BIOGRAPHIE DE MARIVAUX
le 4 février 1688: Naissance à Paris de Pierre Carlet.
Son père, Nicolas Carlet,
fonctionnaire de la marine, est alors détaché et trésorier des vivres en
Allemagne pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Sa mère, Marie- Anne Bulet est
la sœur du grand architecte du roi.
1698: Son père est nommé contrôleur puis
directeur de la Monnaie à Riom. Il passe alors son adolescence en
Auvergn
e et devient élève au collège des Oratoriens de la ville de
Riom. Il y acquiert une solide culture classique. Les
revenus de la charge de son père permettront aux Carlet d’acheter les terres de Chamblain
et de Marivaux.
1707: A partir ce cette année, son oncle maternel, le célèbre architecte Pierre Bullet (1639-1716) dont l’influence sur le jeune Pierre Carlet est très grande, le reçoit chez lui pour des séjours plus ou moins longs à Paris.
1710: Marivaux monte à Paris pour suivre des études de droit dans le but de reprendre la charge de son père. Il se montre peu assidu. Introduit par Fontenelle, il préfère fréquenter le salon littéraire de Madame de Lambert.
1712: Il abandonne ses études de droit.
Il publie
"Le Père prudent et équitable ou Crispin
l'heureux fourbe" sa première
comédie en vers jouée dans un cercle d'amateurs.
1713:
Il publie
"Les Aventures de *** ou les effets
surprenants de la sympathie" et "Le Bilboquet".
Il écrit "Pharsamon ou les Folies romanesques" qui ne sera publié qu'en 1737. Ses romans sont résolument modernes et sont contestés par les anciens.
1714: Marivaux compose "Le Télémaque travesti". Il prend parti pour les Modernes au côté de Houdard de la Motte (1672-1731) contre la traduction d'Homère de Madame Dacier, dans le dernier épisode de la querelle qui les oppose aux anciens.
Il publie
"La Voiture embourbée" où
l'ironie le dispute au réalisme sentimental. Ce roman parodique est construit à
la façon des épopées burlesques du XVIIe siècle.
1716:
Publication de
"l'Iliade travestie" poème burlesque contre Madame Dacier. Ses
contributions journalistiques au Nouveau Mercure offrent à Marivaux une position
reconnue dans les milieux littéraires de Paris.
1717:
Publication de
"Lettres sur les habitants de Paris"
qui rassemblent et complètent ses articles publiés au Mercure.
Il épouse Colombe Bollogne, fille d'un riche avocat
de Paris. Son mariage assure à celui qui signe désormais ses oeuvres du nom de
Marivaux un confort matériel suffisant pour lui permettre de se consacrer
exclusivement à la littérature. Sa femme née en 1683, est dotée de 40 000
livres.
1719:
Naissance de sa fille unique,
Colombe-Prospère. Mort de son père
1720: Il fait jouer par les Comédiens Français une tragédie en 5 actes et en vers : "Annibal". C'est un échec. Ce sera son unique tragédie.
Marivaux spécule et comme tous, il est ruiné par la banqueroute de Law qui a englouti la fortune de sa jeune femme. Marivaux, qui cherche encore son destin, pense terminer ses études de droit, prêt à sacrifier sa carrière littéraire que la vie en province l’aurait, évidemment obligé à interrompre. Mais, faute d'argent, sa demande de succéder à son père dans sa charge à la Direction de la monnaie de Riom n’abouti pas. Il reprend alors vite son activité d’écrivain - journaliste dans le Nouveau Mercure.
Il a beaucoup plus de réussite avec les le théâtre des Comédiens Italiens successeurs de la commedia dell’arte à qui il fait jouer:
Arlequin poli par l'amour comédie en
un acte et en prose : premier succès et douze représentations.
l’Amour et la Vérité : une seule représentation.
