à la Mesure 3 (2003) :
N° 82. ― Monument au Traité sur l'Antarctique et plaque.
Le monument est situé à proximité des bases Frei, Bellingshausen et Escudero, à la péninsule Fildes, île du Roi Georges, îles Shetland du Sud. La plaque placée au pied du monument est dédiée aux signataires du Traité sur l'Antarctique et aux Années polaires internationales successives (1882-1883, 1932-1933 et 2007-2008).
Emplacement : 62° 12' 01'' de latitude Sud ; 58° 57' 41'' de longitude Ouest.
Ile du Roi Georges, îles Shetland du Sud.
Partie auteur de la proposition initiale : Chili.
Partie chargée de la gestion : Chili.

 

PLANS DE GESTION RÉVISÉS

Le Décret n° 2009-1061 du 26 août 2009 porte publication de la Mesure 1 sur les Zones spécialement protégées de l'Antarctique :

Plans de gestion révisés pour les ZSPA n° 109 (île Moe) et n° 129 (pointe Rothera) ― (ensemble deux annexes), adoptée à New Delhi le 11 mai 2007

 

M E S U R E 1 ( 2 0 0 7 ) ZONES SPÉCIALEMENT PROTÉGÉES DE L'ANTARCTIQUE PLANS DE GESTION RÉVISÉS


Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V au Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique et l'approbation de plans de gestion pour ces zones, rappelant :
― la recommandation IV-13 (1966), qui désignait l'île Moe, Orcades du Sud, comme zone spécialement protégée (« ZSP ») n° 13 et annexait une carte du site ;
― la recommandation XIII-8 (1985), qui désignait la pointe Rothera, île Adélaïde, comme site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») n° 9 et annexait un plan de gestion pour ce site ;
― la recommandation XVI-6 (1991), qui annexait une description révisée de la ZSP n° 13 et un plan de gestion pour cette zone ;
― la Mesure 1 (1995), qui annexait une description révisée et un plan de gestion révisé pour la ZSP n° 13 ;
― la Résolution 7 (1995), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 9, et la Mesure 1 (1996), qui annexait une description révisée et un plan de gestion révisé pour le SISP n° 9 ;
― la Décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait la ZSP n° 13 comme zone spécialement protégée de l'Antarctique (« ZSPA ») n° 109 et le SISP n° 9 comme ZSPA n° 129 ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a avalisé les plans de gestion révisés pour ces zones qui figurent en annexe à la présente mesure ;
Désireux de remplacer les plans de gestion pour les zones spécialement protégées de l'Antarctique n°s 109 et 129, par des plans de gestion révisés et mis à jour, le dernier incluant une révision des lignes de démarcation de la ZSPA n° 129,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après, conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, que :
1. Les plans de gestion révisés pour les zones suivantes, qui figurent en annexe à la présente mesure, soient approuvés :
a) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 109 : île Moe, Orcades du Sud ;
b) Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 129 : pointe Rothera, île Adélaïde ;
2. Tous les plans de gestion antérieurs pour les zones spécialement protégées de l'Antarctique n°s 109 : et 129 cessent d'avoir effet ou, s'ils n'ont pas encore pris effet, soient par la présente retirés.


Plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 109 : île Moe, Orcades du Sud
1. Description des valeurs à protéger :
La zone a été désignée pour la première fois comme « zone spécialement protégée » dans la recommandation IV-13 (1966, n° 13) à la suite d'une proposition du Royaume-Uni motivée par plusieurs raisons. En effet, le Royaume-Uni considérait que l'île Moe était un élément particulièrement représentatif de l'écosystème maritime en Antarctique, que les intenses recherches scientifiques menées sur l'île Signy voisine risquaient de modifier son écosystème et que ladite île devait bénéficier d'une protection spéciale afin de servir ultérieurement de zone de référence à des fins de comparaison.
Ces raisons conservent aujourd'hui toute leur validité. Rien ne permet certes d'affirmer que les recherches menées sur l'île Signy ont eu un impact considérable sur les écosystèmes de l'île Moe, mais un changement important a été constaté à basse altitude sur la terre ferme du fait de l'expansion rapide des colonies d'otaries à fourrure (Arctocephalus gazella) de l'Antarctique. La flore de l'île Signy toute proche a été physiquement perturbée par le piétinement de ces otaries tandis que l'excès d'azote issu de leurs excréments a entraîné la disparition des bryophytes et des lichens aujourd'hui remplacés par l'algue géante Prasiola crispa. Les lacs situés à basse altitude ont été affectés par le ruissellement fortement azoté des terres adjacentes. A ce jour, l'île Moe n'a été envahie par des d'otaries à fourrure que dans une mesure limitée, sa topographie rend peu probable leur pénétration dans les aires les plus vulnérables.
Les valeurs à protéger sont liées à la composition biologique et à la diversité d'une île quasiment intacte, particulièrement représentative des écosystèmes terrestre, côtier et marin de l'Antarctique. L'île Moe contient notamment les plus vastes étendues de tourbe mousseuse (Chorisodontium-Polytrichum) existant dans l'Antarctique. L'île Moe a été visitée à plusieurs reprises, mais elle n'a jamais été occupée plus de quelques heures.
2. Buts et objectifs :
La gestion de l'île Moe a pour objectifs les suivants :
― éviter toute modification importante de la structure et de la composition de la végétation terrestre, en particulier les bancs de tourbe mousseuse ;
― prévenir toute intervention injustifiée de l'homme dans la zone ;
― réduire au minimum l'introduction de sols, de plantes, d'animaux et de micro-organismes dans la zone ;
― autoriser les recherches scientifiques indispensables ne pouvant être menées ailleurs, notamment celles qui visent à déterminer les différences écologiques entre une île vierge et une île voisine occupée et envahie par des otaries à fourrure.
3. Activités de gestion :
Les activités de gestion doivent permettre, d'une part, de surveiller de manière adéquate le milieu biologique de l'île Moe, en utilisant de préférence des méthodes non invasives et, d'autre part, de veiller à l'entretien des panneaux d'affichage.
4. Durée de la désignation :
La zone est désignée pour une durée indéterminée.
5. Cartes :
Carte 1. Emplacement de l'île Moe par rapport aux Orcades du Sud.
Spécifications de la carte. Sphéroïde WGS84 stéréographique polaire antarctique. Parallèle standard : 71° S. Méridien central 45° O.
Carte 2. Ile Moe plus détaillée.
Spécifications de la carte. Sphéroïde WGS84 stéréographique polaire antarctique. Parallèle standard : 71° S. Méridien central 45° O.
6. Description de la zone :
i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel :
L'île Moe, dans l'archipel des Orcades du Sud, est une petite île au contour irrégulier, située à 300 mètres au sud-ouest de l'île Signy dont elle est séparée par le canal Fyr. Elle s'étend sur environ 1,8 kilomètre de nord-est en sud-ouest et sur 1 kilomètre de nord-ouest en sud-est. Il sied de signaler que sa position sur la carte de l'amirauté n° 1775 (latitude 60° 44'S, longitude 45° 45'O) ne correspond pas exactement aux coordonnées plus précises qui figurent sur la carte 2 (latitude 60° 44'S, longitude 45° 4l'O).
L'île s'élève soudainement sur les flancs nord-est et sud-est du pic Snipe (226 mètres d'altitude). Elle comporte une colline intermédiaire (102 mètres d'altitude) au-dessus de la pointe South ainsi que des collines plus petites sur chacun des trois promontoires du versant ouest, à savoir la pointe Corral (92 mètres), la pointe Convoy (89 mètres) et la pointe Spaull (56 mètres). De petites zones de glace éternelle recouvrent les versants est et sud, et des neiges tardives recouvrent le flanc ouest escarpé. L'île n'abrite ni lagunes, ni rivières.
La roche est constituée de micaschistes à quartz métamorphique avec, à certains endroits, des biotes et des lits riches en quartz. La côte nord-est est caractérisée par un mince lit d'amphiboles diverses. La majeure partie de l'île est recouverte d'éboulis et d'amas glaciaires. Les sols renferment de jeunes dépôts d'argiles et de sables plus ou moins grossiers mélangés à des cailloux, des pierres et des gros galets. L'action du gel et du dégel aux endroits situés en altitude ou particulièrement exposés leur confère souvent une forme particulière pouvant être circulaire, polygonale, longitudinale ou lobulaire. Il existe d'importantes accumulations de tourbe (jusqu'à 2 mètres d'épaisseur sur les versants ouest) dont de nombreuses parties sont nues ou érodées.
Les colonies végétales les plus importantes sont représentées par l'espèce Andreae-Usnea et par les tapis bancs de mousse Chorisodontium-Polytrichum (qui représentent la communauté de ce type la plus abondante en Antarctique). Ces bancs de mousse constituent une valeur biologique considérable qui justifie la désignation de l'île dans la catégorie des zones spécialement protégées. La flore cryptogamique est des plus variées. La majeure partie de ces bancs de mousse n'ont guère été endommagés par les otaries à fourrure et donnent que de rares signes de dégradation. Toutefois, les bancs situés le plus au nord autour de la pointe Spaull sont l'exception à la règle. Ici en effet, bien qu'ils soient encore très étendus, les tapis de mousse auraient été endommagés, selon les estimations, à hauteur de 50 % par les activités des otaries à fourrure de l'Antarctique (Arctocephallus gazella), comme en atteste une enquête menée en janvier 2006. Une otarie à fourrure mâle subadulte était présente sur cette aire de moss turf pendant la plus récente étude de gestion effectuée ce mois-là. Il est quasiment certain que les otaries à fourrure ont accès à cette communauté végétale via la douce pente qui mène vers l'intérieur de l'île à partir de la petite plage de galets située dans le coin nord-est de la baie Landing.
On trouve en grandes quantités des acariens Gamasellus racovitzai et Stereotydeus villosus et l'espèce Cryptopygus antarcticus sous les pierres.
Il existe cinq colonies de manchots (Pygoscelis antarctica) qui totalisaient 11 000 couples en 1978-1979. Lors d'une visite en février 1994, la partie nord de la crique Landing abritait à peine une centaine de couples alors que la partie sud en comptait un millier. Au cours de la plus récente visite effectuée en janvier 2006, on a constaté la présence de cent couples reproducteurs à la pointe Spaull. De nombreux autres oiseaux se reproduisent sur l'île, quelque 2 000 couples de damiers du Cap (Daption capensis), répartis dans 14 colonies (1966), et un grand nombre de prions de l'Antarctique (Pachyptila desolata).
Les phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii), les phoques crabiers (Lobodon carcinophaga) et les phoques léopards (Ydrurga leptonyx) vivent dans les baies du côté ouest de l'île. Un nombre croissant d'otaries à fourrure (Arctocephalus gazella), la plupart des jeunes mâles, rallient les côtes du côté nord de la crique Landing et ont endommagé la végétation à cet endroit. Cependant, la nature du terrain empêchera peut-être la progression des otaries vers le petit promontoire où les dommages pourraient s'intensifier.
ii) Aires à accès limité à l'intérieur de la zone :
Aucune.
iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone :
Un panneau indicateur est vissé à un rocher plat situé derrière une petite plage de galets dans le coin nord-est de la crique Landing, juste derrière l'endroit où viennent s'écraser les vagues. Il a été érigé le 2 février 1994. Lorsque les chutes de neige sont abondantes, le panneau indicateur risque d'être enseveli et difficile à voir.
Il existe un cairn, ainsi que les restes d'un mât érigé à la pointe Spaull en 1965-1966 et utilisé à des fins scientifiques. Ce mât revêt un intérêt certain pour l'étude des lichens et ne doit donc pas être retiré. L'île Moe ne comporte aucune autre structure.
iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone :
La ZSPA n° 110, île Lynch, est située à 10 kilomètres au nord - nord-est de l'île Moe. Lnorda ZSPA n° 114, île Coronation du Nord, est située à 19 kilomètres du côté nord de l'île Coronation. La ZSPA n° 111, île Powell du Sud, est située à 41 kilomètres à l'est.
7. Critères de délivrance des permis :
L'accès à la zone est interdit à moins qu'un permis n'ait été délivré par les autorités nationales compétentes.
Les critères régissant l'octroi de permis sont les suivants :
― les permis sont octroyés uniquement pour mener des recherches indispensables qui ne peuvent pas être effectuées ailleurs ;
― les actions autorisées ne peuvent en aucun cas porter atteinte au système écologique de la zone ;
― les activités de gestion doivent contribuer aux objectifs arrêtés dans le plan de gestion ;
― les actions autorisées doivent être conformes au plan de gestion ;
― le détenteur du permis doit avoir en sa possession le permis ou la copie certifiée conforme lorsqu'il visite la zone spécialement protégée ;
― un ou plusieurs rapports doivent être soumis à l'autorité ou aux autorités ayant délivré le permis.
i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci :
Aucune restriction ne s'applique au débarquement par mer qui reste la méthode la plus indiquée. Aucun point d'accès n'a été retenu, mais il est en général plus sûr d'arriver par le coin nord-est de la crique Landing.
Il convient, dans la mesure du possible, de ne pas atterrir en hélicoptère. Si un atterrissage s'avère cependant nécessaire, les hélicoptères peuvent atterrir sur le col situé entre la colline de 89 mètres et le versant ouest du pic Snipe. Afin d'éviter le survol des colonies d'oiseaux, le pilote doit de préférence arriver par le sud, même si une approche par le nord n'est pas interdite.
Il est interdit de survoler la zone à une altitude inférieure à 250 mètres au-dessus du point culminant de l'île sauf pour atterrir à l'endroit susmentionné.
Les marcheurs ne sont astreints à aucun parcours spécifique, mais ils doivent veiller à ne jamais perturber les oiseaux et à ne pas endommager la végétation et les éléments périglaciaires. L'utilisation de véhicules est strictement interdite sur l'île Moe.
ii) Activités qui sont ou peuvent être menées dans la zone, y compris les restrictions à la durée et à l'endroit :
― études scientifiques indispensables qui ne peuvent être menées ailleurs et ne portent pas atteinte à l'écosystème de la zone ;
― activités de gestion indispensables, y compris les activités de surveillance.
iii) Installation, modification ou enlèvement des structures :
Aucune structure ne peut être construite dans la zone et aucun matériel scientifique ne peut y être installé sauf s'ils doivent servir aux activités de gestion ou aux recherches scientifiques indispensables conformément aux clauses du permis.
iv) Emplacement des camps :
Aucun campement ne peut en principe être installé dans la zone. S'il en était autrement pour des raisons de sécurité, les tentes devraient être montées de telle sorte qu'elles endommagent la végétation et perturbent la faune le moins possible.
v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone :
Aucun animal vivant, aucun matériau végétal et aucun micro-organisme ne doivent être délibérément introduits dans la zone. Tous les dispositifs d'échantillonnage apportés dans la zone doivent, avoir été soigneusement nettoyés. Les chaussures, les vêtements extérieurs, les sacs à dos et autres équipements utilisés ou apportés dans la zone doivent, dans toute la mesure du possible, avoir été soigneusement nettoyé avant d'entrer dans la zone.
Aucun produit issu de volaille, y compris des produits alimentaires contenant de la poudre d'œuf, ne pourra être introduit dans la zone.
Aucun herbicide ou pesticide ne pourra être introduit dans la zone. Tout autre produit chimique qui serait introduit à des fins scientifiques, conformément aux termes spécifiés sur le permis, devra être retiré de la zone au plus tard à l'issue des activités autorisées en vertu de ce même permis.
Le dépôt de carburants, de produits alimentaires ou de tout autre matériel est interdit sauf impératif lié à des activités pour lesquelles des permis sont délivrés. Tous les matériels introduits seront retirés dès qu'ils ne seront plus utiles. Les stockages permanents sont interdits.
vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore indigènes :
Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ainsi que les perturbations nuisibles à la flore et à la faune indigènes sont interdites sauf si le permis l'autorise. Lorsque des animaux doivent être capturés ou perturbés, il convient d'appliquer au moins les normes du code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique.
vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis :
Toute chose ne peut être ramassée ou enlevée de la zone qu'en vertu des clauses du permis, à l'exception des débris d'origine humaine qui peuvent être retirés des plages de la zone et des spécimens morts ou malades de la faune et la flore qui peuvent être emportés à des fins d'analyse en laboratoire.
viii) Elimination des déchets :
Tous les déchets seront retirés de la zone, à l'exception des déchets humains qui peuvent être jetés à la mer.
ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints :
Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'installer ou d'entretenir les panneaux ou autres dispositifs de protection, ou de réaliser des activités d'inspection de la zone et de surveillance biologique susceptibles de requérir le prélèvement d'un nombre limité de plantes ainsi que la capture de quelques animaux à des fins d'évaluation et de recensement, d'ériger ou d'entretenir des panneaux d'information ou encore de prendre des mesures de protection.
x) Rapports de visite :
Le principal détenteur du permis, pour chaque permis délivré, sera tenu d'établir un rapport des activités conduites dans la zone en utilisant le formulaire prévu à cet effet. Le rapport sera soumis à l'autorité compétente dans les plus brefs délais et, au plus tard, dans les six mois suivant la visite dans la zone. Ces rapports doivent être archivés indéfiniment par l'autorité compétente et présentés à la demande des parties intéressées, du Comité scientifique pour la recherche en Antarctique (SCAR), de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) et du Conseil des directeurs des programmes antarctiques nationaux pour fournir des informations sur les activités réalisées par l'homme dans la zone afin d'assurer une gestion exemplaire.

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ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 138 LINNAEUS TERRACE, CHAÎNE ASGARD, TERRE VICTORIA (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement gérées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant :
― la recommandation XIII-8 (1985), qui désignait Linnaeus Terrace, chaîne Asgard, terre Victoria, comme site présentant un intérêt scientitifique particulier (« SISP ») n° 19 et à laquelle figurait en annexe un plan de gestion pour le site,
― la résolution 7 (1995), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 19 du 31 décembre 1995 au 31 décembre 2000,
― la mesure 1 (1996), qui adoptait un plan de gestion révisé pour le SISP n° 19,
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 19 en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 138,
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 138,
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 138 par le plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. Soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 138, Linneaus Terrace, chaîne Asgard, Terre Victoria, qui figure en annexe à la présente mesure ;
2. Cesse d'avoir effet le plan de gestion pour la ZSPA n° 138 qui figure en annexe à la recommandation XIII-8 (1985) ; et
3. Soit retirée la mesure 1 (1996), qui n'est pas encore entrée en vigueur.

ANNEXE

PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 138 LINNAEUS TERRACE, CHAÎNE ASGARD, TERRE VICTORIA
 

1. Description des valeurs à protéger

Linnaeus Terrace a été désignée à l'origine dans la recommandation XIII-8 (1985) comme site présentant un intérêt scientifique particulier n° 19 et ce, sur proposition des États-Unis d'Amérique qui estimaient en effet que ce site était un des sites connus les plus riches en communautés cryptoendolithiques colonisant le grès beacon. Les surfaces exposées de ce grès constituent l'habitat de micro-organismes cryptoendolithiques qui peuvent coloniser une zone allant jusqu'à 10 mm sous la surface des rochers. Le grès se présente sous diverses formes de dégradation biologique et physique, et porte des traces de fossiles ; de nombreuses formations rocheuses sont fragiles et ainsi vulnérables aux perturbations et à la destruction conséquentes au piétinement et à l'échantillonnage.
Il est avéré que les communautés cryptoendolithiques se développent sur des périodes de plusieurs dizaines de milliers d'années, et les surfaces rocheuses endommagées ne se recolonisent que lentement. Les excellents exemples de ces colonies trouvées sur le site ont fait l'objet des premières descriptions cryptoendolithiques détaillées qui aient jamais été effectuées. Linnaeus Terrace doit donc être considérée comme un site type présentant des valeurs scientifiques exceptionnelles liées à cet écosystème. Ces valeurs ainsi que la vulnérabilité du site aux perturbations et aux destructions exigent que lui conférée une protection particulière à long terme. Le plan de gestion a été mis à jour pour y inclure des dispositions additionnelles destinées à réduire le risque d'introduction de plantes, d'animaux ou de microbes non indigènes en provenance d'autres sites antarctiques ou de régions extérieures à l'Antarctique.


2. Buts et objectifs


Le plan de gestion de Linnaeus Terrace a pour buts et objectifs les suivants :
― éviter la dégradation des valeurs de la zone et les risques substantiels qu'elles pourraient courir en empêchant les perturbations humaines inutiles à la zone ;
― permettre des travaux de recherche scientifiques sur l'écosystème, en particulier sur les communautés cryptoendolithiques tout en veillant à ce qu'il soit protégé d'un échantillonnage excessif, de dommages aux formations rocheuses fragiles ou d'autres impacts scientifiques éventuels ;
― permettre d'autres travaux de recherche scientifique sous réserve qu'ils ne portent pas atteinte aux valeurs de la zone ;
― minimiser la possibilité d'introduction de plantes, d'animaux et de microbes dans la zone ;
― permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à l'appui des buts et objectifs du plan de gestion.


3. Activités de gestion


une copie de ce plan de gestion sera conservée en des endroits appropriés, notamment à la station McMurdo et à la base Scott.
― des girouettes résistantes seront installées à proximité de l'aire d'atterrissage réservée aux hélicoptères chaque fois qu'est prévu un certain nombre d'atterrissages dans la zone pendant une saison donnée. Elles devront être remplacées selon que de besoin et retirées lorsqu'elles ne sont plus nécessaires.
― des balises de couleurs vives, parfaitement visibles des airs et ne posant aucune menace significative pour l'environnement, seront installées pour baliser l'aire d'atterrissage réservée aux hélicoptères.
― les bornes ou structures érigées à l'intérieur de la zone à des fins de gestion ou à des fins scientifiques seront solidement attachées et maintenues en bon état pour être ensuite enlevées lorsqu'elles ne sont plus nécessaires.
― les visites seront effectuées selon que de besoin (de préférence au moins une fois tous les 5 ans) pour déterminer si la zone répond toujours aux objectifs pour lesquels elle a été désignée veiller à ce que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
― les programmes antarctiques nationaux dans la région se consulteront pour veiller à ce que ces mesures soient appliquées.


4. Durée de la désignation


La zone est désignée pour une durée indéterminée.


5. Cartes et photographies

― Carte 1 : ZSPA n° 138, Linnaeus Terrace, vallées Wright et Taylor Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 77° 30' S ; 2nd 77° 40' S ; méridien central : 161° 53' E ; latitude d'origine : 78° 00' S ; sphéroïde : WGS84 ; Datum : `aire de campement' locale ; intervalle de contour : 250 m.
― Carte 2 : ZSPA n° 138, Linnaeus Terrace, topographie et ligne de démarcation. Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 77° 35' S ; 2nd 77° 36' S ; méridien central : 161° 05' E ; latitude d'origine : 78° 00' S ; sphéroïde et datum horizontal : WGS84 ; intervalle de contour : 5 m. Carte dérivée d'une orthophotographie avec une précision estimée de position de 0,5 m.
― figure 1 : Illustration photographique de quelques formations rocheuses fragiles et empreintes de fossiles trouvés à Linnaeus Terrace.


6. Description de la zone
6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Linnaeus Terrace (161° 05 00'' E, 77° 35 50'' S) est un banc de grès beacon dégradé par les intempéries, d'environ 1,5 km de long sur 1 km de large à une altitude d'environ 1 600 m (Carte 1). Elle est située à l'extrémité orientale de la chaîne Asgard, à 1,5 km au nord d'Oliver Peak (161° 02 30'' E, 77° 36 40'' S, 2 410 m). La zone surplombe l'embranchement sud de la vallée Wright et se trouve à 4 km environ de l'étang Don Juan et à 10 km de l'extrémité du glacier supérieur de Wright (Carte 1) Les limites de la zone et ses caractéristiques principales sont indiquées sur les cartes et figures en annexe.
La limite (septentrionale) inférieure de la zone se caractérise par la présence d'un affleurement constitué essentiellement de grès, d'environ 3 m de hauteur, qui s'étend sur une grande partie de la longueur de la terrasse (Carte 2). La limite inférieure de la zone est définie comme étant le bord supérieur de cet affleurement et les lignes droites reliant les bords visibles où l'affleurement est couvert par un talus de surface. La limite (méridionale) supérieure de la zone se caractérise par une ligne d'affleurement de grès, d'environ 2 à 5 m de hauteur, à une altitude située entre 1 660 et 1 700 m, et à 70 m environ au-dessus de l'altitude moyenne de la terrasse. La limite supérieure de la zone est définie comme étant le bord le plus élevé de cet affleurement et elle est considéré comme étant une ligne droite entre les bords visibles où l'affleurement est recouvert d'un talus de surface. L'extrémité occidentale de la zone est définie comme étant l'endroit où la terrasse se rétrécit pour se confondre avec un talus doléritique incliné, sur le versant nord-ouest de la crête d'Oliver Peak. La limite occidentale s'incline fortement à partir de l'endroit où l'affleurement supérieur disparaît, en suivant l'intersection du talus doléritique et de la terrasse de grès, jusqu'au coin le plus occidental.
La limite orientale est définie comme étant le contour 1 615 m, qui suit de près le bord d'un affleurement s'étendant sur une grande partie de la largeur de la terrasse (Carte 2). Au coin le plus méridional de la zone, la terrasse se confond avec les pentes en direction de la vallée vers l'est ; à partir de ce point, la limite s'élève jusqu'au contour 1 700 m, d'où elle suit la ligne affleurement marquant la limite méridionale.
A Linnaeus Terrace, la température hivernale de l'air est comprise entre ― 20 °C et ― 45 °C, alors qu'en janvier la moyenne quotidienne est de ― 5 °C.
Les micro-organismes cryptoendolithiques colonisent généralement le grès beacon poreux dont la taille moyenne d'agrégat varie de 0,2 à 0,5 mm. Ils privilégient tout particulièrement les rochers teintés d'ocre ou de brun par les oxyhydroxides contenant du Fe+3. Il est probable que la croûte siliceuse d'environ 1 mm d'épaisseur, présente sur de nombreux rochers, facilite la colonisation en stabilisant la surface et en réduisant l'érosion éolienne.
Trois des cinq communautés microbiennes cryptoendolithiques décrites à ce jour (lichen-dominée, gloeocapsa-rouge et chroococcidiopsis) ont été trouvées à Linnaeus Terrace. Linnaeus Terrace est le site type de l'Hemichloris, genre d'algue verte endémique, et de l'Heterococcus endolithicus, espèce phycologique xanthophycéenne endémique. La zone est inhabituelle dans la mesure où tant de communautés endolithiques différentes, vivantes et fossiles, se trouvent dans une zone de petite surface. Les principales caractéristiques physiques et biologiques de ces communautés, ainsi que leur habitat, ont été décrits par Friedmann, E.I. (ed) 1993 Antarctic Microbiology, Wiley-Liss, New York.
On trouve partout dans la zone des formations rocheuses dégradées comme des empreintes fossiles dans du grès érodé et des bords rocheux bas fragiles (d'une hauteur allant grosso modo de 10 cm jusqu'à 1 m).
Une petite zone (Carte 2) a été contaminée par le rejet de l'isotope radioactif C14. Bien que cette contamination ne présente aucune menace sérieuse pour l'homme ou pour l'environnement, tous les échantillons prélevés dans la zone sont considérés comme étant impropres au travail scientifique utilisant les techniques au C14.


6 ii) Zones restreintes à l'intérieur de la zone

Aucune.

6 iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone

Plusieurs rochers dans la zone servent de support à des petits instruments scientifiques et, à ce titre, ils ne doivent pas être dérangés.

6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

Linnaeus Terrace se trouve à l'intérieur de la zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) n° 2, Vallées sèches de McMurdo. Dans cette zone, la caractéristique spéciale la plus proche est l'étang Don Juan dans la vallée supérieure de Wright. Les zones protégées les plus proches de Linnaeus Terrace sont les vallées Barwick et Balham (ZSPA n° 123), à 35 km au nord, et le glacier Canada (ZSPA n° 131), à 50 km à l'est (Carte 1).


