La cloche qui venait de sonner, nous nous en aperçûmes alors, n'était pas pour nous, mais pour annoncer le dîner des domestiques. Nous n'étions donc pas pressés de nous éloigner puisque nous étions habillés, et que les gens qui se seraient approchés ne pourraient rien savoir de ce que nous venions de faire.

 

   Nous entendions du bruit, non loin de nous, hors du jardin. Nous vîmes bientôt que ces voix appartenaient à quelques servantes qui avaient à faire dans le champ qui se trouvait derrière le jardin. Mais nous pouvions les regarder parce que le dîner des domestiques ne commençait qu'un quart d'heure après la sonnerie de la cloche.
   Comme il avait plu la veille, la terre du champ labouré collait aux pieds des servantes qui allaient pieds nus et dont les jupes – à la vérité, elles ne semblaient en avoir qu'une seule, chacune, sur le corps – étaient très courtes et ne descendaient pas plus bas que le genou. Elles n'étaient pas d'une grande beauté, mais c'étaient tout de même des paysannes bien bâties, hâlées par le soleil et d'un âge variant entre vingt et trente ans.
   Lorsque ces femmes furent arrivées à l'étang, elles s'assirent dans le gazon de la rive et trempèrent leurs pieds dans l'eau.
   En prenant leur bain de pieds elles jacassaient à qui mieux mieux.
   Elles étaient en face de nous et à peine éloignées de dix pas, ce qui faisait qu'on distinguait très bien la différence de couleur entre leurs mollets bruns et leurs genoux beaucoup plus blancs, qui étaient complètement découverts ; chez quelques-unes on voyait même une partie de la cuisse.
   Berthe ne semblait prendre aucun plaisir à ce spectacle et me tirait par le bras pour que nous nous en allions.
   Alors nous entendîmes des pas tout près de nous, et nous vîmes arriver trois valets sur un sentier près de nous.
   Quelques-unes des servantes mirent de l'ordre dans leurs vêtements à la vue des hommes, et particulièrement l'une, qui avait des cheveux d'un noir de charbon et quelque chose d'espagnol dans le visage où brillaient deux yeux gris clairs et malicieux.
   Le premier des valets, qui était un homme d'aspect idiot, ne prit pas garde à la présence des femmes, et se plaçant devant notre cachette, déboutonna son pantalon pour pisser.
   Il tira son membre qui ressemblait assez au mien sauf que son gland était complètement recouvert. Il le décalotta pour pisser. Il avait relevé sa chemise si haut qu'on pouvait aussi voir les poils qui entouraient ses parties génitales ; il avait aussi tiré ses couilles de son pantalon et il les grattait de la main gauche, tandis qu'il dirigeait son membre de la main droite.
   A cette vue, j'éprouvai la même sensation d'ennui que Berthe quand je lui avais montré les mollets des paysannes, mais celle-ci était maintenant tout yeux. Les filles faisaient comme si elles ne voyaient pas. Le second valet se déculotta aussi et montra de même sa pine plus petite que la précédente, mais à demi décalottée et brune. Il se mit à pisser. Alors les filles se mirent à rire et leurs éclats furent encore plus forts, lorsque le troisième valet se fut aussi mis en position.
   Pendant ce temps, le premier avait fini. Il décalotta complètement sa bitte et la secoua pour faire tomber les dernières gouttes, plia un peu les genoux en avant pour rentrer tout le paquet dans le pantalon et, en même temps, il lâcha un pet clair et sonore, tandis qu'il poussait un « Aaah ! » de satisfaction. Alors, ce fut parmi les servantes une fusé de rires et de moqueries.
   Le rire devint général lorsqu'elles remarquèrent le boute joie du troisième valet. Celui-ci s'était placé en biais de telle façon que nous pouvions voir son membre aussi bien que les paysannes.
   Il le mettait en l'air de façon à ce que le jet s'en allât très haut, ce qui faisait rire les servantes comme des folles. Ensuite les valets allèrent vers les servantes et l'une d'elles se mit à lancer de l'eau sur celui qui avait l'air idiot. Le dernier valet dit à la brunette qui avait rangé ses robes à la vue des hommes :
   « Tu as eu beau le cacher, Ursule, j'ai déjà vu ce qui te tient tant à cœur. »
   – Il y a encore beaucoup de choses que tu n'as pas vues, Valentin ! et que tu ne verras jamais ! répondit Ursule avec coquetterie.
   – Penses-tu ? dit Valentin, qui, maintenant, se trouvait juste derrière elle.