Devenu l'intime des Comédiens italiens où brillent Silvia, Flaminia, Lélio et Thomassin, il leur écrit sur mesure, entre 1722 et 1740, dans le langage «de la conversation», des comédies d'un ton nouveau, dont la dramaturgie se fonde sur les « mouvements » de la sensibilité. Le jeu vif et allègre des Comédiens italiens lui plaît infiniment mieux que le jeu lent et apprêté des Comédiens Français, à qui pourtant, – car la reconnaissance officielle passe par là – il confie neuf comédies dont trois seulement remportent un véritable succès : la Seconde surprise de l'amour en 1727, le Legs en 1736 et le Préjugé vaincu en 1746. L’expressivité du jeu des Italiens est mieux approprié à son théâtre. Il permet d’aborder le langage des regards et des corps, de célébrer la spontanéité des sentiments, de mêler le naturel et la fantaisie, la farce et la féerie, l’intelligence et la gaieté.
Marivaux redonne vie au théâtre sous la Régence, proposant à une société avide de divertissement des comédies libérées des contraintes classiques. Écrivain individualiste, il se prononce contre l'imitation, notamment celle de Molière et préfère «être humblement assis sur le dernier banc dans la petite troupe des auteurs originaux, qu'orgueilleusement placé à la première ligne dans le nombreux bétail des singes littéraires»

Marivaux renouvelle la comédie par la problématique de l'amour qui remplace dans ses oeuvres la satire sociale chère à Molière. L'amour est le ressort principal de l'action : «Dans mes pièces, c'est tantôt un amour ignoré des deux amants, tantôt un amour qu'ils sentent et qu'ils veulent se cacher l'un à l'autre, tantôt un amour timide, qui n'ose se déclarer; tantôt enfin un amour incertain et comme indécis, un amour à demi né, pour ainsi dire, dont ils se doutent sans être bien sûrs, et qu'ils épient au-dedans d'eux-mêmes avant de lui laisser prendre l'essor.» La naissance, l'identification et l'aveu du sentiment amoureux commandent une organisation dramatique qui se fonde sur un chassé-croisé entre la vérité et le jeu.
1721: Il est licencié en droit puis reçu avocat au Parlement de Paris, mais il n'exercera jamais réellement.
Il fonde un journal sur le modèle du Spectator
anglais (1711-1714) fondé par Addison et Steele et qui connut un immense succès en
Grande-Bretagne,
le Spectateur françois, un journal qu'il
souhaiterait hebdomadaire. Marivaux, unique rédacteur, est à la fois conteur,
moraliste, et philosophe. Il l'éditera jusqu'en 1724 et produira
25 numéros.
1722: Il fait jouer par les Comédiens Italiens,
"La Surprise de l'Amour"
(16 représentations) et à nouveau
"Arlequin poli par l’amour". Ces deux succès
confirment le choix de Marivaux d'épouser définitivement une
carrière littéraire et de théâtre.
L’œuvre théâtrale de Marivaux est marquée par une
éblouissante maîtrise des dialogues, pleins de subtilité et de légèreté, de jeux
de mots, de jeux sur le double sens et sur l’équivoque des termes, au point
qu’elle représenta, au dire de certains, «une préciosité nouvelle» cherchant à
«peser des œufs de mouche dans des toiles d’araignée», selon l’expression de
Voltaire. Mais ce raffinement du langage ne doit pas faire oublier la gravité
sous-jacente du propos d’un moraliste.
La plupart des quarante comédies que l’on doit à Marivaux, exploitent le thème du masque et du déguisement: grande dame déguisée en suivante, prince travesti amoureux d’une servante qui n’en est pas une. Par l’emploi éminemment théâtral qu’il fait des thèmes du déguisement et du masque, Marivaux se place dans le droit fil de la tradition italienne de la commedia dell’arte dont la devise est castigate ridendo mores: corriger les moeurs par le rire et de la tradition espagnole du romanesque baroque, à ceci près que le masque joue dans son théâtre le rôle de révélateur et qu’il est préoccupé, à travers le jeu même, par la recherche de la vérité. Maîtres ou valets, les personnages de Marivaux, par-delà masques et déguisements, sont doués d’une liberté qui leur permet de jouer leur jeu. Ces variations sur les mêmes motifs constituent, par touches successives, la comédie humaine des jeux de l’amour et de la société dans la première moitié du XVIII e siècle.