7. Critères de délivrance d'un permis

L'entrée dans la zone est interdite sauf avec un permis délivré par une autorité nationale compétente.
Les critères de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivants :
― un permis est délivré uniquement pour faire l'étude scientifique de l'écosystème cryptoendolithique ou pour répondre à un but scientifique ou de gestion indispensable auquel il n'est pas possible de répondre ailleurs ;
― les actions autorisées ne porteront pas atteinte à la nature écologique ou aux valeurs scientifiques de la zone ;
― toutes les activités de gestion sont menées à l'appui des objectifs du plan de gestion ;
― le permis ou une copie conforme sera emporté à l'intérieur de la zone ;
― un rapport de visite sera remis à l'autorité désignée dans le permis ;
― les permis seront valables pour une durée donnée.


7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci

― l'accès à la zone est autorisé à pied ou en hélicoptère. Aucune restriction spéciale ne s'applique aux itinéraires permettant d'atteindre ou de quitter la zone ;
― les hélicoptères ne sont autorisés à se poser qu'à l'endroit prévu, situé à l'extrémité occidentale de la terrasse (161° 04 29'' E, 77° 35 50'' S, altitude 1 610 mètres, carte 2), sauf autorisation expresse stipulée dans le permis ou pour répondre à un objectif impérieux ayant trait au plan de gestion ou à la recherche scientifique. L'utilisation de grenades fumigènes des hélicoptères dans la zone est interdite à moins que cela ne s'avère absolument nécessaire pour des raisons de sécurité ;
― lorsque des visiteurs autorisés sont transportés, les pilotes, équipages et passagers en route par hélicoptère pour d'autres destinations ne sont pas autorisés à s'éloigner à pied au-delà de la proximité immédiate des sites prévus pour l'atterrissage et les campements, sauf autorisation expresse stipulée dans le permis ;
― les véhicules terrestres sont interdits dans la zone ;
― les déplacements à l'intérieur de la zone doivent éviter d'endommager les formations rocheuses fragiles. Il faut veiller à ne pas marcher sur des empreintes fossiles (Figure 1) et les bords rocheux bas fragiles qui se brisent facilement ;
― le trafic pédestre doit être limité au minimum nécessaire pour répondre aux objectifs de toute activité autorisée ;

7 ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone, y compris les restrictions relatives à la durée et à l'endroit

― travaux de recherche scientifiques qui ne porteront pas atteinte à l'écosystème de la zone ;
― activités de gestion essentielles, y compris la surveillance.


7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures

― aucune structure ne doit être érigée dans la zone sauf si un permis l'autorise ;
― les structures permanentes sont interdites ;
― tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés par le permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui posent un risque minimal de contamination de la zone ;
― l'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis a expiré sera la responsabilité de l'autorité qui a délivré le permis original et sera un critère de délivrance du permis.


7 iv) Emplacement des camps

Les campements sont autorisés à l'intérieur de la zone mais uniquement à l'endroit désigné dans les environs immédiats de l'aire d'atterrissage des hélicoptères (Carte 2).


7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

― afin d'éviter de porter atteinte à l'écosystème microbien pour lequel le site est protégé, aucun animal, matériel végétal ou micro-organisme ne doit être délibérément introduit dans la zone et toutes les précautions d'usage énumérées ci-dessous seront prises contre les introductions accidentelles ;
― pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques de la zone, les visiteurs endront des précautions spéciales contre l'introduction d'animaux, de matériel végétal ou de microorganismes. Sont un motif de préoccupation particulier les introductions microbiennes et végétales en provenance des sols d'autres sites antarctiques, y compris les stations, ou de régions extérieures à l'Antarctique. Afin de minimiser le risque d'introductions, les visiteurs doivent nettoyer à fond leurs chaussures et tout le matériel à utiliser dans la zone ― en particulier le matériel d'échantillonnage et les marqueurs ― avant d'entrer dans la zone ;
― aucun herbicide ou pesticide ne doit être introduit dans la zone ;
― tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone une fois terminée l'activité pour laquelle le permis a été délivré ou avant ;
― aliments, combustibles et autres matériels ne doivent pas être entreposés dans la zone à moins qu'ils ne soient nécessaires à des fins essentielles liées à l'activité pour laquelle le permis a été délivré ;
― tous les matériaux introduits le seront pour une période donnée uniquement, ils seront enlevés à ou avant la conclusion de ladite période et ils seront entreposés et gérés de manière à minimiser le risque de leur introduction dans l'environnement ;
― si un rejet se produit qui risque de porter atteinte aux valeurs de la zone, l'enlèvement est encouragé uniquement lorsque son impact n'est pas plus grand que celui de la décision de laisser les matériaux in situ.


7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis distinct délivré en vertu de l'article 3 de l'annexe II par une autorité nationale appropriée.


7 vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis

― des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de gestion ;
― les matériaux d'origine humaine qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur d'un permis mais qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la zone peuvent être enlevés à moins que l'impact de leur enlèvement ne soit vraisemblablement plus grand que celui de la décision de laisser les matériaux in situ. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.


7 viii) Elimination des déchets

Tous les déchets, y compris tous les déchets humains, seront enlevés de la zone.


7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

― les visiteurs devront consulter et appliquer selon qu'il conviendra le code de conduite général ainsi que les Lignes directrices pour la conduite des recherches scientifiques élaborées à des fins d'utilisation dans les Vallées sèches de McMurdo (ZGSA n° 2) ;
― tous les sites spécifiques faisant l'objet d'une surveillance de longue durée devront être balisés de manière appropriée.


7 x) Rapports de visites

― les Parties au Traité doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un rapport décrivant les activités entreprises. Ce rapport doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite (Appendice 4 de la résolution 2 (1998) du CPE I) ;
― les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée et pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du site ;
― l'autorité appropriée doit être notifiée de toutes les activités et mesures entreprises ainsi que de tous les matériaux déposés mais pas enlevés qui ne figuraient pas dans le permis délivré.

M E S U R E 9 ( 2 0 0 8 )

ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 137, ÎLE NORTHWEST WHITE, MCMURDO SOUND, PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement gérées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant :
― la recommandation XIII-8 (1985), qui désignait l'île Northwest White, McMurdo Sound, comme site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 18 et à laquelle figurait en annexe un plan de gestion pour ce site ;
― la recommandation XVI-7 (1991), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 18 jusqu'en décembre 2001 ;
― la mesure 3 (2001), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 18 du mois de décembre 2001 jusqu'au 31 décembre 2005 ;
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 18 en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 137 ;
― la mesure 1 (2002), qui adoptait un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 137,
Notant que le comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 137,
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 137 par le plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1) Soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 137, île Northwest White, McMurdo Sound, qui figure en annexe à la présente mesure ;
2) Cessent d'avoir effet tous les plans de gestion antérieurs pour la ZSPA n° 137, c'est-à-dire ceux qui figurent en annexe :
― à la recommandation XIII-8 (1985), et
― à la mesure 1 (2002).

A N N E X E
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT
PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 137
ÎLE NORTHWEST WHITE, McMURDO SOUND

1. Description des valeurs à protéger

Une zone de glace de banquise côtière d'une superficie de 150 km² du côté nord-ouest de l'île White avait été désignée à l'origine dans la recommandation XIII-8 (1985, SISP n° 18) sur proposition des Etats-Unis d'Amérique qui estimaient en effet que cet endroit renferme une population en reproduction inhabituelle de phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) qui est la population connue la plus au sud et qui a été physiquement isolée d'autres populations par la progression de la plate-forme de glace de McMurdo et de celle de Ross (carte 1). Les lignes de démarcation initiales ont été ajustées en 2002 (Mesure 1) et ce, à la lumière de nouvelles données enregistrant la répartition spatiale des phoques sur les plates-formes de glace. Dans le sud, la ligne de la zone a été déplacée vers le nord et vers l'est pour exclure la région au nord du détroit de White où aucun phoque n'a été signalé. Dans le nord, la zone a été élargie pour englober une partie additionnelle de la plate-forme de glace de Ross afin d'assurer l'inclusion d'une plus grande partie de la région dans laquelle les phoques peuvent être trouvés. En 2008, le plan de gestion a été actualisé pour y inclure de récentes données de recensement sur la colonie de phoques, ce qui a abouti à la révision de la ligne de démarcation afin d'inclure la partie de la plate-forme glaciaire de Ross où des phoques ont été observés. La zone a aujourd'hui une superficie d'environ 142 km². Des orientations additionnelles sur le survol et l'accès des aéronefs ont également été incorporées dans le plan de gestion.
La colonie de phoques de Weddell semble incapable de s'installer dans une autre zone en raison de la distance qui la sépare de l'océan à McMurdo Sound et, en tant que telle, elle est extrêmement vulnérable aux impacts humains qui pourraient survenir dans les environs. On ne croit pas qu'elle était présente au début des années 1900 car les naturalistes qui, maintes fois, ont visité l'île White durant les expéditions de Scott en 1902, 1903 et 1910 n'ont jamais fait mention de phoques. Un effondrement glaciaire a eu lieu dans la région entre 1947 et 1956, et les deux premiers phoques ont été observés en 1958 à proximité de l'extrémité nord-est de l'île (R. Garrott, communication personnelle 2007). Des études menées toute l'année durant n'ont détecté aucune preuve de l'immigration ou de l'émigration de phoques dont la population semble avoir augmenté pour passer de 11 dans les années 60 à environ 25 à 30. Les phoques n'ont pas la capacité de respiration nécessaire pour nager les 20 km les séparant de l'océan et il n'y a qu'une seule archive d'un phoque de la colonie qui a fait le voyage à la surface de la plate-forme de glace.
Les phoques ont accès à la mer en deçà de la plate-forme de glace à travers des crevasses de pression que forment les mouvements marémoteurs des plates-formes glaciaires de McMurdo et de Ross. Une seule crevasse demeure ouverte toute l'année durant. Les phoques de Weddell à l'île de White ont en général une taille moyenne plus grande et un poids moyen plus lourd que leurs homologues de McMurdo Sound et tout porte à croire qu'ils plongent à une profondeur plus basse. L'île Northwest White est un des rares sites où l'on sait que les phoques de Weddell s'alimentent en dessous de la glace de banquise. Leur population est considérée comme possédant une valeur scientifique exceptionnelle du fait de sa période d'isolement physique de toute interaction avec d'autres phoques, isolement qui pourrait atteindre une soixantaine d'années, et des études sont en cours de la mesure dans laquelle le groupe peut être considéré comme étant une population génétiquement distincte. Des techniques génétiques ont été utilisées pour établir un pédigré complet de la population de l'île Northwest White, ce qui vient corroborer la conclusion qu'il est fort probable que la colonie a vu le jour il y a une soixantaine d'années comme en attestent les observations historiques.
L'île Northwest White est relativement facile d'accès sur la glace de banquise des stations de recherche américaine et néo-zélandaise à la pointe Hut, île de Ross. En outre, une route d'accès balisée entre ces stations et l'île Black passe dans un rayon d'environ 2 km de la zone (carte 1).
La zone doit faire l'objet d'une protection spéciale de longue durée en raison de l'importance exceptionnelle de la colonie de phoques de Weddell, de ses valeurs scientifiques remarquables et des possibilités de recherche qu'elle offre, sans oublier sa vulnérabilité aux perturbations que pourraient lui causer des activités scientifiques et logistiques menées dans la région.


2. Buts et objectifs

Le plan de gestion de l'île Northwest White a pour buts les suivants :
― éviter la dégradation des valeurs de la zone et les risques substantiels qu'elles pourraient courir en empêchant les perturbations nuisibles inutiles à la zone ;
― permettre des travaux de recherche scientifiques sur l'écosystème, en particulier sur les phoques de Weddell tout en veillant à ce qu'il soit protégé de perturbations excessives ou d'autres impacts scientifiques possibles ;
― permettre d'autres travaux de recherche scientifique à condition qu'ils ne portent pas atteinte aux valeurs de la zone ;
― minimiser la possibilité d'introduire des animaux et des microbes non indigènes dans la zone ;
― permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à l'appui des buts du plan de gestion.


3. Activités de gestion

 

― Des panneaux montrant l'emplacement de la zone (énonçant les restrictions spéciales qui s'appliquent) seront affichés bien en vue et une copie de ce plan de gestion sera disponible en des endroits appropriés, en particulier à la station McMurdo, à la base Scott et dans les installations de l'île Black.
― Les bornes, panneaux et structures érigés à l'intérieur de la zone à des fins scientifiques ou à des fins de gestion seront solidement attachés, maintenus en bon état et enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires.
― Des visites seront effectuées selon que de besoin (une fois au moins tous les cinq ans) pour déterminer si la zone continue de répondre aux buts pour lesquels elle a été désignée et pour s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
― Les directeurs des programmes antarctiques nationaux en cours d'exécution dans la région se livreront entre eux à des consultations pour veiller à ce que les dispositions ci-dessus soient mises en œuvre.


4. Durée de la désignation

La zone est désignée pour une durée indéterminée.


5. Cartes et photographies

Carte 1 : île Northwest White, ZSPA n° 137, carte topographique. Spécifications de la carte : projection : conique conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 78° 00' 00'' S ; 2e 78° 12' 00'' S ; méridien central : 167° 05' 00'' E ; latitude d'origine : 77° 30' 00'' S ; sphéroïde : WGS84.
Encart 1 : région de la mer de Ross.
Encart 2 : région de l'île de Ross, principales caractéristiques et stations avoisinantes.
Note : la carte 1 est dérivée de la base de données numérique antarctique (version 5.0, SCAR, 2007). Ce cadre a été identifié comme ayant une position inexacte dans la région de l'île de Ross/île White. Un contrôle au sol précis disponible pour la péninsule de la pointe Hut a été utilisé pour ajuster la position géographique du cadre d'environ + 240 m (direction x) et + 100 m (direction y). On estime que ce changement améliore l'exactitude de la carte 1 mais le résultat obtenu n'est qu'une approximation. Les observations de phoques faites par les systèmes de positionnement universel (GPS, dans WGS-84) indiquées sur la carte 1 sont considérées exactes à hauteur d'environ 200 m de leurs véritables positions.


6. Description de la zone

6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

L'île White, partie du complexe volcanique McMurdo, se trouve à environ 20 km au sud-est du bord du plateau de glace McMurdo et à 25 km au sud-est de la pointe Hut, emplacement de la station McMurdo (Etats-Unis d'Amérique) et de la base Scott (Nouvelle-Zélande) sur l'île de Ross (encart 2, carte 1). De forme plus ou moins triangulaire, l'île est grosso modo longue de 30 km et large de 15 km à son maximum ; elle atteint en plusieurs endroits une hauteur maximale de 762 m (carte 1). Les rives nord et ouest de l'île descendent de manière abrupte, l'eau atteignant des profondeurs de 600 m dans un rayon de 5 km de l'île. Celle-ci est principalement couverte de neige, la plupart des affleurements rocheux se trouvant dans le nord, et elle est complètement entourée par de la glace permanente (d'une épaisseur allant de 10 m à 100 m) des plateaux glaciaires de McMurdo et de Ross.
L'île Black se trouve à 2,5 km à l'ouest de l'île White, séparée qu'elle en est par la glace de banquise du détroit de White. Les points d'entrée et de sortie GPS pour la route d'accès de McMurdo à l'île sont 78° 12' 00'' de latitude sud, 166° 50' 00'' de longitude est et 78° 14' 17'' de latitude sud et 166° 45' 30'' de longitude est respectivement.
Le déplacement vers l'ouest de la plate-forme de glace McMurdo est le plus prononcé à l'extrémité nord de l'île White et le déplacement de glace qui s'éloigne de la côte nord-ouest garantit la présence toute l'année durant d'eau dans les crevasses que contient la plate-forme en cet endroit. La population des phoques de Weddell utilise ces crevasses pour accéder à l'eau de mer et aux aires d'alimentation sous la glace de banquise et elle habite et se reproduit dans la région à environ 5 km de ses positions. Les crevasses se produisent parallèlement à la côte de l'île White et dans un rayon de quelques centaines de mètres de cette côte, s'étendant de manière intermittente le long de la côte pour aller de l'extrémité nord de l'île jusqu'à 15 km vers le sud.
La zone comprend 142 km² de glace de banquise et des crevasses d'eau libre aussi bien dans la plate-forme de Ross que dans celle de McMurdo jusqu'à 5 km au large au nord-est, nord et ouest de la côte de l'île White. La ligne de démarcation nord-est s'étend de la côte nord-est du cap Spencer-Smith (167° 32' 42'' E, 78° 00' 43'' S) à 5 km vers l'est jusqu'au 167° 46' 37'' E, 78° 00' 43'' S. Elle s'étend ensuite vers le nord-ouest et suit une ligne parallèle jusqu'à la côte et sur 5 km de celle-ci, autour du cap Spencer Smith pour ensuite se diriger en sud-ouest vers 167° 00' 00'' de longitude est et 78° 05' 00'' de latitude sud, après quoi elle continue vers le sud sur 7,8 km jusqu'à 167° 00' 00'' E, 78° 09' 12'' S, puis sur 1,5 km est vers l'affleurement rocheux le plus significatif sur la côte ouest de l'île White (167° 05' 00'' E, 78° 09' 12'' S). La ligne de démarcation s'étend ensuite vers le nord, suivant le littoral autour du cap Spencer Smith jusqu'à la limite nord-est de la zone. La côte de l'île White se caractérise par un changement de la pente de surface où survient la transition entre la plate-forme de glace flottante et la terre ; la transition est en certains endroits progressive et imprécise, la position exacte de la côte n'étant en effet pas connue avec précision. C'est pour cette raison que la ligne de démarcation côtière (en général est) est censée suivre le littoral comme en atteste une augmentation de la hauteur de surface vers la terre de deux mètres au-dessus de la hauteur moyenne de la plate-forme de glace adjacente de McMurdo.
D'après les estimations, la population des phoques de Weddell en 1991 tournait autour de 25 à 30 animaux. Une étude faite en 1981 a estimé qu'il y en avait une « trentaine » tandis que des études faites en 1991 ont elles estimé que 26 phoques avaient plus d'un an. Depuis 1991, 17 femelles différentes ont mis à bas des bébés phoques sur l'île White. Entre 2003 et 2007, onze femelles ont été aperçues dans l'île dont six seulement ont eu une progéniture. Entre deux et quatre nouveau-nés vivants ont été enregistrés entre 1963 et 1968, en 1981 et en 1991. Les recensements annuels effectués depuis 1991 ont permis de répertorier entre quatre et dix nouveau-nés de 1991 à 2 000 mais entre deux et quatre chaque année de 2000 à 2007. Le taux de mortalité des nouveau-nés est élevé à cause sans doute du croisement tandis que le taux de natalité est faible par rapport à celui de la population dans la baie d'Erebus.
Les phoques sont physiquement isolés par la barrière de glace de banquise et ils sont dans l'incapacité de nager sous la glace les 20 km qui les séparent des eaux libres de McMurdo Sound. On a estimé que les phoques de Weddell sont capables de nager sur une distance d'environ 4,6 km (2,5 milles marins) en respirant une seule fois. L'isolement manifeste de la colonie est confirmé par les données d'examen des marques figurant sur les phoques de Weddell à McMurdo Sound où, sur plus de 100 000 observations en l'espace de 20 ans, aucun phoque marqué de l'île White n'a été observé à McMurdo Sound.
Ces données semblent indiquer que les phoques à l'île White ne parcourent en général pas la distance de 20 km qui les sépare de l'océan sur la surface de glace de banquise. Toutefois, il y a au moins une archive d'un jeune phoque de la colonie de l'île White qui a fait le voyage jusqu'à l'aérodrome Williams proche de la station McMurdo station (G. Kooyman, communication personnelle, 2007).
Les femelles adultes commencent à faire leur apparition sur la glace de banquise au début du mois de novembre, soit un mois plus tard que dans les autres aires de reproduction de la partie australe de la mer de Ross. Elles donnent le jour à l'extrémité nord-ouest de l'île, période durant laquelle on peut trouver des sous-adultes et des adultes qui ne se reproduisent pas à quelque 15 km au sud-ouest de l'île près de crevasses ouvertes du côté occidental de l'île. Il n'y a pas à cette époque-là de mâles adultes sur la glace de mer car ils restent dans l'eau pour y établir leurs territoires et les défendre. Les femelles demeurent sur la glace jusqu'au sevrage des nouveau-nés vers l'âge de 6 à 8 semaines. Après le mois de décembre, adultes et sous-adultes se mélangent dans l'aire de reproduction et le long des crevasses qui se sont formées dans le coin nord-ouest de l'île.
On pense que si, durant les mois d'hiver, les phoques restent dans l'eau, c'est en raison de l'état dur de la surface. Les températures à la surface peuvent en effet tomber à pas moins de 60 °C et les spécialistes sont d'avis que les phoques passent une grande partie de leur temps à maintenir ouvert un trou d'air dans les fissures. Cela est considéré comme l'un des principaux facteurs qui limitent la taille de la population, les nouveaux-nés et les sous-adultes étant probablement exclus de l'utilisation des trous limités de respiration par les adultes qui les dominent et qui sont plus agressifs. Certains nouveaux-nés peuvent être dans l'impossibilité de conserver leurs propres trous de respiration et risquent d'être bloqués à la surface de la glace si les phoques dominants ne leur permettent pas d'entrer dans l'eau.
Des études ont laissé entrevoir que les phoques de Weddell ont à l'île White un régime alimentaire similaire à celui de leurs homologues à McMurdo Sound. Des études d'otolithes de poisson prélevés sur des échantillons de matières fécales de phoques de Weddell ont révélé un régime alimentaire composé essentiellement de bocasses Pleuragramma antarcticum mais également de poissons issus du genre Trematomus. On pense que le reste du régime alimentaire des phoques de Weddell se compose d'invertébrés ainsi que d'un céphalode appartenant à la famille des mastogoteuthidées. On a constaté que la consommation de ces derniers était beaucoup plus élevée chez les phoques à l'île White que chez ceux vivant à McMurdo Sound.
D'autres aspects de la physiologie et du comportement des phoques à l'île White semblent être différents de ceux des populations avoisinantes à McMurdo Sound et à la baie de Terra Nova. Les phoques à l'île White semblent en effet être beaucoup plus gras, leur poids enregistré pouvant atteindre 686 kg contre pas plus de 500 kg à McMurdo Sound ou dans la baie de Terra Nova. Une étude faite en 1991 a révélé que les femelles adultes y avaient en moyenne une taille considérablement plus longue qu'à McMurdo Sound et que les jeunes phoques à l'île White ont d'après les observations des taux de croissance plus rapides que leurs homologues à McMurdo. Les profondeurs d'immersion à l'île White sont en moyenne moins grandes qu'à McMurdo Sound.


6 ii) Zones restreintes et gérées à l'intérieur de la zone

Aucune.

6 iii) Structures à l'intérieur et près de la zone


Il n'y a aucune structure à l'intérieur ou près de la zone.


6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

Les zones protégées les plus proches de l'île Northwest White se trouvent sur l'île de Ross. Les hauteurs Arrival (ZSPA n° 122) adjacentes à la station McMurdo et à la cabane Discovery (ZSPA n° 158) sur la péninsule de la pointe Hut en sont les plus proches à 20 km au nord, le cap Evans (ZSPA n° 155) et le cap Royds (ZSPA n° 121) se trouvent à 47 et 55 km au nord respectivement, et Tramway Ridge (ZSPA n° 130) près du sommet du mont Erebus se trouve pour sa part à 60 km au nord.


7. Critères de délivrance d'un permis

L'accès à la zone est interdit sauf si un permis est délivré par les autorités nationales compétentes. Les conditions de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
― un permis est délivré pour faire l'étude scientifique de l'écosystème des phoques de Weddell ou pour répondre à des buts scientifiques ou des buts de gestion conformes aux objectifs du plan tels qu'une inspection ou une révision ;
― les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs écologiques ou scientifiques de la zone ;
― les activités de gestion sont exécutées à l'appui des objectifs du plan de gestion ;
― les actions autorisées le sont en conformité avec le plan de gestion ;
― le permis, ou une copie, sera emporté à l'intérieur de la zone ;
― un rapport de visite sera remis à l'autorité désignée dans le permis ;
― les permis doivent être délivrés pour une durée donnée.


7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci

― L'accès à la zone peut se faire à pied, en véhicule ou en aéronef.
― L'atterrissage des aéronefs et les survols à moins de 750 m à l'intérieur de la zone sont normalement interdits sans un permis. Lors de leur approche et à leur départ, les aéronefs doivent éviter de survoler le littoral de l'île White et les crevasses de marée dans la zone où l'on trouve le plus couramment les phoques. Les aéronefs ne doivent pas atterrir à moins de 300 m des phoques lorsque ceux-ci peuvent être vus de l'air et ils atterriront à 300 m au moins du littoral de l'île et des crevasses de marée lorsque les phoques ne sont pas visibles.
― L'utilisation de grenades fumigènes pour hélicoptères est interdite à moins que cela ne soit absolument nécessaire pour des raisons de sécurité et toutes les grenades doivent être récupérées.
― Il est vivement découragé aux conducteurs de véhicules de s'approcher à moins de 50 m des phoques et les approches à une distance plus proche de ces animaux doivent se faire à pied. La circulation des véhicules et des piétons doit être maintenue au minimum nécessaire compatible avec les objectifs des activités autorisées.


7 ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone, y compris les restrictions relatives à la durée et à l'endroit

Les activités qui peuvent être menées à l'intérieur de la zone comprennent les suivantes :
― travaux de recherche scientifiques qui ne porteront pas atteinte à l'écosystème de la zone ;
― activités de gestion essentielles, y compris la surveillance.


7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures

― Aucune structure ne doit être érigée dans la zone sauf si un permis l'autorise.
― Tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui posent un risque minimal de contamination de la zone.
― L'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis a expiré sera de la responsabilité de l'autorité qui a délivré le permis original et il sera l'un des critères de délivrance du permis.


7 iv) Emplacement des camps

Les camps permanents sont interdits à l'intérieur de la zone. Les camps temporaires y sont en revanche autorisés. Il n'y a pas de restrictions particulières à l'installation en un endroit précis d'un camp temporaire à l'intérieur de la zone encore que les sites retenus doivent se trouver à plus de 200 m des crevasses de la plate-forme glaciaire qu'occupent les phoques sauf si un permis délivré à cette fin l'autorise lorsque cela est jugé nécessaire pour répondre à des buts de recherche spécifiques.


7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

― Aucun animal vivant, aucune matière végétale et aucun micro-organisme ne seront introduits délibérément dans la zone et des mesures de précaution seront prises pour la protéger d'une introduction accidentelle. Constituent une préoccupation particulière les introductions de microbes et de virus en provenance d'autres populations de phoques. Pour minimiser le risque de telles introductions, les visiteurs veilleront à ce que les dispositifs de mesure, le matériel d'échantillonnage ou les balises à utiliser dans la zone sont propres avant d'entrer dans la zone.
― Aucun herbicide ou pesticide ne sera introduit dans la zone.
― Tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone à ou avant la conclusion de l'activité pour laquelle le permis a été délivré.
― Du combustible ne doit pas être entreposé dans la zone sauf s'il est nécessaire à des fins essentielles liées à l'activité pour laquelle le permis a été délivré.
― Tous les matériaux introduits dans la zone le seront pour une période donnée uniquement, ils seront enlevés à ou avant la conclusion de ladite période, et ils seront stockés et gérés de telle sorte que le risque de leur introduction dans l'environnement soit minimisé.


7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis distinct délivré conformément à l'article 3 de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement par l'autorité nationale compétente uniquement à cette fin.
7 vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis
Des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de gestion. Les matériaux d'origine humaine qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la zone et qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur d'un permis ou pour lesquels une autorisation n'a pas été donnée, peuvent être enlevés à moins que l'impact de leur enlèvement ne soit vraisemblablement plus grand que celui de la décision de laisser les matériaux sur place. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.


7 viii) Elimination des déchets

Tous les déchets seront enlevés de la zone.


7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

― Tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de longue durée doivent être bien balisés.
― L'utilisation d'explosifs est interdite à l'intérieur de la zone.


7 x) Rapports de visites

Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ce rapport doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite suggéré par le Comité scientifique pour la recherche en Antarctique.
Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée et pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du site.

