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Quelques pages d'ELNA :
A ceux qui croiraient encore qu'un pompeux « SYMSAGEB » regroupant prés de 90 communes est la solution miracle à la lutte contre les inondations, il est bon de rappeler tout ce qui a déjà été dit, décidé, promis, juré, par des élus, des techniciens et des représentants de l'Etat ... dont certains, et non des moindres, sont toujours « aux manettes » actuellement...
Sans remonter à Napoléon, qui avait déjà ses projets lors du Camp de Boulogne, projets grandioses d'ailleurs, c'est à dire « napoléoniens », on peut, par exemple, remonter le temps jusqu'en Décembre 1960 , où se réunissaient à la mairie de Pont de Briques, et suite aux inondations de... 1958 , le député Jeannil Dumortier, le Conseiller Général Splingard, et les maires des communes perpétuellement inondées. ..On y apprit que Député et Conseiller Général étaient intervenus auprès du ministère intéressé et auprès du Conseil Général ... hélas ces interventions restèrent sans résultat ! Aucun crédit ne fut dégagé. ..Des personnalités envisagèrent de secouer certaines apathies (tu parles !) ...et l'article de la Voix du Nord de conclure « Il serait temps que des mesures soient prises et que les travaux d'assainissement de la vallée de la Liane soient déclarés d'utilité publique .Prés d'un millier de foyers attendent cette décision » C'était il y a 44 ans...et les « apathies » n'ont toujours pas été secouées !
Mais, bonne nouvelle: on annonce la création par les élus, d'un « Syndicat de défense des riverains de la vallée de la Liane » : comme toujours, quand on ne sait pas quoi faire et quand on ne veut rien faire, on crée un « syndicat intercommunal » : l'union fait la force...d'apathie !
Que fit ce fameux syndicat ? Rien... et on n'en parla plus...De ce fait les pouvoirs publics durent réveiller les apathiques et en ...1983 le Sous Préfet de l'époque: M Perrot, de bonne mémoire, pousse les maires à créer un « Syndicat Intercommunal pour la lutte contre les inondations » : on allait voir ce qu'on allait voir: on allait créer un maître d'ouvrage (ce syndicat) qui rassemblerait l'ensemble des communes du bassin versant (47) mais « dans un souci et aussi devant la nécessité d'être opérationnel assez rapidement, M le Sous Préfet suggère aux dix communes subissant les inondations de constituer tout d'abord entre elles le « Syndicat Intercommunal pour la lutte contre les inondations dans le bassin versant de la Liane » : on peut constater que plus un organisme a un nom interminable. ..et moins il travaille !
Mais qui étaient donc les personnalités présentes ce 19 Mai 1983 , quand se prenaient d'aussi audacieuses décisions ? M Alan , représentant M Lengagne, alors Secrétaire d'Etat auprès du Ministre des Transports, chargé de la mer. ..M Sergent, député de Desvres, M François, Maire d'Outreau ,M Lesaffre, Maire de Saint Léonard, etc, etc, sans oublier M Quenel, Directeur Général des Services Techniques à la mairie de Boulogne... 21 ans plus tard...et combien d'inondations ( et de souffrances pour les inondés) après. ..les mêmes, où à peu prés, qui ont la mémoire courte, créeront un nouveau Syndicat !
Lors de cette mémorable réunion, un exposé fait par un Ingénieur de l'Etat, précisait que les causes des inondations étaient le dimensionnement ou la disposition des passerelles et ponts routiers, la mauvaise gestion du barrage Marguet, le non entretien du fleuve. ..Ca ne vous dit rien ? On mettait déjà en cause les ponts trop petits en 1983. ..or en 1985, la DDE autre service de l'Etat, mais qui avait déjà oublié ce qui avait été dit deux ans plus tôt, a refait le pont de la rue de la gare à Pont de Briques « à l'identique » sans que les élus des trois communes concernées n'interviennent...La DDE avoue d'ailleurs « qu'aucune analyse n'a été menée pour la capacité d'évacuation de ces ouvrages en cas de pluie centennale » Changer un pont sans même s'inquiéter du débit de l'eau qui doit passer en dessous, dans une zone régulièrement inondée : encore du beau travail d'éminents techniciens! Nous avons dénoncé pendant des années ces causes, en nous faisant traiter de petits plaisantins, et il a fallu attendre l'étude de la SOGREAH en 2003 pour que nos élus et autres techniciens les... découvrent! Sans doute tout le monde dormait pendant cet exposé, et personne, sauf nous , n'a lu le compte rendu qui en a été fait !