Les intrigues multiplient les effets de miroir, les symétries et les renversements entre le monde des maîtres et le monde des serviteurs. Marivaux est le maître français du masque et du mensonge. Principal outil du mensonge, le langage est également le masque derrière lequel se cachent les personnages. Les ruses du langage, de l’amour et de l’amour-propre, les subtiles dissertations sentimentales des personnages de Marivaux sont la matière même de l’intrigue. Ceux-ci sont souvent de jeunes gens, terrorisés à l'idée d'entrer dans la vie et de dévoiler leurs sentiments. Leurs aventures psychologiques à la fois complexes et naïves se déroulent sous le regard des plus vieux, les parents et les spectateurs qui se moquent dans un mélange d'indulgence et de méchanceté. La cruauté le plus souvent ordinaire et inhérente aux règles sociales n’est en effet pas absente de cet univers de comédie.
Malgré le caractère attendu du dénouement matrimonial — le théâtre marivaudien a pu être appelé une «machine matrimoniale» — l’essentiel de la dramaturgie tourne autour d’une interrogation sur les jeux de l’être et du paraître, les pièges de la sincérité et ceux du mensonge : c’est à proprement parler l’essence du marivaudage que de jouer ainsi sur les faux-semblants.
S'il semble broder toujours sur le même canevas, celui des
amours débutantes, Marivaux en varie les motifs pour, à chaque fois, nous
surprendre.
D'ailleurs, malgré ses dénouements heureux, le théâtre de Marivaux laisse
toujours planer quelque ombre menaçante : l'amour peut-il durer ? Le mariage
peut-il sauvegarder la passion des premiers jours ? Qu’est-ce qu’aimer vraiment ? Le sentiment vrai peut-il passer par
le calcul de la séduction ? Est-on libre d’être fidèle ? Les questions
restent posées. Elles confèrent au
marivaudage toute sa profondeur. Marivaux nous amuserait moins s'il ne
possédait pas l'art d'inquiéter.
1723: Son épouse meurt. Il ne se remarie pas et poursuit
une vie discrète sans relations tapageuses jusqu'au jour de sa mort.

Il fait jouer "la double inconstance" par les comédiens italiens pour 15 représentations.
1724: Il fait jouer par les comédiens italiens
"la Fausse Suivante ou le Fourbe puni"
(13 représentations)
et "Le Prince travesti"
(16 représentations) comédie dans laquelle
la princesse, amoureuse de Lélio, charge Hortense de
plaider la cause de son amour, alors qu’Hortense elle-même aime Lélio. C'est
deux succès.
Il fait jouer par les Comédiens Français, "Le Dénouement imprévu" pour seulement six représentations.
1725: Il fait jouer "L'héritier de village" (9 représentations) et "L'île des esclaves" (21 représentations) où les maîtres et les esclaves changent de rôle.
1727: Il fonde L'Indigent Philosophe, nouveau journal dans lequel il se fait philosophe.
Il fait jouer
"La seconde surprise de
l'amour" et
"L'Île de la raison ou les Petits Hommes"
par les Comédiens Français. La première est un succès, la seconde un échec.
1728: "Le triomphe de Plutus" est joué par les comédiens italiens; nouveau succès.
1729:
Il fait jouer
"La Nouvelle Colonie ou la ligue des femmes".
Elle met en scène la lutte des sexes et l’opposition des classes sociales. C'est
un échec avec une seule représentations.
1730: "Le Jeu de l'amour et du hasard" (14 représentations) est une comédie d'intrigue en 3 actes et en prose. Hésitants devant le mariage, Silvia et Dorante décident tous deux de changer leurs habits. Silvia prend ceux de Lisette, sa femme de chambre tout en mettant Orgon, son père dans la confidence. Dorante prendra, lui, ceux de son valet Arlequin. Le rire repose sur le quiproquos entre les faux maîtres et les valets d'un jour. La pièce se termine dans la joie, d'autant plus que le hasard fait triompher l'amour tout en respectant l'ordre social.
1731: Il fait jouer par les Comédiens Français
"La réunion des Amours".
C'est un échec.
Il commence l'écriture d'un grand roman : "La Vie de Marianne".