M E S U R E 6 ( 2 0 0 8 )


ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 123 VALLÉES BARWICK ET BALHAM, TERRE SOUTHERN VICTORIA, PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du protocole au traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Rappelant :
― la recommandation VIII-4 (1975), qui désignait la vallée Barwick, Terre Victoria, comme site présentant un intérêt particulier (« SISP ») n° 3 et à laquelle figurait en annexe un plan de gestion pour ce site ;
― la recommandation X-6 (1979), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 3 du 30 juin 1981 jusqu'au 30 juin 1985 ;
― la recommandation XII-5 (1983), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 3 du 30 juin 1985 jusqu'au 30 décembre 1985 ;
― la recommandation XIII-7 (1985), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 3 du 31 décembre 1985 jusqu'au 31 décembre 1995 ;
― la résolution 7 (1995), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 3 du 31 décembre 1995 jusqu'au 31 décembre 2000 ;
― la mesure 2 (2000), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 3 du 31 décembre 2000 jusqu'au 31 décembre 2005 ;
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 3 en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 123 ;
― la mesure 1 (2002), qui adoptait un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 123 ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 123 ;
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 123 par le plan de gestion révisé ;
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du protocole au traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. Soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 123, vallées Barwick et Balham, Terre South Victoria, qui figure en annexe à la présente mesure ; et
2. Cessent d'avoir effet tous les plans de gestion antérieurs pour la ZSPA n° 123, c'est-à-dire ceux qui figurent en annexe à la :
― recommandation VIII-4 (1975) ; et
― mesure 1 (2002).

M E S U R E 6
A N N E X E
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE
SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 123
Vallées Barwick et Balham, Terre Southern Victoria

1. Description des valeurs à protéger

Une zone de 325 km² dans la vallée Barwick, y compris une partie de la vallée Balham qui y est adjacente, avait à l'origine été désignée dans la recommandation VIII-4 (1975, SISP n° 3) sur proposition des Etats-Unis d'Amérique qui estimaient, en effet, que cette zone était « l'une des vallées sèches les moins perturbées et polluées de Terre Victoria Land » et qu'elle était importante comme zone de référence en fonction de laquelle on peut mesurer l'évolution d'écosystèmes comparables d'autres vallées sèches où des recherches scientifiques étaient régulièrement exécutées. Le site reste éloigné des stations et il n'a pas été l'objet de maintes visites et de nombreux travaux de recherche. La vallée Barwick a été visitée pour la première fois en 1958 et plusieurs expéditions y ont ensuite été effectuées dans le années 1960 jusqu'en 1975, après quoi les visites ont été rares du fait de sa désignation comme site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP). Bien que quelques impacts humains de ces premières expéditions aient été visibles en 1993-1994 à l'intérieur de la région, on pense que les vallées Barwick et Balham demeurent une des zones les moins affectées de la région antarctique des vallées sèches de Terre Victoria.
Les lignes de démarcation de la zone originelle ont été élargies en 2002 (mesure 1) pour y inclure une partie additionnelle du bassin versant de la vallée Balham et rationalisées pour en exclure le bassin versant du glacier supérieur Victoria qui se trouvait auparavant à l'intérieur de la zone, ce qui donne au total une superficie de 480 km². Le plan de gestion actuel a été mis à jour pour y incorporer des dispositions additionnelles en vue de réduire le risque d'introduction de microbes et de végétation dans d'autres sites de l'Antarctique ou en provenance de régions extérieures à ce continent.
Les vallées sèches de Terre Victoria ont un écosystème désertique polaire unique en son genre et extrême. La zone renferme des exemples d'une grande variété des environnements trouvés dans cet écosystème, y compris des pavements de déflation, des dunes de sable, des sols bigarrés, des caractéristiques glaciaires et des moraines, des cours d'eau, des lacs d'eau douce et d'eau saline, des vallées et des terres libres de glace à haute altitude. Quelques-uns des meilleurs exemples de pavements éolisés et de dolérites d'altération se trouvent sur le sols de la vallée avec des exemples de lichens chasmolithiques, de communautés stratifiées de lichens endolithiques, de champignons, d'algues et de bactéries apparentées, sans oublier des populations de microflore pédologique et lacustre. La protection spéciale conférée à la zone donne l'occasion de conserver un exemple relativement vierge de cet écosystème qui servira de base de référence future. La protection sur la base d'un bassin versant sert à fournir une plus grande représentation des caractéristiques de l'écosystème et facilite par ailleurs la gestion de la zone en tant que système écologique intégré et géographiquement distinct. Les grandes valeurs écologiques ainsi que les valeurs scientifiques et esthétiques, et l'état sauvage de la nature, issus qu'ils sont de l'isolement et du niveau relativement bas de l'impact humain, sont d'importantes raisons pour accorder une protection spéciale aux vallées Barwick et Balham.


2. Buts et objectifs

Le plan de gestion des vallées Barwick et Balham a pour buts et objectifs les suivants :


II. ― MESURES

― Eviter la dégradation des valeurs de la zone et les risques substantiels qu'elles pourraient courir en empêchant les perturbations humaines inutiles dans la zone.
― Protéger l'écosystème naturel comme une zone de référence qui est demeurée en grande partie non perturbée par des activités humaines directes.
― Permettre des travaux de recherche scientifique sur l'écosystème naturel et l'environnement physique dans la zone sous réserve que ces travaux soient effectués pour répondre à des buts essentiels auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs.
― Minimiser les perturbations humaines dans la zone en y empêchant un échantillonnage inutile.
― Minimiser la possibilité d'introduire des plantes, des animaux et des microbes non indigènes dans la zone.
― Permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à l'appui de la protection des valeurs et des caractéristiques de la zone.


3. Activités de gestion

― Des copies du présent plan de gestion, y compris des cartes, seront conservées dans les principales installations de recherche des cabanes à l'intérieur de la zone, de même qu'à la station McMurdo et à la base Scott.
― Des visites seront effectuées s'il y a lieu pour déterminer si la zone continue de répondre aux buts pour lesquels elle a été désignée et pour s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
― Les directeurs des programmes antarctiques nationaux en cours d'exécution dans la région se livreront entre eux à des consultations pour veiller à ce que les dispositions ci-dessus soient mises en œuvre.


4. Durée de la désignation

La zone est désignée pour une durée indéterminée.


5. Cartes

Carte 1 : ZSPA n° 123, vallées Barwick et Balham, topographie et ligne de démarcation.
Spécifications de la carte. Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 77° 15 ' S ; 2° 77° 25 ' S ; méridien central : 161° 10 ' E ; latitude d'origine : 78° 00 ' S ; sphéroïde : WGS84 (approximation) ; datum : « Zone de campement » local.
Encart 1 : région de la mer de Ross, montrant l'emplacement des vallées sèches de McMurdo, et encart 2.
Encart 2 : vallées sèches de McMurdo et île de Ross, montrant l'emplacement de la station McMurdo (Etats-Unis d'Amérique) et base Scott (Nouvelle-Zélande), zone gérée spéciale de l'Antarctique, vallées sèches de McMurdo (ZGSA n° 2), et l'emplacement d'autres zones spécialement protégées de l'Antarctique dans les vallées sèches de McMurdo (ZSPA n° 131, glacier Canada, et ZSPA n° 138, Linnaeus Terrace).


6. Description de la zone

6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

La vallée Barwick (161° E, 77° 20 ' S) est située à environ 65 km à l'intérieur des terres de la côte de Terre South Victoria dans la mer de Ross (carte 1 et encarts). La zone comprend les vallées Barwick et Balham ainsi que leurs bassins hydrographiques correspondants et elle est limitée au sud, à l'est et au nord par la vallée McKelvey, le Willet Range et la ligne de partage entre les vallées Victoria et Barwick respectivement.
La ligne de démarcation de la zone s'étend de son extrémité est dans la vallée inférieure de Barwick (autour de la confluence des vallées Barwick, Victoria et McKelvey) sur plusieurs kilomètres au sud vers la crête allant en sud-ouest jusqu'au sommet du mont Insel (1 345 m) d'où elle suit les points élevés de la crête d'Insel Range sur 5 km avant de descendre jusqu'à une dépression entre les vallées McKelvey et Balham à l'endroit où se trouve le lac Bullseye. La ligne de démarcation traverse le lac avant de grimper la crête jusqu'à un point plus élevé sur Insel Range (environ 1 250 m) pour ensuite continuer vers les cours supérieurs de la vallée Balham. Au fur et à mesure que le terrain devient plus doux dans la partie supérieure de la vallée Balham et à environ 7 km à l'est du sommet de la montagne Shapeless (2 736 m), la ligne de démarcation se propulse vers le nord à une altitude d'environ 1 800 m vers les pics Apocalyse. La ligne de démarcation s'étend en nord-ouest des pics Apocalypse sur environ 9 km vers une crête saillante qui mène au sommet du mont Bastion (2 477 m, 160° 29' E, 77° 19' S). Cette crête est suivie vers le nord jusqu'au pic Skew (2 535 m, 160° 41' E, 77° 13'30' S), situé à la tête de la vallée Barwick. La ligne descend ensuite le long de la crête est du pic Skew au-dessus du glacier Webb avant de suivre la limite du bassin versant plus au sud vers Parker Mesa. De Parker Mesa, la ligne de démarcation descend plus encore pour suivre la crête qui sépare les bassins versants du glacier supérieur Victoria et de la vallée Barwick. La ligne de démarcation s'étend vers l'est le long de cette crête sur 13 km jusqu'au pic Sponsors (1 454 m, 161° 24' E, 77° 18' S). Elle descend la crête sud-ouest du pic Sponsors et du pic Nickell (sur environ 1 400 m) jusqu'à la partie inférieure de la vallée Barwick pour atteindre l'extrémité est de la zone, laquelle se trouve à environ 4 km au nord-est du lac Vida, vallée Victoria.
Un vaste névé au sud du pic Skew alimente le glacier Webb dans la partie supérieure de la vallée Barwick. Dans la réalité, très peu de glace du plateau polaire s'écoule au-dessus de l'escarpement dans la vallée Barwick, car des vecteurs d'écoulement et débris couvrent des motifs sur le glacier Webb en cet endroit, montrant que cette partie du glacier est quasiment stationnaire. Les vallées Barwick et Balham fusionnent dans la partie sud-est de la zone ; à 9 km de là, la vallée Barwick rejoint la vallée Victoria. Une série de lacs occupe la vallée Barwick, le plus grand étant le lac Webb (d'une hauteur d'environ 650 m) à la bosse du glacier Webb. Le lac Vashka (d'une hauteur d'environ 507 m), qui remplit en partie une dépression circulaire inhabituellement profonde, est le deuxième lac le plus grand et il est situé à 5,7 km en bas de vallée du lac Webb. Le lac Hourglass (d'une hauteur d'environ 625 m), le troisième lac le plus grand, se trouve à mi-chemin entre le lac Webb et le lac Vashka. Un cours d'eau intermittent reliant cette série de lacs prend fin au lac Vashka, qui a un niveau bien en-dessous de son seuil de débordement. Un premier examen des surfaces lisses des lacs Webb et Vashka semble indiquer que ce sont deux lacs de « blocs de glace » qui ne contiennent aucune eau liquide en quantité significative. Il n'empêche que l'on a observé en décembre 1993 de l'eau liquide sur plusieurs mètres de profondeur au périmètre du lac Vashka. Aucune étude des caractéristiques physiques d'un des lacs de la vallée Barwick n'a été faite récemment. Le lac Balham, un petit lac situé dans une dépression (hauteur ¸ 700 m) en dessous des pics Apocalypse, est le seul lac dans la vallée Balham (en général à une hauteur d'environ 800 m).
De multiples glaciations, principalement entre 13 Ma et 3,5 Ma d'années, ont créé dans le temps une épaisse moraine sur le sol des deux vallées. Ces dépôts sont mantelés par des plaques de solifluxion à, la tête de la vallée Balham. En outre, les vallées ont un petit nombre de lacs d'eau douce et d'eau saline sur les surfaces de dérive. Dans de nombreux cas, les lacs se sont évaporés pour donner le jour à de vastes gisements de sel. Les parois des vallées Barwick et Balham affichent des vestiges de bancs glaciaires à une altitude d'environ 800 m et de 1 200 à 1 500 m. Les sols proches du lac Vashka consistent en des débris de moraine issus en grande partie de dolérites et de grès, mais granites, gneiss et schiste représentent pas moins de 35 % des roches localement. L'altération est souvent indiquée par des colorations d'un rouge foncé attribuables à l'oxydation de composés de fer, normalement minés par du sable d'impulsion du côté exposé au vent des pierres. Le sol des vallées est amplement recouvert d'un terrain bigarré de polygones à fentes ensablées, typiques des zones de pergélisol dans les vallées sèches. La plupart sont vieux (centrés en hauteur), de jeunes polygones (centrés sur des cavités) ayant été découverts dans de récents canaux de cours d'eau et les uns comme les autres sont normalement larges de 20 m.
Aucun invertébré n'a été trouvé dans les sols arides de la vallée Barwick où il n'y a guère de végétation visible. Croûtes et tapis algaires bordent les lacs et les cours d'eau, mais la flore déclarée est essentiellement de nature microbienne. Des lichens chasmolithiques sont présents dans des éboulis irréguliers de Apocalypse Range et on trouve de temps à autre dans le grès de Beacon des communautés stratifiées denses de lichens endolithiques, de champignons, d'algues et de bactéries apparentées. On signale une croissance marquée de lichens noirs dans des aires de grès sur le sol de la vallée Balham. Des populations bactériennes hétérophiques considérables ont été signalées dans des échantillons de sable de la vallée Barwick. La population contenait des fermenteurs du lactose, des réducteurs des nitrates, des agents de fixation de l'azote, des levures et des algues, mais aucun champignon ou protozoaire filamenteux détectable. Les vallées Barwick et Balham sont certes l'une des zones les plus éloignées des vallées sèches mais on sait que des labbes de l'Antarctique (Catharacta maccormicki) la visitent, quelque 40 carcasses ayant été trouvées au lac Vashka en 1959-1960. On a également découvert les carcasses momifiées de deux phoques à proximité de la bosse du glacier Webb et sept autres, essentiellement de phoques crabiers (Lobodon carcinophagus), l'ont été près de l'intersection des vallées Balhamet et Barwick. L'inspection de ces deux vallées en décembre 1993 du lac Bullseye au lac Vashka a révélé des traces d'activité humaine dans le passé, en particulier autour du lac Vashka où des camps ont été utilisés dans les années 1960 à des fins de recherche scientifique. Des impacts ont été observés dans les environs du lac Vashka, y compris des cercles de pierre pour l'implantation de tentes à de vieux sites de campement, des fosses d'observation et une tranchée, les vestiges d'une caisse enbois, une boîte en bois contenant des roches et une affiche en papier ainsi qu'une cache brisée d'aliments en partie submergée dans le lac. Des poteaux de bambou se trouvent à proximité de la bosse du glacier Webb et à Vashka Crag. Des charges de dynamite ont été utilisées dans les environs du lac Vashka et en un endroit inconnu au moins de la vallée Barwick. La remise en état du site a été faite en 1995-1996 par une équipe néo-zélandaise. De récentes visites n'ont découvert aucune preuve d'activités ou de perturbations humaines.


6 ii) Zones restreintes et gérées à l'intérieur de la zone

Aucune.


6 iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone

Aucune.


6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

Les vallées Barwick et Balham se trouvent dans la zone gérée spéciale de l'Antarctique (ZGSA) n° 2, vallées sèches de McMurdo. A l'intérieur de cette ZGSA, les caractéristiques particulières les plus proches comprennent la dune de sable dans la vallée inférieure Victoria, Argo Gully, Boulder Pavement et Prospect Mesa dans la vallée Wright et l'étang Don Juan dans la vallée supérieure Wright. Les zones protégées les plus proches des vallées Barwick et Balham sont Linnaeus Terrace (ZSPA n° 138) à 35 km au sud dans la vallée Wright et le glacier Canada (ZSPA n° 131) à 50 km au sud-est dans la vallée Taylor (encart 2, carte 1).


7. Critères de délivrance d'un permis

L'accès à la zone est interdit sauf si un permis est délivré par une autorité nationale compétente. Les conditions de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
― un permis est délivré pour répondre à des buts scientifiques essentiels auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs ou pour des buts de gestion essentiels qui sont conformes aux objectifs du plan comme une inspection ou une révision ;
― les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs physiques, écologiques, scientifiques ou esthétiques, et à l'état naturel de la zone ni à la valeur vierge de la zone et de son potentiel comme site de référence en grande partie non perturbé ;
― toutes les activités de gestion sont menées à l'appui du plan de gestion ;
― les actions autorisées le sont conformément au plan de gestion ;
― le permis ou une copie sera emporté à l'intérieur de la zone ;
― un rapport ou des rapports seront remis à l'autorité ou aux autorités désignées dans le permis ;
― les permis doivent être valables pour une durée donnée.


7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci

― l'accès à la zone et les déplacements à l'intérieur de celle-ci se feront à pied. Les véhicules y sont interdits ;
― l'atterrissage d'aéronefs et les survols en dessous de 750 m sont interdits à l'intérieur de la zone sauf pour répondre à des buts scientifiques ou à des buts de gestion qui ont été spécifiquement autorisés par un permis ;
― l'utilisation de grenades fumigènes est interdite à l'intérieur de la zone et elle est découragée dans un rayon de 1 km autour de celle-ci ;
― aucune restriction particulière ne s'applique aux routes aériennes ou terrestres utilisées pour entrer dans la zone et pour s'en retirer. Les scientifiques sont encouragés à entrer dans la zone en un point pratique le plus proche de leur site d'étude afin de minimiser la superficie de la zone traversée ;
― les routes pour piétons doivent éviter les lacs, les étangs, les lits de cours d'eau, les surfaces de sol humide et les aires de sédiments doux et de dunes ;
― la circulation piétonnière doit être maintenue au minimum nécessaire compatible avec les objectifs des activités autorisées et tout doit être mis en œuvre pour en minimiser les effets.


7 ii) Activités pouvant être menées dans la zone

Les activités qui peuvent être menées dans la zone sont les suivantes :
― travaux de recherche scientifique qui ne porteront pas atteinte aux valeurs scientifiques ou écosystémiques de la zone ou à sa valeur comme zone vierge et site potentiel de référence et qui ne peuvent pas être effectués ailleurs ;
― activités de gestion essentielles, y compris celles de surveillance.


7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures

― aucune structure ne doit être érigée dans la zone sauf si un permis l'autorise ;
― les structures permanentes sont interdites ;
― tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui posent un risque minimal de contamination de la zone ;
― l'enlèvement du matériel spécifique pour lequel le permis a expiré relèvera de l'autorité qui a délivré le permis originel et il sera l'un des critères de délivrance de ce permis.


7 iv) Emplacement des camps

Il faut en général éviter de camper à l'intérieur de la zone. Deux sites se trouvant à l'extérieur mais proches des lignes de démarcation est et sud ont été identifiés pour entrer dans la zone. Le premier est situé au confluent des vallées inférieures Barwick et Victoria (161° 41 15'' E, 77° 21 45'' S) tandis que le second est proche du lac Bullseye dans la vallée McKelvey (161° 13 08'' E, 77° 25 40'' S) (carte 1). S'il est jugé indispensable, le campement dans la zone doit se faire en des sites qui ont été antérieurement affectés, de préférence sur de la terre couverte de neige ou de glace s'il y en a. Les chercheurs doivent consulter l'autorité nationale compétente pour obtenir des informations à jour sur tous les sites où il serait préférable d'installer un camp.


7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

― aucun animal vivant, aucune matière végétale et aucun micro-organisme ne seront introduits délibérément dans la zone et les précautions énumérées ci-dessous doivent être prises contre les introductions accidentelles ;
― pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques de l'isolement et du niveau relativement bas de l'impact humain dans la zone, les visiteurs prendront des précautions particulières contre les introductions d'animaux, de matériel végétal et de micro-organismes. Constituent un motif spécial de préoccupation les introductions de microbes et de végétation de sols en d'autres sites antarctiques, y compris les stations, ou de régions extérieures au continent antarctique. Pour en minimiser le risque, les visiteurs nettoieront à fond leurs chaussures et tous les matériels qui seront utilisés dans la zone ― en particulier le matériel d'échantillonnage et les repères ― avant d'y accéder ;
― pour réduire le risque de contamination par des microbes, les surfaces exposées des chaussures, du matériel d'échantillonnage et des repères devront être, dans toute la mesure du possible, stérilisées avant d'être utilisées à l'intérieur de la zone. La stérilisation devrait se faire au moyen d'une méthode acceptable qui consiste, par exemple, à les nettoyer avec une solution d'éthanol à 70 % dans de l'eau ou avec une solution disponible dans le commerce comme le « Virkon » ;
― aucun herbicide ou pesticide ne sera introduit dans la zone ;
― tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou des raisons de gestion visées dans le permis seront enlevés de la zone à ou avant la fin de l'activité pour laquelle le permis a été délivré ;
― du combustible ne doit pas être introduit dans la zone à moins qu'une autorisation spécifique pour le faire ait été donnée au moyen d'un permis à des fins scientifiques particulières ou à des fins de gestion ;
― tous les matériaux introduits dans la zone le seront pour une période donnée uniquement, ils seront enlevés à ou avant la conclusion de ladite période, et ils seront stockés et gérés de telle sorte que le risque de leur introduction dans l'environnement soit minimisé ;
― si un rejet a lieu qui risque de porter atteinte aux valeurs de la zone, il est conseillé de l'enlever mais uniquement là où l'impact de son enlèvement ne sera pas plus grand que celui de la décision de le laisser in situ.


7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis distinct délivré conformément à l'article 3 de l'annexe II du protocole au traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement par l'autorité nationale compétente uniquement à cette fin.


7 vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par un visiteur

― des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de gestion. Des permis ne seront pas délivrés si l'on craint à juste titre que l'échantillonnage proposé ne prélève, enlève ou endommage de telles quantités de sol, de flore ou de faune indigènes que leur distribution ou abondance à l'intérieur de la zone ne soit considérablement affectée ;
― les matériaux d'origine humaine qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la zone et qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur d'un permis ou pour lesquels une autorisation n'a pas été donnée peuvent être enlevés à moins que l'impact de leur enlèvement ne soit vraisemblablement plus grand que celui de la décision de laisser les matériaux sur place. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.

7 viii) Elimination des déchets

Tous les déchets, y compris les eaux utilisées à des fins humaines et tous les déchets humains, seront enlevés de la zone. Les personnes ou les groupes se muniront de récipients appropriés pour y déposer les déchets humains et les eaux insalubres de telle sorte qu'ils puissent être transportés et enlevés sans danger de la zone.

7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

― les visiteurs consulteront et appliqueront selon qu'il conviendra le code de conduite global et les lignes directrices pour la conduite des travaux de recherche scientifique élaborés aux fins de leur utilisation à l'intérieur des vallées sèches de McMurdo (ZGSA n° 2) ;
― tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de longue durée doivent être bien balisés.

7 x) Rapports de visites

― les parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ce rapport doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite que renferme l'appendice 4 de la résolution 2 (1998) (CPE I) ;
― les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée et pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du site ;
― l'autorité appropriée devra être notifiée des activités entreprises ou des mesures prises ainsi que des matériaux rejetés et non enlevés qui ne figuraient pas dans le permis autorisé.

M E S U R E 1 4 ( 2 0 0 8 )

ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 161 BAIE DE TERRA NOVA, MER DE ROSS PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant la mesure 2 (2003) qui désignait la baie de Terra Nova, mer de Ross, comme la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 161 et en annexe de laquelle figurait un plan de gestion pour le site,
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 161,
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 161 par le plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 161, baie de Terra Nova, mer de Ross, qui figure en annexe à la présente mesure ;
2. cesse d'avoir effet le plan de gestion pour la ZSPA n° 161 qui figure en annexe à la mesure 2 (2003).

A N N E X E
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 161
BAIE DE TERRA NOVA, MER DE ROSS

1. Description des valeurs à protéger

L'Italie propose qu'une zone marine côtière d'une superficie de 29,4 km² située entre l'anse Adélie et la baie Tethys, baie de Terra Nova, soit désignée en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) parce qu'elle est une zone côtière importante pour y faire des études scientifiques solides et de longue durée. La zone est limitée à une bande étroite d'eau qui s'étend sur environ 9,4 km de long immédiatement au sud de la station Mario Zucchelli et jusqu'à un maximum de 7 km à partir du littoral. Aucune capture de faune et de flore marines n'a eu lieu, n'est en cours ou n'est envisagée à l'intérieur de la zone ou dans les environs immédiats. Le site demeure normalement libre de glace durant l'été, ce qui est rare pour les zones côtières dans la région de la mer de Ross et en fait un site idéal et accessible pour les travaux de recherche dans les communautés benthiques proches de la côte de la région. De vastes travaux de recherche écologique marine ont été effectués depuis 1986-87 dans la baie de Terra Nova, contribuant pour beaucoup à notre compréhension de ces communautés qui n'avaient pas été bien décrites précédemment.
La grande diversité au niveau des espèces comme à celui des communautés donne à cette zone une valeur écologique et scientifique notable. Les études ont révélé la présence d'une gamme complexe d'assemblages d'espèces qui souvent coexistent sous la forme de mosaïques (Cattaneo-Vietti, 1991 ; Sarà et al., 1992 ; Cattaneo-Vietti et al., 1997 ; 2000b ; 2000c ; Gambi et al., 1997 ; Cantone et al., 2000). Il existe des assemblages dotés d'une grande abondance d'espèces et d'un fonctionnement complexe tels que les communautés d'éponges et d'anthozoaires, assemblages au côté desquels on trouve des assemblages à faible diversité et mal structurés. De plus, les communautés d'éponges et d'anthozoaires dans la baie de Terra Nova font état d'une structure unique en son genre et des transects à long terme ont été mis en place pour surveiller les changements dont sont l'objet les communautés benthiques côtières, aussi bien naturelles que provoquées par l'homme.
La présence d'une population de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) à l'anse Adélie permet de faire une évaluation des effets de cette colonie sur le milieu marin adjacent (Povero et al., 2001).
Il est important de protéger autant que faire se peut la zone des impacts humains directs de telle sorte qu'elle puisse être utilisée pour surveiller les impacts potentiels résultant d'activités conduites à la station scientifique permanente avoisinante de la baie de Terra Nova (Mauri et al., 1990 ; Berkman & Nigro, 1992 ; Focardi et al., 1993 ; Minganti et al., 1995 ; Bruni et al., 1997 ; Nonnis Marzano et al., 2000). Les grandes valeurs écologiques et scientifiques émanant de la variété d'espèces et d'assemblages, en particulier au moyen de la collecte de vastes données sur ces caractéristiques, ainsi que la vulnérabilité de la zone aux perturbations causées par la pollution, un échantillonnage excessif et l'introduction d'espèces non indigènes sont telles que la zone nécessite une protection spéciale à long terme.


2. Buts et objectifs

Le plan de gestion de la baie de Terra Nova a pour buts les suivants :
― éviter la dégradation des valeurs de la zone et les risques substantiels qu'elles pourraient courir en empêchant les perturbations humaines inutiles à la zone ;
― permettre des travaux de recherche scientifiques sur l'écosystème, en particulier sur les assemblages d'espèces marines tout en veillant à ce qu'il soit protégé d'un échantillonnage excessif ou d'autres impacts scientifiques éventuels ;
― permettre d'autres travaux de recherche scientifique et activités de soutien à condition qu'ils répondent à des buts indispensables auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs ;
― conserver des sites de surveillance de longue durée pour évaluer les changements naturels dans les communautés marines ;
― surveiller les effets de la station de recherche et de ses activités connexes sur l'écosystème marin ;
― minimiser la possibilité d'introduire des animaux et des microbes non indigènes dans la zone ;
― permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à l'appui des buts du plan de gestion.


3. Activités de gestion

Les activités de gestion suivantes doivent être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :
― une carte montrant l'emplacement de la zone (énonçant les restrictions particulières qui s'y appliquent) sera affichée bien en vue et une copie du plan de gestion sera conservée à la station Mario Zucchelli (Italie) ;
― un panneau illustrant l'emplacement et les lignes de démarcation, accompagné d'énoncés précis sur les restrictions imposées à l'accès de la zone, sera installé en un endroit bien en vue à la station Mario Zucchelli ;
― des bouées ou autres repères et structures érigés à des fins scientifiques ou à des fins de gestion seront solidement attachés et maintenus en bon état puis enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires ;
― des visites seront faites selon que de besoin pour déterminer si la zone continue de répondre aux buts pour lesquels elle a été désignée et si les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.