Revenons à cette fameuse réunion: on y apprend que « si l'étude réalisée a permis de recenser un certain nombre d'obstacles »...il est nécessaire « d'avoir une étude complémentaire plus « affinée » pour savoir quel parti d'aménagement adopter. La définition de ce plan directeur d'aménagement, dont le délai d'étude est de huit mois environ, doit se faire en concertation...pour obtenir un programme d'ensemble à long terme...Les actions retenues seront chiffrées en coûts d'investissement et classés prioritairement en vue de la programmation de leur réalisation dans le temps » : il y a donc 21 ans on demandait une étude « fine » qui définirait les priorités: c'est tout à fait ce que (re) fait le SYMSAGEB : quand on vous dit qu'il y a toujours de l'argent pour faire des études et qu'il n'y en a jamais pour les appliquer ! Au fait a-t-il fallu des études (fines, complémentaires, additionnelles, ou autres) , un plan directeur, un programme d'ensemble, pour remblayer la STRAP, le terrain de sport d'Isques, et le Château d'Isques ? A- t -il fallu une enquête publique, un arrêté préfectoral, et tutti quanti ? et d'où venaient donc les subventions pour certains de ces travaux ?
Deux ans plus tard, le 4 Octobre 1985, nouvelle réunion: le fameux syndicat n'est toujours pas formé , et M le Sous Préfet s'impatiente .Un représentant d'Outreau préconise une association des maires des communes concernées pour défendre leurs intérêts auprès des. ..administrations! Chacun sait, en effet, que les principales victimes des inondations sont. ..les élus !
Bonne nouvelle cependant: on a réalisé des travaux sur le barrage Marguet : installation de la porte de droite (celle qui existe toujours) les services du SMBC sont, comme d'habitude, très satisfaits d'eux mêmes: ce barrage fonctionnera automatiquement ( terminé, les éclusiers endormis !) , s'ouvrant par le bas, il aura une action bienfaisante sur le bassin qui pourrait se nettoyer par le simple courant...il sera ouvert beaucoup plus tôt...bref on nage dans le bonheur : ça ne vous rappelle pas ce que vous avez entendu lors de l'inauguration du nouveau barrage ? Si vous avez été inondés en 1998, vous savez ce qu'on entend au SMBC par « ouvrir plus tôt » !
Passons au 6 Février 1991 : Sonnez hautbois, résonnez musettes, illuminez vos chaumières: on sable le champagne dans nos mairies: enfin celui qu'on attendait depuis...8 ans est né! Le SIAEL ouvre les yeux à Samer, regroupant... huit communes, il a pour parrain M Bardol, et pour président M BODART on verra (à nouveau !) ce qu'on verra! l'objectif est défini par son président: « décider, organiser et gérer les actions de prévention des inondations, améliorer l'environnement et la promotion touristique », ce qu'un journaliste de la Voix du Nord (un pince sans rire ?) qualifie de « programme ambitieux » : en effet: en dix ans d'existence, ce fameux organisme ne décidera ... rien !
Mais ce jour là tout est possible: voyez le programme: « nous sommes engagés dans une phase d'étude, et plus exactement dans une phase de synthèse des innombrables études qui ont déjà été conduites autour de la rivière et qu'il suffit de réactualiser » : M Bodart parle d'or: il n'empêche que depuis on a déjà eu droit à l'étude LHF , puis IWACO, qu'on en est à SOGREAH, en attendant la suivante! Et pour quel prix ? certainement de quoi effectuer tous les travaux prévus il y a 21 ans...et qui sont toujours les mêmes !
Mais le plus beau c'est la suite: « le plus rapidement possible ( !) il faudra s'engager dans la phase active du projet, par exemple dans le cadre. ..d'un contrat de rivière » : 13 ans plus tard le fameux contrat de rivière n'est toujours pas signé !
Devant tant d'efficacité, en 1994, des citoyens qui en ont assez des promesses non tenues et de « l'apathie» créent l' Association LIANE : la réalisation de l'autoroute A16 qui doit traverser tout le lit de la Liane en remblais inquiète tout particulièrement les habitants d'Hesdigneul : notre association obtient que la SANEF augmente les capacités d'écoulement, par un ouvrage de décharge: c'est une première victoire. Par la suite nous obtenons quelques petits travaux sur Pont de Briques, et, surtout, le remplacement du barrage Marguet, promis par le Préfet de l'époque après une manifestation sur l'autoroute, à la stupéfaction du SMBC ...et des élus. Nous aurions même pu obtenir le curage, et, en. grande partie, aux frais de l'Etat, sans l'intervention d'un représentant du Parc Naturel: M Naulin, qui déconseille un recalibrage : ce monsieur ne connaissait pas le sens de ces deux mots et, sans doute, n'avait-il pas lu l'étude LHF , qui le conseillait !