1732: Il fait jouer par les Comédiens Italiens
"Le Triomphe de l'Amour"
et "L'école des mères".
C'est deux succès. Il fait jouer par les Comédiens
Français
"Les Serments indiscrets". C'est un échec.
Il se présente à l'Académie, sans avoir fait de visites, en 1732. Il est par conséquent battu
1733:
Il fait jouer avec succès par les comédiens italiens
"L'Heureux Stratagème" (18
représentations) et
"La surprise de l'amour".
Il fonde un nouveau journal,
Le cabinet philosophe
dans
lequel se succèdent des réflexions morales, de brefs récits romanesques, des
observations sur la vie sociale, sur les femmes et l’amour ou sur des questions
de métaphysique.
A la mort de Madame de Lambert, il fréquente le salon de Madame de Tencin.
1734: Il fait jouer
"La Méprise" par les Comédiens
Italiens. C'est un succès avec 17 représentations. Il fait jouer par les Comédiens Français
"Le Petit
Maître corrigé". C'est un échec
avec une seule représentation.
Il publie
"Le Paysan parvenu"
qui reflètent assez la philosophie de l'auteur, son goût de l'analyse
psychologique et son attitude de moraliste face à une société de classes qu'il
conteste. Ce roman se rattache à la veine
picaresque. L’itinéraire moral et social du paysan Jacob est à la fois ambigu et
provoquant. Le séduisant jeune homme parvient grâce aux femmes et aussi grâce à
son art du compromis entre morale et libertinage à grimper les échelons de
l'échelle sociale.![]()
1735: Il fait jouer "La Mère Confidente" par les Comédiens Italiens; nouveau succès avec 17 représentations.
Il publie
"Le Télémaque travesti" écrit en 1717.
1736: Il fait jouer
"Le Legs" par les Comédiens Français.
C'est une réussite avec sept représentations. Il fait reprendre
"L'île aux
esclaves" par les Comédiens Italiens. La célèbre Mademoiselle Clairon y fait ses
débuts dans le rôle de Cléanthis.
Il se représente à l'Académie Française en faisant campagne mais il n'est pas très apprécié par les académiciens. Il est encore battu. « Il n'aura de sa vie mon suffrage, à moins qu'il n'abjure son diabolique style. » écrira d'Olivet.

1737:
"Les fausses Confidences" est une comédie en trois actes
et en prose. Dorante, fils d'avocat sans fortune, réussit à se faire engager
comme intendant chez Araminte, une jeune et riche veuve dont il est secrètement
amoureux. Grâce à la complicité de son ancien valet Dubois et avec le soutien de
M. Rémy, son oncle, il parviendra à faire triompher son amour.
Il publie
"Pharsamon ou les Folies romanesques" écrit en 1713.
1738: Il fait jouer
avec succès par les comédiens italiens
"La Joie imprévue".
1739: Il fait jouer avec succès par les comédiens italiens "Les Sincères".
1740: Il fait jouer avec succès par les comédiens italiens "L'Epreuve". C'est un succès avec 17 représentations.
1741:
"La
Commère" tirée du
Paysan Parvenu est refusée par les deux troupes, les italiens
et les français. Elle est publiée mais non représentée.
Il publie
"La
Vie de Marianne ou les aventures de Madame la comtesse de ***" qui
s’apparente au roman sentimental: l’héroïne, orpheline noble réduite à une
condition inférieure à celle qui aurait dû être la sienne, connaît de multiples
épreuves. La légèreté et la spontanéité du ton, comparables à celles des œuvres
dramatiques, mettent à distance le pathétique propre au romanesque sentimental du XVIIIe siècle: l’actualité de ce
récit de Marivaux réside précisément dans sa virtuosité verbale.