4. Période de désignation

La zone est désignée pour une durée indéterminée.


5. Cartes et photographies

Carte 1 : Baie de Terra Nova, zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 161, carte bathymétrique.
Spécifications de la carte : Projection : zone UTM 58S ; sphéroïde : WGS84. L'intervalle des contours bathymétriques est de 50 m. Contours du territoire et côte issus d'une spatiocarte à une échelle de 1/50 000 des contreforts du Nord (Frezzotti et al. 2001). La bathymétrie à l'intérieur de la ZSPA vient de données à haute résolution obtenues par sonar à balayage latéral étudiées par Kvitek en 2002. La bathymétrie à l'extérieur de la ZSPA a été fournie par l'Office hydrographique italien 2000. Les données marines ont été collectées dans le cadre du projet de la zone marine protégée de la baie de Terra Nova (PNRA1999-2001).
Encart 1 : Emplacement de la baie de Terra Nova dans l'Antarctique.
Encart 2 : Carte de l'emplacement de la baie de Terra Nova, qui montre la région couverte par la carte 1, les stations et les sites des zones protégées avoisinantes.


6. Description de la zone

6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

La zone désignée est située dans la baie de Terra Nova, entre la coulée du glacier Campbell Glacier et la coulée Drygalski, terre Victoria. Elle est confinée à une étroite bande d'eaux côtières jusqu'au sud de la station Mario Zucchelli (Italie), s'étendant sur environ 9,4 km de long et en général dans un rayon de 1,5 à 7 km du littoral ; elle couvre une superficie de 29,4 km² (Carte 1). Aucune capture de flore et de faune marines n'a eu lieu, n'est en cours ou n'est envisagée à l'intérieur de la zone pas plus que dans les environs immédiats.
La ligne de démarcation occidentale de la zone est définie comme étant la laisse moyenne de haute mer le long du littoral qui s'étend entre 74° 42 50'' de latitude sud dans le nord (2,3 km au sud de la station Mario Zucchelli) et 74° 48 00'' de longitude sud dans le sud (côte sud de l'Anse Adélie) et elle inclut la zone intercotidale (Carte 1). La ligne de démarcation nord de la zone est définie comme étant la ligne de latitude 74° 42 57'' S, s'étendant de la côte à 1,55 kilomètres vers l'est jusqu'à la ligne de longitude 164° 10 00'' E. La position de la ligne de démarcation peut être reconnue près de la côte par la présence d'un grand rocher très particulier dans l'anse la plus au nord sur la côte au sud de la station Mario Zucchelli, caractéristique unique en son genre sur cette étendue de côte. La ligne de démarcation sud est définie comme étant la ligne de latitude 74° 48 00'' S qui s'étend de la côte sur 3,63 kilomètres vers l'est jusqu'à la ligne de longitude 164° 10 00'' E. La position de la ligne de démarcation peut être reconnue visuellement comme se trouvant à la côte sud de l'embouchure de l'anse Adélie, immédiatement au sud d'un affleurement rocheux marqué au pied des falaises côtières. La ligne de démarcation est de la zone est définie comme étant la ligne de longitude 164° 10 00'' E qui s'étend entre 74° 42 57'' de latitude sud dans le nord et 74° 48 00'' de longitude sud dans le sud.
Le littoral de la baie de Terra Nova se caractérise essentiellement par des falaises rocheuses, de grands rochers formant des `plages' occasionnelles (Simeoli et al., 1989). Dans les aires abritées, le fond meuble commence à une profondeur de 20 à 30 m. L'amplitude de la marée va de 1,5 à 2 m et une banquise d'environ 2 à 2,5 m d'épaisseur couvre la surface de la mer pendant 9 à 10 mois par an (Stocchino & Lusetti, 1988 ; 1990). Des données disponibles pour l'été, il ressort que les courants océaniques dans la zone sont vraisemblablement lents et qu'ils se déplacent en général dans un sens nord-sud. Le long du littoral de la zone, il y a deux anses principales : l'anse Adélie, la plus grande des deux, dans le sud ; et une anse plus petite située à environ 3 km au nord. Le substrat du fond marin de la plus petite se compose de cailloux de différentes tailles alors que celui de l'anse Adélie se caractérise par des sédiments boueux à grains fins. Une colonie de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) vit sur l'anse Adélie, sa population en 1991 atteignant quelque 7 899 couples reproducteurs.
A l'extérieur des anses, les caractéristiques du fond marin et les assemblages d'espèces benthiques sont relativement homogènes tout le long du littoral de la zone et on a constaté qu'ils varient plus particulièrement avec la déclivité verticale.
Une étude aérienne d'espèces de cétacés, réalisée durant l'été 2004 dans la zone côtière entourant la station italienne Mario Zucchelli, a révélé la présence d'orques (Orcinus orca (L.)) des types B et C et de petits rorquals (Balaenoptera bonaerensis Burmeister). (Lauriano et al., 2007a ; 2007b ; Lauriano, communication personnelle).
Le fond marin à l'intérieur de la zone se compose principalement de roches granitiques avec des substrats plus meubles de sables ou graviers à grains grossiers. Dans la zone supralittorale, seules les cyanobactéries et les diatomées colonisent les substrats durs tandis que la zone intercotidale (d'une largeur de 1,5 à 2 m) a, dans la plupart des zones abritées, une couverture élevée d'algues vertes Urospora penicilliformis et Prasiola crispa (Cormaci et al., 1992b). En dessous de la zone intercotidale, à une profondeur de 2 à 3 m, la communauté est très pauvre du fait de la présence chronique et de l'action de chasse des banquises et elle se compose essentiellement de diatomées épilithiques et du crustacé amphipode Paramoera walkeri. Immédiatement en dessous, les roches peuvent être pleinement colonisées par l'algue rouge Iridaea cordata (Cormaci et al., 1996) fréquemment trouvée avec Plocamium cartilagineum à une profondeur de 12 m (Gambi et al., 1994 ; 2000a). A ce niveau, on peut voir de temps à autre de grands animaux sessiles comme Alcyonium antarcticum et Urticinopsis antarctica alors que fréquents sont l'astéroïde Odontaster validus et l'échinoïde Sterechinus neumayeri. Phyllophora antarctica est une autre algue rouge qui forme de vastes tapis à une profondeur de 12 à 25 m, souvent pleinement colonisés par des organismes sessiles, principalement des hydroïdes (Cerrano et al., 2000c, Puce et al., 2002), des serpulides et des bryozoaires (Celleporella antarctica et Harpecia spinosissima). Les ceintures d'origine algaire supérieures représentent un abri et une source d'aliments pour les communautés diversifiées et abondantes de faune mobile. De nombreux invertébrés comme le polychaète Harmothoe brevipalpa, le mollusque Laevilittorina antarctica, le crustacé amphipode Paramoera walkeri et l'isopode Nototanais dimorphus s'alimentent de ces espèces d'algues et ils peuvent être très abondants. Sur les fonds rocheux dans les couches plus profondes, la colonisation d'algues est remplacée par une algue corallienne crustose calcaire (Clathromorphum lemoineanum) dont s'alimentent les oursins.
Les fonds meubles d'une profondeur de 20 à 40 m se composent de sables et graviers grossiers où la communauté se caractérise par le mollusque bivalve Laternula elliptica et le polychaète Aglaophamus ornatus (Nephtiidae). On trouve en abondance le bivalve Yoldia eightsi dans les sédiments de sable fin.
Entre 30 à 70 m, le substrat devient plus fin et il est complètement colonisé par le bivalve Adamussium colbecki dont les coquilles sont colonisées par une microcommunauté se composant essentiellement de forams, de bryozoaires (Aimulosia antarctica, Arachnopusia decipiens, Ellisina antarctica, Micropora brevissima) et du polychaète spirorbide Paralaeospira levinsenii. (Albertelli et al. 1998) ; Ansell et al. 1998) ; Chiantore et al. 1998 ; 2000 ; 2001 ; 2002 ; Vacchi et al., 2000a ; Cerran° et al., (2001 a) ; 2001 b). Dans cette région, de grands prédateurs tels que le gastropode Neobuccinum eatoni et le nemertéan Parborlasia corrugatus sont fréquents. L'échinoïde Sterechinus neumayeri et l'étoile de mer Odontaster validus sont encore très fréquents à toutes les profondeurs sur les substrats et durs et meubles (Chiantore et al., 2002 ; Cerrano et al., 2000 b).
A une profondeur allant de 70 à 75 m jusqu'à 120-130 m, des substrats hétérogènes permettent à des communautés de fond dur et meuble de coexister. Sur les affleurements rocheux épars, les algues crustoses disparaissent et les communautés benthiques sont dominées par des zoobenthos sessiles. Cet assemblage filtreur diversifié se caractérise principalement par des éponges et des anthozoaires alors que, dans les sédiments meubles, ce sont les polychaètes et les bivalves détritivores qui dominent. Au nombre des éponges qui peuvent atteindre des valeurs de biomasse très élevées, Axociella nidificata, Calyx arcuarius, Gellius rudis, Phorbas glaberrima, Tedania charcoti, sont très abondantes (Sarà et al., 1992 ; 2002 ; Gaino et al., 1992 ; Cattaneo-Vietti et al., 1996 ; 2000c ; Bavestrello et al., 2000 ; Cerrano et al., 2000 a). De nombreux invertébrés constituent un élément important de cet assemblage qui se développe à des profondeurs allant de 120 à 140 m. Ils comprennent le polychaète épibionte Barrukia cristata sur des gorgonians Thouarellides, des crustacés peracarides, les pycnogonides, les mollusques opisthobranches (Austrodoris kerguelenensis, Tritoniella belli) (Sarà et al., 1992 ; 2002 ; Gain° et al., 1992 ; Cattaneo-Vietti et al., 1996 ; 2000c ; Bavestrello et al., 2000 ; Cerrano et al., 2000a) ainsi que les bivalves, les ophiuroïdes et les holothuroïdes, les bryozoaires et les endobiontes. Les tapis de spicules d'éponge trouvés à ces profondeurs mettent en relief le rôle important joué par les éponges dans cette zone, en dehors du rôle joué par les diatomées, dans la détermination de la texture des sédiments et de la teneur en silice. Dominée par des polychaètes et par le bivalve Limatula hodgsoni, une communauté particulière peut être associée à ces tapis.
En dessous de 130 m, les substrats durs deviennent très épars et sont essentiellement colonisés par le polychaète Serpula narconensis (Schiaparelli et al., 2000) et par plusieurs bryozoaires (Arachnopusia decipiens, Ellisina antarctica, Flustra angusta, F. vulgaris et Isoschizoporella similis).
Les fonds boueux dominants se caractérisent quant à eux par des polychaètes tubicoles (Gambi et al, 2000b), principalement des Spiophanes. Beaucoup plus bas, à une profondeur d'environ 150 à 200 m, des brachiopodes et diverses espèces de bivalves caractérisent l'environnement sur de petits graviers ainsi que sur le fond meuble (Cattaneo-Vietti et al., 2000 b). La grande hétérogénéité de ces substrats contribue à la création de communautés qui se caractérisent par l'abondance, la diversité et la biomasse d'espèces.
Enfin, l'assemblage de faune de la zone comprend les poissons notothénioides, représentés qu'ils sont en particulier par les espèces du groupe Trematomus, y compris T. bernacchi, T. pennelli, T. hansoni et T. loennbergii. Ces poissons jouent un rôle important dans les toiles d'aliments benthiques en tant que consommateurs de nombreuses espèces d'invertébrés, principalement des crustacés et des polychaètes (Vacchi et al., 1991 ; 1992 ; 1994 a ; 1994 b ; 1995 ; 1997 ; 2000 b ; La Mesa et al., 1996 ; 1997 ; 2000 ; Guglielmo et al. [1998]).
La glace en plaques qui fait son apparition dans la baie de Terra Nova au début du printemps abrite comme on l'a constaté un important élevage de calandre antarctique (Pleuragramma antarcticum), un organisme clé de l'écologie des réseaux trophiques en Antarctique (La Mesa et al., 2004 ; Vacchi et al., 2004). Le milieu dans lequel survient ce type de glace a de fortes caractéristiques prooxydantes au début du printemps austral et la réaction prononcée des défenses antioxydantes représente une stratégie fondamentale pour P. antarcticum (Regoli et al., 2005 b). Le défi prooxydant élevé auquel ces organismes sont de par leur nature adaptés influence également la sensibilité de P. antarcticum aux produits chimiques prooxidants d'origine anthropique (Regoli et al., 2005 b).
Le métabolisme oxyradical et les défenses antioxydantes jouent un rôle fondamental dans plusieurs invertébrés marins, poissons et manchots de la baie de Terra Nova, représentant d'importantes stratégies contraires lorsqu'il s'agit de conditions environnementales extrêmes, de fluctuations saisonnières marquées de facteurs biotiques et abiotiques, de relations de symbiose, de caractéristiques physiologiques spécifiques, de protection à long terme de macromolécules biologiques et de vieillissement (Regoli et al., 1997 a, b ; 2000 a, b, 2002, 2004 ; Corsolini et al., 2001 ; Cerrano et al., 2004).
La sensibilité au stress oxydatif revêt elle aussi une valeur particulière pour la surveillance de l'impact des activités humaines et les réponses cellulaires aux polluants se sont caractérisées dans des organismes antarctiques clés par la création d'une vaste panoplie de biomarqueurs sensibles aux perturbations biologiques (Focardi et al., 1995 ; Regoli et al., 1998 ; Jimenez et al., 1999 ; Regoli et al., 2005a ; Benedetti et al., 2005, 2007 ; Canapa et al., 2007 ; Di Bello et al., 2007). Pour le moment, rien ne prouve qu'il y a des zones polluées dans la baie de Terra Nova mais les organismes sont exposés à une biodisponibilité de par nature élevée de cadmium qui cause des concentrations de tissus en général de dix à cinquante fois plus élevées que celles qui sont typiques d'espèces tempérées (Mauri et al., 1990 ; Nigro et al., 1992, 1997 ; Canapa et al., 2007). Bien que des niveaux élevés de cet élément ne causent pas des effets négatifs directs sur les organismes, les caractéristiques environnementales de la baie de Terra Nova influent sur la réaction de ces organismes à d'autres produits chimiques, ce qui a d'importantes conséquences pour la surveillance de l'impact des pressions anthropiques ou des déversements accidentels (Regoli et al., 2005a). Il sied de noter en particulier qu'un niveau élevé de cadmium dans la baie de Terra Nova module la bioaccumulation et le métabolisme des hydrocarbures aromatiques polycycliques ainsi que des xénobiotiques organochlorés dans les organismes marins locaux, ce qui semble indiquer que l'exposition chronique à cet élément a des effets endocrins (Regoli et al., 2005a ; Benedetti et al., 2007 ; Canapa et al., 2007).
On estime que les impacts humains à l'intérieur de la zone sont minimes et limités à ceux qui émanent de la station proche de la baie de Terra Nova ainsi qu'à ceux des travaux scientifiques effectués dans la zone. La station peut héberger quelque 80 personnes ; elle a des installations pour les opérations d'hélicoptère et un quai pour le mouillage de petits bateaux. Le combustible utilisé à la station est un diesel de pétrole léger, stocké dans trois cuves d'acier à double paroi dont la capacité totale est de 1,8 million de litres. Il est transporté tous les ans à la station à bord du navire de ravitaillement soit au moyen de tuyaux acheminés à travers la glace de mer soit au moyen de barges lorsqu'il n'y a pas de glace de mer. Purifiées par une installation biologique, les eaux noires de la station sont rejetées à la mer dans le voisinage immédiat de la station du côté est de la péninsule sur laquelle la station est située, à 2,3 km de la ligne de démarcation nord de la zone. Les déchets de combustible générés à la station sont incinérés et la fumée qui se dégage est lavée et filtrée avec de l'eau. Cette eau est acheminée vers la centrale d'épuration des eaux usées à des intervalles qui varient selon l'utilisation qui est faite de l'incinérateur. Une installation de surveillance atmosphérique (appelée localement « Campo Icaro ») est située à environ 650 m au nord de la ligne de démarcation nord de la zone et à 150 m de la côte : aucun déchet n'en est rejeté. Un navire de soutien logistique visite à intervalles réguliers pendant l'été la station Mario Zucchelli. Ceux-ci jettent en général l'ancre au large des côtes à plusieurs kilomètres au nord de la zone.


6 ii) Zones restreintes à l'intérieur de la zone

Aucune.


6 iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone

Il n'y a pas de structures à l'intérieur de la zone. La structure la plus proche est l'installation de surveillance atmosphérique (connue localement sous le nom de « Campo Icaro »), à 650 m au nord de la ligne de démarcation nord de la zone tandis que la station Mario Zucchelli (74° 41 42'' de latitude sud, 164° 07 23'' de longitude est) est située sur une petite péninsule sur la côte adjacente à la baie Tethys, à 1,65 km en plus vers le nord.


6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

La ZSPA n° 118, sommet du mont Melbourne, est un site terrestre qui se trouve à 45 km au nord-est, seule autre zone protégée à proximité directe de la zone.


7. Critères de délivrance d'un permis

L'entrée dans la zone est interdite sauf si un permis a été délivré par une autorité nationale compétente.
Les conditions qui régissent la délivrance d'un permis sont les suivantes :
― un permis est délivré pour faire l'étude scientifique du milieu marin dans la zone ou pour répondre à d'autres buts scientifiques auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs ;
― un permis est délivré pour répondre à des buts de gestion essentiels conformes aux objectifs du plan comme l'inspection, l'entretien ou la révision ;
― les actions autorisées ne porteront pas atteinte aux valeurs de la zone ;
― toutes les actions de gestion le sont à l'appui des objectifs du plan de gestion ;
― les actions autorisées le sont en conformité avec le plan de gestion ;
― le permis ou une copie autorisée sera emporté à l'intérieur de la zone ;
― un rapport de visite sera remis à l'autorité désignée dans le permis ;
― les permis seront valables pour une durée donnée.


7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci

L'accès à la zone peut se faire par mer, par terre, au-dessus de la glace de mer ou par air. Il n'y a pas de restrictions particulières aux voies d'accès et aux déplacements à l'intérieur de la zone encore que les déplacements doivent être maintenus au minimum nécessaire compatible avec les objectifs des activités autorisées et tout doit être mis en œuvre pour en minimiser les perturbations. Il est interdit de jeter l'ancre à l'intérieur de la zone. Il n'y a aucune restriction aux survols à l'intérieur de la zone et les aéronefs peuvent atterrir avec un permis lorsque l'état de la glace de mer le permet. Il est interdit aux équipages des navires ou des petites embarcations, ou aux autres personnes naviguant sur des navires ou des petites embarcations, de se déplacer au-delà du voisinage immédiat de leur navire à moins qu'ils ne soient autorisés à le faire avec un permis.


7 ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone, y compris les restrictions relatives à la durée et à l'endroit

― travaux de recherche scientifiques ou activités opérationnelles indispensables qui ne porteront pas atteinte aux valeurs de la zone ;
― activités de gestion essentielles, y compris la surveillance ;
― les activités qui font intervenir le chalutage, le traînage, la préhension, le dragage ou le déploiement de filets à l'intérieur de la zone doivent être réalisées avec grand soin en raison de la vulnérabilité des riches communautés de fond aux perturbations. Avant qu'un permis ne soit délivré pour ces activités, il sied de prendre soigneusement en considération l'impact qu'elles pourraient avoir sur l'écosystème placé sous protection spéciale par rapport aux avantages scientifiques ou avantages de gestion prévus, compte devant être dûment tenu d'autres méthodes d'échantillonnage plus sélectives et moins effractives ;
― l'autorité compétente doit être notifiée de toutes les activités et mesures entreprises qui n'ont pas été incluses dans le permis délivré.


7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures

Aucune structure ne doit être érigée et aucun appareil scientifique ne doit être installé à l'intérieur de la zone sauf si un permis l'autorise. Tous les repères, structures ou matériels scientifiques installés dans la zone doivent être clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui posent un risque minimal de contamination de la zone. L'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis a expiré sera un des critères régissant la délivrance du permis. Les installations permanentes sont interdites.


7 iv) Emplacement des camps

Aucun à l'intérieur de la zone. Un camp a de temps à autre été installé sur la plage à l'anse Adélie.


7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

Aucun animal vivant, aucune matière végétale, aucun agent pathogène et aucun micro-organisme ne seront introduits délibérément dans la zone. Aucun produit de la volaille, y compris les produits alimentaires contenant des œufs en poudre non cuits, ne sera introduit dans la zone. Aucun herbicide ou pesticide ne sera introduit dans la zone. Tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion visées dans le permis, seront utilisés en quantités minimum nécessaires pour répondre au but de l'activité pour laquelle le permis a été délivré. L'utilisation de ces produits chimiques se fera en tenant dûment compte des valeurs de la zone. Tous les matériaux seront stockés et gérés de manière à minimiser le risque de leur introduction accidentelle dans l'environnement.
Lorsque cela s'avère possible, les matériaux introduits le seront pour une période donnée uniquement et ils seront enlevés à ou avant la conclusion de ladite période. Si un rejet se produit qui risque de porter atteinte aux valeurs de la zone, l'enlèvement est encouragé uniquement lorsque son impact n'est pas plus grand que celui de la décision de laisser les matériaux in situ. L'autorité appropriée doit être notifiée de tous les matériaux qui n'ont pas été inclus dans le permis autorisé.


7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis délivré conformément à l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement. Dans le cas du prélèvement ou de perturbations nuisibles d'animaux, le code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques dans l'Antarctique (SCAR Code of Conduct for the Use of Animals for Scientific Purposes in Antarctica) doit être utilisé comme une norme minimale.


7 vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis

Des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de gestion. Un permis ne sera pas délivré si l'on craint à juste titre que l'échantillonnage proposé prélèverait, enlèverait ou endommagerait de telles quantités de substrat, de flore ou de faune indigènes que leur distribution ou leur abondance à l'intérieur de la zone en seraient gravement affectées.
Tous les échantillons prélevés seront décrits en fonction de leur type, de leur quantité et de l'emplacement où ils ont été prélevés. Cette information sera conservée dans une archive accessible à la station Mario Zucchelli en vue de tenir à jour un dossier d'usage qui facilitera l'évaluation des impacts des activités d'échantillonnage ainsi que la planification d'un échantillonnage futur. Les matériaux d'origine humaine qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la zone et qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur d'un permis ou pour lesquels une autorisation n'a pas été donnée peuvent être enlevés à moins que l'impact de leur enlèvement ne soit vraisemblablement plus grand que celui de la décision de laisser les matériaux in situ. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.


7 viii) Elimination des déchets

Tous les déchets, y compris tous les déchets humains, seront enlevés de la zone.


7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

1. Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y réaliser des activités de surveillance biologique et d'inspection de sites qui peuvent faire intervenir le prélèvement d'échantillons limités à des fins d'analyse ou d'examen, ou pour y prendre des mesures de protection.
2. Tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de longue durée et qui sont vulnérables à des perturbations causées par inadvertance doivent être bien balisés sur place lorsque cela s'avère pratique et ils doivent être indiqués, selon que de besoin, sur des cartes de la zone.
3. Pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques des communautés marines trouvées dans la zone, les visiteurs prendront des précautions particulières contre la pollution marine. Constituent un motif de préoccupation le rejet ou le déversement d'hydrocarbures par des navires ainsi que les introductions d'organismes biologiques. Pour minimiser le risque d'une telle pollution, les visiteurs veilleront à ce que les appareils d'échantillonnage ou les repères amenés dans la zone soient propres. Il est interdit aux embarcations qui sont l'objet de fuites ou qui courent un sérieux risque d'en faire l'objet d'entrer dans la zone. Si une fuite d'hydrocarbure par un navire est découverte alors qu'il est à l'intérieur de la zone, ledit navire quittera la zone à moins que la fuite ne puisse être immédiatement colmatée. La manutention de combustible et d'hydrocarbures dans la zone sera limitée au minimum nécessaire pour répondre aux objectifs des activités autorisées.


7 x) Rapports de visites

Les Parties au Traité doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ce rapport doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite suggéré par le Comité scientifique pour la recherche en Antarctique. Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée et pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du site.


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Appendice 1

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Appendice 2

Durant la campagne antarctique italienne 2003-2005, des permis ont été délivrés pour l'échantillonnage dans la ZSPA n° 161 de la baie de Terra Nova des espèces marines ci-après :
Dénomination des organismes en kilos Système d'échantillonnage :
Adamussium colbecki 150 Dragage, carottes de sédiments
Odontaster validus 50 « « «
Laternula elliptica 20 « « «
Sterechinus neumayeri 150 « « «
Ophionotus victorie 10 « « «
Neobuccinum eatoni 20 « « «
Pycnogonidis-picnogonoidi 20 « « «
Gymnodraco acuticeps Phyllophora 20 « « «
Iridea cordata 10 « « «
Diverses espèces de poisson 70
Pêche à la ligne et à l'hameçon, et filets
Des activités d'échantillonnage et d'étude dans la ZSPA ont été effectuées une quarantaine de fois pour un total de 145 heures.

 

M E S U R E 1 3 ( 2 0 0 8 )


ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 160 ― ILES FRAZIER, ILES WINDMILL, TERRE WILKES, ANTARCTIQUE DE L'EST, PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)
Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») ainsi que l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant la mesure 2 (2003) qui désignait les îles Frazier, Terre de Wilkes, comme zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 160 et en annexe de laquelle figurait un plan de gestion pour cette zone,
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 160,
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 160 par le plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 160, îles Frazier, Terre de Wilkes, qui figure en annexe à la présente mesure ;
2. cesse d'avoir effet le plan de gestion pour la ZSPA n° 160 qui figure en annexe à la mesure 2 (2003).

PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT
PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 160
Iles Frazier, îles Windmill, terre Wilkes Antarctique de l'Est

Introduction

Les îles Frazier sont un groupe de trois îles situé à environ 16 km au large de la station australienne Casey en Antarctique de l'Est (cf. carte A). Elles abritent la plus nombreuse des quatre seules colonies connues de pétrels géants (Macronectes giganteus) en phase de reproduction de l'Antarctique continental et ont reçu la désignation de zone spécialement protégée de l'Antarctique (ZSPA) au titre de la Mesure 2 (2003) comme sanctuaire des oiseaux.
A la suite de leur découverte en 1955, les colonies de pétrels géants des îles Frazier ont fait l'objet de visites intermittentes entre la mi-janvier et la fin mars. La plupart de ces visites avaient pour objet le baguage des poussins. Lorsque les conditions climatiques le permettaient, il a également été procédé à un recensement des poussins présents, mais souvent uniquement sur l'île Nelly. C'est pourquoi les premières données disponibles ne fournissent pas les informations requises pour une analyse des modifications possibles de l'état de la population. Plus récemment, les nids occupés ont été décomptés en décembre, généralement pour les trois îles. Selon les indications, la population des oiseaux en phase de reproduction serait en augmentation, en particulier sur l'île Dewart.
Hormis les visites organisées pour l'observation des oiseaux marins, les îles Frazier ont été rarement visitées. Au total, vingt-trois visites, soit en moyenne une visite tous les deux ans, se sont produites depuis la fin des années 1950 (cf. appendice 1). Vers le milieu des années 1980, une stratégie formelle de gestion a été mise en application pour réduire au minimum la perturbation des colonies de pétrels géants en phase de reproduction nichant à proximité de stations australiennes dans l'Antarctique. L'Australian Antarctic Division a restreint l'accès des participants aux programme australien dans l'Antarctique, limitant les visites de recensement à une tous les trois à cinq ans, et a imposé des contrôles administratifs stricts sur toutes les visites à d'autres fins. Cet intervalle a été considéré comme un compromis raisonnable entre le risque de perturbation des pétrels dû aux activités de recensement et la nécessité de recueillir des données représentatives de la population. Il semblerait aujourd'hui préférable de procéder à des recensements de population plus fréquents, exécutés de manière appropriée, pour mieux comprendre l'état de la population et les tendances de son évolution.
Une augmentation ostensible enregistrée récemment au sein des populations de pétrels géants en phase de reproduction dans les îles Frazier, combinée aux effets en apparence positive des mesures de protection en place, suggère que la protection continue et formalisée des colonies de pétrels géants reproducteurs se justifie. La protection et la surveillance à long terme protection sur les îles Frazier contribueront à la mise en place de stratégies de protection à l'échelon régional et mondial pour l'espèce et fourniront des informations permettant d'établir des comparaisons avec d'autres populations.
Le présent plan de gestion révisé réaffirme les valeurs de la désignation originale, conformément aux dispositions de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.