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   En même temps il la saisit par les épaules et la poussa en arrière sur le sol. Elle voulut retirer ses pieds de l'eau, mais ne prit pas garde qu'en même temps son léger jupon et sa chemise se soulevaient, de telle façon qu'elle se trouvait dans la même position que celle où j'avais vu ma sœur auparavant. Malheureusement ce spectacle agréable ne dura que quelques secondes.
   Mais cela avait duré assez longtemps pour qu'Ursule, qui avait déjà montré une paire de mollets très prometteurs, laissât voir deux belles cuisses dignes de tous les honneurs et qui se terminaient en un superbe cul dont les fesses ne laissaient rien à désirer.
   Entre les cuisses, sous le ventre, se trouvait un buisson de poils noirs, qui descendait assez pour entourer les deux jolies lèvres de son con, mais à cet endroit les poils n'étaient pas aussi épais qu'au-dessus où ils couvraient un espace que j'aurais eu peine à cacher avec la main.
   « Vois-tu, Ursule, maintenant j'ai vu aussi ta marmotte noire ! », dit Valentin assez excité, et il accepta sans broncher, les coups et les injures de la jeune fille qui s'était réellement mise en colère.
   Le second valet voulut aussi agir avec une fille de la même façon que Valentin avait agit avec Ursule.

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   Cette seconde servante était une assez belle fille dont le visage, le cou et les bras étaient si couverts de taches de rousseur qu'on ne voyait presque plus sa couleur naturelle. Elle en avait aussi sur les jambes, mais moins et plus grosses. Elle avait l'air intelligent, ses yeux étaient bruns, ses cheveux roux et crépus. Elle n'était en somme pas jolie, mais assez excitante pour donner des désirs à un homme. Et le valet Michel semblait excité : «Hélène, dit-il, tu dois avoir une motte rouge ; si elle est noire, c'est qu'elle a été volée ! »
   – « Salaud ! » dit la belle paysanne.
   Il l'empoigna comme avait fait Valentin.
   Mais elle avait eu le temps de se relever et au lieu de voir la jolie motte, il reçut une grêle de coups en plein visage qui lui firent voir trente-six chandelles.
   Les deux autres servantes se mirent aussi à taper dessus.
   A la fin, il put se sauver en criant, poursuivi par les rires des servantes et courut après ses compagnons.
   Les servantes avaient terminé leurs bains de pieds et s'étaient éloignées, sauf Ursule et Hélène, qui se préparaient d'ailleurs aussi à partir.
   Elles se chuchotèrent quelque chose à l'oreille. Ursule se mit à rire et courba le front en faisant des mines et Hélène la regardait en dessous en hochant la tête.
   La première sembla penser à ce que lui avait appris la seconde. Hélène jeta un regard autour d'elle pour voir si tout le monde s'était éloigné, puis elle souleva brusquement ses jupes par devant et les tint en l'air avec la main gauche, tandis qu'elle mettait la droite entre ses cuisses, à l'endroit où on voyait une forêt de poils roux. Au mouvement des poils qui étaient beaucoup plus épais que chez Ursule, on pouvait voir qu'elle pressait entre ses doigts les lèvres de son con, que l'épaisseur de la toison empêchait d'apercevoir. Ursule la regardait tranquillement. Brusquement un jet sortit du buisson de poils, mais au lieu de tomber brusquement sur le sol, cela monta et décrit un demi-cercle. Cela étonna beaucoup Berthe qui, pas plus que moi, ne savait qu'une femme pût pisser de cette façon.
   Cela dura aussi longtemps que chez Valentin. Ursule était tout à fait étonnée et semblait avoir envie d'essayer, mais elle y renonça car le second et dernier coup de cloche annonçant le dîner retentit et les deux servantes se sauvèrent rapidement.



    Lorsque Berthe et moi fûmes rentrés au château, nous trouvâmes la table mise. Mais ma mère et ma tante n'avaient pas encore complètement terminé l'installation de la salle. Pendant que ma sœur les aidait, je lus dans le journal que mon père nous envoyait un fait divers parlant d'un monsieur X... qui avait violé une demoiselle A..., je cherchai la signification du mot violer dans le dictionnaire et trouvai : déflorer. Je n'étais pas plus avancé qu'avant, mais j'avais un sujet de pensée de plus.
   Ensuite on se mit à table et, contre notre habitude, Berthe et moi nous ne disions rien, ce qui étonna ma mère et ma tante qui dirent : « Ils doivent encore s'être battus. ». Il nous semblait préférable de cacher nos nouvelles intimités sous le manteau factice de la rancune.
   Ma mère raconta comment elles avaient disposé les chambres pour elle et son mari et pour ma tante. Les chambres étaient au premier étage où se trouvait aussi la chambre destinée à Kate et à Berthe.

   Au rez-de-chaussée, derrière un escalier qui conduisait à une bibliothèque, se trouvait la mienne. Je montai dans la bibliothèque qui contenait beaucoup de vieux livres et aussi quelques ouvrages modernes.
   Auprès se trouvait la chambre préparée pour le religieux. Cette pièce était séparée de la chapelle par un corridor. Dans la chapelle, près de l'autel, se trouvaient deux larges loges dans lesquelles les propriétaires précédents venaient entendre la messe. Dans le fond d'une des loges se trouvait un confessionnal pour les maîtres, tandis qu'un autre, pour les domestiques, se trouvait au fond de la chapelle.
   J'avais pu remarquer cela dans le courant de l'après-midi, Berthe, après le dîner, ayant dû aider ces dames, et j'avais à peine eu le temps de lui donner un baiser en venant proposer mes services.
   Plusieurs jours s'écoulèrent sans que rien ne se passât.
   Berthe était toujours occupée avec les dames qui n'avaient pas encore terminé leur installation.
   Comme il faisait mauvais temps, je me tenais le plus souvent dans la bibliothèque, où j'avais été agréablement surpris de découvrir un atlas anatomique dans lequel je trouvai la description illustrée des parties naturelles de l'homme et de la femme. J'y trouvai aussi l'explication de la grossesse et de toutes les phases de la maternité que je ne connaissais pas encore.