En choisissant le genre de l’autobiographie fictive, Marivaux se donne les moyens de jouer sur la dualité du personnage narrateur. Le naturel du personnage sans expérience tranche avec l’hypocrisie du monde dans lequel se jouent son éducation sentimentale et son ascension sociale. La lucidité du narrateur permet l’observation ironique de la comédie sociale. Elle révèle aussi la relative duplicité de Marianne. En pratiquant l’analyse rétrospective, Marianne avoue sans culpabilité ses propres artifices, sa coquetterie et les ambiguïtés de son comportement. Lorsque la jeune orpheline obtient la protection de l’aristocratie, elle le doit à une noblesse de cœur qui révèle très probablement une noblesse de sang. Ce roman publié par tranches depuis 1734 jusque 1741 reste inachevé.
1742: Il parvient à se faire élire à L'Académie Française, le 24 décembre en remplacement de l'abbé Houtteville, par l'influence de Madame de Tencin, mais surtout parce qu'il avait Voltaire pour concurrent et que l'Académie en voulait encore moins.
Il aide Jean Jacques Rousseau à "retoucher" sa comédie "Narcisse".
1743: Marivaux est
reçu le 4 février par Languet de Gergy dont le discours contenait des critiques
qui blessent Marivaux au point qu'il veut en demander publiquement satisfaction
à l'Académie. Une autre fois, faisant une lecture de
ses Réflexions sur Thucydide
devant la Compagnie, il
s'aperçoit qu'on ne l'écoute pas. D'Alembert raconte qu'« il termina brusquement
sa lecture, avec un mécontentement qu'on lui pardonna ». Les rapports entre
Marivaux et l'Académie sont, avant comme après son élection, empreints d'une
certaine froideur. Il y prononcera cependant plusieurs autres discours:
Réflexions sur le progrès de l'Esprit humain (1744),
Réflexions sur Corneille et
Racine (1749), sur les Romains et les anciens Perses (1751) avec une
certaine dis
tance
à l’égard de la nouvelle génération des « p
hilosophes ».
1744: "La Dispute" est jouée par les Comédiens Français. C'est un échec avec une seule représentation.
174
5:
Sa fille unique, faute de dot, entre au couvent. Pourtant, protégé de Mme de
Pompadour, il est pensionné par Helvétius.
1746: Il fait jouer "Le Préjugé vaincu" par les Comédiens Français. C'est un succès avec sept représentations.
1750:
Il écrit et publie dans le Mercure
"La Colonie"
qui ne sera jouée qu'en 1781.
C'est une version abrégée et remaniée de "La Nouvelle Colonie".
1754:
"L'Education d'un prince"
est publié. C'est un dialogue.
1755:
Il
publie une comédie
"La femme fidèle" jouée dans un théâtre privé.
1757:
Il
publie une comédie dans le Mercure
"Félicie" qu'il lit à l'Académie
Française avec une autre comédie "L'amante Frivole". Cette comédie non publiée
est aujourd'hui perdue.
"Les Acteurs de bonne foi" autre comédie est publiée
dans le journal Le Conservateur.
1758: Il tombe gravement malade et rédige son testament définitif.
1761:
Le Mercure publie
"La Provinciale"qu'il fait jouer. C'est un échec avec une seule
représentation.
Les subtilités du marivaudage ne conviennent plus à un siècle qui se tourne vers
le sentimentalisme du drame bourgeois, le scepticisme du roman libertin, le
retour à la nature et le militantisme politique.

le 12 février 1763: Marivaux meurt à Paris à l’âge de soixante-quinze ans, laissant inachevé la pièce "Mahomet second".
1781: La veuve Duchesne publie "Les Oeuvres Complètes de Marivaux" établies par l'abbé La Porte.
Le marivaudage:
Son nom a donné naissance au verbe marivauder qui signifie échanger des propos galants et d'une grande finesse. C'est un synonyme de badiner. Par extension a été créé le mot marivaudage longtemps considéré comme une préciosité pédante ou futile. Jean-François de la Harpe définit le marivaudage comme « le mélange le plus bizarre de métaphysique subtile et de locutions triviales, de sentiments alambiqués et de dictions populaires ».
Le « marivaudage », désigne en réalité une parole entièrement vouée à la « métaphysique du coeur ». Dans ses comédies, l'écrivain fait du discours amoureux un art véritable : le dialogue rapide et brillant sert de débat permanent à travers lequel les personnages explorent leurs sentiments et posent les jalons de leur histoire d'amour.