1. Description des valeurs à protéger

La désignation de la zone a pour objectif principal la protection de la colonie de pétrels géants en phase de reproduction, qui est la plus importante de ces colonies recensées en Antarctique continental.
A la fin des années 1980, la population mondiale de pétrels géants était estimée à 38 000 couples. Après les déclins enregistrés au cours des années 1990, ces populations semblent s'être stabilisées ; tandis que certaines populations semblent diminuer et que d'autres paraissent stables, les principales colonies semblent augmenter. Reconnaissant cette tendance mondiale mais consciente de la menace constante posée par les opérations de pêche à la palangre en eau profonde, L'UICN a décidé en 2007 de modifier le statut de l'espèce de « vulnérable » à « quasi-menacée ».
Le pétrel géant est également inscrit à l'annexe 1 de l'ACAP (Accord sur la Conservation des Albatros et des Pétrels), un accord multilatéral qui cherche à conserver les albatros et les pétrels en coordonnant les activités internationales visant à atténuer les menaces auxquelles sont exposées leurs populations, et à l'appendice II de la Convention sur la Conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage.
Le nombre de pétrels géants en Antarctique de l'Est est limité, cette région constituant la limite australe de leur aire de répartition. Selon les estimations les plus récentes, la population des îles Frazier était de 274 couples reproducteurs en 2005-2006. L'on trouve des colonies sur les trois île de ce groupe (Nelly, Dewart et Charlton ― cf. carte B), la principale se trouvant sur l'île Dewart.
Les îles Frazier sont l'une des quatre seules localités de reproduction de pétrels géants le long de la côte de l'Antarctique continental, et le seul site connu sur les quelque 3 000 km du littoral entre les stations Davis et Dumont d'Urville. Les trois autres colonies reproductrices sur le continent se trouvent à proximité des stations australiennes de Mawson (île Giganteus, îles Rookery, ZSPA n° 102) et Davis (île Hawker, ZSPA n° 167), et à proximité de la station française Dumont d'Urville (archipel Pointe-Géologie, ZSPA n° 120). Les populations de pétrels géants de l'Antarctique continental représentent moins de 1 % de l'ensemble de la population mondiale en phase de reproduction. Selon les estimations, la population actuelle pour l'Antarctique continental est d'environ 320 couples, dont trois sur l'île Giganteus, 25 sur l'île Hawker, 16 dans l'archipel Pointe Géologie (Terre Adélie) et environ 270 sur les îles Frazier. Ce nonobstant, des observations ponctuelles sur le littoral à proximité de la station Mawson indiquent qu'il pourrait exister d'autres colonies non encore découvertes à ce jour.
La saison de la reproduction du pétrel géant sur les îles Frazier commence généralement entre la fin du mois d'octobre et la mi-novembre, et se poursuit jusqu'au mois d'avril, date à laquelle les oiseaux entament leur migration hivernale vers le nord. Les poussins bagués des îles Frazier se dispersent dans l'ensemble de l'hémisphère austral et ont été retrouvés en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Sud, à l'île de Pâques et en Afrique du Sud dans les neuf mois suivant leur départ.


2. Buts et objectifs

Les buts et les objectifs du plan de gestion des îles Frazier sont les suivants :
― minimiser les perturbations humaines des colonies de pétrels géants en phase de reproduction afin de contribuer plus avant à la protection de cette population ;
― faire en sorte que les îles Frazier restent un site de référence pour les études comparatives futures avec d'autres populations de pétrels géants en phase de reproduction ;
― minimiser la possibilité d'introduire dans les îles Frazier des microbes, des animaux et des plantes exotiques.


3. Activités de gestion

Les activités de gestion suivantes devront être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :
― une visite de scientifiques sera organisée au moins une fois tous les cinq ans pour recenser les populations de pétrels géants et d'autres oiseaux marins, et surveiller les populations en phase de reproduction. Ces visites doivent être confiées à une équipe comprenant au moins un ornithologue associé à un programme antarctique national ou ayant les qualifications et l'expérience scientifique pertinentes;
― des informations sur l'emplacement des îles Frazier (indiquant toute restriction éventuelle) seront compilées et affichées en un endroit visible de la station Casey. Des copies du présent plan de gestion devront aussi y être disponibles. Du matériel à caractère informatif et le plan de gestion seront remis aux navires visitant la région ;
― le plan de gestion fera l'objet d'une révision au moins tous les cinq ans et sera au besoin mis à jour.


4. Durée de la désignation

La zone est désignée pour une période indéterminée.


5. Cartes

Carte A. ― Cette carte indique l'emplacement des îles Windmill, des îles Frazier et des zones protégées dans la région. Spécifications Projection : UTM fuseau 49 Datum (horizontal) : WGS84.
Carte B. ― Cette carte indique la répartition des oiseaux marins en phase de nidation sur les îles Frazier. Spécifications Projection : UTM fuseau 49 Datum (horizontal) : WGS84.


6. Description de la zone

6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Les îles Frazier sont situées à une latitude sud 66° 14' et une longitude est 110° 10' (cf. carte A). Les trois îles (Nelly, Dewart et Charlton) sont situées dans la partie orientale de la baie Vincennes, à environ 16 km à l'ouest/nord-ouest de la station Casey. L'île Nelly est la plus grande des trois (environ 0,35 km²) et doit son nom à la présence de plusieurs colonies de pétrels géants (ou nellies en anglais). La zone englobe la totalité de la zone terrestre des trois îles, la limite côté mer étant définie par la marée basse (cf. carte B). La totalité de la ZSPA des îles Frazier est d'environ 0,6 km².
Il n'existe aucun bornage.
L'île Nelly abrite la plus grande et la plus variée des communautés aviaires des trois îles, les registres indiquant la présence de nids de pétrels des neiges (Pagodroma nivea), de damiers du cap (Daption capense), de pétrels antarctiques (Thalassoica antarctica), d'océanites de Wilson (Oceanites oceanicus), de fulmars antarctiques (Fulmarus glacialoides) et de labbes antarctiques (Catharacta maccormicki). Des nids de labbes antarctiques ont également été découverts sur l'île Dewart (cf. appendice 2 et carte B).
En 1961-1962, cent nids de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) ont été répertoriés dans une colonie sur l'île Nelly. Pendant la saison 1989-1990, la présence de trois colonies a été observée sur la crête nord-ouest de l'île Nelly, totalisant 554 nids. L'augmentation correspond à celle observée pour la plupart des populations de manchots Adélie dans la région des îles Windmill au cours de la période allant de 1959-1960 à 1989-1990. Selon les estimations correspondant à la saison 2001-2002, environ 1 000 couples avaient établi leur nid sur l'île Nelly. Une inspection rapide des colonies de manchots Adélie pendant la saison 2005-2006 suggère que la population des oiseaux reproducteurs continue à augmenter.
Peu de mammifères marins ont été officiellement répertoriés sur les îles Frazier. Toutefois, en 1968, trois phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) ont été observés sur des glaces flottantes entre les îles Nelly et Dewart. Un orque (Orcinus orca) a été aperçu au large des îles au cours de cette même année et un petit groupe a été observé pendant la saison 2005-2006. Quelques léopards de mer (Hydrurga leptonyx) ont été observés sur la glace près de l'île Nelly et un petit nombre de phoques de Weddell sur des glaces flottantes à proximité des îles Frazier lors de la saison 2001-2002 (cf. Appendice 2).
La végétation de l'île Nelly comprend au moins onze espèces, dont les lichens Buellia frigida, Usnea antarctica, Rhizoplaca melanophthalma, Candelariella flava, une algue terrestre Prasiola crispa, une croûte verte indéterminée qui pourrait être un mélange d'hyphes fongiques et de l'algue verte Desmococcus olivaceus, et plusieurs espèces d'algues des neiges, y compris Chlorococcum sp., Chloromonas polyptera, Chlorosarcina antarctica et Prasiococcus calcarius (cf. Appendice 2). Il n'existe aucune information publiée sur les invertébrés terrestres peuplant les îles Frazier.
Toutefois, aucun recensement n'y a été effectué.
La topographie des îles Frazier se caractérise par des falaises escarpées émergeant de la mer. Le sommet de l'île Nelly se situe à environ 65 m du niveau de la mer. Une large vallée remplie de glace en forme de fer à cheval se trouve à la fois sur l'île Nelly et sur l'île Dewart.
La géologie des îles Frazier est caractéristique du groupe des îles Windmill puisqu'elle se distingue par les schistes en couche et les gneiss finement plissés de l'assemblage métamorphique des îles Windmill. Le caractère géologique des îles Frazier est le résultat d'une métamorphose en deux phases ― intervenues il y a 1 400 à 1 310 millions d'années et environ 1 200 millions d'années ― de schistes, de schistes argileux et d'éléments volcaniques. Des falaises escarpées de biote et de gneiss sont également présentes sur l'île Nelly. Des blocs erratiques de grès rouge se trouvent dans la vallée en forme de fer à cheval, sur l'île Nelly, sous la courbe de niveau des 30 m. Des stries glaciaires fortement polies dans les gneiss constituent une preuve de la glaciation récente et indiquent l'ancienne direction de l'écoulement glaciaire de 265° et 280° vrais. Les sédiments de surface sont composés d'un sable fin et graveleux situé sous les dépressions de la roche-mère.
Le climat des îles Frazier est semblable à celui des îles Windmill et des autres zones côtières de l'Antarctique dans cette région. A la station Casey, située à 16 km à l'est/sud-est du groupe d'îles Frazier, les températures moyennes sont de 0,3 °C pour le mois le plus chaud et de ― 14,9 °C pour le mois le plus froid. Les précipitations sont faibles et l'albédo élevé des surfaces rocheuses exposées donne des zones libres de glace en permanence qui représentent des endroits intéressants pour la nidation de l'avifaune.


6 ii) Zones restreintes à l'intérieur de la zone

Aucune.


6 iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone

Il n'existe aucune structure à l'intérieur ou à proximité de la zone et aucune structure ne peut être établie.


6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

Les zones protégées suivantes sont situées sur la côte Budd à proximité des îles Frazier (cf. Carte A) :
― ZSPA n° 135, péninsule North-East Bailey, (66° 17' de latitude Sud, 110° 32' de longitude Est) ;
― ZSPA n° 136, péninsule Clark, (66° 15' de latitude Sud, 110° 36' de longitude Est) ;
― ZSPA n° 103, île Ardery et île Odbert, (66° 22' de latitude Sud, 110° 30' de longitude Est).


7. Critères de délivrance d'un permis

Les visites à la ZSPA des îles Frazier sont subordonnées à l'obtention d'un permis devant être délivré par les autorités nationales idoines.
Une clause doit stipuler que le permis ou une copie de ce dernier doit être emmené à tout moment dans la zone. Les autorités délivrant ce permis peuvent inclure toute autre condition supplémentaire conforme aux objectifs et aux dispositions du plan de gestion. Le détenteur principal de chaque permis délivré soumettra aux autorités compétentes un rapport décrivant en détail les activités menées dans la zone, et reprenant toutes les données de recensement recueillies au cours de la visite.


7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de la zone

― L'utilisation de véhicules dans la zone est interdite.
― L'accès aux îles Frazier est autorisé exclusivement en embarcation. Les débarquements doivent avoir lieu aux endroits spécifiquement désignés à cet effet sur la carte B). Les embarcations utilisées pour visiter les îles doivent rester le long du littoral et les déplacements dans la zone ne peuvent être effectués qu'à pied. Seul le personnel responsable de mener à bien les activités de gestion et les travaux scientifiques dans la zone doit quitter la zone de débarquement.
― Aucun zodiac ne doit être utilisé sur les corps (plans) d'eau et aucune embarcation ne doit dépasser la vitesse de 5 nœuds dans un rayon de 750 m autour des îles Frazier (cf. carte C).
― Tout mouvement dans la zone doit être conforme aux critères des distances d'approche minimum des oiseaux en phase de nidation spécifiées à l'appendice 3. Les responsables ne devront en aucun cas dépasser la distance minimale requise pour obtenir des données de recensement ainsi que des données biologiques sur les nids de pétrels géants ; cette distance ne devra jamais être inférieure à 20 mètres.
― Pour réduire les perturbations de la faune et de la flore, les niveaux sonores, y compris des conversations, doivent être réduits à leur plus simple expression. L'utilisation de matériel à moteur, ainsi que toute autre activité susceptible de générer une pollution par le bruit et, par conséquent, de perturber les oiseaux en phase de nidation, sont interdites dans la zone lorsque le pétrel géant est en période de reproduction (du 1er octobre au 30 avril).
― L'atterrissage d'aéronefs dans la zone est interdit en toute circonstance.
― Les vêtements (et en particulier les chaussures) doivent être soigneusement nettoyés avant de pénétrer à l'intérieur de la zone.


7 ii) Activités qui sont ou peuvent être menées dans la zone, y compris les restrictions à la durée et à l'endroit

Des permis d'accès à la zone peuvent être accordés en dehors de la période de reproduction des pétrels géants (du 1er mai au 30 septembre), pour l'exécution de recherches scientifiques qui ne peuvent pas être entreprises ailleurs ou pour des raisons essentielles conformes aux objectifs et aux dispositions du présent Plan de gestion. Les permis ne peuvent être accordés que pour les activités qui ne porteront pas préjudice aux valeurs écologiques et scientifiques de la zone, ou aux études scientifiques en cours.
Des permis d'accès à la zone peuvent être accordés pendant la période de reproduction du pétrel géant (du 1er octobre au 30 avril), pour l'exécution de travaux de recensement des populations. Pour émettre un permis, l'autorité responsable de l'émission doit se reporter aux dispositions de la première puce de la section 3 du présent Plan de gestion. Dans toute la mesure du possible, les recensements doivent être effectués de l'extérieur des colonies de pétrels géants. La plupart du temps, il existe des points d'observation permettant de compter les pétrels géants en couvaison. L'accès à la zone doit être limitée aux délais minimum et raisonnables requis pour l'exécution du recensement. Pour des raisons de sécurité, les opérateurs de navires et autre personnel de soutien doivent rester au site de débarquement.


7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures

Aucune structure permanente ne doit être érigée dans la zone.


7 iv) Emplacement des camps

L'établissement de camps dans la zone est interdit, sauf en cas d'urgence.


7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

― Aucun combustible ne sera entreposé dans la zone. Le réapprovisionnement est autorisé aux points de débarquement le long du littoral. Une petite quantité de combustible est autorisée pour l'utilisation de réchauds en situation d'urgence.
― Les seuls produits à base de volaille autorisés dans la zone sont les œufs en poudre pasteurisés, les bouillons cube, et les soupes en poudre et en conserve.
― Aucun herbicide ni pesticide ne doivent être introduits dans la zone.
― Tout produit chimique susceptible d'être introduit dans la zone à des fins scientifiques indispensables, conformément aux dispositions du permis, sera retiré de la zone au plus tard dès que prendront fin les activités prévues par le permis. L'utilisation de radionucléides ou d'isotopes stables est interdite.
― L'introduction délibérée d'animaux, de végétaux ou de micro-organismes est interdite et des précautions seront prises en cas d'introduction accidentelle. Tous les équipements et les vêtements seront soigneusement nettoyés avant de pénétrer dans la zone.


7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Toute capture ou perturbation nuisible à la faune et à la flore est interdite sauf avec un permis délivré conformément à l'article 3 de l'annexe 2 du Protocole au Traité de l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement.
Toute perturbation des pétrels géants doit être évitée à tout moment. Les visiteurs doivent être sensibles à toute modification du comportement de la faune, notamment les changements de posture ou les vocalisations. Si les oiseaux donnent des indications de départ du nid, le personnel doit se retirer immédiatement.


7 vii) Ramassage de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par un visiteur

Le ramassage ou l'élimination de tout élément présent dans la zone doivent être autorisés par le permis, mais se limiter au minimum requis pour les activités menées à des fins scientifiques ou de gestion.
Tout matériau d'origine humaine qui est susceptible d'avoir un impact sur les valeurs de la zone et n'a pas été introduit par le titulaire du permis ou toute autre personne autorisée, doit être enlevé dans la mesure où cet enlèvement n'entraîne pas de conséquences plus graves que de le laisser in situ. En cas d'identification de tel matériau, les autorités compétentes devront en être informées et, dans toute la mesure du possible, une documentation photographique doit accompagnée le rapport de visite du site.


7 viii) Elimination des déchets

Aucun déchet, y compris humain, ne doit être déposé ou abandonné dans la zone.


7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

Un recensement des pétrels géants doit avoir lieu au moins une fois tous les cinq ans. Les recensements d'autres espèces peuvent être effectués au cours de cette visite à condition qu'ils ne perturbent pas les pétrels géants.
Toutes les données GPS recueillies pour des sites spécifiques faisant l'objet d'une surveillance à long terme seront compilées dans le Répertoire maître de l'Antarctique par le biais des autorités nationales appropriées.


7 x) Rapports de visites

Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet aux autorités compétentes un rapport décrivant les activités menées dans la zone. Ce rapport doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite figurant à l'appendice 4 du Guide pour l'élaboration de plans de gestion des zones spécialement protégées annexé à la résolution 2 (1998). Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès, et ce, afin de conserver une archive d'usage qui sera utilisée et dans l'examen du plan de gestion et dans l'organisation de l'utilisation scientifique de la zone. Une copie du rapport doit être transmise à la Partie responsable de l'élaboration du plan de gestion afin de contribuer à la gestion de la zone et à la surveillance des populations aviaires. En outre, les rapports de visite doivent contenir des informations détaillées sur les recensements, les emplacements de nouvelles colonies ou de nids qui n'auraient pas encore été consignés, et un résumé succinct des découvertes issues des recherches scientifiques ainsi que des copies des photos de la zone.


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Appendice 1 : Recensement des populations de pétrels géants sur les îles Frazier, terre Wilkes, Antarctique

Note : Dans toute la mesure du possible, chacune des observations ci-dessous a été validée par un examen des données primaires. Les commentaires indiquent les points où des différences ont été enregistrées par rapport à la documentation publiée. Un examen plus poussé de chacune de ces observations devra être effectuée avant d'utiliser ces données dans des analyses.

M E S U R E 1 2 ( 2 0 0 8 )


ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 155 CAP EVANS, ÎLE DE ROSS, PLAN DE GESTION RÉVISÉ (ENSEMBLE UNE ANNEXE)

Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Rappelant :
La mesure 2 (1997), qui désignait le site historique du cap Evans et de ses environs comme zone spécialement protégée (« ZSP ») n° 25 et en annexe de laquelle figurait un plan de gestion pour ce site ;
La décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait la ZSP n° 25 en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 155 ;
La mesure 2 (2005), qui a adopté un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 155 ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 155 ;
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 155 par le plan de gestion révisé,
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. Soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 155, cap Evans, île de Ross, qui figure en annexe à la présente mesure ; et
2. Cessent d'avoir effet tous les plans de gestion pour la ZSPA n° 155, c'est-à-dire ceux qui figurent en annexe à la :
― mesure 2 (1997) ; et
― mesure 2 (2005).

A N N E X E
PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT
PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 155 CAP EVANS, ÎLE DE ROSS

1. Description des valeurs à protéger

La valeur historique importante de cette zone a été formellement reconnue lorsque ladite zone a été désignée comme sites et monuments historiques n°s 16 et 17 dans la recommandation 9 (1972). Une zone contenant les deux sites a été désignée comme zone spécialement protégée n° 25 dans la mesure 2 (1997) et rebaptisée comme zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 155 dans la décision 1 (2002).
La cabane Terra Nova (site et monument historique n° 16) est la plus grande des cabanes historiques situées dans la région de la mer de Ross. Elle a été construite en janvier 1911 par l'expédition britannique en Antarctique Terra Nova (1910-1913) que dirigeait le capitaine Robert Falcon Scott de la Royal Navy. Elle a ensuite servi de base au groupe de la mer de Ross appartenant à l'expédition impériale transantarctique de Sir Ernest Shackleton (1914-1917).
Sur le site et monument historique n° 17 se trouve la croix érigée sur la colline Wind Vane à la mémoire de trois membres du groupe de la mer de Ross (Shackleton) qui y périrent en 1916. De plus, les ancres du navire Aurora de l'expédition impériale transantarctique, un abri pour les instruments, plusieurs décharges et chenils ainsi que de nombreux objets sont disséminés sur le site.
Quelques-uns des tout premiers progrès accomplis dans l'étude des sciences de la Terre, de la météorologie, de la faune et de la flore sont directement associés à l'expédition Terra Nova qui avait fait de ce site sa base. Les données collectées peuvent fournir un repère en fonction duquel il est possible de comparer les mesures actuelles. L'histoire de ces activités et la contribution qu'elles ont apportée à la compréhension et à la connaissance de l'Antarctique donnent à cette zone une valeur scientifique significative.
Le site du cap Evans est l'un des premiers grands sites d'activité humaine dans l'Antarctique. C'est un symbole important de l'âge héroïque de l'exploration de l'Antarctique et, en tant que tel, il a une signification historique et culturelle considérable.


2. Buts et objectifs

Le but du plan de gestion est d'assurer la protection de la zone et de ses caractéristiques afin que ses valeurs puissent y être préservées. Les objectifs du plan sont les suivants :
Eviter la dégradation des valeurs de la zone ou leur mise en péril ;
Préserver les valeurs historiques de la zone par le biais de travaux de conservation bien planifiés qui peuvent comprendre :
a) un programme d'entretien annuel in situ ;
b) un programme de surveillance de l'état des objets et structures, et des facteurs qui les affectent et la conservation des objets exécutée sur place et hors site ;
Permettre des activités de gestion à l'appui de la protection des valeurs et des caractéristiques de la zone, y compris :
a) la cartographie et l'enregistrement de la disposition des objets historiques dans les environs de la cabane ; et
b) l'enregistrement d'autres données historiques pertinentes.
Empêcher toute perturbation humaine inutile de la zone, de ses caractéristiques et de ses objets en gérant l'accès à la cabane Terra Nova.


3. Activités de gestion

Un programme régulier de travaux de conservation de la cabane Terra Nova et de ses objets associés dans la zone sera entrepris :
Un système de surveillance systématique sera mis en place pour évaluer les impacts qu'ont les limites actuellement imposées au nombre de visiteurs ainsi que les résultats et recommandations de gestion connexes qui sont inclues dans les révisions du présent plan de gestion ;
Des visites seront effectuées selon que de besoin à des fins de gestion ; et
Les membres des programmes antarctiques nationaux travaillant dans la région ou y ayant un intérêt se consulteront pour faire en sorte que les activités de gestion susmentionnées soient mises en œuvre.


4. Durée de la désignation

La zone est désignée pour une durée indéterminée.


5. Cartes

Carte A : carte régionale de cap Evans. Cette carte montre les limites des zones spécialement protégées de l'Antarctique proposées avec d'importantes caractéristiques topographiques, les approches, les sites des camps ainsi que les aires d'atterrissage des hélicoptères. Elle montre également l'emplacement approximatif des objets historiques significatifs dans la zone. Encart : L'île de Ross montrant les sites de zones protégées avoisinantes et de stations.
Carte B : carte de cap Evans. Cette carte montre l'emplacement approximatif d'objets et de sites historiques spécifiques dans la zone.


6. Description de la zone

6 i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Le cap Evans est une petite zone triangulaire libre de glace située dans le sud-ouest de l'île de Ross, à 10 kilomètres au sud du cap Royds et à 22 kilomètres au nord de la péninsule de la pointe Hut sur l'île de Ross. La zone libre de glace est composée de roches de fonds de basalte recouvertes de dépôts glaciaires. La zone désignée est située sur la côte nord-ouest du cap Evans adjacente à la plage Home et centrée sur la cabane de Scott, Terra Nova. Les lignes de démarcation de ZSPA sont les suivantes :
Sud ― Une ligne s'étendant vers l'est à partir d'un point 77° 38 15,47 S'', 166° 25 9,48 ''E - 20 mètres au sud de la croix sur la colline Wind Vane ;
Sud-Ouest ― Une ligne partant du point de référence cité ci-dessus qui s'étend pour suivre le pic de la petite crête descendant vers le nord-ouest jusqu'à la côte, au point 77° 38 11,50'' - 166° 24 49,47'' ;
Nord-Ouest ― Le long de la côte de la plage Home ;
Nord-Est ― Le long du ruisseau d'écoulement du lac Skua jusqu'à la plage Home, au 77° 38 4,89'' - 166° 25 13,46'' ;
Est ― Le long de la ligne s'étendant vers le sud de la rive ouest du lac Skua au 77° 38 5,96'' - 166° 25 35,74'' pour croiser la limite sud au 77° 38 15,48'' ― 166° 25 35,68''.
Des labbes (Catharacta maccormicki) nichent au cap Evans et des manchots Adélie (Pygoscelisadeliae) de la colonie au cap Royds peuvent à l'occasion traverser la zone. Des phoques de Weddel ont également été vus vautrés sur la plage Home.


6 ii) Accès à la zone

Lorsque les conditions le permettent en tout sécurité, il est possible d'approcher la zone en véhicule sur la glace de mer. Il est interdit d'entrer en véhicule dans la zone à moins qu'il ne soit autorisé à le faire pour des activités de gestion conformément à l'alinéa i) du paragraphe 7 ci-dessous. Pendant la saison des eaux libres, les débarquements par bateau peuvent s'effectuer directement en face de la cabane à la plage Home. Les hélicoptères peuvent atterrir à l'un quelconque des deux sites de débarquement désignés, qui sont indiqués sur les cartes 1 et 2. Un premier site se trouve à environ 100 m au nord de la cabane, juste à l'extérieur de la zone. Le second se trouve à côté de la cabane refuge néo-zélandaise, à environ 250 m au-delà de la limite de démarcation sud-ouest de la zone.


6 iii) Emplacement des structures à l'intérieur de la zone et adjacentes à elle

Toutes les structures situées dans la zone ont une origine historique bien qu'une clôture de protection moderne et temporaire autour de la cabane magnétique reste en place. Une des principales caractéristiques de la zone est la cabane Terra Nova de Scott qui se trouve sur la côte nord-ouest du cap Evans à la plage Home. Cette cabane est entourée de nombreuses reliques historiques, y compris les ancres de l'Aurora, des squelettes de chiens, des abris pour instruments, une corde de chien, un écran météorologique, un vide-vite, une cabane magnétique, des briquettes de charbon, des dépôts de provisions, des dépotoirs et un mât de drapeau. Une croix à la mémoire de trois des membres de l'expédition de Shackleton dans la mer de Ross (1914-1917) est érigée sur la colline West Vane. Toutes ces caractéristiques se trouvent à l'intérieur des limites de démarcation de la zone.
Une cabane refuge néo-zélandaise, un site de campement et un site d'atterrissage pour hélicoptères sont situés à quelque 250 m au sud-ouest de la zone.
Le site de la base World Park de Greenpeace, base présente toute l'année, se trouvait au nord-est de la cabane de Scott de 1987 à 1992. De cette base, il n'en reste aucun signe visible.


6 iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité de la zone

La ZSPA n° 121 (antérieurement SISP n° 1) et la ZSPA n° 157 (ZSP n° 27), cap Royds se trouvent à 10 kilomètres au nord du cap Evans.
La ZSPA n° 122 (SISP n° 2), hauteurs Arrival et la ZSPA n° 158 (SISP n° 28), pointe Hut se trouvent à 20 kilomètres au sud du cap Evans dans la péninsule de la pointe Hut.
La ZSPA n° 130 (SIPS n° 11), crête Tramway se trouve à environ 20 kilomètres à l'est du cap Evans.
Tous ces sites se trouvent sur l'île de Ross.