Après l'inondation de Novembre 1998, nous avions invité dans un tract, les membres du SIAEL à démissionner: cet inimitable Syndicat Intercommunal avait un budget, en 1997, de 7 300 francs, ce qui ne faisait même pas une cotisation de 1 000 francs par commune, et les élus qui le composaient aurait voulu qu'on les prenne au sérieux ! Nous leur demandions de laisser la place à d'autres qui ne pourraient moins bien faire qu'eux qui ne faisaient rien! ..Cela nous valut, évidemment, une excellente réputation: pensez donc: imprimer noir sur blanc ce que tout le monde- et même les pouvoirs publics- pensent tout bas! C'est qu'il est toujours dangereux d'avoir raison trop tôt: en 2003, et cette fois, vigoureusement encouragé par les services préfectoraux, l'inénarrable SIAEL se saborde: même les pouvoirs publics en ont plus qu'assez de son inefficacité et ils ont « proposé » , entendons « imposé » aux dynamiques élus locaux une nouvelle structure: le SYMSAGEB !
Et que fait ce SYMSAGEB ? Des études !!! Depuis sa création il n'a encore jamais sorti une pelleteuse sur la Liane et son programme ne suit même pas les préconisations des études qu'il finance! Quant à des travaux sur la Liane, attendez ... 2006 !
Mais n'oublions pas une autre décision: compte tenu de la fréquence des inondations et de l'apathie des élus, le Préfet décide un ...PPRI : cris d'orfraies des dits élus, (comme toujours très efficaces ! ) et dépôt d' un recours par notre Association...qui le gagne: le PPRI est annulé !
Bien sûr les dits élus ne manqueront pas d'accuser notre association d'avoir ainsi ouvert la porte à un nouveau PPRI plus sévère: alors lisons ce qu'en pense le Préfet (qui est quand même celui qui signe !) : le 25 Juin 2004, il envoie au Président du SYMSAGEB une gentille lettre dont nous extrayons le passage essentiel: j'ai l'honneur, dit-il, « de vous faire connaître qu'un réexamen du PPRI, sous réserve de la réalisation effective des travaux prévus, pourrait être engagé dans cinq ans » .Conclusion évidente: si des travaux avaient été effectués depuis... 1983, et même depuis l'annulation du premier PPRI , il n'y aurait pas eu de PPRI , ou un PPRI beaucoup moins sévère! Les élus n'ont même pas profité du délai que notre recours leur laissait !
Et à l'automne 2004, six ans après l'inondation catastrophique de Novembre 1998 , où en sont les « velléité de lutte contre les inondations » ? Eh bien après l'étude LHF, après l'étude IWACO, après l'étude de la SOGREAH , après les études du SMBC , après le texte du SAGE qui tous proposent les mêmes solutions: recalibrage de la Liane du bassin nautique à Pont de Briques, élargissement des ponts de Pont de Briques, le Président du SYMSAGEB annonce triomphalement ,pour accélérer l'écoulement dans le lit principal de la Liane ,un petit gratouillage sous un pont ...et en 2005, voire 2006...voire aux calendes grecques... et sous la responsabilité de l'inénarrable DDE locale qui avait construit ces ponts trop petits, puis qui a reconstruit en 1985 un pont trop petit, ce qui a entraîné des inondations catastrophiques, ce qui a entraîné un PPR rédigé n'importe comment par la même DDE au point qu'il a été cassé par le tribunal administratif, ce qui a entraîné un second projet de PPR, toujours rédigé par la DDE ...PPR qui n'a même pas reçu l'agrément du Commissaire Enquêteur !
En feuilletant tous ces compte rendus de réunions, ces rapports, un fait crève les yeux: il n'y a jamais eu de volonté politique de résoudre le problème, seulement de la poudre aux yeux ! Autre évidence: ce sont bien les mêmes intervenants qui depuis plus de vingt ans ont en charge ce dossier ! Pensez vous que ceux qui n'ont rien fait depuis vingt ans se mettront à faire quelque chose maintenant ? Ce serait se déjuger !

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