   Cela m'intéressait d'autant plus que la femme du régisseur était enceinte en ce moment et que son gros ventre avait vivement excité ma curiosité.
   Je l'avais entendu parler de cela avec son mari. Leur appartement était au rez-de-chaussée, juste auprès de ma chambre, du côté du jardin.
   Il est évident que les événements de la journée mémorable où j'avais vu la nudité de ma sœur, des servantes et des valets ne m'étaient pas sortis de l'esprit. J'y pensais sans cesse et mon membre bandait constamment. Je le regardais souvent et jouais avec lui. Le plaisir que je trouvais à la tripoter m'incitait à continuer.
   Dans le lit, je m'amusais encore à me mettre sur le ventre et me frotter contre les draps. Mes sensations se raffinaient de jour en jour. Une semaine se passa ainsi.
   Un jour que j'étais assis dans le vieux fauteuil de cuir de la bibliothèque, l'atlas ouvert tout grand devant moi, à la page des parties génitales de la femme, je sentis une telle érection que je me déboutonnai et sortis ma pine. A force d'avoir tiré dessus, mon membre décalottait maintenant facilement. J'avais d'ailleurs seize ans et je me sentais complètement homme. Mes poils, devenus plus épais, ressemblaient maintenant à une belle moustache. Ce jour-là, à force de frotter, je sentis une volupté inconnue si profonde, que ma respiration en devint haletante. Je serrai plus mon membre à pleine main je le relâchai, je frottai d'avant en arrière, je décalottai complètement, chatouillai mes couilles et mon trou du cul, puis je regardai mon gland décalotté, il était rouge sombre et luisait comme de la laque.
   Ce qui me causait un plaisir inexprimable, je finis par découvrir les règles de l'art du branlage et frottai ma pine régulièrement et en mesure, si bien qu'il arriva une chose que je ne connaissais pas encore.
   C'était une sensation de volupté indicible qui me força à étendre mes jambes devant moi et à les pousser contre les pieds de la table, tandis que mon corps, renversé en arrière, se pressait contre le dossier du fauteuil.
   Je sentis que le sang me montait au visage. Ma respiration devint oppressée, je dus fermer les yeux et ouvrir la bouche. Dans l'espace d'une seconde, mille pensées me traversèrent la cervelle.
   Ma tante, devant qui je m'étais tenu tout nu, ma sœur, dont j'avais visité le joli petit chat, les deux servantes avec leurs cuisses puissantes, tout cela défila devant mes yeux. Ma tante frotta plus rapidement sur la pine, une secousse électrique me traversa le corps.
   Ma tante ! Berthe ! Ursule ! Hélène !... Je sentis mon membre se gonfler et, du gland rouge sombre, gicla une matière blanchâtre, d'abord en un grand jet, suivi d'autres moins puissants. J'avais déchargé pour la première fois.


   Mon engin se ramollit rapidement. je regardais maintenant avec curiosité et intérêt le sperme qui m'était tombé sur la main droite, car il sentait le blanc d'œuf et en avait l'apparence. Il était épais comme de la colle. Je le léchai et lui trouvai une saveur d'œuf cru. Finalement je secouai les dernières gouttes qui pendaient au bout de mon membre complètement endormi et que j'essuyai avec ma chemise.
   Je savais, par mes lectures précédentes, que je venais de me livrer à l'onanisme. Je cherchai ce mot dans le dictionnaire et trouvai un long article là-dessus, si détaillé que quiconque n'en aurait pas connu la pratique l'aurait infailliblement apprise.
   Cette lecture m'excita de nouveau ; la fatigue qui avait suivi ma première éjaculation était passée. Une faim dévorante avait été le seul fruit de cette action. A table ma mère et ma tante s'aperçurent de mon appétit, mais l'attribuèrent à la croissance.
   Je remarquai dans la suite, que l'onanisme ressemblait à la boisson, car plus on boit, plus on a soif...
   Ma pine ne cessait de bander et je ne cessais de penser à la volupté, mais les plaisirs d'Onan ne pouvaient me satisfaire éternellement. Je pensais aux femmes et cela me semblait dommage de gâcher mon sperme en me branlant.


   Ma bite devint plus brune, mes poils formèrent une jolie barbiche, ma voix était devenue profonde et quelques poils, encore microscopiques, commençaient à paraître au-dessus de ma lèvre supérieure. Je m'aperçus que rien de l'homme ne me manquait plus, sauf le coït – c'est le mot que les livres donnaient à cette chose encore inconnue pour moi.
   Toutes les femmes de la maison s'étaient aperçues des changements qui avaient eu lieu dans ma personne et je n'étais plus traité en gamin.

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