6. Aires spéciales à l'intérieur de la zone

Il n'y a pas d'aires spéciales à l'intérieur de la zone.


7. Critères de délivrance d'un permis

L'accès à la zone est interdit sauf avec un permis. Les permis seront délivrés uniquement par les autorités nationales compétentes et ils peuvent être assortis de conditions à la fois générales et spécifiques. Un permis peut être délivré par une autorité nationale pour couvrir plusieurs visites pendant une saison. Les Parties présentes dans la zone de mer de Ross doivent se consulter et consulter également les groupes et organisations intéressées par la visite de la zone pour s'assurer que le nombre maximum de visiteurs ne sera pas dépassé.
Les permis d'accès au site peuvent être délivrés pour une période donnée et portent sur les activités suivantes :
Activités ayant pour but la conservation, la recherche et/ou la surveillance ;
Activités de gestion à l'appui des objectifs du plan ; et
Activités ludiques ou pédagogiques, y compris touristiques, à condition qu'elles n'aillent pas à l'encontre des objectifs du plan.


7 i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci

Le contrôle des déplacements à l'intérieur de la zone est nécessaire pour empêcher les dommages que pourrait causer la présence d'une « foule » autour des nombreuses caractéristiques vulnérables de la zone. Le nombre maximum de personnes dans la zone à tout moment (y compris les guides et celles se trouvant dans la cabane) sera de 40.
Le contrôle du nombre de personnes se trouvant dans la cabane est nécessaire pour empêcher tout dégât que causerait la présence d'une « foule » autour des nombreuses caractéristiques vulnérables à l'intérieur de la cabane. Le nombre maximum de personnes autorisées à l'intérieur de la cabane à tout moment (y compris les guides) sera de 12.
Pour éviter les impacts cumulatifs à l'intérieur de la cabane, il importe de limiter le nombre annuel de visiteurs. Les effets causés par le nombre actuel de visiteurs (environ 1 489 par année entre 1998 et 2004) semblent indiquer qu'une augmentation marquée pourrait en effet avoir des impacts très défavorables. Le nombre maximum de visiteurs par an sera de 2 000.
Ces limites ont été fixées sur la base du nombre actuel de visiteurs et à la lumière des conseils les meilleurs disponibles que fournissent les organismes de conservation consultés (y compris les conservateurs, archéologues, historiens, conservateurs de musée et autres professionnels spécialisés dans la protection du patrimoine). Les limites reposent sur l'idée que toute augmentation significative du nombre actuel de visiteurs se ferait au détriment des valeurs à protéger. Un programme de surveillance de l'impact des visiteurs est requis pour fournir l'assise de futures révisions du plan de gestion et, en particulier, pour déterminer si les limites actuelles imposées au nombre de visiteurs sont appropriées.
Une supervision adéquate des visites dans la zone est nécessaire pour éviter que la « foule » et des actions incompatibles avec le Code de conduite décrit à l'alinéa ii) de la section 7 ne causent des dégâts. Toutes les visites touristiques, pédagogiques et ludiques doivent être supervisées par un guide expérimenté qu'aura désigné l'opérateur (voir l'alinéa ix) de la 7).
L'atterrissage d'hélicoptères est interdit dans la zone car ces appareils risquent d'endommager le site d'une part en projetant des scories et particules de glace et, d'autre part, en accélérant ainsi l'usure de la cabane et des objets environnants. Les véhicules sont interdits dans la zone. Voir la section 6 ii) pour les approches et sites d'atterrissage recommandés.
Il est interdit aux véhicules d'entrer dans la zone sauf lorsque cela s'avère nécessaire pour leur utilisation à des fins de gestion conformément aux buts et objectifs de ce plan de gestion. Cela peut inclure sans pour autant y être limité des activités telles que l'enlèvement de la glace et de la neige qui sont jugées comme un danger pour la cabane ou d'autres objets historiques. Dans tous les cas, il sera pris grand soin :
i) d'utiliser le véhicule de la taille minimum requis pour la tâche à exécuter ;
ii) de veiller à ce que l'exploitant du véhicule soit parfaitement entraîné et conscient des dispositions de ce plan de gestion ainsi que des sensibilités au site d'exploitation du véhicule ;
iii) de programmer et de contrôler minutieusement tous les déplacements du véhicule à l'intérieur du site de manière à éviter de causer des dommages soit à la cabane soit aux objets ensevelis en dessous d'une accumulation de glace et de neige.


7 ii) Activités qui peuvent être menées dans la zone

Les activités suivantes font partie des activités pouvant être menées dans la zone :
Visites à des fins de conservation ;
Visites pédagogiques et/ou ludiques, y compris les visites touristiques ;
Activités scientifiques qui ne portent pas atteinte aux valeurs de la zone.
Les visiteurs doivent adhérer au code de conduite suivant, sauf lorsque les activités de conservation, de recherche, de surveillance ou de gestion décrites dans le permis en disposent autrement :
Réduire l'usure du sol, nettoyer à fond avec des brosses qui leur seront remises avant d'entrer dans la cabane leurs bottines pour en enlever les poussières et les scories, la glace et la neige ;
Enlever tous les vêtements rendus humides par l'eau de mer ainsi que tous les cristaux de glace de mer collés aux bottines, les particules de sel accélérant en effet la corrosion des objets en métal ;
Ne pas toucher les objets ou le mobilier qui se trouvent dans les cabanes, ne pas les déplacer et ne pas s'asseoir sur eux ― la manutention des objets provoque des dégâts ;
Etant donné que de nombreux endroits sont exigus et qu'il est possible de heurter sans le vouloir des objets, ne pas entrer avec un sac à dos ;
Durant les déplacements autour des sites, veiller soigneusement à ne pas marcher sur des objets que la neige peut avoir dissimulés ;
Il est strictement interdit d'utiliser des lanternes du type à combustion, de recourir à des flammes nues et de fumer dans les cabanes et autour d'elles car le feu représente un sérieux danger ; et
Les visites doivent être enregistrées dans le livre fourni à cet effet. Cela permet de mettre en corrélation les époques et niveaux de visite avec les données de température et d'humidité automatiquement consignées à l'intérieur de la cabane.


7 iii) Installation, modification ou enlèvement de structures

Aucune structure nouvelle ne doit être érigée dans la zone. Aucun équipement scientifique ne doit y être installé sauf pour les activités de conservation définies dans la section 3.
Aucune structure historique ne doit être enlevée de la zone sauf si un permis l'autorise, qui aura été délivré en conformité avec les dispositions de l'alinéa vii) de la section 7.


7 iv) Emplacement des camps

Il est interdit d'utiliser la cabane historique pour y vivre. Le camping est interdit dans la zone quelles que soient les circonstances.
Le site d'un camp existant est associé aux deux abris du programme antarctique néo-zélandais qui se trouvent à 250 m au sud-ouest de la zone et il devrait être utilisé par toutes les Parties qui ont l'intention de camper dans cette zone.


7 v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

Aucun animal vivant, aucune matière végétale, aucun micro-organisme et aucun type de terre ne seront introduits dans la zone. Aucun produit alimentaire ne sera emmené dans la zone.
Des produits chimiques ne peuvent être introduits qu'à des fins scientifiques ou des fins de conservation autorisées. Ces produits (y compris le carburant) ou d'autres matériaux ne pourront être laissés dans la zone à moins que cela ne s'avère nécessaire pour des raisons essentielles liées à la conservation des structures historiques ou reliques connexes.
Tous les matériaux doivent être retirés de la zone lorsque leur présence n'est plus justifiée et avant une date qui sera fixée dans le permis approprié.


7 vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Ces activités sont interdites sauf si le permis délivré par l'autorité nationale compétente en dispose autrement conformément à l'article 3 de l'annexe II du Protocole relatif à la protection de l'environnement.
Dans les cas où il est procédé à un prélèvement ou à une perturbation nuisible, il faut que l'opération se déroule au minimum en conformité avec le code de conduite du SCAR pour l'utilisation d'animaux en Antarctique à des fins scientifiques.


7 vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis

Les matériaux peuvent être ramassés dans la zone et ils peuvent en être enlevés pour des raisons de conservation qui sont conformes aux objectifs du plan mais uniquement lorsqu'un permis délivré par l'autorité nationale compétente l'autorise.
Les matériaux qui constituent une menace pour l'environnement ou la santé humaine peuvent être enlevés de la zone aux fins de leur élimination en conformité avec un permis et ce, lorsqu'ils répondent à un ou plusieurs des critères suivants :
i) L'objet constitue une menace pour l'environnement, la faune et la flore sauvages, ou la santé et la sécurité de l'homme ;
ii) Il est à ce point en mauvais état qu'il n'est pas réellement possible de le conserver ;
iii) Il ne contribue pas de manière significative à notre compréhension de la cabane, de ses occupants ou de l'histoire de l'Antarctique ;
iv) Il ne contribue pas aux qualités visuelles du site ou de la cabane, et il ne nuit en rien à ces qualités ; et/ou
v) Ce n'est pas un objet unique en son genre ou rare ;
vi) Et lorsqu'une telle mesure est prise par des parties ayant des compétences appropriées en matière de conservation du patrimoine ; et
vii) Fait partie d'un plan général de travaux de conservation sur place.
Les autorités nationales devraient veiller à ce que l'enlèvement d'objets et l'évaluation faite en fonction des critères ci-dessus relèvent d'un personnel doté de compétences appropriées dans le domaine de la conservation du patrimoine.
Les objets considérés comme revêtant une grande valeur historique, qui ne peuvent pas être conservés sur place avec les techniques actuellement disponibles, peuvent être enlevés avec un permis pour le stockage dans un milieu contrôlé jusqu'à ce qu'ils puissent être ramenés en toute sécurité dans la zone.
Des échantillons de terre et d'autres matières naturelles peuvent être enlevés de la zone à des fins scientifiques uniquement et ce, avec un permis approprié.


7 viii) Elimination des déchets

Tous les déchets humains, toutes les eaux usées et tous les autres déchets produits par des équipes de travail ou des visiteurs doivent être enlevés de la zone.


7 ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

Le permis ou une copie certifiée doit être emmené dans la zone.
Les informations sur les obligations de ce plan seront fournies à tous les visiteurs.
Le code de conduite décrit à l'alinéa ii) de la section 7 sera appliqué par tous les visiteurs sauf lorsque les activités de conservation, de recherche, de surveillance ou de gestion en disposent autrement.
Les opérateurs qui rendent possibles des visites pédagogiques et ludiques (y compris touristiques) dans la zone désigneront, avant le début de la saison estivale, des personnes ayant une connaissance pratique du site comme du plan de gestion pour servir de guides durant les visites.
Toutes les visites organisées à des fins pédagogiques et ludiques (y compris touristiques) seront supervisées par un guide désigné qui sera chargé d'expliquer aux visiteurs le code de conduite et d'en assurer l'application.
Les Parties se consulteront et coordonneront leurs efforts pour mettre en valeur compétences et ressources, en particulier celles qui portent sur les techniques de conservation, en vue de faciliter la protection des valeurs de la zone.


7 x) Rapports de visites

Les Parties doivent veiller à ce que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet aux autorités compétentes un rapport décrivant les activités entreprises. Ce rapport doit inclure, selon le cas, les informations identifiées dans le formulaire du rapport de visite figurant à l'appendice 4 de la résolution 2 (1998). En outre, l'enlèvement de matériaux conformément à la section 7 vii) sera décrit en détail, y compris la raison de cette opération et l'emplacement actuel des objets ou de la date de cession. Le retour éventuel de ces objets sera également déclaré.
Les Parties conserveront une archive des activités menées dans la zone et, lors de l'échange annuel d'informations, fourniront une description synoptique des activités conduites par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans toute la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès en vue de préserver une archive d'usage, laquelle sera utilisée et pour réviser le plan de gestion et pour gérer les futures visites du site.

 

M E S U R E 7 (2 0 0 8)
ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE DE L'ANTARCTIQUE N° 124
CAP CROZIER, ÎLE DE ROSS (ENSEMBLE UNE ANNEXE)


Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (ZSPA) et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Rappelant :
― la recommandation IV-6 (1966), qui désignait le cap Crozier, île de Ross, comme une zone spécialement protégée (ZSP) n° 6 ;
― la recommandation VIII-2 (1975), qui abrogeait la recommandation IV-6 ;
― la recommandation VIII-4 (1975), qui rebaptisait et renumérotait la ZSP n° 6 en tant site présentant un intérêt scientifique particulier (SISP) n° 4 et à laquelle figurait en annexe un plan de gestion pour ce site ;
― la recommandation X-6 (1979), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 4 du 30 juin 1981 jusqu'au 30 juin 1985 ;
― la recommandation XII-5 (1983), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 4 du 30 juin 1985 jusqu'au 31 décembre 1985 ;
― la recommandation XIII-7 (1985), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 4 du 31 décembre 1985 jusqu'au 31 décembre 1991 ;
― la recommandation XVI-7 (1991), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 4 jusqu'au 31 décembre 2001 ;
― la mesure 3 (2001), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 4 jusqu'au 31 décembre 2005 ;
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 4 en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 124 ;
― la mesure 1 (2002), qui adoptait un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 124 ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 124 ;
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour la ZSPA n° 124 par le plan de gestion révisé ;
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. soit approuvé le plan de gestion révisé pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 124, cap Crozier, île de Ross, qui figure en annexe à la présente mesure ; et
2. cessent d'avoir effet tous les plans de gestion antérieurs pour la ZSPA n° 124, c'est-à-dire ceux qui figurent en annexe à la :
― recommandation VIII-4 (1975) ; et
― mesure 1 (2002).

PLAN DE GESTION POUR LA ZONE SPÉCIALEMENT PROTÉGÉE
DE L'ANTARCTIQUE N° 124 CAP CROZIER, ÎLE DE ROSS

1. Description des valeurs à protéger

Une zone au cap Crozier avait à l'origine été désignée zone spécialement protégée n° 6 dans la recommandation IV-6 (1966) sur proposition des États-Unis d'Amérique qui estimaient en effet d'une part que la région alimente une riche faune d'oiseaux et de mammifères ainsi qu'une microfaune et microflore et, d'autre part, que l'écosystème dépend d'un mélange substantiel d'éléments terrestres et marins revêtant un intérêt scientifique exceptionnel. Avec l'adoption en 1972 par les Parties au Traité sur l'Antarctique de la catégorie de protection des sites présentant un intérêt scientifique particulier (SISP), la désignation du cap Crozier comme zone spécialement protégée a été abolie par la recommandation VIII-2 (1975) et le site a été redésigné SISP n° 4 par la recommandation VIII-4 (1975). La raison de la désignation du SISP n° 4 était de protéger les études à long terme de la dynamique de population et du comportement social des colonies de manchots empereurs (Aptenodytes forsteri) et Adélie (Pygoscelis adeliae) dans la région. Les informations rassemblées depuis la désignation du SISP n° 4 soutenaient l'inclusion des populations de labbe et des assemblages de végétation qui sont d'importantes valeurs à protéger au cap Crozier. En 2002 (Mesure 1), les lignes de démarcation ont été élargies au sud d'Igloo Spur afin de protéger l'éventail d'assemblages de végétation représentatifs de la région du cap Crozier. La ligne de démarcation de la zone a été modifiée dans le plan actuel pour suivre une simple ligne de longitude car les visiteurs éprouvaient des difficultés à suivre la ligne de démarcation précédente.
La colonie de manchots empereurs au cap Crozier a été pour la première fois répertoriée en 1902 par des membres de l'expédition antarctique nationale britannique. Elle est la colonie la plus connue au sud et elle a le recensement de population de ces manchots le plus long. La colonie se reproduit sur de la glace d'une banquise côtière située entre de grandes crevasses qui se créent là où la plateforme de glace de Ross est contiguë au cap Crozier. Les positions de ces crevasses changent avec les mouvements de la plate-forme de glace et l'on sait que la colonie se déplace autour de différentes parties des crevasses durant la saison de reproduction. Les lignes de démarcation de la zone ont été désignées pour inclure des aires de banquise côtière qu'occupent constamment des oiseaux en phase de reproduction.
Le cap Crozier a une vaste population de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae) qui s'élève à quelque 150 000 couples reproducteurs, lesquels constituent sans doute l'une des colonies les plus grandes en l'Antarctique. La colonie est divisée en deux grands groupes éloignés l'un de l'autre d'un kilomètre, qui sont connus sous le nom de colonie de l'est et colonie de l'ouest (Cartes 1 et 2). En outre, de vieux restes bien préservés de manchots Adélie trouvés dans la zone ont une valeur scientifique particulière pour les études génétiques. Associée aux colonies de manchots est une grande colonie de labbes de l'Antarctique (Catharacta maccormicki) dont la population est estimée à 1 000 couples reproducteurs.
Des phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) se reproduisent dans la zone tandis que des léopards des mers (Leptonyx hydrurga) y sont de fréquents visiteurs et que des phoques mangeurs de crabes (Lobodon carcinophagus) sont constamment vus en mer et sur les banquises de glace. Des orques sont aussi fréquemment aperçus au large des côtes dans la zone. S'il est vrai que les espèces de mammifères répertoriées au cap Crozier ne sont pas les seules qui fréquentent la zone ni ne sont considérées comme spéciales dans ce contexte, il n'en reste pas moins qu'elles font partie intégrante et représentative de l'écosystème local.
Il y a dans la zone des assemblages de mousse, d'algue et de lichen. Les étendues d'algues de neige au cap Crozier couvrent une superficie de plus de 4 ha adjacente aux colonies de labbes et de manchots. Des croissances aussi vastes que celles au cap Crozier ont été remarquées une fois seulement dans la zone antarctique continentale, sur la côte de terre Wilkes et l'île de Ross a le recensement d'algues de neige le plus au sud. Les lichens sont également en abondance, avec de vastes aires de lichens (crustose) de couleur orange brillante sur des roches et pierres sur les pentes au-dessus de la colonie de manchots Adélie mais aussi avec de riches croissances de lichens foliacés et frutescents dans les environs de l'igloo en pierre de Wilson.
Un panneau de messages de l'expédition antarctique nationale de Scott (1901-04) est situé dans la colonie ouest (169° 16 14''E, 77° 27 15''S) et il a été désigné monument historique n° 69 dans la mesure 4 (1995). L'igloo en pierre de Wilson (169° 18'E, 77° 51'S), désigné comme site historique n° 21 dans la recommandation VII-9 (1972), est situé dans le sud de la zone. L'abri de pierre a été construit en juillet 1911 par des membres de l'expédition antarctique britannique de 1910-1913 et ce, durant leur voyage d'hiver jusqu'au cap Crozier pour y ramasser des œufs de manchots empereurs.
Les grandes valeurs scientifiques, écologiques et historiques de la zone ainsi que sa vulnérabilité aux perturbations par le biais du piétinement, de l'échantillonnage, de la pollution ou de l'introduction d'espèces non indigènes sont telles que cette zone nécessite une protection spéciale de longue durée.


2. Buts et objectifs

Le plan de gestion au cap Crozier a pour buts et objectifs les suivants :
― Eviter la dégradation des valeurs de la zone et les risques substantiels qu'elles pourraient courir et, en particulier, l'avifaune et les assemblages de végétation à l'intérieur de la zone.
― Permettre des travaux de recherche scientifique, en particulier sur l'avifaune et les assemblages de végétation dans la zone tout en veillant à ce qu'elle soit protégée d'un échantillonnage excessif ou d'autres impacts scientifiques possibles.
― Permettre d'autres travaux de recherche scientifique sous réserve qu'ils ne mettent pas en péril les valeurs de la zone.
― Minimiser la possibilité d'introduire des plantes, des animaux et des microbes non indigènes dans la zone.
― Permettre que soient effectuées des visites des sites historiques mais sous un contrôle sévère et avec un permis.
― Permettre que soient effectuées des visites pour des raisons de gestion à l'appui des buts et objectifs du plan de gestion.


3. Activités de gestion

― Des indicateurs de direction du vent durables doivent être érigés à proximité de la principale aire d'atterrissage désignée des hélicoptères chaque fois que l'on s'attend à ce qu'il y ait un certain nombre d'atterrissages dans la zone durant une saison donnée. Ils doivent être remplacées selon que de besoin et enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires.
― Des repères de couleur lumineuse qui doivent être clairement visibles des airs et ne poser aucune menace significative pour l'environnement seront placés pour indiquer les sites d'atterrissage primaire et secondaire des hélicoptères adjacents à la cabane de terrain.
― Des panneaux montrant l'emplacement de la zone (énonçant les restrictions spéciales qui s'appliquent) seront affichés bien en vue et une copie du plan de gestion sera disponible en tout temps dans l'installation de recherche de la cabane au cap Crozier.
― Les bornes, panneaux et structures érigés à l'intérieur de la zone à des fins scientifiques ou à des fins de gestion seront maintenus en bon état et enlevés lorsqu'ils ne sont plus nécessaires.
― Des visites seront effectuées selon que de besoin (une fois au moins tous les cinq ans) pour déterminer si la zone continue de répondre aux buts pour lesquels elle a été désignée et pour s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
― Les directeurs des programmes antarctiques nationaux en cours d'exécution dans la région se livreront entre eux à des consultations pour veiller à ce que les dispositions ci-dessus sont mises en œuvre.


4. Durée de la désignation

La zone est désignée pour une durée indéterminée.


5. Cartes et photographies

Carte 1 : ZSPA n° 124, cap Crozier ― Topographie et démarcation.
Spécifications de la carte.
Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles types : 1er 77° 27' S ; 2nd 77° 32' S ; méridien central : 169° 15' E ; latitude d'origine : 77° S ; sphéroïde : WGS84 ; datum : McMurdo Sound Geodetic Control Network 1992.
Encart 1 : région de la mer de Ross, montrant l'emplacement de l'encart 2.
Encart 2 : région de la mer de Ross, montrant l'emplacement de la carte 1, de la station McMurdo (États-Unis d'Amérique) et de la base Scott (Nouvelle-Zélande).
Carte 2 : ZSPA n° 124, cap Crozier ― Accès, installations et faune sauvage. Les spécifications de la carte sont les mêmes que celles de la carte 1.


6. Description de la zone

6. i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel

Le cap Crozier (169° 21 30'' E, 77° 30 30'' S) se trouve à l'extrémité est de l'île de Ross où une zone libre de glace embrasse les pentes inférieures est du mont Terror. La zone désignée est située dans les environs de Post Office Hill (407 m), s'étendant pour englober la plate-forme glaciaire de Ross où de grandes fissures sont couvertes d'une banquise côtière qu'occupent chaque année des manchots empereurs en phase de reproduction.
La zone comprend une région terrestre et un plateau de glace au-dessus de la laisse moyenne de mer ainsi qu'une banquise côtière adjacente à l'intérieur des lignes de démarcation qu'occupent des manchots empereurs en phase de reproduction. La ligne de démarcation nord s'étend sur 6,5 km le long de la ligne de latitude 77° 26 03''S de 169° 11 43''de longitude est à 169° 28 00'' de longitude est. La ligne de démarcation ouest s'étend sur 1,5 km vers le sud de la ligne de démarcation nord jusqu'à la côte, puis en sud-ouest suivant une crête basse libre de glace qui passe à 30 m à l'ouest de la cabane et de l'aire d'atterrissage des hélicoptères. Elle suit ensuite cette crête en sud pour se trouver au sud-ouest du sommet de Post Office Hill à 169° 11 30'' E, 77° 28 00'' S, avant de suivre la ligne de longitude jusqu'à un point situé au 169° 11 30'' E, 77° 31 00'' S, qui est proche du sommet du pic Bomb (740 m). La ligne de démarcation descend la crête sud-est du pic Bomb jusqu'à Igloo Spur au 169° 20 00'' E, 77° 32 00'' S et, de là, vers l'est le long de la latitude 77° 32 00'' S jusqu'à la ligne de démarcation est au 169° 28 00'' E.
Le sol libre de glace au cap Crozier est d'origine volcanique récente, de nombreux cônes et cratères parsemant les douces pentes de scories et de lave basaltique à grains fins. Plusieurs de ces collines, y compris Post Office Hill, abritent les colonies de manchots des vents qui soufflent en sud-ouest. À la surface, il y a de nombreuses bombes volcaniques et d'autres preuves de petites explosions volcaniques. Au sud de la zone, des falaises côtières adjacentes au plateau de glace s'élèvent pour atteindre en certains endroits 150 m de haut. Les faces des falaises font état de lave litée et de tufs palagomite de couleur brune avec plusieurs parcelles lenticulaires de basalt columnaire vers la base. On peut trouver de grands rochers d'origine continentale transportés par l'action glaciaire du côté nord du cap Crozier. Les vents dominants tendent à venir d'entre le sud-ouest et l'ouest, les températures étant en général plus froides de quelque 8° que les températures à McMurdo Sound.
C'est en octobre 1902 qu'a été découverte la colonie de manchots empereurs (Aptenodytes forsteri) par R.S. Skelton, un membre de l'expédition Discovery de Scott. La présence de cette colonie dépend de la glace de mer coincée entre des crevasses dans la plate-forme glaciaire de Ross où il est contigu au cap Crozier. La taille de la colonie est limitée par la zone et l'état de la banquise côtière, qui touche également la disponibilité de sites de reproduction abrités des vents katabatiques descendant du mont Terror. L'emplacement de la colonie varie d'une année sur l'autre et la colonie se déplace durant une saison de reproduction, commençant la saison près de la côte pour s'éloigner au fur et à mesure que l'envol approche. La population en reproduction a fortement fluctué depuis le début du siècle, 400 adultes ayant été signalés en 1902, 100 en 1911 et 1 300 en 1969. Le nombre des oisillons en nids et le succès de l'envol de la colonie ont également varié (Tableau 1).


Tableau 1. Recensements des oisillons vivants de manchots empereurs au cap Crozier, 1983-2006
 


ANNÉE


OISILLONS


ANNÉE


OISILLONS


ANNÉE


OISILLONS


ANNÉE


OISILLONS


1983


78


1993


?


1998


1 108


2003


333 (a)


1986


?


1994


645


1999


798


2004


475


1989


?


1995


623


2000


1201


2005


0


1990


324


1996


859


2001


0


2006


339 (b)


1992


374


1997


821


2002


247


 


 


Source : Barber-Meyer, Kooyman et Ponganis 2008.
a) Tous les oisillons n'ont pas été recensés à cause de l'état accidenté de la glace et on a donc supposé l'existence d'un oisillon par adulte recensé.
b) G. Kooyman, communication personnelle, novembre 2007.



En 2000, une section de la plate-forme glaciaire de Ross a vêlé pour former un iceberg long de 295 km et large de 40 km. En 2001, un fragment de cet iceberg connu comme B15A et un autre iceberg (C16) se sont établis près de l'île de Ross. Ces icebergs ont eu un impact majeur sur la distribution et la production primaire de glace de mer et ils ont empêché l'arrivée de manchots empereurs. En 2001 et durant plusieurs années après, les icebergs C16 et B15A ont eu un impact sur le succès reproducteur et l'emplacement des colonies de manchots empereurs et Adélie en bloquant l'accès aux aires d'alimentation et en détruisant leurs habitats de nidification. En 2005, la colonie de manchots empereurs demeurait très en deçà de sa taille d'avant 2000, ne donnant aucun signe de reproduction (Kooyman et al. 2007). Nonobstant, la colonie était en 2006 retournée à son emplacement avant l'iceberg et 339 oisillons étaient nés (G. Kooyman, communication prsonnelle, novembre 2007 ; Tableau 1).
Un étude approfondie de la population de manchots Adélie a été faite au cap Crozier les étés australs 1961-1962 à 1981-1982, de 2 000 à 5 000 oisillons bagués chaque année. Il y a au cap Crozier deux colonies de manchots Adélie (Pygoscelis adeliae), connues qu'elles sont sous le nom de colonies de l'est et de l'ouest. Elles sont séparées d'environ 1 km par une crête haute de 45 m et un champ de glace en pente à travers lequel les oiseaux ne voyagent pas. Un littoral long de 1,6 km avec trois plages que séparent des affleurements rocheux donne aux manchots un accès à la colonie de l'ouest. En revanche, la colonie de l'est a une plage rocheuse large de 50 et 550 m de falaises de mer. La population de ces deux colonies a considérablement augmenté ces 50 dernières années, le nombre de couples reproducteurs s'établissant à 65 000 en 1958, à 102 500 en 1966 et à 177 083 en 1987. Ce nombre est tombé à 136 249 en 1989 et à 106 184 en 1994. En 2000, le nombre de couples reproducteurs a été estimé à 118 772 (sur la base d'une projection tirée de recensements de quelques sous-colonies) (Ainley et al., 2004). Ensemble, les populations des colonies de l'est et de l'ouest en font l'une des colonies les plus grandes de l'Antarctique. La présence des icebergs B15A et C16 de 2001 à 2005 a eu un impact significatif sur la colonie de manchots Adélie au cap Crozier (Arrigo et al., 2002).
Environ 1 000 couples de labbes de l'Antarctique (Catharacta maccormicki) se reproduisent sur des terres libres de glace qui entourent la colonie de manchots Adélie. Une étude démographique de cette colonie a commencé en 1961-62 et elle se poursuivait en 1996-97. Des manchots à jugulaire (Pygoscelis antarctica), des océanites de Wilson (Oceanites oceanicus), de pétrels des neiges (Pagadroma nivea), des pétrels de l'Antarctique (Thalassoica antarctica), des fulmars boréaux (Fulmaris glacialoides), des pétrels géants (Macronectes giganteus), des goélands dominicains (Larus dominicanus) et des labbes de l'Antarctique venus de sites de reproduction se trouvant plus au nord ont été signalés au cap Crozier.
Des phoques de Weddell (Leptonychotes weddellii) se reproduisent dans la zone, environ 20 jeunes ayant été répertoriés ces dernières années. Des léopards des mers (Leptonyx hydrurga) fréquentent la zone, environ 12 d'entre eux étant considérés comme des visiteurs réguliers tandis qu'on aperçoit couramment des phoques crabiers (Lobodon carcinophagus) en mer et sur des banquises de glace dans les environs. Au nombre des autres mammifères fréquemment aperçus dans la zone figurent les épaulards (Orcinus orca) dont plusieurs types différents ont été reconnus.
On peut trouver des algues partout dans la zone sur de larges parcelles de neige ainsi que sur des sols et des roches, souvent en dessous de la couche de surface du sol. De grandes aires d'algues des neiges vertes, qui couvrent plus de 4 ha, peuvent être trouvées dans le nord de la zone dans des champs de neige à la périphérie de la colonie de manchots Adélie et des aires de nidification de labbes (Broady 1989). Des parcelles particulièrement grandes ont été signalées dans la vallée remplie de neige qui est située entre deux collines côtières à l'extrémité nord de la colonie de manchots Adélie, avec un vert teinté de neige sur au moins un hectare. Toutefois, l'ampleur des algues de neige n'est pas toujours évidente, la couleur verte n'étant souvent pas révélée tant qu'une croûte de glace blanche à la surface ne s'est pas brisée. Les échantillons d'algues de neige sont dominées par une espèce de Chlamydomonas et associées à des filaments et diatomes occasionnels du type Ulothrix. Pour qu'elles poussent, il leur faut de l'eau de fonte qui s'infiltre durant l'été ainsi que des nutriments issus des colonies d'oiseaux.
Prasiola crispa pousse dans des courants d'eau lents à proximité des colonies de manchots et l'on trouve des croissances torsadées de P. calophylla là où de l'eau s'infiltre au-dessus de pierres sur les tabliers d'éboulis. On trouve partout dans la zone maints petits étangs dont la taille varie de 1 m de diamètre à 150 m dans le cas d'un lac situé immédiatement au sud du Knoll. Les quatre étangs situés dans les colonies de manchots contiennent d'abondantes populations de phyplancton Chlamydomonas cf. Snowiae tandis que les étangs ailleurs alimentent des croissances velds benthiques rouge foncé à bleu-vert foncé que dominent les oscillatoriacées. On trouve des algues épilithiques (dominées par Gloeocapsa, Nostoc et Scytonema) sous la forme de croûtes noirâtres qui couvrent la surface des rochers lorsque l'eau de fonte s'infiltre.
Les mousses sont éparses et disséminées dans leur distribution, la plupart se présentant sous la forme d'un coussin isolé ou d'un petit nombre de ces coussins dont le diamètre ne dépasse pas 10 cm. Des croissances plus abondantes peuvent être vues jusqu'à un demi kilomètre au nord-est de la cabane du côté nord et nord-ouest face aux pentes ainsi que sur les pentes immédiatement au-dessus des falaises côtières à environ 1 km au sud des colonies de manchots. Les espèces de mousses qui poussent au cap Crozier n'ont pas encore été identifiées.
Des lichens de couleur orange incrustants sont présents dans des cavités peu profondes, sur des affleurements rocheux et des pierres cependant que des bryophytes incrustants le sont sur des tabliers situés au-dessus des colonies de manchots. Également adjacents à l'igloo en pierre de Wilson, on trouve le lichen frutescent Usnea et le lichen foliacé Umbilicaria, tous deux d'une couleur plus terne mais à la structure plus complexe. On trouve des croûtes algaires vertes partout dans la zone.

6. ii) Zones d'accès restreint et gérées à l'intérieur de la zone

Aucune.

6. iii) Structures à l'intérieur et près de la zone

La cabane du cap Crozier (États-Unis d'Amérique) (169° 11 14''E, 77° 27 39''S) est située du côté nord-ouest d'un pic bas (connu localement sous le nom de `Pic Pat') (Cartes 1 et 2). Un répétiteur de communications radio est installé au dessus de la cabane sur une base saisonnière (Carte 2). Une cache d'observation datant des programmes de recherche effectués durant les années 60 à 80 est située à la base de Post Office Hill (du côté nord). Une vieille cabane `Jamesway' a été construite sur une petite terrasse à environ 1 km au nord-est de la cabane actuelle (Carte 2). Elle a cependant été détruite par le feu et tous les débris de la cabane ont depuis été enlevés. Des matériaux tels que des clous, des vis et des charnières demeurent sur le site.
Un panneau de messages historique, désigné comme le site et monument historique n° 69 en application de la mesure 4 (1995) est situé dans la colonie ouest sur la côte nord-est de la zone (169° 16 14''E, 77° 27 15''S). Il a été utilisé par l'expédition antarctique nationale britannique 1901-1904 pour fournir des informations aux navires de secours de l'expédition. Une cabane en roches historique connue sous le nom d'igloo en pierre de Wilson (site et monument historique n° 21) (169° 17 48''E, 77° 31 48''S) se trouve sur Igloo Spur (Carte 1).


6. iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone

Les zones protégées les plus proches du cap Crozier se trouvent sur l'île de Ross. Ce sont : la baie Lewis (ZSPA n° 156), le site de l'accident d'avion de 1979 (DC-10), est la plus proche et 45 km à l'ouest ; Tramway Ridge (ZSPA n° 130) près du sommet du mont Erebus se trouve 55 km à l'ouest ; Discovery Hut sur la péninsule de pointe Hut (ZSPA n° 158 et SMH n° 18) ; les hauteurs Arrival (ZSPA n° 122) se trouvent à 70 km au sud-ouest adjacentes qu'elles sont à la station McMurdo ; le cap Royds (ZSPA n° 121) ; la baie Backdoor (ZSPA n° 157 et SMH n° 15) ; et le cap Evans (ZSPA n° 155) se trouvent 75 km à l'ouest ; et la vallée New College (ZSPA n° 116) se trouve à 75 km au nord-ouest au cap Bird.


7. Critères de délivrance d'un permis

L'accès à la zone est interdit sauf si un permis est délivré par une autorité nationale compétente. Les conditions de délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
― Un permis est délivré pour des travaux de recherche scientifique, en particulier des recherches sur l'avifaune ainsi que sur les assemblages de végétation dans la zone, ou à des fins de gestion ou des fins éducatives essentielles.
― L'accès aux sites historiques peut être autorisé pour répondre à des buts scientifiques, éducatifs ou historiques ou à des buts de gestion à condition que les déplacements à l'intérieur de la zone soient limités à l'accès aux sites historiques.
― Les mesures prises ne porteront pas atteinte aux valeurs écologiques, scientifiques ou historiques de la zone.
― Toutes les activités de gestion le sont à l'appui du plan de gestion.
― Les actions autorisées le sont conformément au plan de gestion.
― Le permis ou une copie sera emporté à l'intérieur de la zone.
― Un rapport sera remis à l'autorité désignée dans le permis.
― Les permis seront délivrés pour une période donnée.


7. i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de celle-ci

L'accès à la zone peut se faire à pied ou en hélicoptère. L'emploi de véhicules terrestres à l'intérieur de la zone est interdit.
Les aéronefs peuvent être exploités et atterrir à l'intérieur de la zone sous réserve qu'ils respectent rigoureusement les conditions suivantes :
― Tous les survols de la zone à des fins autres que l'accès auront lieu à une hauteur supérieure à 750 m au dessus du sol sauf lorsqu'ils sont spécifiquement autorisés à des fins scientifiques.
― La principale aire désignée pour l'atterrissage des hélicoptères est située au 169° 11 25'' E, 77° 27 42'' S (altitude de 240 m) (Carte 2). Elle se trouve en dessous et à 150 m au nordouest de la cabane de terrain du cape Crozier (Etats-Unis d'Amérique) et elle est indiquée par un cercle de roches peintes en orange brillant. Une autre aire d'atterrissage secondaire est située à 150 m au dessus de la cabane et elle peut également être au besoin utilisée.
― Une troisième aire d'atterrissage désignée se trouve au dessus et à 350 m au nord-ouest de l'igloo de pierre de Wilson (Carte 1) dans une zone au terrain relativement plat.
― Lorsqu'ils s'avèrent nécessaires à des fins scientifiques, éducatives ou de gestion, les atterrissages peuvent s'effectuer ailleurs dans une zone sous réserve qu'un permis les autorise spécifiquement.
― Pour minimiser les risques de survol accidentel de colonies d'oiseaux, les pilotes d'hélicoptère qui accident à la zone pour la première fois devront être accompagnés d'un autre pilote qui a déjà volé dans la zone.
― L'utilisation de grenades fumigènes est interdite à moins que cela ne soit absolument nécessaire pour des raisons de sécurité et toutes les grenades doivent être récupérées.
― Lorsqu'ils transportent des visiteurs auxquels un permis a été délivré, il est interdit aux pilotes, membres de l'équipage et passagers en route ailleurs sur des hélicoptères de se déplacer à pied au delà du voisinage immédiate de l'aire d'atterrissage désignée et de la cabane de terrain à moins qu'un permis ne les autorise à le faire.
― La circulation piétonnière doit être maintenue au minimum nécessaire compatible avec les objectifs des activités autorisées et tout doit être mis en œuvre pour en minimiser les effets.
― Lorsqu'ils se déplacent à pied dans les colonies d'oiseaux, les visiteurs autorisés doivent rester sur les pistes naturelles qu'empruntent les manchots et ils ne doivent pas s'approcher de nids occupés sauf à des fins scientifiques ou à des fins de gestion. Grand soin doit être pris de ne pas piétiner les nids lorsqu'ils se déplacent à travers les territoires occupés par des labbes.
― Les visiteurs doivent éviter de marcher sur la végétation visible et grand soin doit être pris lorsqu'ils marchent dans des zones au sol humide où la circulation à pied peut facilement endommager les sols et les communautés végétales et algaires de nature délicate tout en dégradant la qualité de l'eau.


7. ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone, y compris les restrictions relatives à la durée et à l'endroit

Les activités qui peuvent être menées à l'intérieur de la zone sont les suivantes :
― Travaux de recherche scientifiques ou visites éducatives qui ne porteront pas atteinte à l'écosystème de la zone.
― Activités de gestion essentielles, y compris la surveillance.
― Visites de sites historiques pour des raisons scientifiques, éducatives ou historiques et pour des raisons de gestion ou des raison historiques sujettes aux conditions décrites dans le présent plan.
― Activités dont le but est de préserver ou protéger les ressources historiques que renferme la zone.


7. iii) Installation, modification ou enlèvement de structures

Aucune structure ne doit être érigée dans la zone sauf si un permis l'autorise.
― Tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui posent un risque minimal de contamination de la zone.
― L'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis a expiré sera du ressort de l'autorité qui a délivré le permis original et il sera l'un des critères régissant la délivrance du permis.


7. iv) Emplacement des camps

Les camps à l'intérieur de la zone doivent se trouver dans un rayon de 100 m de la cabane (169° 11 14''E, 77° 27 39''S). Ils sont autorisés à l'extérieur du voisinage de la cabane lorsqu'il est nécessaire d'accéder à des parties éloignées de la zone. Ces camps devront de préférence se trouver en des sites qui ont été utilisés dans le passé, qui n'ont pas de végétation ou qui ne sont pas occupés par des oiseaux en phase de reproduction, et ils devront être installés sur de la neige ou un terrain couvert de glace s'il est disponible. Les chercheurs devront consulter l'autorité nationale appropriée pour obtenir des informations à jour sur les sites où il est conseillé de camper.


7. v) Restrictions sur les matériaux et organismes pouvant être introduits dans la zone

― Aucun animal vivant, aucune forme végétale, aucun microorganisme et aucun type de sol ne seront introduits délibérément dans la zone et les mesures de précaution énumérées cidessous seront prises pour les protéger d'une introduction accidentelle ;
― Pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques de la zone, les visiteurs doivent prendre des mesures de précaution spéciales contre les introductions. Sont un motif de préoccupation particulier les introductions de microbes, d'invertébrés et de végétation en provenance de sols d'autres sites antarctiques, y compris de stations, ou de régions extérieures à l'Antarctique. Pour minimiser le risque de ces introductions, les visiteurs doivent nettoyer à fond leurs chaussures et tout le matériel qu'ils utiliseront dans la zone ― en particulier le matériel et les repères d'échantillonnage ― avant d'y accéder ;
― Compte tenu de la présence au cap Crozier de colonies d'oiseaux en phase de reproduction, aucun produit de la volaille, y compris les produits contenant des œufs en poudre non cuits, et les déchets de ces produits, ne doivent être introduits dans la zone ;
― Aucun herbicide ou pesticide ne sera introduit dans la zone ;
― Tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone à ou avant la conclusion de l'activité pour laquelle le permis a été délivré ;
― Tous autres produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone à ou avant la conclusion de l'activité pour laquelle le permis a été délivré ;
― Combustible, aliments et autres matériaux ne doivent pas être stockés dans la zone à moins qu'ils ne s'avèrent indispensables pour l'activité pour laquelle le permis a été délivré ou qu'ils se trouvent dans une cache d'urgence autorisée par une autorité appropriée ;
― Tous les matériaux introduits dans la zone pour une période donnée uniquement seront enlevés à ou avant la conclusion de ladite période et ils seront stockés et gérés de telle sorte que le risque de leur introduction dans l'environnement soit minimisé ;
― S'il se produit une introduction qui risque de porter atteinte aux valeurs de la zone, il est encouragé de l'éliminer uniquement où l'impact ne sera vraisemblablement pas plus grand que celui qu'aurait lé décision de laisser le matériau sur place in situ.


7. vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore

Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis distinct délivré conformément à l'article 3 de l'annexe II du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement par l'autorité nationale compétente uniquement à cette fin.


7. vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par un visiteur

Des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de gestion.
Les matériaux d'origine humaine qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la zone et qui n'ont pas été apportés dans la zone par le détenteur d'un permis ou pour lesquels une autorisation n'a pas été donnée, peuvent être enlevés de n'importe quelle partie de la zone à moins que l'impact de leur enlèvement ne soit vraisemblablement plus grand que celui de la décision de laisser les matériaux sur place. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.
A moins que le permis ne les autorise spécifiquement à le faire, il est interdit aux visiteurs d'interférer avec la rénovation de l'igloo en pierre de Wilson ou d'essayer de le rénover, ou de manipuler, prendre ou endommager des objets. Si de récents changements, des dommages ou de nouveaux objets sont découverts, l'autorité nationale compétente doit en être notifiée. Le transfert ou l'enlèvement d'objets pour les préserver ou les protéger ou pour rétablir l'exactitude historique est autorisé sous réserve de la délivrance d'un permis.

7. viii) Élimination des déchets

Tous les déchets, y compris les déchets humains, seront enlevés de la zone.


7. ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints

Tous les sites spécifiques qui font l'objet d'une surveillance à long terme seront balisés de manière appropriée.


7. x) Rapports de visites

Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ce rapport doit inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite qui figure à l'appendice 4 de la résolution 2 (1998) (CPE I).
Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée et pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du site.
L'autorité appropriée doit être notifiée de toutes les activités menées ou mesures prises et/ou de tous les matériels rejetés et non enlevés qui ne figuraient pas dans le permis autorisé.


8. Bibliographie

Ainley, D.G., C.A. Ribic, G. Ballard, S. Heath, I. Gaffney, B.J. Karl, K.J. Barton, P.R. Wilson et S.
Webb. (2004). Geographic structure of Adélie penguin populations : overlap in colonyspecific foraging areas Ecological Monographs 74(1) :159 ― 78.
Arrigo, K. R., G.L. van Dijken, D.G. Ainley, M.A. Fahnestock et T. Markus. (2002). Ecological impact of a large Antarctic iceberg. Geophysical Research Letters 29(7) : 1104.
Barber-Meyer, S.M., G.L. Kooyman et P.J. Ponganis. (2008). Trends in western Ross Sea emperor penguin chick abundances and their relationships to climate. Antarctic Science 20 (1), 3 ― 11.
Broady, P.A. (1989). Broadscale patterns in the distribution of aquatic and terrestrial vegetation at three ice-free regions on Ross Island, Antarctica. Hydrobiologia 172 : 77-95.
Kooyman, G.L. (1993). Breeding habitats of emperor penguins in the western Ross Sea. Antarctic Science 5(2) : 143-48.
Kooyman, G.L., D.G. Ainley, G. Ballard, & P.J. Ponganis. (2007). Effects of giant icebergs on two emperor penguin colonies in the Ross Sea, Antarctica. Antarctic Science 19(1) : 31-38.

Zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 118 ― sommet du mont Melbourne, terre Victoria, adoptée à Kiev le 13 juin 2008

Les représentants,
Rappelant les articles 3, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoient la désignation de zones spécialement protégées de l'Antarctique (« ZSPA ») et l'approbation de plans de gestion pour ces zones ;
Rappelant :
― la recommandation XIV-5 (1987), qui désignait le sommet du mont Melbourne, Terre North Victoria, comme un site présentant un intérêt scientifique particulier (« SISP ») n° 24 et à laquelle figurait en annexe un plan de gestion pour ce site ;
― la résolution 3 (1996), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 24 du 31 décembre 1997 jusqu'au 31 décembre 2000 ;
― la mesure 2 (2000), qui prorogeait la date d'expiration du SISP n° 24 du 31 décembre 2000 jusqu'au 31 décembre 2005 ;
― la décision 1 (2002), qui rebaptisait et renumérotait le SISP n° 24 en tant que zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 118 ;
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a approuvé un plan de gestion révisé pour la ZSPA n° 118 ;
Désireux de remplacer le plan de gestion existant pour le ZSPA n° 118 par le plan de gestion révisé ;
Recommandent pour approbation à leurs gouvernements la mesure ci-après conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement, à savoir que :
1. Soit approuvé le plan de gestion pour la zone spécialement protégée de l'Antarctique n° 118, sommet du mont Melbourne, Terre Victoria, qui figure en annexe à la présente mesure ; et
2. Cesse d'avoir effet le plan de gestion pour la ZSPA n° 118 qui figure en annexe à la recommandation XIV-5 (1987).


1. Description des valeurs à protéger


Une zone de 6 km² au sommet du mont Melbourne avait à l'origine été désignée dans les recommandations XVI-5 (1987, SISP n° 24, sommet du mont Melbourne) et XVI-8 (1991, ZSP n° 22, crête Cryptogam, mont Melbourne) sur propositions de la Nouvelle-Zélande et de l'Italie qui estimaient en effet que ces aires contenaient des sols géothermiques qui alimentent une communauté biologique diverse et unique en son genre. Les aires de terrain les plus tièdes créées par les fumerolles alimentent des nappes de mousse, d'hépatiques et d'algues de même qu'une espèce de protozoaire invertébré. La ZSPA n° 118a (ZSP n° 22) avait été initialement incluse dans la ZSPA n° 118b (SISP n° 24) en vue d'établir des conditions d'accès plus rigoureuses à cette partie de l'aire au sommet du mont Melbourne. Les ZSPA n° 118a et 118b ont maintenant été fusionnées dans le plan de gestion actuel et des zones interdites et restreintes permettent d'appliquer des conditions d'accès plus rigoureuses à l'intérieur de l'ancienne ZSP. Les lignes de démarcation extérieures de la zone suivent la désignation initiale du SISP n° 24.
Les communautés biotiques de fumerolles documentées les plus proches, à 400 km au sud de la crête Ridge, du mont Erebus et du mont Rittman, dans la chaîne Mountaineer, à plus de 180 km au nord, sont considérées comme des communautés très différentes de celles du mont Melbourne. Le mont Melbourne abrite le seul exemple feuillu connu en Antarctique de la mousse Campylopus pyriformis (présente sur le mont Erebus, mais uniquement à l'état de protonème). Une nouvelle espèce de mousse, Pohlia nutans, génétiquement très similaire à une autre espèce trouvée sur le mont Rittman, a été découverte en 2002 dans de petites mousses que contiennent les fumeroles sur la pente nord-ouest du mont Melbourne. Les algues Stigonema ocellatum et Chlorella cf. reniformis sont les seules répertoriées en Antarctique. Plusieurs espèces d'algues n'ont pas été observées à d'autres endroits de l'Antarctique, sauf au mont Erebus. Une espèce entièrement nouvelle de bactéries thermophiliques, Bacillus thermoantarcticus, a elle aussi été découverte au sommet (Manca et al 1996 ; Lama et al 1996, 2001 ; Nicolaus et al 2000, 2001, 2002), tandis que quelques enzymes ont été isolés de ces microorganismes (Lama et al 2001, 2004, 2005 ; Nicolaus et al 2002, 2004). Des études biochimiques et microbiologiques ont par ailleurs été faites sur des substrats chauds dans la zone (Bargagli et al 2004 ; Pepi et al 2005).
Le couvert végétal se trouvant à l'intérieur de la zone ne peut être évalué avec précision, du fait du manteau de neige en grande partie permanent, mais il est estimé à quelque 100 à 200 m². Malgré cette superficie relativement petite, le caractère exceptionnel et la fragilité des communautés biologiques ainsi que de leur environnement physique sont tels, que la zone possède sur le plan de la science et de la conservation une grande valeur tout en étant vulnérable aux perturbations causées par l'homme. Les dangers posés par l'introduction de nouveaux organismes et les perturbations dues au piétinement et à l'échantillonnage sont considérables et justifient la protection spéciale de longue durée accordée à ce site. De vastes zones géothermiques libres de glace à haute altitude, qui alimentent une communauté unique en son genre de flore et de microbiote ainsi que des accumulations de matière organique, confèrent à cette zone un intérêt scientifique exceptionnel.


2. Buts et objectifs


La gestion au mont Melbourne vise à :
― éviter la dégradation des valeurs de la zone ou les risques substantiels qu'elles pourraient courir en empêchant des perturbations humaines inutiles ;
― permettre des travaux de recherche scientifique sur l'écosystème dans la zone, en particulier sur les plantes, les hépatiques, les algues et les invertébrés tout en assurant une protection contre un échantillonnage excessif ;
― permettre d'autres travaux de recherche scientifique sous réserve que ces travaux soient effectués pour répondre à des buts scientifiques indispensables auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs ;
― minimiser la possibilité d'introduction de sols, de plantes, d'animaux et de microbes non indigènes dans la zone ;
― préserver une partie de l'écosystème naturel de la zone, qui est déclarée zone interdite, comme site de référence aux fins de futures études comparatives ;
― permettre des visites pour l'installation de matériel de communication de base qui ne porte pas atteinte aux valeurs de la zone ;
― permettre des visites à des fins de gestion et à l'appui des buts du plan de gestion.


3. Activités de gestion


Les activités de gestion suivantes doivent être entreprises pour protéger les valeurs de la zone :
― L'information indiquant l'emplacement de la zone (énonçant les restrictions particulières qui s'appliquent) sera affichée bien en vue et une copie de ce plan de gestion sera conservée dans toutes les installations de recherche situées dans un rayon de 25 km de la zone et dans la boîte du matériel de répétiteur radio au sommet du mont Melbourne.
― Les dispositifs de bornage, panneaux ou structures érigés à l'intérieur de la zone pour répondre à des buts scientifiques ou à des buts de gestion seront maintenus en bon état.
― Des visites seront faites selon que de besoin pour déterminer si la zone continue de répondre aux buts pour lesquels elle a été désignée et pour veiller à ce que les mesures de gestion et d'entretien soient adéquates.
― Les directeurs des programmes antarctiques nationaux en activité dans la région sont encouragés à se consulter afin de s'assurer que ces mesures sont mises en œuvre.


4. Durée de la désignation


La zone est désignée pour une période indéterminée.


5. Cartes et photographies


Carte A. ― Mont Melbourne, carte d'emplacement. Les spécifications de la carte sont les suivantes : Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles d'échelle conservée : 1er 72° 40 0,000'' S ; 2d 75° 20 0,000'' S ; méridien central : 165° 0 0.000'' E ; latitude d'origine 74° 0 49,2'' S ; échelle approximative : 1/350 000 ; sphéroïde : WGS84.
Carte B. ― Mont Melbourne, carte d'emplacement. Les spécifications de la carte sont les suivantes : Projection : conique conforme de Lambert ; parallèles d'échelle conservée : 1er 72° 40 0.000'' S ; 2d 75° 20 0.000'' S ; méridien central : 165 0' 0,000'' E, latitude d'origine 74° 0 49,2'' S ; échelle approximative : 1/16 000 ; sphéroïde : WGS84 ; photographie : USGS/DoSLI (SN7851), 22 novembre 1993.


6. Description de la zone
i) Coordonnées géographiques, bornage
et caractéristiques du milieu naturel


Le mont Melbourne (2 733 m, latitude sud 74° 21' et longitude est 164° 42', 2 733 m) dans la partie septentrionale de Terre Victoria, est situé entre la baie Wood et la baie de Terra Nova, du côté occidental de la mer de Ross, et le glacier Campbell Glacier, à environ 10 km à l'ouest (carte A). La zone englobe la totalité du terrain au-dessus de la courbe de 2 200 m qui entoure le principal cratère du mont Melbourne. Des bornes n'ont pas été installées en des points sur la courbe de 2 200 m, l'accès ayant en effet essentiellement lieu par hélicoptère jusqu'au sommet de la montagne. Cela permet de faire de l'altitude une évaluation directe.
Le mont Melbourne fait partie du système volcanique McMurdo, qui consiste en une série de volcans dormants et éteints situés le long de la côte de terre Victoria. On pense que la zone du mont Melbourne remonte à la fin du quaternaire et l'éruption la plus récente aurait eu lieu il n'y a pas plus de 150 ans. Les roches volcaniques identifiées de la montagne appartiennent aux classes trachytes et trachyandésites et le pied du relief est basaltique.
Le mont Melbourne est un culot volcanique de faible angularité quasiment parfait avec de vastes superficies de terrain chaud, de fumerolles et de tours de glace bien en vue autour du cratère au sommet et sur certaines parties supérieures de la montagne. La caldera a un diamètre d'un kilomètre et forme le névé d'un glacier coulant vers l'ouest. Plusieurs petits culots et éboulis basaltiques se trouvent à proximité du pied et sur les flancs de la montagne. La cime est composée des plus grandes zones de terre tiède, clairsemées d'endroits surchauffés ou tièdes libres de glace, de fumerolles ainsi que de tours ou de pinacles de glace. Les sols de surface (0 à 2 cm) aux températures pouvant atteindre 42 oC, des zones plus froides où l'activité est intermittente, ainsi que des endroits d'activité géothermique sont caractérisés par des hummocks de neige et de glace pouvant atteindre 1 mètre de haut.
Trois zones principales sont caractérisées par une activité thermique (carte B) : deux sont situées sur les bords de la caldera et une troisième d'environ 250 m se trouve plus bas sur les pentes septentrionales. Toutefois, les zones marquées par une activité de surface s'étendent et descendent jusqu'à une altitude de 2 400 m sur le flanc nord-ouest de la montagne. Ces zones géothermiques abritent un microcosme biologique unique d'espèces que l'on retrouve seulement à faible altitude. Les espèces ne sont pas originaires de l'endroit et ont dû être dispersées sur de longues distances pour atteindre la zone. L'étendue totale du couvert végétal sur le site est réduite à quelque 100 à 200 m² et la végétation doit uniquement sa croissance à la présence de petites gouttes d'eau formées par la condensation de vapeur qui entretient l'humidité des sols. Les sites de végétation connus sont indiqués par les lettres A à E sur la carte B. Il a été établi que le site D a été perturbé et probablement pollué par les activités humaines.
Le mont Melbourne se caractérise par une biodiversité importante par rapport aux autres sites géothermiques de l'Antarctique, à la fois les sites maritimes et ceux situés en altitude. Le biote inclut des couches, parfois dures, d'algues (11 espèces) qui tapissent de petites pierres, le gravier ainsi que des substratums, des bryophytes (une espèce de mousse et une d'hépatique), un protozoaire et une variété de microflore. Une association de lichens a été observée dans la composition de croûtes noires sur des zones réduites de sols tièdes. Les zones les plus tièdes abritent des nappes vert jaunâtre de mousse Campylopus pyriformis, avec l'hépatique Cephaloziella exiliflora et des croûtes brunâtres d'algues. La présence inhabituelle de tourbe superficielle met en évidence la croissance de bryophytes au cours des dernières décennies. Le protozoaire migrateur Corythion dubium a été uniquement observé dans des coquilles vides, à la fois dans les substratums minéraux et parmi les bryophytes. Les espèces ne sont pas répandues en Antarctique continentale puisqu'elles ont été observées sur un seul autre site de la terre Victoria.


ii) Zones gérées, interdites ou restreintes dans la zone Zone interdite ou restreinte : crête Cryptogam


Une zone située à la limite méridionale du principal cratère montagneux (connu sous le nom de crête Cryptogam) a été désignée zone interdite et zone restreinte (carte B) en vue de protéger la concentration la plus importante de végétation et de préserver une partie de la zone en tant que site de référence pour des études comparatives ultérieures. Le reste de la zone, dont la biologie, les particularités et le caractère sont semblables, est disponible pour mener des programmes de recherche et prélever des échantillons conformément aux permis.
Les zones se composent de différentes sections de terre froide couverte de neige, de terre tiède libre de neige et d'hummocks de glace couvrant les émissions de vapeur, et s'étendent sur 40 km dans toutes les directions à partir de la ligne de crête. La majeure partie de la crête Cryptogam fait partie de la zone restreinte qui peut être visitée moyennant l'obtention d'un permis pour effectuer des recherches scientifiques essentielles qui ne peuvent être menées ailleurs dans la zone. Les 100 m situés à l'extrême ouest de la crête sont une zone interdite à laquelle l'accès n'est en aucun cas autorisé avant la révision du plan de gestion qui permettra de déterminer si la zone peut être à nouveau visitée.


Zones gérées


Deux zones gérées (Carte B) ont été créées à l'intérieur de la zone où il faut accéder à intervalles réguliers à des repères utilisés dans les études de déformation et où un répéteur radioélectrique est installé et entretenu chaque saison. Les zones s'étendent sur 15 m autour des repères et elles sont situées comme suit :
Sommet du mont Melbourne, contenant le repère n° 600 et le site du répéteur radioélectrique ; et
Sud-est de crête Cryptogam, contenant le repère n° 601.


iii) Structures à l'intérieur et à proximité de la zone


Au total, six repères revêtant la forme d'un tube en métal fixé dans une base de béton, sont situés autour du sommet (Carte B) et ils sont utilisés dans le cadre d'un programme scientifique italien en cours qui fait une étude de déformation sur la montagne. Un répéteur radioélectrique, qui a pour objet de faciliter les communications du programme antarctique italien et qui consiste en une caisse de matériel et une antenne, est également installé tous les ans sur un terrain libre de glace à proximité du sommet.


iv) Emplacement d'autres zones protégées à proximité directe de la zone


Les zones protégées les plus proches sont les suivantes : pointe Edmonson, ZSPA no 165, à environ 13km à l'est du mont Melbourne ; cap Hallett, Terre Victoria, ZSPA n° 106 (ZPA n° 7), à environ 300 km au nord, et baie Botany, cap Géologie, Terre Victoria ZSPA n° 164 (SISP n° 37) à environ 300 km au sud.


7. Conditions régissant la délivrance des permis


L'accès à la zone est interdit sauf en conformité avec un permis délivré par les autorités nationales compétentes. Les permis peuvent être délivrés pour répondre aux buts suivants :
Pour les activités à mener à l'extérieur des zones restreintes et gérées, des permis peuvent être délivrés mais uniquement pour faire une étude scientifique de l'écosystème, pour répondre à des buts scientifiques ou des buts de gestion essentiels auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs, et pour répondre à des buts de gestion essentiels conformes aux objectifs du plan tels que l'inspection, la surveillance ou la révision.
Des permis pour accéder à la zone restreinte ne peuvent être délivrés que pour répondre à des buts scientifiques ou à des buts de gestion essentiels auxquels il n'est pas possible de répondre ailleurs dans la zone.
Les conditions qui régissent la délivrance d'un permis pour entrer dans la zone sont les suivantes :
Les actions autorisées ne porteront vraisemblablement pas atteinte au système écologique naturel ou aux valeurs scientifiques de la zone.
Les activités de gestion sont menées à l'appui des objectifs du plan de gestion.
Les actions autorisées sont conformes à toutes les obligations du plan de gestion.
Un permis ou une copie du permis sera emmené à l'intérieur de la zone, y compris une copie de toutes les cartes pertinentes du plan de gestion.
Un rapport de visite sera remis à l'autorité dont le nom apparaît sur le permis.
Tous les permis seront délivrés pour une période donnée.


i) Accès à la zone et déplacements à l'intérieur de la zone


Les restrictions suivantes s'appliquent à l'intérieur de la zone :
Les véhicules terrestres sont interdits à l'intérieur de la zone ;
Les hélicoptères ne doivent atterrir que sur les aires balisées à l'intérieur des deux zones gérées (Carte B) ;
L'utilisation de grenades fumigènes pour hélicoptère à l'intérieur de la zone est interdite ;
Les survols de la zone interdite ou restreinte doivent se faire à plus de 50 m au-dessus du niveau du sol ; et
Les survols à point fixe d'une partie quelle qu'elle soit de la zone n'est pas autorisé à moins de 50 m et les aires libres de glace doivent être évitées à moins que cela ne soit absolument nécessaire pour accéder à la zone.
Les visiteurs doivent éviter de marcher sur des aires de végétation visible ou sur du sol humide, y compris les deux aires de terres libres de glace et parmi les hummocks de glace, et ils ne doivent manipuler aucune structure de glace sauf si le permis les y autorise. Tout déplacement à pied doit être maintenu au niveau minimum nécessaire compatible avec les objectifs des activités autorisées et tout doit être mis en œuvre pour en minimiser les effets. II. Mesures


ii) Activités menées ou pouvant être menées dans la zone, y compris les restrictions relatives à la durée et à l'endroit


Comme indiqué ci-dessus, les activités autorisées à l'intérieur de la zone peuvent inclure les suivantes :
Travaux de recherche scientifiques qui ne porteront pas atteinte à l'écosystème de la zone et qui ne peuvent pas être menées ailleurs.
Activités de gestion essentielles, y compris la surveillance et l'inspection.
Activités opérationnelles indispensables telles que l'accès à des repères d'étude et à des sites de répéteurs radioélectriques.


iii) Installation, modification ou enlèvement de structures


Aucune structure ne doit être érigée dans la zone sauf si un permis le spécifie. Tous les matériels scientifiques installés dans la zone doivent être autorisés par un permis et clairement identifiés par pays, nom du principal chercheur et année d'installation. Tous ces articles doivent être faits de matériaux qui posent un risque minimal de contamination de la zone. L'enlèvement de matériel spécifique pour lequel le permis a expiré sera un des critères régissant la délivrance du permis.


iv) Emplacement des camps


L'établissement de camps est autorisé au sommet recouvert de glace de la caldera ou à l'extérieur de la zone (c'est-à-dire en dessous de la courbe de 2 200 m).


v) Restrictions sur les matériaux et organismes
pouvant être introduits dans la zone


Pour éviter de porter atteinte aux valeurs de l'écosystème pour lequel la zone est protégée, les restrictions ci-après s'appliquent à toutes les activités de la zone :
Aucun animal vivant, aucune forme végétale et aucun micro-organisme ne seront introduits délibérément dans la zone et des mesures de précaution seront prises pour la protéger d'une introduction accidentelle.
Les produits chimiques, y compris les radionucléides ou les isotopes stables, qui peuvent être introduits pour des raisons scientifiques ou raisons de gestion visées dans le permis, seront enlevés de la zone au plus tard à la fin de l'activité pour laquelle le permis a été délivré.
Le combustible ne doit pas être entreposé dans la zone à moins qu'il ne s'avère indispensable pour l'activité pour laquelle le permis a été délivré et il ne sera pas entreposé sur des aires libres de glace.
Tous les matériaux introduits dans la zone le seront pour une période donnée uniquement, seront enlevés au plus tard à la fin de l'activité de ladite période et seront stockés et gérés de manière à minimiser le risque de leur introduction dans l'environnement.


vi) Prélèvement de végétaux et capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore


Le prélèvement de végétaux et la capture d'animaux ou perturbations nuisibles à la faune et la flore sont interdits, sauf avec un permis. Tout échantillonnage doit être maintenu au minimum absolu nécessaire pour répondre à des buts scientifiques ou à des buts de gestion et il se fera au moyen de techniques qui minimisent les perturbations dont peuvent souffrir le sol, les structures de glace et le biote. Tous les échantillonnages ou sites d'expérimentation doivent être photographiés ; leur emplacement doit être consigné en détail et signalé à l'autorité qui délivre le permis.


vii) Ramassage ou enlèvement de toute chose qui n'a pas été apportée dans la zone par le détenteur du permis


Des matériaux peuvent être ramassés ou enlevés de la zone uniquement avec un permis et ils doivent être limités au minimum nécessaire pour répondre à des besoins scientifiques ou des besoins de gestion. Les matériaux d'origine humaine qui risquent de porter atteinte aux valeurs de la zone et qui n'ont pas été introduits dans la zone par le détenteur d'un permis ou pour lesquels une autorisation n'a pas été donnée, peuvent être enlevés de n'importe quelle partie de la zone, y compris la zone restreinte, dans la mesure où ce retrait n'entraîne pas de conséquences plus graves que de les laisser in situ. Si tel est le cas, l'autorité compétente doit en être notifiée.


viii) Elimination des déchets


Tous les déchets, y compris les déchets humains, doivent être enlevés de la zone.


ix) Mesures nécessaires pour faire en sorte que les buts et objectifs du plan de gestion continuent à être atteints


1. Des permis peuvent être délivrés pour entrer dans la zone afin d'y réaliser des activités de surveillance biologique et d'inspection de sites, qui peuvent impliquer le prélèvement de petits échantillons à des fins d'analyse, d'y prendre des mesures de protection et de mener d'autres activités de gestion essentielles.
2. Tous les sites spécifiques qui doivent faire l'objet d'une surveillance de longue durée doivent être bien balisés [voir à l'alinéa iii) ci-dessus].
3. Pour aider à préserver les valeurs écologiques et scientifiques de la zone découlant de l'isolement et du niveau relativement bas d'impact humain, les visiteurs prendront des précautions particulières contre les introductions, en particulier lorsqu'ils visitent plusieurs régions thermales. Constituent un motif spécial de préoccupation les introductions de microbes et de végétation ayant pour origine :
― des zones thermales, aussi bien antarctiques que non antarctiques ;
― des sols de tous autres sites antarctiques, y compris à proximité des stations ;
― des sols de régions extérieures à l'Antarctique.
A cette fin, les visiteurs prendront les mesures ci-après pour minimiser les risques d'introduction :
a) Tout le matériel d'échantillonnage et tous les repères introduits dans la zone seront stérilisés et maintenus dans un état stérile avant d'être utilisé à l'intérieur de la zone. Les chaussures et autres équipements à utiliser dans la zone (sacs à dos, tentes, etc.) devront aussi, dans la mesure du possible, être nettoyés ou stérilisés et maintenus dans cet état avant de pénétrer dans la zone.
b) La stérilisation doit se faire au moyen d'une méthode acceptable comme les rayons ultraviolets, l'autoclave ou le nettoyage des surfaces dans une solution aqueuse contenant 70 % d'éthanol.
c) Le port d'un survêtement de protection stérile est obligatoire. Ce survêtement doit permettre de travailler à des températures de ― 20° C et couvrir au minimum les bras, les jambes et le corps. Il devra inclure des gants, également stériles, qu'il conviendra de porter par-dessus les gants classiques contre les intempéries. Les protecteurs stériles jetables pour chaussures ne conviennent pas pour les déplacements sur les scories. Toutes les chaussures doivent être brossées à fond pour en éliminer les particules de sol et essuyées à l'aide d'une solution aqueuse contenant 70 % d'éthanol.


x) Rapports de visites


Les Parties doivent s'assurer que le principal détenteur de chaque permis délivré soumet à l'autorité compétente un rapport décrivant les activités menées dans cette zone. Ces rapports doivent inclure, s'il y a lieu, les renseignements identifiés dans le formulaire du rapport de visite suggéré par le Comité scientifique pour la recherche en Antarctique. Les Parties doivent conserver une archive de ces activités et, lors de l'échange annuel d'informations, fournir une description synoptique des activités menées par les personnes relevant de leur juridiction, avec suffisamment de détails pour permettre une évaluation de l'efficacité du plan de gestion. Les Parties doivent, dans la mesure du possible, déposer les originaux ou les copies de ces rapports dans une archive à laquelle le public pourra avoir accès afin de maintenir ainsi une archive d'usage. Cette archive sera utilisée et pour réexaminer le plan de gestion et pour organiser l'utilisation scientifique du site.


8. Bibliographie


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M E S U R E 2 (2007)
ZONES GÉRÉES SPÉCIALES DE L'ANTARCTIQUE, DÉSIGNATIONS
ET PLANS DE GESTION (ENSEMBLE DEUX ANNEXES)


Les représentants,
Rappelant les articles 4, 5 et 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement qui prévoit la désignation de zones gérées spéciales de l'Antarctique (ZGSA) et l'approbation de plans de gestion pour ces zones,
Notant que le Comité pour la protection de l'environnement a recommandé que la station Amundsen-Scott South Pole, pôle Sud et les collines Larsemann, Antarctique orientale soient désignées en tant que zone gérée spéciale de l'Antarctique et a approuvé les plans de gestion annexés à la présente mesure,
Reconnaissant que la station Amundsen-Scott South Pole, pôle Sud et les collines Larsemann, Antarctique orientale sont des zones dans lesquelles des activités sont menées et dans lesquelles il est souhaitable de planifier et de coordonner ces activités, d'éviter les conflits éventuels, d'améliorer la coopération entre les Parties et de limiter les impacts sur l'environnement,
Désireux de désigner la station Amundsen-Scott South Pole, pôle Sud et les collines Larsemann, Antarctique orientale en tant que zone gérée spéciale de l'Antarctique et d'approuver des plans de gestion pour ces zones,
Recommandent à leurs gouvernements d'approuver la mesure ci-après, conformément au paragraphe 1 de l'article 6 de l'annexe V du Protocole au Traité sur l'Antarctique relatif à la protection de l'environnement,
que :
1. les sites suivants soient désignés en tant que zones gérées spéciales de l'Antarctique :
a) Zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 5 : station Amundsen-Scott South Pole, pôle Sud ;
b) Zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 6 : collines Larsemann, Antarctique orientale ;
2. les plans de gestion pour ces zones, annexés à la présente mesure, soient approuvés.


A N N E X E S
Plan de gestion pour la zone gérée spéciale de l'Antarctique n° 5


STATION AMUNDSEN-SCOTT SOUTH POLE, PÔLE SUD
1. Description des valeurs à protéger


La station polaire Amundsen-Scott (ci-après appelée « la station polaire ») est située sur le plateau polaire à proximité du pôle Sud géographique, à 90° de latitude sud. Une zone d'environ 26 400 km², englobant la station et des sites de recherche et de surveillance continue, est désignée en tant que zone gérée spéciale de l'Antarctique (ci-après dénommée la « zone ») pour gérer les activités humaines de manière à protéger ses valeurs scientifiques, environnementales et historiques.
A la station polaire, le climat est extrêmement rigoureux, venté, aride et conforme aux conditions de haute altitude physiologique. La température annuelle moyenne est de ― 49,3 °C ; les précipitations annuelles sont de l'ordre de 7 cm (équivalent eau). La station se situe à 2 835 mètres d'altitude. Le paysage de la région se caractérise par la surface de neige blanche et plate de la calotte de glace qui s'élève à 2 700 mètres au-dessus de la masse de terre continentale (à 135 m au-dessus du niveau de la mer). La calotte de glace au pôle Sud est perpétuellement en mouvement et, chaque année, elle repousse la zone d'environ 10 mètres en direction de la mer de Weddell.
La zone est située dans une région de grande valeur scientifique et la station du pôle Sud facilite la réalisation de recherches scientifiques exceptionnelles avec une large collaboration internationale. Les conditions environnementales uniques de la station polaire offrent des occasions hors du commun pour l'observation scientifique. L'air du pôle Sud est considéré comme le plus pur de la planète étant donné son isolement par rapport aux sources de pollution et aux influences d'origine anthropique. De ce fait, la zone est une région importante pour les travaux de suivi et de recherche sur les niveaux de fond des composantes atmosphériques naturelles et anthropiques. Par ailleurs, les conditions antarctiques reflètent les changements climatiques planétaires et donnent une indication du rôle que joue l'Antarctique dans le climat mondial.
La position du pôle Sud sur l'axe de rotation terrestre, les conditions climatiques de la région et son éloignement par rapport aux sources de pollution lumineuse facilitent l'observation astronomique et astrophysique d'objets stellaires spécifiques. En outre, l'isolement de la zone par rapport à tout bruit, vibration et interférence électromagnétique est important pour la recherche sismologique et astrophysique. La stabilité géophysique de la zone et l'exploitation continue de la station permettent la réalisation de travaux de recherche permanents sur la physique de la haute atmosphère, notamment les processus solaires, les effets des phénomènes électromagnétiques à court terme (aurores, induction de courants électriques et interférence de communication par radiofréquence) et les phénomènes de longue durée (concernant la couche d'ozone, le rayonnement ultraviolet, la composition de l'atmosphère, les vents stratosphériques, la météorologie et le climat). La zone abrite également l'une des plus grandes stations sismiques de la planète qui est importante à la fois par son emplacement et par l'absence de bruit de fond.
Les conditions uniques de la glace dans la zone constituent une importante valeur scientifique. Du fait de son épaisseur, la glace est une véritable archive d'informations sur le climat et les composants de l'atmosphère. En outre, la profondeur et la clarté de la glace en font un milieu idéal pour la détection des neutrinos.
La communauté unique que constituent les gens vivant à la station permet en outre de conduire des recherches médicales spécialisées sur les petits groupes humains isolés.
La zone a une grande valeur historique. Le piquet officiel (SMH n° 1), entouré qu'il est par les drapeaux des douze premières nations signataires du Traité sur l'Antarctique, commémore l'Année géophysique internationale et symbolise l'ensemble des expéditions qui ont atteint le pôle Sud. Par ailleurs, bien que l'on n'en connaisse pas aujourd'hui l'endroit exact, la tente d'Admunsen (SMH n° 80) est elle aussi située à l'intérieur de la zone.
Les activités conduites dans la zone comprennent divers travaux de recherche scientifique, des opérations d'appui à la science, aux médias, aux arts, à l'éducation et au tourisme.


2. Buts et objectifs


La région du pôle Sud doit faire l'objet d'une gestion spéciale pour garantir la protection de ses valeurs scientifiques, environnementales et historiques. L'intensification des activités humaines impose désormais une gestion et une coordination plus efficaces des activités menées dans la zone.
La gestion de la région du pôle Sud vise à coordonner les activités menées dans la zone de manière à préserver indéfiniment ses valeurs scientifiques et environnementales et, dans toute la mesure du possible, ses valeurs historiques. Les objectifs de gestion spécifiques proposés dans la zone sont les suivants :
― faciliter la recherche scientifique tout en assurant la maîtrise de l'environnement ;
― prévenir les conflits entre les diverses activités, notamment entre les travaux de recherche scientifique, les activités de soutien à la recherche et les activités non gouvernementales ;
― promouvoir la coordination des activités futures, y compris la coordination avec les voyagistes qui organisent des visites dans la zone ;
― maintenir un environnement sûr dans la zone ;
― préserver les valeurs historiques de la zone ;
― minimiser les impacts environnementaux des activités humaines ;
― minimiser l'émission de substances polluantes, en particulier les sous-produits de l'utilisation des combustibles fossiles ;
― autoriser les modifications et les extensions à apporter aux installations de la station selon des principes de gestion et de planification avisés.


3. Activités de gestion


Les activités de gestion ci-après seront mises en œuvre pour réaliser les buts et objectifs du présent plan :
― Les programmes nationaux opérant dans la zone veillent à la bonne diffusion de l'information à toutes les Parties opérant dans la zone afin de garantir la bonne application du plan de gestion.
― Les programmes nationaux opérant dans la zone veillent notamment à fournir à leurs agents en visite dans la zone une formation générale sur l'ensemble des questions de sécurité liée aux conditions environnementales, aux incidents et urgences médicales, aux lignes directrices applicables dans la zone et ses différents secteurs, et aux principes de sécurité concernant la piste d'atterrissage.
― Pour éviter les conflits, les Parties qui ont l'intention d'engager des recherches dans la zone sont au préalable tenues de coordonner leurs activités avec les programmes nationaux opérant dans la zone. Ces derniers veillent à ce que leurs agents en visite dans la zone soient informés des prescriptions du plan de gestion.
― Les visites touristiques organisées et les autres activités non gouvernementales seront engagées en coordination avec les programmes nationaux opérant dans la zone, dans les conditions prévues à l'appendice A. Les chefs de groupe veillent à ce que tous les visiteurs soient informés des prescriptions du plan de gestion.
― En tant qu'exploitant de la station polaire Amundsen-Scott, les Etats-Unis d'Amérique sont prêts à assumer la direction des activités de coordination dans la ZGSA du pôle Sud.
― Les programmes nationaux opérant dans la zone visiteront la ZGSA (au moins une fois tous les cinq ans) pour évaluer l'efficacité du plan de gestion et s'assurer que les mesures de gestion et d'entretien sont adéquates.
Des lignes directrices pour la conduite d'activités spécifiques et pour des aires spécifiques de la zone sont fournies dans les appendices.


4. Durée de la désignation


La zone est désignée pour une durée indéterminée, sous réserve de réexamens faits à intervalles périodiques par les Parties au Traité sur l'Antarctique comme le stipule l'annexe 6 de l'annexe V.


5. Cartes et photographies


Etant donné la nature dynamique de la calotte de glace et des opérations de soutien à la recherche scientifique au pôle Sud, les personnes souhaitant accéder à la région doivent prendre contact avec les programmes nationaux opérant dans la zone pour se procurer les informations et les cartes les plus récentes.
― Carte 1 carte générale de la zone définissant l'ensemble des zones et des secteurs ainsi que l'emplacement du continent antarctique.
― Carte 2 indiquant les trajectoires d'approche aérienne désignées.
― Carte 3 illustrant les chevauchements des différents secteurs.
― Carte 4 carte détaillée de la zone indiquant les aires de stationnement et de campement des organisations non gouvernementales (ONG), les voies d'accès, les bâtiments et les zones spécifiées.

* Note. Le « nord de la grille » tel qu'il est présenté sur la carte 4 concerne l'alignement sur le méridien de Greenwich (0 degré de longitude).


6. Description de la zone
i) Coordonnées géographiques, bornage et caractéristiques du milieu naturel


La zone telle que délimitée comprend toutes les structures et lieux actuels et prévus de recherche de la station polaire ainsi qu'une zone tampon autour du secteur d'air pur. La zone est délimitée par un cercle de 20 km de diamètre entourant la station polaire, et une pointe s'étendant sur 150 km depuis l'observatoire de recherche atmosphérique (à environ 0,5 km du pôle Sud géographique 2005), limité par les points 110° et 340° de la grille depuis le bâtiment de l'observatoire de recherche atmosphérique. L'escalier en aluminium de la tour circulaire de la station surélevée a été désigné comme point d'origine de la ZGSA et des différents secteurs (autres que le secteur d'air pur), car il constitue une caractéristique aisément repérable au sol comme sur les cartes ; la station surélevée devrait en outre perdurer dans la zone plus longtemps que toute autre structure ou tout autre repère.
Les substances polluantes générées dans les régions polaires par les aéronefs et d'autres sources peuvent voyager sur des centaines de kilomètres et perturber les mesures de la couche limite, des gaz et aérosols présents dans la colonne d'air et des contaminants contenus dans la neige, ce qui impose d'exclure toute activité dans une zone étendue afin de bénéficier d'un site propice aux recherches sur la pureté de l'air. Le bâtiment de l'observatoire de recherche atmosphérique est situé au vent, en amont de la station, et le rayon extérieur de 150 km de ce secteur fournit la zone tampon nécessaire pour assurer des mesures précises.
L'accumulation de la neige au pôle Sud a fait l'objet d'une surveillance intermittente depuis l'Année géophysique internationale (1957-1958). Un vaste réseau de stations de mesure de l'accumulation de neige au pôle Sud a été mis en place en 1992 (Mosley-Thompson et al. 1999). Le réseau de piquets de mesure s'étend dans toutes les directions depuis le pôle sur une distance de 20 km ; il est essentiel pour les recherches sur l'accumulation de la neige que les piquets et les zones avoisinantes ne soient pas perturbés.
Du fait des mouvements de la calotte de glace dans la région, l'emplacement géographique de la ZGSA se déplace d'environ 10 mètres par an ; la zone est centrée sur la station polaire surélevée, et tous les secteurs sont définis par rapport à ce lieu. Les Parties au Traité sur l'Antarctique pourront ultérieurement envisager de la déplacer s'il y a lieu.


ii) Zones à accès limité et zones gérées à l'intérieur de la zone


Ce plan de gestion définit quatre catégories d'aires gérées à l'intérieur de la zone : la zone d'opérations, la zone scientifique, la zone historique et une zone dangereuse. Ce zonage vise à gérer les utilisations multiples de la zone et les activités qui y sont engagées. La zone d'opérations comprend les aires où se déroulent les activités de soutien scientifique et la plupart des activités humaines (y compris le tourisme) ; la zone scientifique englobe les aires de recherche scientifique ; la zone historique abrite les sites historiques à préserver, tandis qu'aucune activité humaine ne peut être engagée dans la zone dangereuse pour des raisons de sécurité. Chacune de ces zones fait l'objet de lignes directrices spécifiques régissant la conduite d'activités qui sont brièvement présentées dans les sections suivantes et font l'objet d'une présentation détaillée dans les appendices.


ii) a) Zone des opérations


La zone des opérations a été créée pour confiner les principales activités humaines dans un secteur donné, en particulier les activités de soutien à la recherche scientifique, les services apportés à la station principale (la base vie), l'exploitation de la piste d'atterrissage pour aéronefs sur skis et le tourisme. Des activités scientifiques peuvent être menées dans la zone des opérations à condition de ne pas perturber les activités opérationnelles.
Les activités de gestion suivantes doivent être entreprises dans la zone des opérations :
― il convient de veiller à la bonne maîtrise des déchets lors de la planification, de la conduite et du démantèlement d'installations à l'intérieur de la zone des opérations ;
― les programmes nationaux opérant dans la zone doivent adopter des procédures opérationnelles types applicables aux activités conduites dans la zone des opérations, et